Le général Le Ray : les soldats pourront ouvrir le feu

Les militaires de la force Sentinelle "sont soumis au même cadre légal que les forces de sécurité intérieure", précise le général Bruno Le Ray. Face aux différentes menaces, les soldats "ont différents moyens d'action pour faire face". Les militaires pourront même "aller jusqu'à l'ouverture du feu (...) si leur vie est menacée ou celle des personnes qu'ils défendent".

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Une différence d'importance entre la police et l'armée, l'ouverture du feu des militaires se fera avec des fusils d'assaut.

Le 26 mars 1962, la rue d'Isly à Alger est le lieu d'une manifestation et d'un massacre. L'armée française tire sur les manifestants. Des dizaines de morts et 150 blessés.

prolonger :

Les règles sur le fonctionnement des associations professionnelles de militaires !

Fusillade de la rue d'Isly

Documentaire :

Le massacre de la Rue D'Isly

 

 

Mises à jour :

 

RTL

Force Sentinelle mobilisée : le chef d'état-major des armées n'avait pas été prévenu

Selon la radio, la mobilisation des soldats n'aurait par ailleurs pas été évoqué non plus lors du conseil restreint de défense qui s'est tenu avant le Conseil des ministres.

 France info

"On ne sait pas faire du maintien de l'ordre" : des soldats de Sentinelle s'inquiètent de leur implication dans les prochaines mobilisations des "gilets jaunes"

Des soldats ont accepté de témoigner sur franceinfo, sous couvert d'anonymat, à propos de leur mobilisation dans le cadre des prochaines manifestations des "gilets jaunes". Une mauvaise idée qui pourrait se révéler dangereuse, selon eux.

On n'a rien à faire dans ces histoires de 'gilets jaunes'", dénonce ce soldat, qui totalise 14 mois de missions en patrouille Sentinelle. Il témoigne sur franceinfo de manière anonyme, vendredi 23 mars. À la veille d'une nouvelle manifestation des "gilets jaunes", l'annonce du gouvernement d'impliquer les soldats de l'opération Sentinelle continue de faire des remous.

"Les mecs de Sentinelle, ce sont tous des militaires, on ne sait pas faire du maintien de l'ordre", explique le militaire. Lui et ses collègues seront appelés à renforcer la sécurité de certains monuments, mais aussi du quartier de l'Élysée, en garde statique. Hors de question en revanche d'intervenir dans le maintien de l'ordre, comme les policiers et les gendarmes. Mais dans les régiments, ils sont beaucoup à se poser la même question : comment réagir si des émeutiers les attaquent ?

On n'a pas le matériel nécessaire, parce qu'on n'a que des matraques télescopiques et des petites gazeuses à main, comme les filles ont dans leur sac. Après, c'est directement le fusil d'assaut.Un militaireà franceinfo

"On a en permanence le gilet pare-balles sur nous et le fusil d'assaut. On n'a pas le matériel de protection que vont avoir les CRS, on n'a pas les protège-jambes, on n'a pas toute l'espèce de carapace qu'ils ont sur eux", explique le soldat.

La mesure du gouvernement inquiète et provoque beaucoup d'interrogations et d'incompréhension. "Si on se fait caillasser, soit on rentre dans le bâtiment pour se mettre à l'abri, soit on ne peut pas se mettre à l'abri pour X raison. La seule réponse qu'on pourra avoir à ce moment-là, c'est peut-être un coup de gazeuse au début ou un coup de matraque télescopique, mais après s'il y a trop de monde, oui, malheureusement il risque d'y avoir des morts."

"L'ennemi ne peut pas être la population"

Un dérapage dramatique, c'est ce qui inquiète aussi cet autre soldat, qui refuse de pointer son arme sur le peuple français : "C'est absurde, c'est du n'importe quoi. On n'est pas préparé à ça. Nous, en termes techniques, on lutte contre un ennemi. Et l'ennemi ne peut pas être la population, ce n'est pas possible. C'est la situation dans laquelle on essaie de mettre les militaires aujourd'hui."

Une situation d'autant plus difficile à gérer que beaucoup de soldats éprouveraient une certaine sympathie à l'égard des "gilets jaunes", selon ce cadre de l'armée, qui dénonce une instrumentalisation politique : "Ils ne savent plus quoi faire, ils ne savent plus comment gérer, ils n'ont pas pris encore la mesure de ce mouvement."

L'armée, au niveau du gouvernement, ça reste le petit joker. On le sort quand on en a besoin.Un militaire à franceinfo

"Là, il y a un gros problème, 'on va mettre l'armée et comme ça on va voir ce que ça donne et nous on reste tranquillement où on est'", poursuit le militaire. "Au niveau des états-majors, ça bouillonne pas mal, les juristes sont dessus pour revoir les règles d'engagement, parce que là aussi, il ne faut pas faire d'erreur."

L'état-major a bien tenté de rassurer : Non les soldats ne seront pas en contact direct avec les manifestants. Mais impossible à prédire, tant le parcours des "gilets jaunes" reste imprévisible. Dans ce cas, les troupes pourraient être désengagées ou protégées par les forces de l'ordre. Une réponse bien trop flou, condamnent les militaires.

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