La leçon d'Harvey Weinstein sur la mentalité d'un investisseur

Le show-bizz s'émeut seulement maintenant d'un comportement connu des personnes bien informées qui n'ont jamais interpelé Weinstein à ce sujet malgré sa surexposition médiatique qui offrait l'occasion de le faire à de très multiples reprises. Weinstein illustre la tartufferie des médias et le mépris de l'investisseur pour la dignité du travailleur, ce qu'est une actrice (Màj : aff. Epstein).

Harvey Weinstein est un producteur de cinéma. C'est-à-dire un investisseur. Un capitaliste qui cherche des projets pour faire du profit.

L'outil d'Harvey Weinstein est l'argent, pas le cinéma. Sa logique est celle de n'importe quel investisseur dans n'importe quelle activité.

La seule différence est son exposition médiatique et sa notoriété qu'apporte plus rapidement l'activité cinématographique que l'agriculture, la maçonnerie, le droit, la quincaillerie, la menuiserie, la médecine, ... sans qu'aucune d'elle soit moins essentielle.

Weinstein n'est pour rien dans la qualité artistique des œuvres qu'il a produites. C'est un financier. Comme Bolloré, Arnault, Drahy, Niel le sont dans les médias.

Weinstein incarne l'investisseur au nom duquel le politique invoque la nécessité de libéraliser et flexibiliser le marché du travail. Il montre à quoi mène la "libéralisation" des relations de travail entre l'employeur qui a le pouvoir de l'argent et le travailleur en recherche d'emploi. Car une actrice est une travailleuse et Harvey Weinstein un patron.

C'est pour les investisseurs qu'Emmanuel Macron a réformé au pas de charge et sabré le code du travail dans le sens d'une grave régression sociale prohibée par les droits de l'Homme dont la dignité, et donc son respect, est la matrice. Un président , son gouvernement et sa majorité qui font de la régression sociale méprisent donc la dignité humaine et favorisent les comportements comme celui d'Harvey Weinstein.

C'est une erreur de limiter le traitement médiatique de ce scandale au seul monde du cinéma, aux femmes et au sexe quand ce mépris de la dignité humaine par les investisseurs se manifeste régulièrement dans l'actualité sociale.

Combien de travailleurs sont violés - ou se sentent violés - par des plans de licenciements dictés au seul motif d'une profitabilité insuffisante. Le vocabulaire sexuel employé exprime le dégoût des salariés victimes de ce mépris et le président y répond en parlant de "foutre" et de "bordel" à propos de la situation des  travailleurs de GM&S,  révélant une même confusion d'Harvey Weinstein entre salariat et prostitution.

La notion d'investisseur est d'autant plus douteuse qu'il n'a comme argent que celui que lui prête des banques sur la présentation d'un business plan et d'un carnet d'adresses. Le mépris des travailleurs s'explique ainsi  par le souci de l'investisseur endetté de se dégager de ses engagements pour réaliser la plus-value qu'attendent les banques. Rien à voir avec une économie saine et durable ou la résorbtion du chômage. La notion d'investisseur est de baiser la société comme il viole ses salariés.

L'affaire Weinstein illustre la mentalité des investisseurs que met en avant le président des riches, son gouvernement et sa majorité pour serrer la vis aux ménages modestes et favoriser ceux qui ont de la fortune. Hayek a affirmé que le capitalisme est incompatible avec la démocratie

Harvey Weinstein montre la nature séminale de la théorie du ruissellement et  précise la conception que se fait le pouvoir du dialogue social. Comme il l'a fait à propos du code du travail et s'apprête à le faire pour la sécurité sociale et la remise en cause des retraites.

 

Mises à jour :

France info : Près de neuf Français sur dix estiment que la politique de Macron avantage les grandes fortunes

Challenges.fr : Pour les Français, Emmanuel Macron reste plus que jamais le "Président des riches"

Les Échos : Près de 9 Français sur 10 pensent que Macron avantage les plus riches

France Inter : Popularité : la majorité dévisse, mais l'opposition aussi

Médiapart : la réaction de Bertrand Tavernier à propos de Harvey Weinstein sur France Inter : https://blogs.mediapart.fr/lancetre/blog/211017/harcelement-sexuel-bertrand-tavernier-prend-la-defense-des-porcs

Monique Pinçon-Charlot : « Nous sommes face à une classe sociale puissante et mobilisée pour défendre ses intérêts »

 

Argent pouvoir sexe et mépris de la dignité : l'affaire Epstein

France info : Pourquoi le " suicide apparent " (?) de Jeffrey Epstein plonge les Etats-Unis dans l'incrédulité

France info : Plusieurs médias américains citent le rapport du légiste qui confirme un décès par pendaison.

Des responsables anonymes cités par le New York Times (en anglais) ont indiqué que Jeffrey Eipstein aurait attaché des draps à des lits superposés avant de se mettre à genoux avec assez de force pour se donner la mort.

La mort du financier de 66 ans, accusé d'avoir organisé un vaste réseau d'exploitation sexuelle de jeunes filles âgées parfois de 14 ans seulement, a fait scandale aux Etats-Unis, alors qu'il était détenu à la prison fédérale de Manhattan, l'une des prisons les plus sûres du pays.

Elle a suscité un torrent d'interrogations et de théories du complot, beaucoup insinuant qu'il aurait été assassiné pour l'empêcher de compromettre les nombreuses personnalités que fréquentait cette figure de la jet set.

France info : Jeffrey Epstein : comment une affaire de pédocriminalité organisée a fini par devenir un scandale international

Enquête sur Jean-Luc Brunel, l’ami français de Jeffrey Epstein  Par Mathieu Magnaudeix et Laureen Ortiz

Jeffrey Epstein, inculpé pour trafic sexuel de mineures et retrouvé mort dans sa prison de Manhattan, possédait un appartement dans les beaux quartiers de Paris. L’agent de mannequins français Jean-Luc Brunel, à la réputation sulfureuse, est accusé par des victimes d’avoir été un de ses « principaux pourvoyeurs » d’adolescentes. Deux ministres français demandent l’ouverture d’une enquête. Le parquet de Paris est en train de procéder à des « vérifications ».

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.