Ventes d'armes : promouvoir une responsabilité internationale solidaire

Médiapart propose une enquête l'implication du complexe militaro-industriel français dans la commission de crimes internationaux. L'affaire Lafarge-Holcim montre que cette logique n'est pas circonscrite à l'armement. Médiapart doit interpeller les élus de la majorité qui s'abstiennent d'agir efficacement au regard de l'évolution du droit international. Sans quoi ces enquêtes sont inutiles.

L'inconvénient des articles de Médiapart est de contribuer à confondre la France - et donc les Français - avec les capitalistes qui s'abritent derrière pour faire du business - et surtout du profit (au mépris des droits de l'Homme) - jusqu'au sein des institutions. D'autre part, c'est réducteur, Puisqu'il en est de même dans les autres pays.

Ces enquêtes sont incomplètes tant qu'elles ne proposent pas de solution ni ne portent les actions contre les dérives du marché et du commerce :

Les ventes d’armes de la France devant la Cour administrative d’appel de Paris

C'est en cela que Médiapart pourrait se distinguer des autres médias, dont le traitement du problème se résume trop à un traitement de fait divers.

Il n'y a pas de responsabilité collective dès lors qu'il s'agit d'une politique de marché, d'un libéralisme indifférent à la paix dans le Monde. La vente d'armes est une illustration du capitalocène, comme le dérèglement climatique en est une conséquence.

Il était très clair, bien avant qu'il soit président, qu'Emmanuel Macron n'en a rien à faire des droits de l'Homme :

2 nov. 2016: Emmanuel Macron sur Médiapart. Et les droits de l'Homme ? Il s'assoit dessus ?

Quand Médiapart pensera poser la question de la responsabilité internationale solidaire des personnes physiques et morales (des Etats aux actionnaires ou "investisseurs") tirant profits de ce commerce dans le dédommagement des victimes civiles ?

Une telle évolution du droit s'inscrit logiquement dans la voie ouverte par l'adoption du crime d'agression en droit pénal international, comme en matière de crime contre l'environnement.

Il semble vain, en matière d'information, de se contenter d'énoncer des horreurs et des scandales sans interpeller sérieusement les autorités publiques (élus et complices de la majorité) sur leur responsabilité à s'abstenir d'y remédier efficacement, au mépris de leur obligation de le faire comme l'impose l'article 2 de la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen (qui est dud roit positif à la différence de la constitution de 1793 - sans cesse citée alors qu'elle n'a jamais été appliquée). Il ne faut pas, il n'est plus possible de se contenter d'une indignation théorique.

La promotion d'une responsabilité internationale solidaire et d'une action collective devant une instance internationale serait un progrès et contribuerait à compléter les recours individuels déjà existant à propos de la violation des droits de l'Homme. Recours dont il faudrait aussi informer les lecteurs.

Ne pas négliger non plus que les victimes des guerres traumatisent les peuples sur plusieurs générations, ce qui peut expliquer les haines anciennes faisant obstacle aux résolutions des conflits, notamment : https://www.franceculture.fr/conferences/palais-de-la-decouverte-et-cite-des-sciences-et-de-lindustrie/peut-souffrir-des

 

Prolonger :

Lafarge mis en examen pour "complicité de crimes contre l'humanité"

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