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Économiste, sociologue et HEC à la retraite (maître de conférence à l’Université Dauphine et membre du Cabinet Syndex, expert-comptable spécialisé dans le conseil aux Comités d'entreprise et aux syndicats de salariés), il s’occupe, depuis une dizaine d’années, de promouvoir l’Indépendance de la Kanaky Nouvelle-Calédonie. Il s’est mis en outre à écrire autre chose que de savants traités...

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Billet de blog 2 février 2024

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Kanaky Nouvelle-Calédonie indépendante ! (Saison 1, Préliminaires)

Tout ce qui n’a jamais été trop dit sur le Caillou parce que vous ne vouliez ni l’entendre ni le voir. Ici, on se contente de tourner autour du pot en explicitant les objectifs de ce feuilleton ; le sous-titre provocateur dissuadera sans doute quelques candidats-lecteurs, mais en attirera, je l’espère, bien plus…

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Économiste, sociologue et HEC à la retraite (maître de conférence à l’Université Dauphine et membre du Cabinet Syndex, expert-comptable spécialisé dans le conseil aux Comités d'entreprise et aux syndicats de salariés), il s’occupe, depuis une dizaine d’années, de promouvoir l’Indépendance de la Kanaky Nouvelle-Calédonie. Il s’est mis en outre à écrire autre chose que de savants traités...

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Une très belle photo ouvrait ce feuilleton dans sa première version ; et suffisait presque à en présenter l’objet : dans une manifestation kanak en général (cette photo avait été prise dans la manif contre la visite fin 2023 de Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur et des Outre-mer*) il y avait très peu de Blancs, peut-être une petite dizaine ce matin-là sur quelques milliers de manifestants, et souvent des Zoreils ou Métros**.

Le ou la photographe avait peut-être choisi ce cliché où la moitié (ou presque) des Européens présents y apparaît… Je croyais naïvement faire une bonne pub à ce cliché ; mais les droits d’auteur semblent interdire cette pub. Grand Prince, je continuais la pub ; en me relisant, j’ai décidé d’arrêter cette pub... Le lecteur pourra tenter de trouver cette photo volée ; on le laisse chercher...

* L’Outre-mer fait aujourd’hui complètement partie de « l’Intérieur », ce qui est un oxymore géographique et surtout un message politique évident s’adressant peut-être surtout à la Kanaky Nouvelle-Calédonie (probablement au centre des préoccupations de La République) qui rêve simplement, essentiellement pour les Kanak, d’en sortir un peu par l’Indépendance-Association (pardon : par la pleine souveraineté avec partenariat).

** Ces derniers sont toujours ou presque considérés comme « extérieurs » au Caillou ; un ami Kanak rencontré m’avait demandé (sans aucune agressivité, bien au contraire, mais avec un grand étonnement) dans un défilé du Premier Mai d’une organisation syndicale à dominante écrasante de Kanak  : « Qu’est-ce que tu fais ici ! ». Un Zoreil blanc ; ils étaient des milliers, nous étions trois…

Je remplace donc la photo d’origine par celle qui suit. Il s’agit d’un montage avec clichés personnels (ceux-là...) pris sur un mur du Caillou, en Brousse ; l’arrière-plan est bien sûr le lagon paradisiaque. Éloi Machoro est un héros, un martyr de la cause indépendantiste kanak, « neutralisé » par les forces de l’ordre françaises en janvier 1985 ; il a la gueule d’un Che Guevara aux Ray-Ban® qui plaît aux indépendantistes.  

Illustration 1

Les deux, Le Che et Machoro sont morts à 39 ans, guère plus vieux que Jésus de  Nazareth ; les martyrs ont toujours eu plus de renommée que ceux qui sont morts fort vieux et paisiblement dans leur lit ; je ne rajouterai pas ce que chantais Georges Brassens, rimant avec Montfaucon.

Ce changement de photo pour ouvrir le feuilleton tombe en outre bien : il correspond mieux au changement de titre de cet écrit où (on va y venir...) le point d’exclamation remplace le point d’interrogation, comme le portrait d’un héros en dit plus que l’interrogation d’un Zoreil étonné qu’on lui demande « ce qu’il fait ici »...

Ce feuilleton sera publié à partir du 2 février pour les Saisons 1 et 2 ; mais pas toujours avec une grande régularité, car cela prend du temps... Pour suivre ce feuilleton (ainsi que de nombreux billets sur lactualité économique, politique et sociale de la Nouvelle-Calédonie ; mais aussi bien dautres...) il suffit de regarder Le Club de Médiapart.

Factoche !  Il suffit de taper, sur nimporte quel moteur de recherche sur Internet : Patrick Castex ... et tous les billets apparaissent, comme par miracle !

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Cette Saison 1 ne présente que les préliminaires du feuilleton ainsi que la bibliographie de l’auteur ; il faudra attendre la Saison 2 pour l’introduction qui explicitera son plan général. Le volume de ces Saisons sera inégal : on tentera de les coller du mieux possible au plan du feuilleton  (en trois grandes parties) ; le lecteur pourra ainsi respirer entre de courtes saisons et d’autres plus longues.

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Préliminaires

Cet écrit est un remake. En 2018, je publiai chez L’Harmattan, un bouquin dont le titre était une interrogation : Kanaky Nouvelle-Calédonie indépendante ? Je regrette ce point d’interrogation qui faisait faux derche[1] : car, à sa lecture, le parti-pris indépendantiste, certes pour une Indépendance-Association (sans doute la seule solution) sautait agréablement aux yeux, ou prenait à la gorge. Selon le parti-pris du lecteur. En 2023[2], le titre du livre papier devenu feuilleton publié donc en nombreuses « Saisons » sur Le Club de Médiapart, est différent : l’interrogation est devenue une exclamation ! Toutefois, la question originelle demeure qui appelait la réponse : oui, le Pays est économiquement, socialement et politiquement viable, si les indépendantistes veulent bien s’en donner les moyens ? C’est une somme d’analyses économiques, politiques et sociales qui tente de montrer patiemment que l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie est souhaitable mais aussi possible. Un pavé (comme une thèse universitaire, mais en langage plus fleuri) qui n’est lisible (à voir !) que par petits morceaux. J’entends déjà des hurlements de certains lecteurs : « Il va nous sortir que c’est une Somme, et avec une majuscule ! Une Œuvre importante, comme l’écrivent les dictionnaires, un travail considérable, en particulier lorsqu’il fait le point, la synthèse des connaissances dans un domaine.» Le délire mis à part, il y a de ça : une somme (mais pas seulement une addition) avec mise en relation de nombreux aspects de la société de cet archipel.

En cinq ans, beaucoup d’eau a évidemment coulé sous les ponts ; l’écrit a été surtout, bien sûr, actualisé ; d’autant plus que l’on était passé à côté de beaucoup de choses fondamentales… Ce nouvel écrit est très lourd (mais peut-être pas relou) car son contenu a été très remanié et approfondi ; ce qui fait pas mal de pages en plus et de plus nombreux graphiques, des dessins (un économiste en est friand) qui valent mille mots selon Confucius. En outre, grande différence avec la version de 2018, la collection Écrit-Tic en était encore à ses balbutiements : beaucoup d’écrit et peu de Tic[3]. En 2023-2024, on peut maintenant proposer des visites guidées (et avec, souvent, de la pub télévisée, comme sur TFI ; mais on peut aussi la zapper) sur la Toile (Internet) à partir des copies des liens. L’inconvénient était qu’avec le papier, il fallait recopier un code où il est quasi-impossible de ne pas se tromper, alors qu’avec les versions électroniques, l’erreur est plus rare[4]. Autrement dit, le papier finira bien par disparaître, avec son odeur, son touché et le bruissement des pages qui plaisaient tant[5]

Visite guidée ! On entend d’ici les critiques : « Ce guide ne sera pas neutre ; c’est évident ! ». Pas neutre, évidemment, mais tentant d’être objectif. Et les visites non guidées sont possibles : Internet est grand ouvert. Bien sûr, ces visites guidées allongent grandement le temps de lecture ; d’autant plus que les Tic permettent maintenant de transformer un écrit en télé ! Ça ne peut que plaire ; profitons-en et profitez-en ! Et que faire pendant les longues soirées d’hiver quand on veut mieux comprendre la vieille Calédonie…

Une télé offerte remplaçant la TNT où les abonnements ? « Tu parles, rigolent déjà les râleurs, on sent d’ici qu’il va y avoir trop de mots : c’est une encyclopédiae caledonica embrassant tout le cercle du Caillou[6] qu’il nous propose sans rire ; et il va nous faire tourner en rond et en bourrique ; on aurait préféré une wikiwiki[7]web ! »[8]. Bien sûr ; et il y aura en outre trop de notes (de bas de page[9]) ; bien sûr, certains trouveront qu’il y a aussi trop de points-virgules, de parenthèses, de point de suspension… On écrit comme on peut.

Un mot sur le point-virgule[10]. On remarquera, ici et ailleurs, l’usage répétitif du point-virgule : entre la virgule et le point (évidente banalité) ; de quoi octroyer aux lecteurs une pause relative ; un entr’acte (je préfère la vielle orthographe de naguère qui sied bien aux relations intimes) entre deux scènes d’amour, pas un abandon, par essence le cul entre deux chaises ; une cote mal taillée entre l’écriture asthmatique de Proust et le nouveau langage, surtout journalistique, où les phrases sont très courtes et coupées bêtement entre deux points, un fantasme de la communication qui se veut efficace car brève, une victime collatérale de la tendance contemporaine aux slogans, aux analyses à la hache,  aux interviews  de quelques minutes ou aux livres courts.

On peut trouver sur la Toile une réponse définitive à cette critique de l’usage, sinon de l’abus du point-virgule ; et de l’Académie française : Danièle Sallenave[11], « Dire, ne pas dire » ; on se permet d’insister sur deux remarques qui me plaisent : « un propos fait de distance et d’ironie légère » ; celle de Jacques Drillon (collection Tel chez Gallimard) qui écrit en 1991 : « Le point-virgule atteste un plaisir de penser ». La seconde est celle de l’image de feu T.W. Adorno : le point-virgule fait penser à « une moustache tombante », celle de « Nos ancêtres les Gaulois » : les Kanak[12] n’apprécient plus.

Ce qui nous remet dans le sujet : un pays où le métissage (largement sous-estimé) est Roi. Pourtant pas de créolisation (notion différente du métissage[13]) au sens d’Édouard Glissant (une seule langue créole sur le Caillou, et source de grave conflits[14]) mais bien une créolisation-métissage au sens de Mélenchon. Pas de créolisation avec le français sur le Caillou (sauf quelques rares expressions courantes, dont Tata pour au revoir) probablement dû à la trentaine de langues kanak (dont seulement quelques-unes sont parlées par des milliers de locuteurs). En revanche, des tas d’expressions que le Français métropolitain ne comprend qu’après quelques années sur le Caillou[15].

Chaque fois que l’on se promène (surtout dans le Grand Nouméa ; un peu moins ailleurs, sauf les descendants de Métis et Métisses né(e)s de pères blancs - rarement les Maristes, quoi que… - et de femmes kanak) on est effaré de la diversité (certes, il ne faut rien exagérer) de ce métissage souvent complexe. Mômes (plus rarement les moins jeunes ; mais ça avance) un peu noirs clair, mais aux cheveux crépus roux ou même blonds[16] ; on se surprend même à trouver coquasses, et pour tout dire déplacés, au milieu de tous ces métis, des petites rousses bien pâlottes ou des grands blonds sans claquettes mais avec des chaussures noires.

Comment analyser ce bordel épouvantable qu’est la situation en Nouvelle-Calédonie sans prendre toutes ces précautions de langage et en utilisant l’ironie légère ! On évitera donc de n’utiliser que des points et des slogans.

L’ancien sous-titre, bien pédant (Politique, société, économie) a également été changé ; le nouveau pourra sembler comme une agression à certains lecteurs ; c’en est une pour ceux, et il y en a, qui n’ont jamais rien voulu savoir sur le Caillou ; sauf en regardant TF1 ou ses sœurs à l’autre bout du monde. On ne parle de la Nouvelle-Calédonie que lorsqu’elle est en train de brûler[17] ou qu’un ministre ou un président de la République se rend à son chevet ; sinon, silence radio ou presque.  

Ce sous-titre m’est venu à l’esprit en lisant enfin un livre que je n’avais pas encore lu : il était bien connu mais épuisé et je n’avais pas été cherché plus loin que les on-dit à son égard. Il s’agit du bouquin de Louis-José Barbançon : Le pays du Non-Dit, sous-titré Regards sur la Nouvelle-Calédonie[18], écrit de 1989 à 1991, après la quasi-guerre civile, et publié à compte d’auteur en 1992 (il y a donc plus de trente ans). Il en a publié plein d’autres.

Barbançon met la lumière, mais discrètement, sur sa ligne politique originale : il se déclare calédonien ; une sorte de nationalisme calédonien[19] (qu’il ne revendique cependant jamais explicitement) dont l’importance nous avait échappée avant 2022. Beaucoup de choses nous avait donc échappées, dont les écrits d’un ethnologue français, Benoît Carteron[20] qui précisait d’emblée au début de son texte, concernant ce nationalisme très particulier et surtout la citoyenneté calédonienne : « Ne contribue-t-elle pas [cette citoyenneté] à affaiblir le débat autour de l’indépendance en constituant une subtilité juridique et un de ces procédés de langage qui nient la domination française ? Fournirait-elle au contraire un nouveau cadre pour penser les rapports entre les groupes et la construction d’un avenir commun en sortant de l’affrontement entre blocs favorables ou opposés à la souveraineté nationale ». Tout vient d’être dit, même prudemment : ce nationalisme s’est souvent présenté comme une alternative à l’indépendantisme kanak où à la contestation sociale radicale avant cet indépendantisme déclaré. Nous y insisterons dans ce livre, avec les principaux exemples de ce nationalise local[21]. On ne peut pas ne pas évoquer ce nationalisme calédonien de certains Européens du Caillou installés depuis des générations (lesdits Caldoches, on y reviendra)

Il y a déjà, dans ce qui précède, un peu trop de trop-dit ; tant pis et je continue sur cette lancée (ce feuilleton sera parsemée de ces allers-retours entre le développement patient de la thèse  et l’actualité) : passons donc immédiatement à ce qui se passe actuellement sur ce Caillou. Car de l’eau trouble est en effet passé sous les ponts : les Calédoniens ont voté Non à l’indépendance aux trois derniers référendums, à partir de 2018, en 2020 et le dernier du 12 décembre 2021 fut une véritable farce que j’avais vertement critiquée dans un billet sur Le Club de Mediapart publié le 14 décembre de la même année[22]. On lit peu (très peu) ces blogs qui ne sont que des bouteilles jetées à la mer et qui atterrissent rarement.

On commencera ce feuilleton par en extraire quelques passages[23]. Avant de faire part de mon exaspération, il faut rappeler que la Covid venait de frapper lourdement le Caillou à la fin de l’année 2021, c’est-à-dire au printemps des Antipodes. Il frappa surtout les Kanak et Océaniens (essentiellement les Wallisiens-Futuniens, la plus forte minorité du Caillou) qui eurent de très nombreux morts. Le travail de deuil étant fort important pour leur culture, il n’était pas pensable d’imaginer une campagne électorale en brousse kanak ; d’où la demande des indépendantistes de reporter le vote à fin 2022. Cette demande fut rejetée par les loyalistes et par l’État (le gouvernement français) qui eurent l’outrecuidance de présenter ce nécessaire deuil comme un vulgaire prétexte. Glaçant ! Bien sûr, ne soyons pas naïfs, cette demande de report était aussi un calcul politique : le temps aurait pu jouer en faveur du Oui en projetant la tendance entre 2018 et 2020. Mais avec des Si… Isabelle Merle historienne de la colonisation, spécialiste de l’histoire du Pacifique et plus particulièrement de la Nouvelle-Calédonie, l’explique plus calmement mais fermement[24] ; on conseille de l’écouter et de la regarder avant de lire quelques feuille de ce pamphlet énervé que voici (les caractères gras sont maintenant rajoutés).

« … Je viens de recevoir votre réaction au résultat du référendum du 12 décembre 2021 ; vous en êtes ravis, mais, sans doute par humilité, vous n’indiquez pas que 96,5 espace % des suffrages exprimés sont pour le maintien de ce Caillou dans la France et que seulement 3,5 esp % de ces suffrages sont pour le Oui à l’Indépendance…Vous commentez en outre le résultat de ce dernier référendum en l’amalgamant aux deux précédents, voulant probablement indiquer que ce dernier n’est que dans leur continuité.  Il ne vous aura cependant pas échappé […] que le taux d’abstention, avec 56 % (quatre fois plus que celui du précédent référendum de 2020 avec 14 %), est dû, à quelques pouillèmes près, au boycott des Indépendantistes (qui disent simplement non-participation car ils sont bien élevés) ; dont 83 % en Province Nord, 95 % aux Îles Loyautés mais 39 % seulement en Province Sud où les Kanak sont minoritaires (autour du tiers de la population). Bref, ceux qui avaient voté Oui à l’Indépendance en 2020 (une petite moitié des suffrages exprimés, avec 46%, un peu plus qu’en 2018 avec 43%) n’ont tout simplement pas participé au vote en 2021 ; à part quelques électrons libres de l’ordre de 1 ou 2 %. Petit détail ne remettant pas en cause, selon de très hautes institutions, la validité juridique du référendum […] ; mais je constate que vous n’avez pas cru bon de mentionner ce petit détail qui n’est peut-être pas sans importance politiquement. 

Ce qui devient un gros détail de l’Histoire vous aura donc sans doute échappé pour affirmer dans votre allocution : ˝La Nouvelle-Calédonie restera donc française […] Ce soir, la France est plus belle car la Nouvelle-Calédonie a décidé d’y rester […] La France est fière d’être votre patrie […] Les Calédoniennes, les Calédoniens ont choisi de rester Français. Ils l’ont décidé librement˝. […] Tous les observateurs, sauf vous et votre gouvernement dont votre fidèle ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, avaient compris, bien avant cette date fatidique du 12 décembre, que, compte tenu de votre refus de repousser, à la demande des Kanak et autres Indépendantistes, la date du référendum, la non-participation était leur seule réponse possible pour assurer le calme et éviter de regrettables ˝événements˝ […] Joli gâchis depuis le départ de votre ancien Premier ministre, Édouard Philippe qui gérait le dossier avec doigté et avait compris qu’un référendum avant les élections présidentielles de 2022 n’était pas envisageable. […] Vous n’aviez que 10 ans lors du premier référendum d’autodétermination organisé le 13 septembre 1987 en Nouvelle-Calédonie. […] : boycotté par la population kanak après lesdits événements qui ont secoué le Caillou, le scrutin se solda par plus de 98 % des suffrages exprimés contre l’Indépendance, et 41 % d’abstention seulement (contre 56% en 2021) ; mais à cette époque, la part des Kanak dans la population était nettement plus faible que maintenant. Les deux scrutins se ressemblent ainsi étrangement, même si les deux périodes sont différentes. Un peu plus tard, en 1988, une élection présidentielle et la tragédie d’Ouvéa... Qui a dit que tous les grands événements historiques se répètent pour ainsi dire deux fois ? Qui a rajouté, en précisant que l’histoire ne se répète pas mais qu’elle bégaie : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce ?  On espère que la farce ne va pas se transformer en tragédie… ».

Bref, c’est surtout cette sortie de Macron qui a transformé le point d’interrogation en point d’exclamation, bien que nous restions très critiques envers les dirigeants de l’indépendantisme kanak. Joli gâchis, en effet, de Macron depuis le départ de son ancien Premier ministre, Édouard Philippe. Le dernier référendum, dont le résultat est cependant juridiquement en béton[25], n’a aucun sens politique ; même Sébastien Lecornu, l’ancien ministre des Outre-mer, le reconnaissait du bout des lèvres[26], et le reconnaît encore.

Les discussions avec les indépendantistes furent en effet rompues depuis[27]. Entre mille pierres d’achoppement, la principale est le dégel des listes électorales[28] : pour éviter l’importation massive d’Européens français de souche avant les scrutins qui aurait biaisé les votes, seuls les résidents depuis plusieurs longues années pouvaient y participer. Et, en gros, les discussions étaient toujours à l’arrêt en 2022 et jusqu’à novembre 2023 (quelques exceptions mises à part). Malgré les efforts de Gérald Darmanin, ministre de lIntérieur et des Outre-mer Jean-François Carenco, ministre délégué[29] chargé des Outre-mer (lors de sa visite de l’Archipel en septembre 2022) et un accord de principe, tous les indépendantistes (après des hésitations dont ils ont le secret…) refusèrent en octobre de se rendre à Paris pour reprendre le discussions, même en bilatéral avec l’État. La visite de Darmanin, fin novembre et début décembre 2022 fut en revanche un coup d’épée dans l’eau : le véritable dialogue ne reprendra qu’après les vacances et deux congrès du parti kanak Union calédonienne. Darmanin fut contraint d’accepter la proposition indépendantiste de réunions bilatérales (et non des trilatérales : État, loyalistes, indépendantsites) en février 2023 ; il déclara, avec cependant un ton de regret : « Je n’accélérerai pas la cadence … C’est dans quelques semaines, je crois que la paix vaut bien d’attendre quelques semaines »[30].

Sautons encore quelques mois : la dernière visite de Gérald Darmanin fin novembre 2023 (avec Bruneau Lemaire) semble augurer d’un avenir « très mal barré » ; on laisse le lecteur en juger en visionnant leur interview[31]. Darmanin se dit « échaudé » par la volonté d’absence de dialogue par une partie des indépendantistes (en l’occurrence l’Union calédonienne) et annonce que l’État prendra ses responsabilités : traduire, avec ou sans accord, il y aura début 2024, dégel au moins partiel du corps électoral, que les indépendantsiets l’acceptent ou non. On informera le lecteur au fur et à mesure du développement de l’histoire…

Il n’y a pas que les blogs qui sont des bouteilles à la mer : on a très peu lu le bouquin de 2018 qui eut peu de succès en Nouvelle-Calédonie ; comme en France… Je pensais naïvement qu’il aurait pu intéresser les indépendantistes[32] et quelques autres… Je contactai ainsi, au milieu de 2018, avant la sortie du livre, six mois avant le premier référendum, le Centre culturel Jean-Marie Tjibaou : j’étais, avec mon éditeur, persuadé, gros naïf, qu’il m’accueillerait à bras grands ouverts pour faire une conférence sur l’Indépendance (ici avec une majuscule) ce Centre culturel étant, évidemment, indépendantiste.

Et on allait enfin parler de choses sérieuses[33] ! Que nenni ! Dès sa parution, je fis envoyer le bouquin au Centre culturel et il y eut quelques lecteurs ; mais pas un de ses responsables s’y est intéressé. Je sus plus tard (on y reviendra) que le Centre n’était plus financé par la France, mais par la Nouvelle-Calédonie : ceci explique peut-être cela…

Notes de bas de page ; voir à la suite la bibliographie de l'auteur

[1] C’est-à-dire faux cul. Les dictionnaires nous l’enseignent : « derche, nom masculin, argot, derrière ». Je reste ainsi faux cul en utilisant faux derche ; mais le parcours vers la liberté du langage est un long chemin.

[2] Entre les deux, fut pris quelque distance avec le mode sérieux des écrits, en se lâchant dans des productions au contenu plus cocasse, burlesque, déjanté même, mais toujours à fort contenu politique.

[3] Imagine-t-on Descartes écrire un Discours de la méthodologie ? Il s’est contenté d’un Discours de la méthode… Bonne blague à deux balles devenue un classique. Car, d’après tout le monde et même l’UNESCO, les Tic, ce sont les Technologies de l’information et de la communication : non ! la technologie, en français, c’est l’étude ou la science des techniques : tout le monde reprend en fait l’anglicisme…

[4] Tiens ! un essai avec une surprise à la clé (une demi-surprise car les codes quasi-impossibles à recopier ne sont en général pas difficile à comprendre) :

https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/emmanuel-macron-algerie-candidat-presidentielle-voyage-colonisation-crime-contre-l-humanite

et :

https://www.tf1info.fr/politique/video-nouvelle-caledonie-le-discours-d-emmanuel-macron-apres-le-resultat-du-3-referendum-sur-l-independance-2204395.html

Pas neutre, certes…

[5] Il disparaissait d’ailleurs en janvier 2023 pour le seul titre de la presse écrite quotidienne du Caillou, Les Nouvelles calédoniennes : plus d’édition papier ; plus de rotatives et des emplois qui allaient avec (des éconocroques) ; mais des papys et des mamys qui râlaient… Peu après, l’édition numérique était aussi supprimée. Le titre est réapparu en fin d’année, avec changement de propriétaire (André Dang, un indépendantise d’origine vietnamienne dont on reparlera), mais seulement en édition électronique. Bon vent ! Mais ce n’est pas gagné !

[6] Le Caillou est l’appellation familière de l’Archipel, formé de la Grande Terre, des Îles Loyauté et de quelques autres îles et îlots.

[7] Wikiwiki voulant dire rapide en hawaïen, qui a donné Wikipedia ou Wikipédia.

[8] On aurait pu faire plus court, avec quelques slogans : Oui, la décolonisation sans indépendance est une illusion entretenue par les loyalistes et soutenus par la Métropole ; oui, la Kanaky Nouvelle-Calédonie indépendante est viable économiquement ; oui, si les chèques de l’État (ceux de la Métropole donc) disparaissent, ils peuvent être remplacés par des augmentations d’impôts et de cotisations sociales que les classes aisées (bref : les riches) paient aujourd’hui très peu ; oui, l’Indépendance-Association que proposait Edgard Pisani il y a presque un demi-siècle, est la seule solution ; oui, les dirigeants indépendantistes qui se divisent à loisir sont aussi responsables et coupables. J’en passe, mais pas des meilleurs…

[9] Rien à voir avec Mozart ; les amoureux du film Amadeus de Milos Forman comprendront…

[10] C’est tout à fait hors-sujet, mais ça (voir Freud) arrivera souvent dans ce livre, pour souffler une peu, comme un entr’acte entre deux parties d’amour. Et faisons d’une pierre (notes, parenthèses, point-virgule, etc.) deux coups : j’utiliserai à foison de vieux écrits : on écrit toujours le même livre… Et on en profite, dans la même veine, pour voir et écouter la manière de parler de Patrice Modiano, un premier entr’acte :

https://www.youtube.com/watch?v=nWUFYLKfR-4

[11] Défense du point-virgule, Le 4 avril 2013, Bloc-notes : « ʺEn province, les femmes dont peut s’éprendre un homme sont rares : une belle jeune fille riche, il ne l’obtiendrait pas dans un pays où tout est calcul ; une belle fille pauvre, il lui est interdit de l’aimer ; ce serait comme disent les provinciaux, marier la faim et la soif ; enfin une solitude monacale est dangereuse au jeune âgeʺ. Ce court texte de Balzac, emprunté à La Vieille Fille (1836), donne un parfait exemple de la nature, de la fonction, de l’usage du point-virgule. Il s’agit d’une seule phrase qui propose l’illustration et le commentaire d’une vérité d’expérience : la rareté des jeunes filles disponibles en province. La phrase se développe en plusieurs parties, à la fois séparées et reliées par des points-virgules. Notons que ces parties de longueur égale ne sont pas sur le même registre. Illustration et commentaires ne sont pas sur le même plan ; ils sont cependant réunis et mis à égalité par un même point-virgule. D’où une série de questions. La virgule aurait-elle été préférable ? Non. Qu’on l’essaie : on verra qu’elle enlève toute structure à la phrase. Le point, alors ? Qu’on l’essaie aussi : et on verra qu’il donne au récit un ton d’énumération laconique et brutale qui ne convient pas à un propos fait de distance et d’ironie légère. Le point-virgule non seulement convient, mais il est indispensable. Il laisse à la phrase le temps de s’épanouir, il évite de rompre l’unité de la pensée par la multiplication des phrases courtes. Il respecte la phrase, mais il la construit, au lieu d’en juxtaposer les éléments comme le fait la virgule. Le point-virgule est le signe de ponctuation par lequel on peut donner à la phrase une certaine ampleur, autrement que par la molle et paresseuse succession de virgules. Le point-virgule confère à la phrase une rigueur sans excès, il en module le ton, et fait ainsi entendre la voix de l’auteur. Dans son Traité de la ponctuation française…, Jacques Drillon écrit : “ Le point-virgule atteste un plaisir de penser”. C’est si vrai … qu’on ne saurait se résigner facilement à sa disparition partout annoncée ».

[12] Rappelons que le mot kanak est, pour les Kanak, invariable en genre et en nombre.

[13] Pour une fois, on ne va pas pinailler…

[14] La seule langue créole (ou presque) sur le Caillou est le tayo, d’origine réunionnaise, parlé dans la commune du Mont-Dore (qui fait partie du Grand Nouméa) et particulièrement dans la localité-tribu de Saint-Louis qui est surtout connue par ses incidents, dont les caillassages sur la route du Sud, la RP2 ; il ne comptait dans les années 2020 qu’à peine un millier de locuteurs. Langue maternelle pour les Kanak du coin, en fait diverses tribus (donc un groupe hétérogène) regroupées là et auparavant à la Conception par les Maristes quelques années après la prise de possession en 1853, c’était aussi une seconde langue pour les Wallisiens du lotissement l’Ave Maria. Deux communautés, une seule langue, ce qui aurait pu entraîner une vraie créolisation ; ces pauvres Wallisiens (dont beaucoup faisaient parties de milices anti-Kanak de Jacques Lafleur ; on y reviendra) furent en fait chassés violemment par les Kanak au début des années 2000 après des affrontements intercommunautaires.

[15] Voir :

Top 15 des expressions calédoniennes, pour bien parler sur le caillou (topito.com)

[16] On n’use pas sur le Caillou, contrairement aux Antilles, du terme de chabin et chabine (adjectifs récents très dépréciatifs) ; on trouve sur la Toile pourquoi : « Chabin : l’on appelle ainsi, dans quelques-unes de nos îles de l’Amérique, l’animal produit par l’accouplement du bouc et de la brebis ; ce mulet a les formes de la mère et le poil du père… ». Les voies du racisme sont impénétrables !

[17] « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs » (répétant ce qu’avait suggéré un écolo, Jean-Paul Deléage, à ses conseillers) affirma Chirac en septembre 2002 au sommet pour le climat à Johannesburg. C’est une autre histoire, mais pas tant que ça !

[18] Réédition 2019, Éditions Humanis, Archipels, Réflexions.

[19] J’y ai appris l’existence du concept du socialisme mélanésien élaboré au Vanuatu par Walter Lini, le premier Premier ministre des anciennes Nouvelles-Hébrides devenues indépendantes en 1980, pensée inspirée de Julius Nyerere en matière de socialisme africain en Tanzanie : une sorte de mélange entre le christianisme et la pensée communautariste locale. J’ignorais également que Jean-Marie Tjibaou, prêtre catholique défroqué, adopta cette ligne (au moins au début, avant la formation du FLNKS, le Front de libération nationale kanak et socialiste, en 1984) différente de celle du Parti de libération kanak (Palika) se prétendant marxiste-léniniste.

[20] Il est l’auteur d’un document de travail de novembre 2011 : La citoyenneté calédonienne, entre nationalismes et affirmation pluriculturelle, lisible sur la Toile (dans L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL Open science) :  

https://shs.hal.science/halshs-01081498/document

[21] À ne pas confondre avec l’indépendantisme qui intéresse essentiellement les Kanak ; mais pas que... À ne pas confondre non plus avec les partisans de la volonté indépendantiste de certains « Blancs » caldoches (« les Rhodésiens ») voulant s’émanciper de la Métropole pour mieux dominer les « Noirs » : comme lors de l’indépendance de la colonie britannique de Rhodésie du Sud déclarée unilatéralement en 1965 à Salisbury par Ian Smith. Entre cette date et la véritable indépendance de la colonie africaine devenue Zimbabwe en 1980, l’histoire fut compliquée et tragique.

[22] Patrick Castex, Votre décolonisation ratée, Monsieur le Président, est un pied de nez à l’humanité ! Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République, suite au troisième référendum « bidon » du 12 décembre 2021 sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie. Voir (billet de décembre 2021) :

Votre décolonisation ratée, Monsieur le Président, est un pied de nez à l’humanité ! | Le Club (mediapart.fr)

Et, puisque l’on est sur Macron, une deuxième pierre qui lui fut lancée ; voir (billet de fin septembre 2023) :

Macron en Calédonie : le retour en juillet 2023 et la persévérance dans l’erreur | Le Club (mediapart.fr)

[23] On conseille, avant la lecture du premier billet, un petit tour d’horizon sur la neutralité feinte d’Emmanuel Macron au sujet des trois référendums :

https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=&cad=rja&uact=8&ved=2ahUKEwjZ-vTy0rf6AhURrxoKHfuZCo4QwqsBegQIAhAB&url=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv=b4JDeKOjS8c&usg=AOvVaw1EdF_KeKkJguwadSbgzri6

[24] Isabelle Merle (on y reviendra) est directrice de recherche au CNRS ; elle explique clairement ce contexte lors d’une émission de France Inter :

https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=&cad=rja&uact=8&ved=2ahUKEwjRqM3j2bf6AhUVkBoKHUrADo04HhC3AnoECAMQAg&url=https%3A%2F%2Fwww.dailymotion.com%2Fvideo%2Fx863hrz&usg=AOvVaw3HU0rQ3HDKdn1piD8f_kae

[25] « Il y a une jurisprudence du conseil d‘État (…) selon laquelle un niveau d’abstention élevé, par lui-même, est sans incidence sur la régularité et la sincérité d’un scrutin » indiquait Pascal Lamy, président de la commission de contrôle en proclamant officiellement les résultats du référendum le lundi 13 décembre.

[26] Lecornu répondait en substance aux questions de deux journalistes le lendemain du scrutin : non, ce n’est pas la fin de l’histoire, non, il ne faut pas regarder ce résultat selon sa seule expression chiffrée mais dans la perspective des deux précédents référendum (éléments de langage imposés par l’allocution du Président) et évitant ainsi de répondre : « Oui, il y a bien un problème politique ! ».

[27] Au soir même du scrutin, Roch Wamytan, président indépendantiste du Congrès de la Nouvelle-Calédonie et le chef de la délégation du FLNKS  lors de la signature de l’accord de Nouméa de 1998, résumait la position des Indépendantistes : « Nous considérons qu’en termes de légitimité juridique et politique, il n’y a que deux référendums, 2018 et 2020. Celui-là, c’est le référendum de l’État français et de ses soutiens en Nouvelle-Calédonie, pas le nôtre ». Il assurait en outre que les indépendantistes participeraient aux futures négociations, mais seulement avec le candidat élu lors de la présidentielle française d’avril 2022, y compris s’il s’agit du président sortant. Avec Macron II, on a encore un peu attendu…

[28] Plusieurs accords et décisions limitaient l’inscription sur les listes électorales pour les élections provinciales (débouchant sur la composition du Congrès, l’organe législatif calédonien d’un Territoire pas encore indépendant mais devenu autonome après transferts de nombre de compétences, hors régaliennes) ainsi que pour celles des référendums d’autodétermination).

[29] Gérald Darmanin est maintenant ministre de l’Intérieur et des Outre-mer. Darmanin chapeautait donc Jean-François Carenco (remplacé par Philippe Vigier qui n’accompagna d’ailleurs pas Darmanin lors de sa visite sur le Caillou fin novembre 2023) ; il chapeauta un temps aussi une Calédonienne (éminente politique loyaliste du Caillou et Présidente de la Province Sud) récemment promue à Paris : Sonia Backès, Secrétaire d’État auprès de Darmanin, chargée de la Citoyenneté. Cette dernière démissionna après sa cuisante défaite – elle partait pourtant largement gagnante - aux sénatoriales de fin septembre 2023. Lecornu est maintenant ministre des Armées et revient sur le Caillou (il est attendu par des manifestations indépendantistes début décembre 2023) ; mais n’allons pas trop vite : on y reviendra, car la réorganisation du gouvernement quant à la situation en Nouvelle-Calédonie ne fut sans doute pas anodine.

[30] Petite remarque en passant. Curieuse, cette référence à la paix. Est-ce à dire que s’il avait refusé de donner du temps au temps, la guerre eût été inévitable ? Aucune réaction de qui que ce soit. En revanche, quand Daniel Goa, le président de l’Union calédonienne (l’UC) indépendantiste évoquait en novembre 2022 un peu la même question en disant « sortir par une décision unilatérale du processus de décolonisation et de l’accord de Nouméa aurait des conséquences irréversibles sur la paix dans ce pays », on entendit partout des cris d’orfraie. Fin de la petite remarque.

On peut lire et voir le bilan que Darmanin a présenté de son voyage de décembre 2022 sur la Toile :

https://la1ere.francetvinfo.fr/nouvellecaledonie/visite-de-gerald-darmanin-en-nouvelle-caledonie-ce-que-l-on-peut-en-retenir-1346044.html

[31] Voir :

REPLAY. Revoyez l'entretien avec les ministres Gérald Darmanin et Bruno Le Maire - Nouvelle-Calédonie la 1ère (francetvinfo.fr)

[32] Cette amertume (ce coup de bile ; pourquoi le cacher) a déjà été écrit dans Mémoires capitales II (voir la bibliographie de l’auteur).

[33] J’envoyai donc un mail qui annonçait la sortie du bouquin et proposait tout de go une conférence. La réponse fut la suivante : « Cher Monsieur, J’accuse réception de votre aimable proposition et vous en remercie chaleureusement. Hélas, je dois vous dire que la programmation de notre cycle de conférences est arrêtée pour l’année. Ces Rencontres de la Médiathèque se déroulant en Salle Sisia, il n’est pas aisé d’y ajouter une opération à la dernière minute. Les délais que vous évoquez sont trop courts. Toutefois, c’est avec plaisir que je lirai votre livre lors de sa sortie. Merci. Bien à vous… ». Je sus plus tard que le Centre n’était plus financé par la France, mais par la Nouvelle-Calédonie : ceci explique peut-être cela…

Bibliographie

Voie chilienne au socialisme et luttes paysannes, Collection Documents et recherches d’économie et socialisme n° 10, Maspero, Paris, 1977.

Analyse macrocomptable et comptabilité nationale, deux tomes, Collection exercices et cas, n° 15, Economica, Paris, 1991.

Théorie générale de la monnaie et du capital, Collection Innovations économiques, L’Harmattan, Paris, 2003, en quatre tomes. La Monnaie : bâtarde de la société, enfant putatif du banquier (Tome 1) ; Cachez cette monnaie que je ne saurais voir ! (Tome 2) ; La monnaie : Doctor Maynard and Mr Keynes (Tome 3) ; Principe d’incertitude généralisé et énergie de la monnaie : E=Mv2 (Tome 4).

 Introduction à une théorie générale de la monnaie et du capital, Innovations, Cahiers d’économie de l’innovation, n° 17, L’Economie du siècle, Points critiques de l’accumulation, pp.29-50, 2003.

Macrocomptabilité de la France, Le capitalisme des trente années de plomb par la comptabilité nationale, Édition 2006, Collection Écrit-Tic, L’Harmattan, Paris, 2006.

Histoire critique des théories monétaires des économistes, L’argent contre la monnaie, Écrit-Tic, L’Harmattan, Paris, 2007.

La Chute : théorie de la crise actuelle du capitalisme Taux d’intérêt et taux de profit, 2000-2008 : crise financière ou crise réelle ? Écrit-Tic, L’Harmattan, Paris, 2008.

Trente Glorieuses, trente années de plomb, Grande crise, Macrocomptabilité de la France, 1948-2008, Édition 2009, Écrit-Tic, L’Harmattan, Paris, 2010.

Baisse des taux de profit et d’intérêt en France : une approche empirique et théorique de la crise, Revue de la régulation, Capitalisme, institutions, pouvoirs, n° 9, 1er semestre 2011, édition électronique.

Kanaky Nouvelle-Calédonie indépendante ? Écrit-Tic, L’Harmattan, Paris, 2018.

Nouvelles calédoniennes, L’Harmattan, Paris, 2021.

Mémoires capitales II, sous-titre Brève histoire du bon temps, L’Harmattan, Paris, 2021.

Et si cocos et anars avaient joué Éros plutôt que Thanatos ? sous-titrée (de façon résumée) par Uchronie brillante ; sombre Histoire, publié en feuilleton de 20 saisons fin 2023 sur Le Club de Médiapart

Sans compter les autres billets sur ce même Club de Médiapart. C’est donc simple à regarder (voir le début de ce billet). Beaucoup de ces billets font évidemment double-emploi avec ce qui est écrit dans ce nouveau feuilleton ; cependant on peut les lire tout de suite, pour suivre l’actualité, sans attendre sa fin...

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