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Billet de blog 18 août 2017

Tout autour. Une oeuvre commune - Déclaration d'hospitalité n°1

Cette archive se prolongera à la force de témoignages à nous faire parvenir par voie électronique à contact@perou-paris.org, ou par voie postale à PEROU, 20 passage Saint-Sébastien, 75011 Paris.

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« La France peut accueillir toute l'hospitalité du monde », vous pouvez relire ici l'Appel de l'été 2017.

Lydie H., 53 ans, sans emploi demeurant à Calais, se rend dans un campement le 21 février 2017 à 10h35 avec une douzaine de sacs tissés et autant de petites étiquettes blanches d'écolier. Elle retrouve un groupe de personnes habitant ici, ainsi que quelques nouveaux venus qu'elle ne connaît pas encore. Chacun l'attend un ballot de linge sale à la main, et le lui confie. Elle inscrit noms et prénoms sur les étiquettes qu'elle applique sur chacun des sacs correspondants. Rentrée chez elle à 11h50, elle déballe le contenu d'un premier sac. Elle sépare la couleur du blanc. Elle place les deux petits paquets d'affaires dans les deux lave-linges en sa possession. Elle lance ainsi plusieurs cycles courts de lavage, vidant, lessive après lessive, les sacs de leurs contenus. Dans son garage, dans son salon ainsi que dans l'ancienne chambre de ses enfants, elle étend le linge. Elle repasse ensuite chacune des affaires, puis les range, pliées, dans chacun des sacs étiquetés. Le lendemain, 22 février 2017, à 17h30, Lydie H. rapporte leurs affaires à leurs propriétaires.


Marie D. et Philippe D., respectivement âgés de 68 et 70 ans, retraités demeurant à Calais, accueillent à leur domicile Ali K., irakien sans papier de 21 ans. Nous sommes le 7 janvier 2017.


Mehdi D., 40 ans, salarié dans le secteur associatif demeurant à Calais, se rend dans un campement le 1e mars 2017 au petit matin afin d'y retrouver Jerusalem G., jeune femme érythréenne vivant ici avec son frère Filmon G.. Les forces de l'ordre présentes en nombre sur le terrain procèdent à son évacuation. Ce n'est qu'en toute fin de matinée que Mehdi D. retrouve Filmon G. seul, assis par terre, sur un chemin voisin. Le jeune homme est sans nouvelle de sa soeur. Mehdi D. prend sa voiture à 12h15 et, avec Filmon G., traverse la ville de Calais, ses routes et ses lisières, en quête de Jerusalem G., en vain.


Mathieu M., 40 ans, enseignant demeurant à Calais, ouvre la porte de son domicile le 26 janvier 2017 à Mustafa O. et Awad A., soudanais sans papier respectivement âgés de 28 et 29 ans. Il leur fait visiter une pièce disposant de deux lits située au rez-de-chaussée de son pavillon. Il s'agit de la chambre de ses enfants vivant une semaine sur deux chez leur mère. Il leur propose de l'occuper les semaines pendant lesquelles elle reste libre.


Monique D., 59 ans, employée territoriale demeurant à Calais, se trouve dans sa cuisine le 12 janvier 2017 à 7h45. Elle y prépare un petit déjeuner à l'attention de son mari ainsi que de Imad K., Fadwa S., et leur fille Sabah K., syriens sans papier respectivement âgés de 32, 31, et 10 ans.


Nadine R., 62 ans, retraitée demeurant à Calais, reçoit un coup de fil de Mahdi M., afghan de 16 ans, le 14 février 2017 vers 22h. Le jeune homme, le souffle coupé, peine à finir ses phrases. Il lui explique qu'il a les yeux gonflés par du gaz lacrymogène, les tibias et les cuisses tuméfiés par des coups de matraques. Nadine R. prend sa voiture et le retrouve sur la route de Gravelines. Elle le ramène chez elle, lui panse ses plaies, lui offre le couvert et le logis.


Clotilde M., 50 ans, commerçante demeurant à Calais, organise la distribution de repas près du port avec le Secours Catholique. Il y a 4 ans, Clotilde M. s'est faite agresser par deux jeunes hommes migrants alors qu'elle fermait le rideau de son commerce. Elle est alors tombée malade, et ne parvint plus à sortir de chez elle 2 mois durant. Encouragée par son médecin, Clotilde M. a répondu à un appel à bénévolat lancé début 2015 par le Secours Catholique. Depuis, elle se rend quasi-quotidiennement dans les campements du Calaisis pour prendre soin des personnes qui cherchent ici refuge.


Laurent M., 46 ans, ouvrier demeurant à Calais, véhicule Muhammad K., mathématicien afghan sans papier de 44 ans, jusqu'aux abords du Tunnel sous la Manche où ce dernier espère trouver un moyen de passer jusqu'en Grande Bretagne. Il est 23h45, nous sommes le 12 mars 2017. Laurent M. sait que, s'il le faut, il répètera ce geste le lendemain.


Dominique M., 69 ans, retraité demeurant à Calais, discute le 1e février 2017 par Skype avec Shada K., irakienne de 38 ans réfugiée en Grande Bretagne depuis 2010. Il lui donne des nouvelles de Ibrahim K. et Hude K., ses enfants respectivement âgés de 17 et 15 ans, que Dominique M. héberge chez lui depuis plusieurs semaines.


Martine D., 69 ans, retraitée demeurant à Calais, propose à Ramzi B., mineur afghan, de prendre une douche chez elle le 17 février 2017. Après que celui-ci se soit lavé dans la salle de bain située à l'étage, il redescend dans la cuisine où Martine D., aux fourneaux, lui propose de partager un repas. Ramzi B. lui répond qu'il souhaite seulement boire un grand bol de lait qu'il lui demande de faire réchauffer en y ajoutant progressivement une très grande quantité de sucre.

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