Le coronavirus pose à nouveau la question du manque de sécurité alimentaire

Le coronavirus trouverait son origine dans la consommation de Pangolin braconné en Côte d'Ivoire et vendu sur un marché chinois. Au-delà de la question de la fraîcheur de la viande, cela soulève la question du contrôle sanitaire par les pouvoirs publics et donc de leur souci à garantir la protection du consommateur et du droit à une alimentation saine. Ce qui ne se limite pas à la Chine.

L'approvisionnement quantitatif des marchés se fait au détriment de la qualité et de la sécurité financière des exploitants.

Le Pangolin ou la Chine ne doivent pas cacher les précédentes crises sanitaires ou les faire oublier.

Ebola avait déjà soulevé cette question, comme la fière porcine ou la maladie de la vache folle. Un parallèle entre Ebola et le COVID-19 est évoqué.

Ebola a posé la double question d'un maladie mortelle connue restée sans remède pendant des décennies et le manque d'accès des populations à une alimentation saine et suffisante (la maladie proviendrait de la consommation d'animaux sauvages impropres à la consommation).

De nombreux autres cas d'épidémie ou de pandémie soulèvent plus clairement la question d'une production alimentaire à la qualité déficiente - voir négligée - où le qualitatif est sacrifié au quantitatif, à la seule recherche de l'optimisation immédiate du profit, tant au préjudice du consommateur (Lactalis, pesticides, OGM,...) que du travailleur (Triskalia, algues vertes, pesticides, pommes de terre, ...) ou de l'environnement (algues vertes)

La grande concentration animale favorise les foyers de grippe et, malgré cela, l'élevage intensif n'a jamais été remis en cause. Bien au contraire, il se développe (ferme des 1000 vaches au nord de Paris par ex.). La grippe H1N1 est connue depuis des dizaines d'années. Elle a fait entre 50 et 100 millions de mort lors d'un épisode en 1918. Un projet d'agriculture raisonnée et raisonnable n'est pourtant pas sérieusement proposé par les personnes au pouvoir ni relayé par les médias comme cela le mériterait.

Lors de la grippe aviaire dans le Gers, les petits exploitants ont été sacrifiés sans qu'il ne leur soit donné une explication sur l'origine exacte de la propagation du virus dont il est raisonnable de penser qu'elle a une probabilité de s'être développée d'abord dans des fermes usines et dont l'exploitation industrielle peut avoir vraisemblablement favorisé la contagion. Cet aspect du dossier n'a pas été abordé. Est-ce normal ?

Par ailleurs, les services de contrôle et de régularisation chargés de garantir la sécurité des consommateurs, comme ceux chargés de garantir la sécurité des travailleurs, subissent des réductions d'effectifs et de budget. Tout comme les services de santé.

Les épidémies ou pandémies soulèvent donc la question de la défaillance organisée du contrôle - la baisse des budgets signalant l'abdication du politique face aux financiers - et d'un système orienté vers la seule optimisation des profits aux dépends de la santé publique et de l'accès à une alimentation saine, que des petits exploitants agricole sont mieux à même de garantir.

La répétition des cas est scandaleuse et inadmissible car elle signale le mépris des pouvoirs publics pour les populations et une mansuétude à l'égard de comportements et d'attitudes de voyous dans les affaires, mansuétude qui s'observe tant dans la production des biens que dans la fraude fiscale.

L'orientation des choix politiques en matière agricole ne va pas donc pas dans le bon sens et n'est pas digne du 21° siècle.

Le coronavirus apparaît comme la conséquence, une manifestation, de l'ineptie qui règne et s'est emparée du pouvoir.

Les nombreuses souches virales que parait favoriser le modèle défendu et promu par l'agriculture intensive et les chimistes - et soutenu par la majorité LREM et Modem avec la caution LR - semblent donc avoir encore beaucoup d'avenir.

 

Mises à jour :

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Le cri d'alarme d'un médecin de la Pitié Salpêtrière face à Emmanuel Macron

Voir aussi : https://www.facebook.com/brutofficiel/videos/806151566557846/

VIDÉO - Macron répond au neurologue qui l'a interpellé à La Pitié-Salpêtrière : "Il n'a rien à voir avec le coronavirus"

Didier Sicard : " Il est urgent d'enquêter sur l'origine animale de l'épidémie de Covid-19 " 27/03/2020 Par Tara Schlegel

 

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