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Économiste, sociologue et HEC à la retraite (maître de conférence à l’Université Dauphine et membre du Cabinet Syndex, expert-comptable spécialisé dans le conseil aux Comités d'entreprise et aux syndicats de salariés), il s’occupe, depuis une dizaine d’années, de promouvoir l’Indépendance de la Kanaky Nouvelle-Calédonie. Il s’est mis en outre à écrire autre chose que de savants traités...

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Billet de blog 29 novembre 2025

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Évolution de l’économie du "Caillou" avec l’impact de l’insurrection de mai 2024

Avec des copains (c’est toujours mieux à plusieurs que tout seul…) on s’est penché sur elle, et avec une mise en perspective ; et donc pas seulement (mais surtout…) sur la conjoncture 2024 et début 2025. Mission impossible sans, essentiellement, les publications de l’ISEE.nc et du CEROM (Comptes Économiques Rapides pour l’Outre-mer). Mais je suis le seul responsable des commentaires qui suivent.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La confirmation de la chute record de la croissance en 2024 n’est pas un scoop, mais il faut y regarder de plus près, car le diable se cache souvent dans les détails[1]. Un dessin valant mille mots selon Confucius, il y aura surtout des graphiques avec quelques mots de commentaire ; on trouvera sans doute qu’il y a ici trop de graphiques (une bonne vingtaine, mais nettement moins de notes) ; et selon un plan très descriptif ne labourant évidemment pas tous les champs[2].

1 – L’évolution de l’activité en général mesurée par le PIB, le Produit intérieur brut qui mesure la richesse économique créée en une année (avant « usure » du capital fixe)

À long terme (depuis1998 seulement[3]) l’évolution économique est passée d’une période vaches grasses ; grâce surtout à la construction des deux nouvelles usines métallurgiques (de nickel) du Nord et du Sud. L’arrêt de ce boom (qui avait beaucoup profité au BTP) en 2011, mais aussi l’érosion du prix de Ni, a vu naître une longue période de ralentissement jusqu’environ 2018, à laquelle succède trois années de récession de 2019 à 2021, dont l’épisode de la COVID-19 mais surtout le marasme de la métallurgie du nickel et la chute des cours (on y reviendra).

Surprise en 2022 une croissance exceptionnelle du PIB (due à la reprise de la production métallurgique, mais aussi à une hausse éphémère des cours du Ni) qui continua au début de l’année 2023). Déjà (on y reviendra bien sûr) l’année 2023 finissait mal, tendance qui continua au premier trimestre 2024, bien avant les quelques semaines d’insurrection commencées le 13 mai qui aggrava cependant une conjoncture déjà morose

Tout le monde, en particulier chez les loyalistes radicaux, cria au loup, avançant (avant que l’ISEE et le CEROM ne tempèrent assez rapidement[4]) une chute de 20 % du PIB. Si l’on compare la chute de 13,5 % de 2014 (donnée provisoire, souvent corrigée sur le Caillou) à la moyenne de 2019 à 2021 (le boom 2022-2023 étant donc exceptionnel) l’écart est encore un peu plus réduit.

Illustration 1

En valeur l’évolution est du même ordre, mais le graphique suivant donne une image moins cataclysmique : les 943 GCFP de PIB en 2024 seraient à comparer au niveau de PIB de 2016. Corrigeons tout de suite : la comparaison est fausse car entre les deux dates, les prix ont augmenté (on y reviendra). Le PIB de 2024 est bien un recul très important ! Même si on oublie 2022 et 2023.

Illustration 2

Passons donc à la prise en compte des effets prix. Si l’on tient compte de la hausse générale des prix (en gros l’inflation) un PIB en francs (ou euros) courants d’il y a 10 ans vaut en fait, pour le comparer au PIB actuel, largement plus. Allons-y ! Mais sans avoir des rapports pervers avec les diptères : quelle augmentation des prix prendre en compte ? Pour le PIB il faudrait prendre l’évolution des prix du PIB (très différente, certaines années de l’IPC, l’Indice des prix à la consommation –  par les effets, essentiellement, des cours du Ni exporté – et lequel, avant ou après tabac, etc.). Dans le graphique qui suit, on a pris les deux !

Ainsi, les évolutions présentées sont plus proches de la vérité.

Illustration 3

On peut résumer par le graphique suivant.

Illustration 4

L’évolution du PIB par habitant est donnée par l’ISEE ; mais elle pose le problème soulevé plus haut quand on en fait un graphique (comme celui qui suit… : la question de l’inflation qui rend peu comparables sur le moyen terme les séries en monnaies courantes) et surtout la grande incertitude de l’évolution de la population depuis le recensement de 2019.

Illustration 5

Quel est ledit « équilibre » (en fait seulement comptable entre les ressources et les emplois en produits : si l’offre est supérieure à la demande, les stocks de produits invendus peuvent se gonfler ; et vice-versa ; mais les variations des stocks peuvent également résulter de la spéculation sur les mouvements de prix.

Illustration 6

Mais le sens de la corrélation évidente entre PIB et export est difficile : soit on exporte ce qu’on a produit (l’offre explique la demande) ; soit on produit car la demande est très forte (la demande explique l’offre) ! Le cours du Ni est sans aucun doute un facteur exogène qui explique bien sûr l’évolution de l’offre ; mais les contraintes techniques et sociales de la production sont également importantes.

Pas de réponse précise à la question posée donc…

Illustration 7

Pour finir ce premier point, seulement un dessin sur le fameux indicateur de l’ICA…

Illustration 8

2 – Le rôle du nickel, apparemment marginal. (Tu parles ! On l’a vu plus haut avec les exportations)

On ne va pas trop revenir sur l’importance du nickel (mines et métallurgie) : sa part actuelle (5,5 % du PIB, plus exactement de la valeur ajoutée brute, en 2024 contre 14 % en 2022) n’est pas ce qu’elle devrait être : pas simplement par les volumes produits très en-deçà des capacités de production, sans parler de la chute des cours. On a assez rebattu sur ce sujet les oreilles de nos lecteurs…

Rappelons cependant qu’en régime de croisière – on n’y est plus… – la part de l’emploi total et induit comptait en moyenne pour 20 % du total des salariés du Caillou : en gros le double de sa part dans la valeur ajoutée (très fluctuante : on se content ici de 2022 et 2024) ! Il va de soi que l’on ne peut pas en déduire que l’emploi dans le secteur passerait de 28 % en 2022 à 11 % en 2024 c’est bien plus compliqué, d’autant plus que l’Usine du Nord a fermé et que celle du Sud est très mal en point, sans parler de la Vieille Dame, la SLN de Nouméa ; on tentera d’y revenir.

Bref, les exportations de nickel sont principal facteur de la demande (ou de l’offre…).

Illustration 9

On peut néanmoins développer le secteur Ni sur la période récente : l’ISEE donne en effet les exportations en quantités et valeurs jusque septembre 2025 ; ce sont ces dernières, en valeurs, qui vont nous intéresser.

Les exportations de minerais ne comptent plus en moyenne sur la période qu’autour d’un quart du total[5], comme en régime de croisière. On n’y revient pas ; voir nos nombreux billets de 2023 et 2024.  

Illustration 10

Pour ce qui concerne la métallurgie, le Ferronickel, FeNi, (SLN et Usine du Nord) était largement dominant devant le produit (NHC, Ni Hydroxyde Cake, moins riche en Ni que le FeNi) de l’Usine du Sud, mais depuis début 2025, un retournement se fait jour[6].

La production de cobalt de l’usine du Sud, dopée quelques années par le boom éphémère des cours, a été rapidement abandonnée. Surtout la production de NiO (Oxyde de Ni, produit nettement plus riche en Ni que le NHC et pourtant base du projet de l’usine chimique a aussi rapidement été abandonnée. On ne les trouve pas (mais ce furent, au début de la période ici analysée, des clopinettes).

Illustration 11

3 – Les variations générales du niveau des prix (le plus souvent positives : l’inflation) et le pouvoir d’achat des moins riches

C’est surtout l’alimentation qui pèse le plus pour les ménages dits modestes, en général mais surtout depuis les dégâts en termes d’emplois de l’insurrection de mai 2024.

Pour les nouveaux pauvres (ceux qui travaillent au SMG, tout est dit dans le graphique ci-dessous. Pour ceux qui sont au chômage (« volontaire » ou subi) on laisse le lecteur deviner…

Illustration 12

Petite idée des inégalités de salaires nets mensuels. 

Illustration 13

Insistons sur les inégalités de revenu ; on ne les connaît que par la déjà ancienne publication de l’ISEE.nc (Enquête Budget des Familles 2019-2020 - Volet 2, En 2019, le taux de pauvreté reste stable en Nouvelle-Calédonie) après celle de 2008 (consultable également) : voir sur le site (on peut tout ouvrir, la synthèse et les fichiers XLS).

https://www.isee.nc/emploi-revenus/revenus-salaires/revenus

La première analyse, globale interroge déjà. Si « le taux de pauvreté reste stable » (selon le titre de la publication ci-dessus indiquée) il en est de même pour les rapports entre les revenus des riches et des pauvres, bref des inégalités économiques de base, et ça s’améliorerait un peu.

Bref, les rapports des déciles D9 / D1 devraient être plus élevés que ceux entre le quintiles Q5 / Q1 !

Illustration 14

Ouf ! Mais ces inégalités criantes persistent donc… Et d’autres informations le confirment, en passant de cette analyse globale à d’autres plus spécifiques.

D’abord par classe sociale (en deux graphiques : revenus totaux, puis par catégorie de revenu) ; il n’y a pas photo !

Illustration 15
Illustration 16

Ensuite par Unité de consommation (UC).

Illustration 17

Miraculeusement, l’ISEE (publication indiquée plus haut de 2019) donne par UC la répartition du « revenu disponible total » par quintile (malheureusement en CFP constants de 2008 !) ; juste pour voir (car les rapports entre les Q de 1 à 5 et Q1 ne sont curieusement pas calculés…) on a sorti notre calculette ; et on trouve une autre surprise qui confirme les précédentes…

Illustration 18

Les inégalités par Province sont également disponibles ; là, pas trop de surprises.

Illustration 19

Enfin une approche (je ne suis pas sûr d’avoir bien compris la nature des données de l’ISEE…) entre les Kanak et les autres (non détaillés) dits les Non-Kanak (Sic !). Pour une fois que ces Mélanésiens sont le centre de l’analyse…

Illustration 20

Mais il ne s’agit que des revenus monétaires : les Kanak des tribus de brousse (et même ceux de l’agglomération du Grand Nouméa ont donc quelquefois un champ). Mais en n’en sait pas plus.

4 – L’emploi et le chômage

L’évolution récente de l’emploi est contradictoire, surtout pour le secteur privé. Voir l’analyse de l’ISEE, En 2024, un marché du travail déstabilisé, moins d’embauches, et plus de 30 000 salariés qui finissent l’année sans emploi. [Je souligne, PC]

file:///C:/Users/katso/Downloads/Emploi%202024.pdf

Attention pas moyen (?) d’utiliser ce liens hypertexte : il faudra le taper à la mimine sur la Toile!

Ce titre est proche d’un mensonge ! On a en effet l’impression, à la lecture de ce titre que 30 % de la centaine de milliers de salariés (environ) du Caillou ont été virés ! Ils ont bien été virés, mais les embauches (souvent des mêmes) ont heureusement compensé en grande partie les départs !

Cela vaut bien quelques graphiques avec quelques extraits de cet article, commentés.

Illustration 21
Illustration 22

Tentons de tirer cela au clair.

Illustration 23

D’abord le secteur privé, largement dominant donc, son évolution et sa structure.

Illustration 24
Illustration 25
Illustration 26
Illustration 27

Eléments de conclusions

Terminons par ce qui est encore tout chaud.

La dernière analyse de l’IEOM venait juste de sortir le 28 novembre, Tendances conjoncturelles - 3e trimestre 2025 (n° 444, daté de décembre 2025) publication titrée La Nouvelle-Calédonie reste confrontée à une situation économique très dégradée.

Malgré ses graphiques où tout semble s’améliorer en 2025 (il manque le T4) l’Institut d’émission reste très pessimiste : « Des perspectives d’activité incertaines » ; « Des perspectives d’investissement dégradées » ; mais (seulement quelques lignes, et avec un gros bémol) « Sur un an glissant, la production métallurgique est en nette hausse (+140 %, CVS), ce qui s’explique par un effet de base lié notamment à l’arrêt complet de la production de NHC pendant 5 mois en 2024 ».

https://www.ieom.fr/Tendances-conjoncturelles-3e-trimestre-2025

Voir surtout l’annexe statistique 

https://www.ieom.fr/IMG/pdf/annexes-8.pdf

On en sort quelques dessins (empruntés à cette publication) intéressants et fort à propos.

Illustration 28

Surtout, ce pessimisme correspond peu ou pas du tout aux graphiques suivants (que l’IEOM fournit aussi) !

Illustration 29

Terminons par le nerf de la guerre : le fric ! En novembre 2025, le même IEOM traitait de l’évolution de la production de crédits de 2022 à 2025 (jusqu’au T3 pour cette dernière année).

https://www.ieom.fr/IMG/pdf/cf_production_de_credits_t3_2025_nouvelle-caledonie.pdf

C’est vrai, ce n’est pas brillant, mais là aussi ce n’est pas l’apocalypse ; toujours quelques graphiques de l’Institut d’émission.

Illustration 30

LNC nous en informait, tôt le matin du 29 novembre

https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/economie/economie-la-production-de-credits-toujours-a-un-niveau-particulierement-faible

...

Eléments de conclusions

Rappelons avant tout que le PIB par habitant du Caillou fait toujours de ce Pays, malgré la catastrophe de 2024, un pays « riche ». La comparaison de 2022 avec la Métropole, les pays voisins d’Océanie et les DROM-COM (Départements et régions d’outre-mer et collectivités d’outre-mer) est parlante ; on peut enlever 13 % au PIB de la Calédonie, elle resterait encore devant les DROM-COM pauvres !

Illustration 31

Cependant, en parité de pouvoir d’achat, ce n’est tout à fait le cas en comparaison avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande (où les prix sont certes plus élevés qu’en France métropolitaine) mais, néanmoins, le niveau des prix y est bien plus élevé sur le Caillou. Pour les autres pays des Outre-mer français, le niveau des prix est du même ordre que celui de Calédonie : c’est « la vie chère »[7]. Pour les autres pays océaniens, la vie est considérablement moins chère : il y a plus de touristes australiens aux Fidji qu’en Calédonie…

Illustration 32

Enfin, n’oublions pas que la politique économique du gouvernement calédonien actuel est très libérale (politique de rigueur dite de l’offre) les réformes étant poussées par la maison-mère pour la financer, par des prêts pour financer la reconstruction : Moutchou n’aime pas les subventions...

Il est vrai que le financement courant par les transferts métro bruts (les nets sont largement inférieurs) tournent en régime de  croisière autour de 15 % du PIB ; et ce sont alors des subventions : normal, il s’agit du financement des fonctions régaliennes de l’État sur le Caillou, mais pas que (par exemple le financement de l’enseignement secondaire, pourtant transféré depuis des lustres à la Nouvelle-Calédonie !

Ce fut l’objet de nombres de nos récents billets.

Il va de soi que les analyses qui précèdent tentent d’être objectives : Il y a bien une catastrophe économique en 2024, mais pas un cataclysme. Et on est sans doute en moyenne plus riche sur le Caillou, même après 2024, qu’à Mayotte, au Vanuatu ou en Papouasie-Nouvelle-Guinée ; mais ça dépend des classes sociales

Notes

[1] Les principales sources sont les suivantes.

L’ISEE d’abord (l’Institut de Statistique et d’Études Économiques ; l’INSEE locale).

https://www.isee.nc/

Les études du CEROM (Comptes Économiques Rapides pour l’Outre-mer) ; les dernière de septembre 2025.

https://www.cerom-outremer.fr/nouvelle-caledonie/publications/etudes-cerom/les-comptes-economiques-rapides-de-la-nouvelle-caledonie-en-2024.html

Mais aussi, dans une moindre mesure, l’IEOM, l’Institut d’Émission d’Outre-Mer, la banque d’émission du Pacifique français, avec le franc CFP. CFP, ça veut dire quoi ? Officiellement jusqu’en 2022, c’était le Franc des Colonies françaises du Pacifique (si, si !) : le décret de 1945 lui donnant naissance n’a été remplacé qu’en 2022 ; Franc des Collectivités Françaises du Pacifique (c’est un peu moins colonial…). On le nomme couramment Franc Pacifique, ou Change Franc Pacifique.

Pour notre sujet, on peut consulter des publications de septembre 2025.

https://www.ieom.fr/IMG/pdf/enquete_impact_emeutes_2t2025_vf.pdf

Avec les statistiques.

https://www.ieom.fr/IMG/pdf/annexes-7.pdf

Et, curieusement en anglais.

https://www.ieom.fr/IMG/pdf/economic_trends_2q2025-2.pdf

[2] Je dois avouer qu’ayant abandonné (provisoirement) mes billets sur Bougival et le feuilleton du vote du Budget en Métropole, ça m’a laissé quelques loisirs sur le Caillou pour actualiser l’analyse de mes vieilles et nombreuses interventions précédentes.

[3] On a commis de nombreux billets sur le sujet, en particulier concernant le secteur du nickel.

[4] Début mai 2025, dans un article intitulé, 2024, l’année "où le PIB part en fumée" selon les comptes économiques rapides de la Nouvelle-Calédonie, il est écrit « Compte tenu des informations à leur disposition, les premiers travaux des partenaires Cerom conduisent à estimer un recul du PIB de l’ordre de 10 à 15 % en 2024 ».

https://la1ere.franceinfo.fr/nouvellecaledonie/2024-l-annee-ou-le-pib-part-en-fumee-selon-les-comptes-economiques-rapides-de-la-nouvelle-caledonie-1584047.html

[5] La période exceptionnelle durant la récession de 2019-2021 avait été prise comme exemple (étayé par l’incontournable Inspection générale des Finances, l’IGF) pour détricoter le principal aspect de la « Doctrine nickel » des indépendantistes (avec Calédonie ensemble) par le « Pacte nickel » imposé comme un chantage par l’État français : soit, selon la première, privilégier la production métallurgique locale dans les trois usines (et celle exploitée en Corée du Sud par une coentreprise où la Province Nord participait) ; soit, selon le second, privilégier les exportations de minerais, censées être plus profitables (foutaise ! Sauf pendant cette période particulière où la métallurgie était en berne, compte tenu des contraintes locales, mais aussi des cours du Ni en chute…).

Ce fut un échec patent de Macron-Le Maire ; mais c’est encore dans les tuyaux avec Moutchou après Valls.

[6] La production de cobalt de l’usine du Sud, dopée quelques années par le boom éphémère des cours, a été rapidement abandonnée. Surtout la production de NiO (Oxyde de Ni, produit nettement plus riche en Ni que le NHC et pourtant base du projet de cette usine chimique, a aussi rapidement été abandonnée. On ne les trouve pas (mais ce furent, au début de la période ici analysée, des clopinettes) dans nos deux graphiques.

[7] Expression couramment employée mais aussi idiote que celle déjà brocardé par Louis-Ferdinand Céline qui se moquait de l’expression « La vie, elle augmente » ; son humour était bien meilleur (ainsi que ces écrits jugés d’abord anarchistes (mais de droite) que ses idées politiques crapuleuses quand il devint anarcho-fasciste…

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