Le contribuable captif, la fraude fiscale, la régression sociale et le Brexit

J'appelle " contribuable captif " est la personne imposable avec des revenus insuffisants pour s'acheter les " conseils " de cabinets " d'optimisation fiscale ", qui est un abus de droit. Le " contribuable captif " supporte donc l'augmentation des impôts nécessaires à pallier les ressources publiques éludées par la fraude fiscale, engendrant une régression sociale expliquant le Brexit.

L'argent n'est pas créateur de droit mais est un facteur de discrimination sociale, politique et fiscale. La discrimination est prohibée et l'Etat défend ce subterfuge à laisser l'argent se substituer aux droits de l'Homme que ce même Etat a pourtant l'obligation positive d'en garantir l'efficacité.

En commentaire à un article sur la nécessité d'accueillir les réfugiés, René remarque que " Rappelons quand même sur les 500, 34 millions d'européens sont nés à l'étranger "

Et alors ?

Combien d'Européens font fortune dans les dictatures qui font fuir les réfugiés ... vers l'Europe ?

Eurostat ne précise pas combien rapporte à l'Europe l'exploitation des ressources naturelles dans les pays de départ de ces migrants.

Ce serait pourtant utile quand l'Union rechigne à garantir l'effectivité du droit des réfugiés et s'associe à un pays tiers qui n'est pas tout à fait étranger à la situation que l'UE lui demande de gérer.

Voir pas ex. : Quand Lafarge travaillait avec l'Etat islamique en Syrie ; La France achète-t-elle du pétrole de Daech ? - Le Figaro

Où vont ces profits et combien la corruption coûte-t-elle aux Européens "contribuables captifs" ?

 

Le " contribuable captif " est dans la catégorie socio professionnelle supérieure. Il a un train de vie élevé, confortable, mais n'a pas fait suffisamment fortune pour se payer un service " d'optimisation ".

Il est la cible du discours néo-libéral.

Un discours malhonnête désigne aux " contribuables captifs " les bénéficiaires des droits sociaux comme responsables de l'augmentation de leurs impôts ; alors que c'est la mansuétude politique pour les fraudeurs qui permet à ceux-ci de détourner des sommes considérables.

Pour résumer caricaturalement le propos, ce ne sont pas les pauvres qui coûtent cher aux " contribuables captifs ", mais les personnes morales ou physiques riches qui trichent.

 

Avant donc de dire que les réfugiés coûtent cher, il serait intéressant de savoir combien coûte l'Europe aux pays de départ de ces migrants, surtout en considération des atteintes à la dignité humaine par laquelle passe la création de ces profits.

" Les minerais de sang " sont un exemple emblématique du problème dont on ne feint de considérer, dans la question que posent les réfugiés, que la conséquence; sans en aborder les causes ; alors que nous avons le moyen d'agir, si nous n'abdiquions pas au mol embourgeoisement fascistoïde.

 

Il est raisonnable de penser que peuples se sentiront bien chez eux et y resteront quand ils cesseront d'être exploités, spoliés et humiliés ; ou soumis aux conséquences dramatiques d'une politique étrangère désordonnée qui les soumet à la guerre, à la torture, à la disparition forcée, à des traitements inhumains et dégradants.

Un réfugié n'est pas un touriste dilettante. Ce ne sont pas Madame et Monsieur Bidochon en week-end. Ce n'est pas l'attrait du voyage et de la découverte qui motive les migrants.  C'est la menace de mourir.

 

Vespasien disait que l'argent n'a pas d'odeur quand son fils lui reprochait de faire commerce des urines de ses "vespasiennes" qu'il revendait aux tanneurs de Rome.

Il est notoire que la criminalité financière, dont notamment la fraude fiscale, fait la fortune d'un petit nombre aux dépends du plus grand.

Cette fraude fiscale fréquente les mêmes institutions financières que celles qui favorisent le blanchiment d'argent sale, font transiter les financement du terrorisme et de la criminalité organisée.

Elle engendre un accroissement des inégalités en Europe même.

Il n'est donc pas possible de s'étonner sérieusement qu'une politique qui favorise la misère dans des pays riches n'ait pas un même effet, surmultiplié, dans les pays pauvres.

 

Ce n'est pas la politique sociale ni l'arrivée des migrants qui coûtent cher aux contribuables, mais la fraude massive des gros contributeurs qui détournent ici des impôts les fortunes qu'ils ont spoliés là-bas.

Ces gros contributeurs malhonnêtes ont une responsabilité évidente dans ce qui fait l'actualité politique européenne et mondiale.

Le discours dominant - qu'il s'agisse du travailleur, du retraité, du migrant, du jeune, du malade, ... - est celui du coût.

La loi sur le travail est dictée par une logique de coût.

Le rejet de l'altérité est instrumentalisé par la même logique.

Le Brexit illustre ce qui se passe lorsque des gouvernements laissent sur le carreau la fraction la plus importante de la population tout en voulant lui faire croire à une amélioration économique globale, dont l'arrivée des réfugiés administre un démenti cinglant.

La City va peut-être regretter le Brexit, mais n'y aura-t-elle pas contribué ? L'aveu de la FED caractérise l'enjeu financier et non politique du référendum britannique.

 

Dans un monde global, les inégalités s'accroissent globalement.

Qu'il s'agisse de l'Europe, de la loi sur le travail, ou de la misère dans le monde qui provoque des migrations, la cause est la même : la régression sociale.

Ce ne sont pas les droits sociaux qui coûtent cher à la société mais ceux qui fraudent les impôts.

Les plus gros tricheurs sont ceux qui ont les moyens de le faire, pas ceux qui ne les ont pas.

Le mythe du petit fraudeur est l'arbre qui cache la forêt.

Ne pas dénoncer les véritables responsables fait le jeu de l'extrême-droite, dont l'histoire a déjà montré sa connivence avec le capital.

Et que voit-on monter politiquement un peu partout, au fur et à mesure que les fortunes s'accumulent ?

 

 

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