La gauche contestataire dans le viseur de Macron et de la police

L'Elysée et la police se mobilisent et enquêtent sur les mouvements de gauche au motif, notamment, des manifestations contre la loi travail. Les enquêtes visent particulièrement les antifascistes, les propalestiniens ou les anarchistes auxquels le ministère de l'intérieur associe les "Blacks blocks". Le président des riches - qui trichent - met en place une stratégie de contrôle social musclée.

https://www.lecanardenchaine.fr/la-une-du-8-novembre-2017/

Le Canard rapporte qu'un policier antiterroriste assimile sans aucune nuance les militants contestataires de "gauche" au terrorisme : "Leur fonctionnement ressemble à celui des terroristes de l'Etat islamique". (1)

Les lois antiterroristes et l'amalgame facilitent la répression sociale qui se dessine.

Il y a une contradiction manifeste du pouvoir à ménager ceux qui menacent effectivement l'équilibre économique du pays - et donc la paix sociale - comme l'établissent encore les révélations des "paradise papers" qui , elles, tombent clairement sous la qualification de terrorisme selon l'ordonnance du juge Fragnoli :

(...) le magistrat s’en remet à une convention du Conseil de l'Europe de 2008, compatible à ses yeux avec le droit français, et qui précise «que les actes de terrorisme, par leur nature ou leur contexte, visent à intimider gravement une population, ou à contraindre indûment un gouvernement ou une organisation internationale à accomplir ou à s'abstenir d'accomplir un acte quelconque, ou à gravement déstabiliser ou détruire les structures fondamentales politiques, constitutionnelles, économiques ou sociales d'une organisation internationale». En langage courant: on peut terroriser simplement en intimidant ou en sabotant l’économie.

https://www.mediapart.fr/journal/france/020609/tarnac-des-terroristes-pourquoi-le-juge-persiste?onglet=full

Contestant l'interprétation du droit visant à sanctionner une opinion en l'absence d'établissement d'acte pénalement répréhensible, dans cette affaire, William Bourdon déclarait : «S’il devait y avoir une jurisprudence Coupat, alors ce serait la voie ouverte pour démoniser et criminaliser tous les mouvements sociaux très contestataires.» 

Cette contradiction, au-delà de la violation du droit et de l'inexécution des obligations positives, établissent une pensée politique impécunieuse et réactionnaire qui s'applique à faire supporter de force les conséquences de la délinquance financière de taille industrielle (2000 milliards d'euros par an pour l'UE) aux ménages modestes et aux associations : suppression de 5 euros d'apl, suppression des emplois aidés, suppression de 40% des budgets des associations de défense des consommateurs (Le Monde),  ...

L'annonce de la répression qui assimile la contestation sociale au terrorisme permet tous les abus, d'autant que l'état d'exception est devenu aujourd'hui la règle.

 

(1) Didier Hassoux : " L'ultragauche, nouvel ennemi de Macron" Le Canard enchaîné mercredi 8 novembre 2017 page 3

 

Voir aussi :

L’Etat veut couper dans les subventions au mouvement consumériste (Le Monde)

Le gouvernement voudrait réduire de 40 % en 2018 des crédits alloués à l’Institut national de la consommation et aux 15 associations de consommateurs agréés.

Egalement sur France Info :

http://www.francetvinfo.fr/economie/budget/subventions-les-associations-de-consommateurs-en-danger_2456768.html

 

 

Sur la dernière manifestation du "président des riches" :

 

  • Le gouvernement prépare la précarisation du montant des retraites

    Le politique entretient le panier fiscal percé laissant les plus riches éluder l'impôt à près de 200 milliards d'euros par an et il envisage de précariser le montant des retraites comme il a réformé le code du travail. Il évoque des "concertations" pour s'exonérer abusivement de l'inconventionnalité de la régression sociale (sans motif réel et sérieux, puisqu'il laisse s'évader des fortunes).

 

 

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