Polanski, un arbre qui cache une forêt ?

La question que pose la dénonciation de Polanski est celle de la complaisance de ceux qui savaient et ont laissé faire ou durer cette situation. C'est la même question à propos de toutes les affaires similaires quelque soit le milieu, politique, économique, social, artistique, ... C'est aussi la même question en matière de violence domestique, au travail, de répression, de discrimination, ...

L'inertie du groupe - voire son adhésion ou son initiation - favorise la "culture du viol ". Et cela fait ensuite les cadres de la " Nation " ? Il n'y a plus lieu de s'étonner du mépris de classe de ces " cadres " pour l'individu et de la régression sociale qu'ils promeuvent : cf. par ex. réforme du code du travail, suppression ou diminution des allocations et des droits sociaux, ... A comparer aux happy few qui bénéficient des largesses, d'anciens camarades de bamboches ?

Le témoignage de Christine Deviers-Joncour sur la "putain de la République" et la répudiation brutale de Valérie Trierweiler illustre la place à laquelle est reléguée la femme, encore aujourd'hui, par une pratique politique française anachronique.

Le cinéma sert de faire valoir confortable pour détourner l'attention.

Grandes écoles: le harcèlement des "qui-baise-qui"

Le monde de l'entreprise n'a pas le monopole de certaines déviances. Dès les études supérieures, des systèmes de classification livrent les "filles faciles" à l'hilarité collective. Enquête.

Source d'inspiration du cinéma :

La violence des bizutages a été récemment rappelé par SUD Ouest : Bizutage : « Les viols et violences sexuelles lors des week-ends d’intégration doivent cesser » par Laetitia HÉLARY le 02/10/2019

Le téléscopage de l'actualité interpelle sur un enseignement supérieur français  partagé entre la misère et le suicide, d'une part, et une initiation par le viol, d'autre part ?

Polanski n'est que le dernier révélateur d'une lâcheté persistante qui laisse les crimes se produire (voir les affaires récentes de ce type DSK, Baupin, Weinstein, Epstein, ...) et permet ensuite à certains de s'en étonner ou de s'en indigner pour vendre du papier.

A qui veut-on alors faire croire que c'est une découverte, une révélation ?

Où étaient jusqu'à présent les hommes qui s'extasient aujourd'hui du courage de quelques femmes ?

S'agissant du cinéma, Tippi Hedren était harcelée par Hitchcock qui a massacré sa carrière parce qu'elle refusait de se laisser faire : Tippi Hedren: Alfred Hitchcock sexually assaulted me

Le débat est récurrent :

Tournage «horrible», comportement proche du «harcèlement moral»... Abdellatif Kechiche, un réalisateur controversé

Qui est le plus lamentable ?

Celui qui abuse ou ceux qui savent et laissent faire parce qu'ils s'abstiennent de poser les questions en direct ou de poursuivre ?

Cela explique et suffit à justifier la phrase d'Adèle Haenel :  « La justice nous ignore, on ignore la justice. »

Ceux qui s'en offusquent seraient-ils des Tartuffes évoquant une justice aussi efficace contre les viols qu'elle l'est contre les violences policières ?

Il est dramatique que la presse attende la dénonciation d'une victime isolée - abandonnée - pour se saisir de cette actualité, qui est un phénomène criminel d'ampleur et de notoriété publique.

Comment oser encore faire croire que ces choses n'étaient pas connues ?

Que ce soit dans le cinéma ou dans n'importe quel autre emploi ?

L'AVFT est une association efficace qui lutte contre la violence faite aux femmes au travail depuis des années. Elle a un blog sur Médiapart. Je le recommande à toutes les femmes qui cherchent une issue au mépris et à la violence dont elles sont victimes.

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