Mensonges et illusions du nucléaire en France

L’électricité nucléaire ne couvre que 16% de la consommation finale d'énergie en France et ce % se réduit. Son coût augmente en continu, celui des renouvelables baisse en permanence. Le nucléaire est une catastrophe pour les finances françaises, Cour des comptes dixit – avant de provoquer une catastrophe comme à Fukushima, "possible" d'après l'Autorité de sûreté nucléaire. (Actualisé le 1/7/20)

Sommaire de ce dossier :

1 Électricité nucléaire - de la fumée?

2 Place du nucléaire dans le monde  

3 Quelle est la part du nucléaire dans la pollution par le CO?

4 Dangers du nucléaire

5 L’insoluble problème des déchets radioactifs

6 La pression du lobby nucléaire sur le gouvernement

7 Nucléaire - ruine financière de la France?

8 Contribution médiocre à la balance commerciale de la France.

9 Les autruches du nucléaire

10 Pour compléter ce dossier: énergies renouvelables

11 Principales organisations anti-nucléaires

 

1 Électricité nucléaire - de la fumée?

En France, l'électricité d'origine nucléaire NE REPRÉSENTE PAS 75% de la production d'électricité, utile aux usagers en dehors l'industrie de l'atome elle-même, et encore moins de la globalité de l'énergie produite.

« Le Commissariat général au développement durable précise que ''la convention internationale (...) veut que l'électricité d'origine nucléaire soit comptabilisée pour la chaleur produite par la réaction, chaleur dont les deux tiers sont perdus lors de la conversion en énergie électrique''. Donc l'électricité nucléaire, dont le rendement entre énergie primaire (la chaleur dégagée par l'uranium) et finale (l'électricité vendue aux consommateurs ultimes) est encore moins bon que celui des énergies fossiles, bénéficie d'un traitement de faveur qui consiste à compter la chaleur perdue comme de l'électricité ! Or cette chaleur perdue n'est pas anecdotique : elle représente en France environ 900 milliards de kilowattheures, soit presque autant que toute la chaleur nécessaire au chauffage de tous les bâtiments de France : logements, bureaux, équipements publics... » (1)

L'électricité produite par l'industrie nucléaire correspond à 16% de la consommation finale d'énergie en France. (2) Ce pourcentage est assez stable mais en 2012 il a baissé à 10%. (3)

Faut-il, en plus, rappeler que l'industrie nucléaire elle-même est une grande consommatrice de l'énergie? (Cf le détail plus bas.)

Il faut absolument démonter la propagande qui donne l'impression que le nucléaire fournit 75% d'énergie en France (la confusion est fréquente) car en le croyant même des gens instruits et raisonnables pensent que la France ne peut pas se passer du nucléaire. Elle le peut: voir les analyses de Négawatt. (4)

 

2 Place du nucléaire dans le monde

"En Allemagne, les énergies renouvelables ont produit près de deux fois plus que ce que produisaient les réacteurs qui ont été fermés (113 TWh vs 64 TWh). Les renouvelables représentent déjà 75% de l'électricité en Écosse, 72% au Danemark, 67% au Portugal." (5) L'Allemagne en est à 45% d’électricité renouvelable et elle ferme au fur et à mesure ses centrales à charbon.

« Dans le monde, l'hydroélectricité à elle seule produit plus d'électricité que le nucléaire.
En page 6 de Key World Energy Statistics on lit que le nucléaire fournit 5,8% de l'énergie mondiale et l'hydroélectricité seulement à 2,2%. Or, en pages 16 et 18, on constate que le nucléaire a produit en un an 2700 Twh d'électricité, alors que l'hydroélectricité a généré… 3300 Twh. C'est à dire bien plus !»  Et les barrages consomment bien moins d'énergie que les centrales atomiques.

Key World Energy Statistics prennent en compte toute l'énergie qui sort des centrales nucléaires sous forme de chaleur, puis se marchent sur la langue en citant la quantité de TWh produites.

« En dix ans (2002-2012) la production d'électricité renouvelable a progressé au niveau mondial de 2.960 TWh à 4.700 TWh (+59%) alors que la production d'électricité nucléaire a régressé de 2.660 TWh à 2.460 TWh (-8%). L'électricité d'origine fossile a augmenté de 46 % » (6)

La consommation mondiale croit constamment et elle est satisfaite par une augmentation de la part des énergies fossiles dans la production de l'électricité qui a atteint 15390 TWh. Il faudrait réduire les gaspillages, mais c'est un autre débat.

Pendant qu'on se dispute sur les bienfaits du nucléaire ou des renouvelables (suivant l'église à laquelle on appartient... ou bien du travail de recherche d'informations que l'on veut bien entreprendre): « En prenant en compte le 'coût actualisé de l'énergie' qui comprend l'investissement, la construction, le fonctionnement et l'entretien (N.B.: sans parler de la gestion des déchets?), l'électricité produite par les réacteurs construits aujourd'hui est 5 à 10 fois plus chère que l'équivalent en renouvelables. En 10 ans, le coût des centrales solaires a baissé de 88% et celui de l'éolien de 69%, tandis que celui du nucléaire a crû de 23%. Aux États-Unis, l'éolien et le solaire coûtent moins cher que le gaz et le charbon, et même déjà moins cher que le nucléaire existant. » (7)

 

3 Quelle est la part du nucléaire dans la pollution par le CO?

« Le fonctionnement en lui-même d’une centrale nucléaire émet effectivement très peu de CO2 : entre deux et dix grammes de CO2 par kWh d’électricité produite, selon une étude.

Mais ces calculs ne prennent pas en compte l’ensemble du cycle nucléaire : extraction du minerai d’uranium, transport vers les usines de transformation du minerai en combustible puis vers les centrales et, enfin, traitement ou enfouissement des déchets radioactifs (et leur gestion pendant des décennies, ou des centaine d'années). Dans ce cas, les émissions de CO2 sont de dix à trente fois plus élevées. (N.B. : En général, on oublie une autre source de gaspillages énergétiques, la surveillance policière et militaire indispensable à chacune de ces étapes.) »

« S’appuyant sur ces études, l’Ademe a comparé les émissions de CO2 par filière de production d’électricité. Les réacteurs nucléaires émettent en moyenne 66 grammes de CO2 par kWh produit. C’est bien moins qu’une centrale au gaz (443 g), au fuel ou, pire, au charbon (960 g). Mais cela reste six fois plus élevé que l’éolien, l’hydroélectrique ou le biogaz (environ 10 g) et quatre fois plus élevé que l’énergie solaire (14 g). » (8)

Cependant, en 2050 la difficulté d'extraire encore de l'uranium pourrait porter les émissions du CO2, dues au nucléaire, au même niveau que celle des centrales au gaz. « L'électricité nucléaire ne représente que 10 % de la production d’électricité mondiale et à peine 2 % de la consommation d’énergie finale : elle ne permet d’éviter que 2,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre ! » (9) - bien moins que ne prétendent ses défenseurs. Par contre elle produit des rejets radioactifs ingérables!

Enfin, d'après le 2019, World Nuclear Industry Status Report 2019, pour lutter contre le réchauffement climatique, « l’énergie nucléaire n’est pas la panacée » entre autre parce que la construction de nouveaux réacteurs «prend cinq à dix-sept ans de plus que pour le solaire ou l’éolien terrestre commerciaux ; ainsi, en attendant leur remplacement par l’option nucléaire, les centrales thermiques fossiles continuent à générer des émissions pendant de longues périodes. La stabilisation du climat est urgente, le nucléaire est lent ».

L'association belge Fin du nucléaire publie en juin 2020 un excellent dossier - élaboré à la demande de la Commission de l’énergie, de l’environnement et du climat de la Chambre des représentants - sur la pollution au CO2 et d'autres destructions dues au nucléaire : voir  https://findunucleaire.be/com/Avis-sur-projet-loi-prolongation_juin-2020.htm  D'après un expert indépendant cité, Jan Willem Storm van Leeuwen, les réacteurs nucléaires émettent en moyenne 165 grammes de CO2 par kWh produit et cela ira en augmentant. Les nuisances ne s'arrêtent pas là. (46)

N.B. de Greenpeace : « En raison des défaillances du parc nucléaire, existant en France et en Belgique, les centrales sont de plus en plus souvent arrêtées et, pour compenser, les exploitants font appel à des énergies très carbonées». » (10)

« EDF possède, au niveau mondial, seize centrales électriques au charbon, dont certaines des centrales les plus polluantes d’Europe. Via ses filiales comme Edison ou EDF Trading, l’électricien national est impliqué dans l’extraction de pétrole et de gaz. » (11) La plus grosse centrale au charbon européenne se trouve en France, à Cordemais.

On accuse l'Allemagne d'augmenter, suite à la fermeture de ces centrales nucléaires, son utilisation des centrales à charbon mais l'inverse est vrai : la consommation de charbon en Allemagne diminue et de nombreuses centrales à charbon sont menacées de fermeture. (12)

Enfin, généralement on néglige le fait que les centrales nucléaires produisent aussi, en grande quantité, la vapeur d'eau, un autre gaz à effet de serre.

 

4 Dangers du nucléaire

Avez-vous peur d'un crash d'avion suicide sur un parc d'éoliens? laughing

 

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Les centrales nucléaires produisent des radiations qui, parfois, échappent à leur enceinte. D'autres se répandent pendant l’extraction de l'uranium (qui ne se fait plus an France), de son transport et à partir des sites de stockage des déchets. Pire, d'après l'Autorité de sûreté nucléaire et de l'IRSN, une catastrophe de type Fukushima se produira en France, la seule question est de savoir quand. (13) Curieusement, le public ne s'en préoccupe pas particulièrement.

Suivant le Baromètre IRSN 2019 sur la perception des risques et de la sécurité « les Français se disent à la fois confiants en la sûreté des centrales et préoccupés par le risque d’accident en France, même si pour eux, le risque est éloigné dans le temps et ne fait pas partie de leurs préoccupations principales. » (14)

Pourtant, les informations sur les très fréquents incidents et accidents des centrales nucléaires sont partout, dans les journaux Le Monde, le Figaro, la Croix, Ouest-France etc., sur le site Mediapart, celui du Réseau Sortir du nucléaire, de Greenpeace et bien d'autres. Plus rarement à la télévision et à la radio. Tous évoquent des problèmes techniques, le plus souvent maîtrisés mais innombrables, et parfois aussi le « facteur humain », passé trop souvent sous silence, qui a provoqué l'accident de Tchernobyl, aggravé la catastrophe de Fukushima, a faill d'en déclencher d'autres, comparables, à Windscale, Grand-Bretagne, en 1957, à Three Mills Island, aux Etats-Unis, en 1979, à Saint-Laurent-des-Eaux en 1980, à la Blaye, près de Bordeaux, en 1989, à Forsmark, en Suède, en 2006, et ailleurs.

Voici quatre exemples, parmi d'autres, de négligences graves et de l'influence du « facteur humain » qui auraient pu conduire à une catastrophe nucléaire majeure en France :

1985-1993 Centrale de La Blaye, près de Bordeaux : L'EDF a été prévenue en 1985 que la digue contre l'inondation par la mer n'était pas suffisamment haute. Pendant quatre ans, l'EDF ne l'a pas rehaussée – et a subi l'inondation de la centrale en 1989 qui a failli, à une heure près, provoquer un « accident majeur ». Il a fallu quatre années supplémentaire avant que cette digue ne soit augmentée! La route qui mène à la centrale (empruntée en cas d'accident par les pompiers) n'a toujours pas été surélevée.

2005-2006, Centrale de Gravelines : « Le 30 mars 2006, lors des opérations d’arrêt pour maintenance et rechargement en combustible du réacteur no 3, il a été détecté que ce réacteur avait été privé durant un an de la commande automatique d'un circuit assurant son refroidissement en cas d'accident : un fil électrique du système de protection du réacteur n'avait pas été rebranché en 2005, lors du précédent arrêt. D'autres systèmes de protection étaient néanmoins opérationnels. Cette défaillance a été classée au niveau 1 sur l'échelle INES, qui en compte sept. » (15)

2011 – 2019, Centrale de Triciastin : « Le système de détection et de coupure sismique à la Socatri/Areva-Orano du Tricastin (Vaucluse) n'a jamais été rendu opérationnel depuis l’accident de Fukushima. Censé couper l’alimentation électrique de l’INB 138 en cas de séisme important et de prévenir l’apparition d’un incendie consécutif, c'est fortuitement que l'entreprise s'en est rendu compte fin octobre et n'en a averti l'ASN qu'un mois plus tard, 17 jours après le séisme qui a frappé non loin de là au Teil. » (16)

2019, Centrale de Penly : « Discret communiqué d’EDF publié le 23 décembre 2019 sur sa page de 'notes d’informations' et non sur le site de la centrale nucléaire de Penly. Doublé d’un communiqué de presse de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) le lendemain qui en dira beaucoup plus : Parce que des tableaux électriques ont été équipés de connecteurs défectueux lors de la 'maintenance' du réacteur 2 de la centrale nucléaire de Penly faite durant l’été, l’ensemble des systèmes de secours n’aurait pas pu fonctionner. » (17)

L'Autorité de sûreté nucléaire a constaté que lors de la construction de plusieurs centrales nucléaires, l'EDF a sous-évalué le risque de tremblements de terre pour s’éviter des travaux onéreux, pourtant indispensables pour leur sécurité:

« Les centrales de Chinon, Blayais, Saint-Laurent, Dampierre, Belleville, Civaux, Bugey et Fessenheim sont les plus en danger. Celles de Saint Alban, Golfech, Nogent et Chooz sont aussi mises en cause. » Suite aux révélations faites le 26 mai 2003 par le Réseau Sortir du nucléaire, l’Autorité de sûreté nucléaire s’est (enfin) exprimée sur ce sujet par un courrier à destination d’EDF, daté du 20 juin 2003. » (18)

En 2019, l'EDF n'a pas encore achevé les travaux de sécurisation nécessaires. Pourtant, en octobre 2019 le tremblement de terre près de la centrale de Cruas a dépassé sa force maximale de résistance prévue. La centrale a été arrêtée pour vérifications et à cette occasion l'ASN a constaté qu'un seul de ses quatre « diesels d'ultime secours » était en état de fonctionner!

Pour suivre en continu l'actualité du nucléaire on peut consulter les sites de l'Autorité de sûreté nucléaire, de l'IRSN, du Réseau Sortir du nucléaire, Fukushimablog  (19)

Les exemples ci-dessus montrent qu'un accident peut surgir d'un « rien ». (20)

Voici un saisissant témoignage sur le « facteur humain », vécu par un jeune Français aux États-Unis :

« Quand j'étais étudiant à l'université Cornell aux États-Unis, avec nos professeurs, nous étions tous d'ardents défenseurs de l'énergie nucléaire. Nous nous sentions les apôtres d'une cause qui allait apporter aux humains le grand cadeau d'une énergie inépuisable, la fin de la pauvreté dans le monde.
Pourtant, un de nos meilleurs enseignants, Philipp Morrison, nous mettait en garde : ''Le plus grand risque inhérent à cette filière, c'est la routine. On peut prévoir des sécurités contre les accidents provoqués par des machines - disait-il - mais on n'est jamais à l'abri de risques causés par les hommes''. 

Dans un centre de stockage nucléaire, le Waste Insulation Pilot Plant (WIPP), près de Carlsbad, dans le désert du Nouveau-Mexique, aux États-Unis, un (ou peut-être plusieurs) conteneur remplis de substances radioactives de longue durée s'est récemment fissuré (…) provoquant une panne qui a obligé le WIPP à se mettre en réparation pour dix-huit mois. Ce centre de stockage, dont on garantissait qu'il était sécurisé pour des milliers d'années, est âgé de seulement quinze ans !

Après l'alerte, pour assainir l'air, un technicien, ouvrit manuellement un ventilateur. Celui-ci aurait dû s'ouvrir automatiquement..., mais il était débranché depuis des années. Et on constata alors que tout le système de ventilation avait des fuites majeures.

Le rapport des autorités fédérales sur cet incident n'est pas tendre. Il dénonce une ambiance de négligence généralisée, une atmosphère de complaisance provoquant des dérégulations des standards de sécurité. (...)

Cet accident et ses suites m'ont rappelé le message de mon vieux professeur. Après mes études, je suis arrivé à la conclusion que le nucléaire est une technique adaptée pour les étoiles, mais pas pour les humains. (21)

Les armes nucléaires ne sont pas à l'abri du "facteur humain": aux États-Unis, plusieurs militaires chargés de lancer, en cas de guerre, les missiles nucléaires intercontinentaux (ICBM) ont été condamnés à la prison pour ivrognerie et l'usage des drogues. Ailleurs, cela doit être la même chose mais seuls les Américains n’hésitent pas à publier ce genre d'informations. Et, bien sûr, le nucléaire militaire connait aussi de très nombreux problèmes techniques. (22) 

Le public devrait avoir une vision plus précise du danger. mais la propagande pro-nucléaire - qui dispose de dizaines de millions d'euros - recouvre les informations disponibles par un brouhaha qui envahit les média en continu.

 

 5 L’insoluble problème des déchets radioactifs

Un bref résumé de cet immense dossier :

"La production d’électricité d’origine nucléaire génère des quantités démesurées de déchets : chaque année, 23 000 m3 de déchets nucléaires sont produits. Une partie de ces déchets sont hautement radioactifs et le resteront pendant plusieurs milliers d’années.

Et ce n’est pas tout ! Tous les ans, 1 200 tonnes de combustible usé, une fois sorties du cœur du réacteur, sont refroidies dans des « piscines » à côté des réacteurs nucléaires : elles ne sont pas officiellement comptabilisées comme des « déchets » par les autorités car elles sont dites « recyclables ». En réalité, elles s’accumulent dans 63 « piscines nucléaires » en France. Dans celles de l’usine de La Hague, en Normandie, plus de 10 000 tonnes sont entreposées !

À cela s’ajoute l’uranium de retraitement : actuellement plus de 30 000 tonnes s’entassent à Pierrelatte. Et c’est sans compter sur les millions de mètres cubes de déchets radioactifs liquides rejetés dans la mer de La Manche par l’usine de La Hague…

Les déchets nucléaires représentent un véritable fléau pour notre environnement et pour les générations futures, qui auront encore dans plusieurs siècles la responsabilité de les gérer. » (23)

Le traitement d'une partie de ces déchets dans l'usine de la Hague ne résout pas le problème. Il s'agit de réduire la quantité de déchets radioactifs à stocker en milieu confiné (les autres restant à l'air libre) et de produire le « mox », combustible utilisable dans certains réacteurs, mais qui est est plus cher et encore plus dangereux que l'uranium. A part cela, les « piscines » de la Hague, indispensables à la réalisation de ce processus, risquent d'être saturées en 2030 et il n'est pas sûr que EDF puisse en construire d'autres d'ici là. Le président de l'ASN, Bernard Doroszczuk, s'en est inquiété dans une interview du journal Le Monde, publiée le 28/5/2020.

D'après l'Observatoire du nucléaire, les promesses de leur recyclage dans des surgénérateurs, rebaptisés « centrales de quatrième génération », sont une « farce ». (24)

Plusieurs de ces projets ont déjà été abandonnés : Phénix à Marcoule (Gard) , Superphénix à Creys-Malville (Isère), celui de Kalkar en Basse-Rhénanie (Allemagne). Le dernier surgénérateur français, Astrid, a été arrêté « en catimini » en été 2019. (25)

Le stockage des déchets en profondeur, sous des couches géologiques imperméables, envisagé par exemple à Bure, a été jusqu'à présent partout un échec retentissant :

Après l'incendie du site d'enfouissement des déchets nucléaires de Wipp au Nouveau Mexique (USA) en 2014 - site high tech où est intervenu Areva - et après le bourbier de déchets radioactifs dans l'ancienne mine de sel de Asse (Allemagne) qui prend l'eau, voici ce qui s'est produit au Nevada (USA) en octobre 2015 après les terribles inondations de la fin de l'été dans le désert de Mojave où furent enfouis des déchets nucléaires : un geyser atomique !  

A Bure en Champagne, c'est directement de l'eau chaude (géothermie du type de celle de Nancy, proche) que l'on trouve sous le « futur»  site d'enfouissement des déchets nucléaires...

Il n'est pas surprenant que CIGEO suscite des oppositions radicales. (26) Il n'y a pas que Bure : en France les déchets nucléaires sont partout: https://www.youtube.com/watch?v=hTfHZb5xH6E

 

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6 Nucléaire - ruine financière de la France ?

D'après le rapport de la Cour des comptes publié en mai 2012, fondé sur les comptes de 2010, la filière nucléaire n'est plus en mesure d'assumer le coût du nucléaire (cela a empiré depuis) : « Quels que soient les choix retenus, oui, des investissements importants sont à prévoir pour maintenir la production actuelle, représentant a minima un doublement du rythme actuel d'investissements de maintenance. Ce qui fera augmenter le coût moyen de production de l'ordre de 10 %. (...) D'ici à la fin de 2022, 22 réacteurs sur 58 atteindront quarante ans de fonctionnement. Dans l'hypothèse d'une durée de vie de quarante ans et d'un maintien de la production électronucléaire à son niveau actuel [74 % de la production d'électricité], il faudrait donc un effort considérable d'investissement à court terme, qui paraît très peu probable, voire impossible, y compris pour des considérations industrielles.» (27)

A cela s'ajoute la gestion des déchets que l'industrie nucléaire n'est pas non plus en mesure d'assumer seule. L'argent public investi pour compléter ses ressources est détourné du développement des énergies renouvelables et obère la transition énergétique.

« Selon un rapport de la Cour des comptes publié ce mardi 27 mai (2014), le coût de production du nucléaire en France a bondi depuis 2010. Il va continuer à augmenter en raison de la vieillesse des centrales. 

Près de 20% de hausse.

Les coûts de production de la filière en France ont crû de 19,2% entre 2010 et 2013. (...) Le prix du mégawattheure (...) est passé de 49,6 euros en 2010, à 59,8 en 2013. Avec un impact direct sur le consommateur puisque, selon les magistrats, les coûts de production nucléaire compte pour 40% du prix payé par les clients» .   Une partie des 60% restant, à savoir la recherche fondamentale et appliquée, ainsi que le traitement des déchets étant payée par les contribuables!

Le coût de l'électricité varie suivant les estimations de 49,50€ par mégawatt/heure (calcul EDF) à 75€. Dans le futur proche il pourrait augmenter jusqu'à 120€ (c'est le montant de la garantie du prix que l'EDF, qui s'est lancée dans la construction de l'EPR en Grande Bretagne, a demandé à son gouvernement). Les autres grandes sources de production: l'hydroélectricité coûte entre 15€ et 20€ le MWh, les centrales à charbon 44€ , les centrales à gaz 74€, l'éolien 69€, le photovoltaïque de150 à 400€.

Cependant, le prix des « renouvelables»  baisse régulièrement et le photovoltaïque pourrait connaître un développement particulièrement avantageux grâce aux nanotechnologies, tandis que les estimations du coût futur des centrales nucléaires croit tout aussi régulièrement.

En prévision des débats sur la transition énergétique, les Écologistes de l'Assemblée nationale ont réclamé et obtenu, en décembre 2013, la création d'une Commission parlementaire d'enquête sur les coûts du nucléaire. Tous les groupes politiques ont annoncé, au cours du débat en séance publique, qu’ils prendraient une part active à ses travaux. La Commission a publié son rapport en juin 2014. (28)

D'après le résumé, fait par France info, ses résultats sont pour le moins inquiétants. (29)

 

7 Contribution médiocre de l'exportation des centrales nucléaires à la balance commerciale de la France.

« L'Agence internationale de l'énergie atomique dénombre aujourd'hui 66 réacteurs en construction. La Chine qui en a 27, la Russie, 11, la Corée du Sud, 5, en accueillent les deux tiers. Sur ces 66 réacteurs, combien sont des EPR made in France? A peine 5: 1 en Finlande, 2 en France, car il faut bien montrer l'exemple, 2 en Grande-Bretagne - mais, en fait, l'EDF a pris en charge le nucléaire britannique et le coût des retards en Finlande, 2 en Chine ("littéralement offerts par Areva à environ 3,6 milliards d’euros les deux"). De quoi relativiser la place de la France dans le paysage nucléaire mondial.

Ce sont le russe Rosatom et le coréen Kepco qui se taillent la part du lion.»  En Chine, la France a construit deux EPR et a transféré sa technologie : ce sont donc les deux derniers car la Chine deviendra rapidement la concurrente de la France dans le vente des EPR. (30)

 

8 La pression du lobby nucléaire sur le gouvernement

La pression du lobby du nucléaire est permanente. Corinne Lepage, ancienne Ministre de l'Environnement et avocate active, explique les intérêts privés qui se cachent derrière la défense du nucléaire dans son livre « L’État nucléaire ». (31)

En 2019/2020, les nucléocrates français s'efforcent de faire baisser, par une pirouette invraisemblable, le « coefficient de conversion » de l’électricité en énergie primaire et ils sont en passe de gagner.

Pour comprendre cette bataille : Alors qu'il faut environ 3 kWh d'électricité d'origine nucléaire pour faire sortir des radiateurs 1kWh de chaleur, EDF admet que ce coefficient est 2,74. Pourtant, officiellement il s'élève seulement à 2,58. Aujourd’hui, EDF veut le faire réduire encore, à 2,3. Pour le justifier, EDF se réfère à une prévision de l'évolution de l'efficacité du nucléaire d'ici 2050 !

Ce changement vise la modification de la réglementation environnementale 2020, qui remplace celle de 2012, de façon à favoriser, de nouveau, le « tout électrique » dans les bâtiments, construits à partir de 2021 - malgré le fait que cela provoque des pics de consommation pendant lesquels l'EDF est obligée d'importer de l'électricité allemande et espagnole!

Les seuls gagnants dans cette affaire sont les actionnaires, les cadres et dans une certaines mesure les employés de ce secteur, au détriment des futurs propriétaires des habitations, des bureaux etc. - et de l'environnement.

C'est tellement énorme que même la revue Que choisir ? - qui n'est pas spécialisée dans le nucléaire - y consacre un article dans son numéro de mars 2020. Voir aussi un dossier technique détaillé de négaWatt (32).

L'association négaWatt conclue dans son "Dossier de presse" du 5/2/2020:

« Visiblement soucieux de relancer la filière nucléaire, le gouvernement choisit de forcer l’électrification des usages en sacrifiant les nécessaires économies d’énergie. Ce faisant, il enclenche délibérément la marche arrière, faisant peser le risque d’une situation d’autant plus difficile et compliquée à résoudre par la suite. »

N.B.: Le Conseil national suisse a voté en 2011 l’interdiction du chauffage électrique, coûteux et peu efficace, qui devra avoir totalement disparu d’ici 2035. (33)

La Suisse a également décidé d'arrêter les centrales nucléaires. (34)

 

9 Les autruches du nucléaire

Gérard Longuet, député de la Meuse, promoteur historique du nucléaire et du projet Cigeo d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure, reconnaît le 22 septembre (2015) dans un débat sur LCP à propos du documentaire « Nucléaire, la fin d’un mythe » que « la filière française a été écrasée par le réacteur franco-allemand EPR. qui est une solution pour des pays à forte densité industrielle…. L’avenir est pour les petits réacteurs nucléaires afin de produire de l’électricité mais aussi directement de la chaleur pour alimenter les réseaux de chaleur ».

Pierre-Marie Abdie, directeur de l'Andra, dans une interview à l'Usine nouvelle, prend prétexte d’un possible abandon de la filière nucléaire française pour justifier l’enfouissement des déchets nucléaires à haute activité et longue durée de vie. « La vraie alternative au stockage profond, c‘est de refaire de la recherche (sur le « recyclage ») pendant au moins un siècle, l’entreposage de long terme n’étant qu’une modalité d’accompagnement. Or une idée que l’on a pas aujourd’hui ne sera pas opérationnelle dans 50 ans. Si le nucléaire n’est pas l’option qui a vocation à perdurer, il ne faut pas imaginer des investissements massifs dans une filière qui n’aurait plus d’avenir ».

Sébastien Lecornu, le secrétaire d’Etat qui a survécu au départ de son ministre Nicolas Hulot du Ministère de la Transition écologique et solidaire, il ne trouve pour toute défense du projet d’enfouissement Cigeo que la citation de son ancien patron « La solution de l’enfouissement en couche géologique profonde n’est pas entièrement satisfaisante mais c’est la moins mauvaise ». Il se garde bien d’y adjoindre la phrase qui la précédait, terrible dans sa simplicité, « Il n’y a pas de solution satisfaisante pour la gestion des déchets nucléaires » ou de citer les prises de position totalement hostiles à Cigeo du même Nicolas Hulot quand il n’était pas encore ministre, ni « la folie nucléaire dans laquelle la France s’entête », évoquée par le même ministre à l’occasion de sa démission.

De même, alors qu’en janvier dernier Xavier Ursat, patron du « nouveau nucléaire » chez EDF, répétait encore que l’« EPR nouveau modèle » en préparation chez EDF et Areva, avait pour objectif précis  « de coûter moins cher en euros par kilowattheure que la moins chère des énergies renouvelables installée au même endroit à cette époque-là, le même Xavier Ursat, le 19 septembre dernier, n’avait plus comme objectif que de rendre l’EPR « compétitif par rapport aux énergies fossiles », l’idée de produire une électricité meilleur marché que les énergies renouvelables ayant clairement disparu. Ajoutons-y la fable constamment répétée mais grossièrement fausse du retraitement et du recyclage qui permettrait de ramener à 4% les déchets ultimes du nucléaire « qui tiendraient dans  une piscine olympique ! » alors que le projet Cigeo prévoit 300 km de galeries et alvéoles, rien que pour stocker les déchets « officiels » les plus dangereux du parc actuel (une piscine olympique à 35 milliards € !) (35)

Un témoignage américain plus que convainquant d'une « autruche » qui a sorti la tête du sable :

« En 1982, lors d’une audition devant un comité du Congrès américain, l’amiral Hyman Rickover, artisan dans les années 1950 du prototype du réacteur Mark I – qui sera largement diffusé à travers le monde, notamment au Japon –, ingénieur en chef du Nautilus (le premier sous-marin américain à propulsion nucléaire) et de la première centrale nucléaire américaine de Shippingport (Pennsylvanie), promoteur acharné de la prolifération de l’énergie nucléaire “civile”, icône du complexe militaro-industriel américain, dira, en réponse à une question sur le bien-fondé du développement du nucléaire:

''Il y a deux milliards d’années, la vie n’existait pas sur la Terre à cause des radiations. Avec la puissance nucléaire, nous créons quelque chose que la nature a essayé de détruire pour rendre la vie possible… Chaque fois que vous générez de la radioactivité, vous produisez quelque chose qui continue d’agir, dans certains cas pendant des millions d’années. Je crois que l’espèce humaine va provoquer son propre naufrage, et il est essentiel que nous ayons le contrôle de cette force horrible et que nous essayions de l’éliminer…

Je ne crois pas que la puissance nucléaire vaille la peine si elle génère du rayonnement.

Alors vous allez me demander pourquoi j’ai développé des navires à propulsion nucléaire. C’est un mal nécessaire. S’il ne tenait qu’à moi, je les coulerais tous… Ai-je répondu à votre question?” » (36)

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10 Pour compléter ce dossier, des données supplémentaires

NUCLÉAIRE OU RENOUVELABLES ?

« En effet, en France, 75 % de l'électricité est dépendante à 100 % d'importations étrangères (uranium) créant une autre guerre contemporaine, au Mali et au Niger (36) alors que les énergies renouvelables couvrent déjà 100 % de l'énergie électrique de la Norvège, de l'Islande, de la Basse-Autriche, etc. et qu'il est donc aussi possible d'y arriver en France. » (37)

LA DÉBAUCHE D'ARGENT PUBLIC FRANÇAIS DANS LE NUCLÉAIRE

« Un EPR coûtant maintenant 10 milliards € (en 2020 12 milliards mais la blague qui suit date de 2015), cette nouvelle unité monétaire - que certains ont nommée ''2xKerviel" après la crise financière commencée en 2008 (un "Kerviel" = 5 milliards € de perte) - est à peine suffisante pour représenter la débauche d'argent public français dans le domaine de l'industrie des déchets nucléaires (ce qui restera de cette électricité nucléaire in fine).

Un EPR par-ci, deux EPR par-là (projet Hinkley Point de British Energy rachetée par EDF !), 1,5 ou 2 "EPR" a minima pour Iter à Cadarache (13), 3,5 "EPR" a minima pour le projet Cigéo d'enfouissement des déchets radioactifs à Bure (région des vins d'Alsace et de Champagne ; à votre santé !), et encore beaucoup d'autres "EPR" pour les démantèlements tellement déments des 2/3 des réacteurs nucléaires français qui ont déjà dépassé l'âge limite prévu à 30 ans (âge de "l'ultime atome"...).

La 6ème puissance économique mondiale - la France - a visiblement des milliards d'euros à perdre ! C'est dommage, car ces quelques 30 "Kerviel" - ou 15 "EPR" si vous préférez, bref, ces quelques 150 milliards € minimum, divisés par quelques 15 millions de foyers, auraient pu "rapporter" beaucoup d'économies d'énergie aux Français : imaginez 10 000 € donnés à chaque foyer français pour isoler son habitation, par exemple... » (38)

LA FRANCE ÉMET 8 FOIS TROP DE CO2 PAR HABITANT  

« La France est loin derrière les meilleurs élèves européens en terme d'émissions annuelles de CO2 (en t/habitant). C'est officiel, mais la nucléocratie française (Corps des Ingénieurs des Mines ''indéboulonnables" dans les ministères clés...) nie encore la réalité factuelle !

Les faits sont pourtant là : les Français émettent beaucoup plus de CO2 par habitant que les Chinois par exemple (8,5 t CO2/an versus 5 t CO2/an en Chine). Il faut dire, que nous importons beaucoup, donc nous polluons beaucoup.

Notons que le Portugal et l'Italie n'ont pas de nucléaire et que l'Espagne l'arrête progressivement... et ces 3 pays sont très en pointe sur les renouvelables ! L'Allemagne arrête aussi le nucléaire (fin pour 2023), diminue constamment ces émissions de CO2 depuis 1990 (Ja, Ja !) et a décuplé la part des renouvelables dans son mix électrique en moins de 15 ans ! »

L'Allemagne plante aussi à l'heure actuelle 10 fois plus d'arbres (puits à carbone) que la France... » (39)

EN FRANCE, L'ÉLECTRICITÉ (NUCLÉAIRE ET FOSSILE) EST L'ÉNERGIE LA PLUS CHÈRE !  

« L'année 2015 restera l'année historique du basculement du prix des énergies renouvelables définitivement moins chères que les énergies fossiles, et cela avant même les hausses demandées par EDF du prix de l'électricité nucléaire de +30 % en 2017, voire +50 % en 2020 (...) »

« C'est un scoop pour certains : la France est très loin d'avoir l'électricité la moins chère d'Europe! »

« La Scandinavie est plus compétitive que la France ; grâce à quoi ? Grâce à son électricité d'origine renouvelable évidemment : 30 % pour la Finlande, 45 % pour le Danemark, 58 % pour la Suède, 100 % pour l'Islande et la Norvège ! » (40)

« En 2016, le nucléaire sur Terre produira moins de 1,5 % de l'énergie consommée !   Ah, le Grand Corps des Ingénieurs des Mines mobilisé depuis si longtemps dans les ministères pour, in fine, un aussi petit résultat, en baisse depuis 2007 avec une accélération de cette baisse depuis la catastrophe de Fukushima en 2011 (moins 5 %/an). » (41)

« Le nucléaire dans le Monde, c'était 10,9 % de la production d'électricité finale (consommée) en 2012 selon AIE et Observ'ER et en 2016 ce sera environ 8,1 % de l'électricité finale vu la tendance à la baisse de la production (compensée par l'augmentation des renouvelables mondiales). » (42)

« Attention lors de vos recherches sur Internet : l'énergie consommée s'appelle bien « énergie finale" sur les graphiques et non « énergie primaire" qui, elle, inclut les gaspillages à la source de production ! Ce qui veut dire que plus une énergie gaspille à sa source, plus sa part est augmentée artificiellement (énergie primaire non représentative de ce qui est utile à un pays) ! Par exemple, le nucléaire a un rendement de seulement 1/3 et gaspille donc 2/3 de son énergie primaire en rejets principalement de vapeur d'eau pompée dans les cours d'eau en France (55 % du total de l'eau douce consommée en France !) »

« Pour connaître la part de l'électricité finale sur l'ensemble des énergies finales mondiales, il vous faudra aller sur les pages qui traitent des consommations - toujours finales - comme par exemple sur le dernier Rapport de Agence Internationale de l'Energie - AIE, p. 28 ; on y apprend qu'elle est de 18 %. Ce qui veut dire que les 8,1 % de nucléaire de la partie électrique - qui elle-même représente uniquement 18 % du total de l'énergie consommée dans le monde - produiront finalement qu'un malheureux 1,5 % de l'énergie nécessaire sur Terre (0,081x18 %), quand les renouvelables représentent déjà 19 %... » 

« Dans une situation d'insécurité nucléaire comme ce qu'ont vécu les Japonais en 2011 avec la catastrophe de Fukushima - les poussant à arrêter totalement leur 54 réacteurs nucléaires en un an - ou en cas de guerre, les 8,1 % d'électricité nucléaire dans le Monde pourraient être remplacés assez facilement par uniquement les centrales gaz et biomasse actuelles et celles des années à venir (en hausse de +6 %/an) du mix électrique mondial existant comprenant en 2015 : 41 % de charbon émettant environ 900 g CO2/kWh + 24 % EnR sans CO2 + 21,5 % de gaz à environ 400 g CO2/kWh + 8,5 % de nucléaire à environ 60 g CO2/kWh + 5 % de pétrole à environ 700 g CO2/kWh, soit une moyenne de 495 g CO2/kWh électrique sur Terre (0,41x900 + 0,24x0 + 0,215x400 + 0,085x60 + 0,05x700). »
« En poursuivant la tendance actuelle, sur l'année 2016 nous aurons consommé environ 24 800 milliards de kWh (TéraWatts-heures) électriques et émis 482 g CO2/kWh (en légère baisse grâce à l'augmentation des renouvelables), soit toute de même un triste record planétaire annuel d'environ 11 950 millions de tonnes de CO2 (Mégatonnes de CO2) pour l'électricité (24 800 000 000 000 kWh x 0,000482 t CO2/kWh = 11 954 Mt CO2). »

« Afin de satisfaire l'arrêt du nucléaire civil dans le Monde, si les seules centrales à énergies stocks gaz et biomasse étaient mises à contribution (les stocks d'énergie hydraulique des barrages ne pouvant pas être augmentés), votre calculatrice devrait alors vous indiquer que ces nouvelles petites émissions de CO2 de compensation des 8,1 % d'électro-nucléaire (0,081x24 800 = 2 008 TWh nucléaire par an), dues à un nouveau mix électrique augmenté de 1 673 TWh gaz supplémentaires + 133 TWh biomasse supplémentaires (au prorata de ces 2 énergies actuelles, moins l'autoconsommation nucléaire) seraient alors de : 548 millions de tonnes de CO2/an supplémentaires (1 673 000 000 000 kWh x 0,0004 t CO2/kWh gaz + 0 t CO2 biomasse - 2 008 000 000 000 kWh x 0,00006 t CO2/kWh nucléaire = 548 Mt CO2).   En 2016, 548 Mt CO2 supplémentaires au niveau mondial, comparés au 55 000 Mt CO2éq (gaz à effet de serre) prévus (cf. p. 7 du dernier Rapport du GIEC), cela nous donne une augmentation inférieure à 0,9... % des émissions de gaz à effet de serre (CO2éq), soit un impact final très, très, marginal sur l'effet de serre mondial. »

« A quelques poussières près, le nucléaire c'est donc zéro lutte contre l'effet de serre !   Le Bureau d'Etudes ARKITEKTO http://arkitekto.net/P5.htm indépendant depuis 2001, réaffirme que les 2/3 des réacteurs nucléaires français peuvent être fermés « dès demain matin" sans coupure d'électricité !   Et oui, vous trouverez ici la mise à jour du Scénario Electrique « Dès Demain ! » 

« La grande nouveauté par rapport à la 1ère publication du scénario (données officielles 2009-2012) est qu'EDF-Areva vient de libérer sur le réseau électrique européen ce que j'appelle « ses propres otages" que furent les 3/4 du site du Tricastin (26). En effet, depuis sa mise en service, la centrale nucléaire du Tricastin utilisait l'énergie « cannibale" de 3 de ses 4 réacteurs nucléaires pour enrichir l'uranium de l'ensemble des centrales nucléaires françaises. Mais depuis qu'Areva a modifié le procédé industriel d'enrichissement de l'uranium en 2013, par centrifugeuses cette fois - technologie sous brevet étranger ! - les 3 réacteurs libérés sont aussitôt « repartis" à l'export (données RTE comparées 2009-2012 / 2012-2015). »

« Alors, y aurait-il de l'électricité en trop au Tricastin ? Oui, assurément ! Elle ne sert pas à la région Sud-Est, ni même à la France, puisque cette électricité était auto-consommée avant, in situ, par la centrale nucléaire du Tricastin et les consommations locales n'ont pas augmenté depuis, donc on va exporter la totalité de la production de ces 3 réacteurs nucléaires (environ 3 GigaWatts de puissance) principalement vers l'Italie ou la Suisse.

Mais, les Italiens sont comme les Européens ; il ne consomment pas beaucoup d'électricité la nuit, alors on brade à tour de bras, entre 2 h et 5 h du matin toutes les nuits... Quant aux Suisses, ils nous achètent régulièrement cette électricité dont personne ne veut la nuit pour la stocker sous forme d'énergie potentielle dans leurs barrages hydrauliques équipés en Step (Stations de Stockage de l'Energie par Pompage-turbinage) pour parfois nous la revendre ou aux Italiens, quelques heures plus tard, vers 7 h ou 8 h du matin... Malin, il fallait y penser ! »

« Mais alors, n'y aurait-il pas UN ENORME MENSONGE à nous faire croire que la fermeture des 2 malheureux réacteurs de Fessenheim (68) serait conditionnée à la mise en service de l'EPR de Flamanville (50) alors que 3 réacteurs au Tricastin produisent en trop !!!?   Allez, un peu de sérieux, Mesdames et Messieurs les Ministres en charge de l'Energie, de l'Ecologie, des Finances, etc. Qu'attendez-vous ? Un Fukushima à Fessenheim située sur la fameuse faille sismique qui a ravagé, dans le passé, la ville de Bâle (Suisse) à seulement 30 km des réacteurs ? »

« Attention, la mise à l'arrêt d'une centrale nucléaire, ne veut pas dire licenciements de masse. En effet, il faudra employer encore durant de nombreuses années du personnel pour faire fonctionner le refroidissement des coeurs des réacteurs, puis surveiller le refroidissement des combustibles usagés dans les ''piscines" des centrales, et surtout démanteler, comme à Brennilis en Bretagne, depuis 1985... » (43)

D'après Élisabeth BRENIÈRE et François VALLET « L'arrêt immédiat du nucléaire est techniquement possible à l'échelle européenne ». (44)

 

LES ÉNERGIES RENOUVELABLES

Les énergies renouvelables, évoquées brièvement ci-devant, sont un dossier à part, mais, par exemple, en 2005 un article estimait que « Le potentiel technique des énergies renouvelables équivaut à six fois la demande mondiale en électricité. En l’exploitant avec volontarisme, l’Union européenne pourrait réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30% d’ici 2020. Le surcoût social par rapport aux énergies fossiles serait tout à fait supportable (...) Il est donc possible d’éviter une catastrophe climatique sans retourner à la bougie, et en abandonnant le nucléaire. A une condition : l’efficacité énergétique doit augmenter radicalement. »

« En gros, les technologies sont là mais les monopoles ne les mettent en oeuvre que marginalement, à titre d’essai. Ils continueront dans cette voie tant que la conversion d’énergie fossile leur rapportera davantage de profit... »

« Le changement climatique rend évidente l’absurdité sociale de cette situation. (…) il pourrait causer des catastrophes à côté desquelles le drame de New Orleans apparaîtra comme un pique-nique. Le déploiement des renouvelables est donc urgentissime. Face à cela, non seulement l’argument du coût est obscène, mais en plus il ne pèse guère. (45) (46)

Les USA et la Chine qui, d'après les Américains, a piraté en grand partie leur technologie, sont déjà très avancés dans la préparation des centrales solaires orbitales qui pourraient fournir dans deux-trois décennies de l'électricité en quantité illimitée. Il y a juste un « hic » qui ne semble pas trop troubler les initiateurs de ces projets : ils n'ont pas encore étudié l'impact des radiations qui seraient ainsi générées. « Mais tout le reste, ou presque, est au point : cela fait des années que le projet décante discrètement. » (47)

Les renouvelables « classiques » produisent de plus en plus d’électricité. Parallèlement, on recherche de nouvelles sources d'énergie, parfois tout à fait inattendues. Ainsi, le Département de glycobiotechnologie de l'Institut de Chimie de l'Académie des sciences slovaque s’intéresse-t-il au développement de biobatteries capables de produire de l'électricité à partir de déchets organiques. (48)

 

11 Principales organisations anti-nucléaires francophones

ADN-France

http://collectif-adn.fr/entree.html

AFCDRP – Association Française des Communes, Départements et Régions pour la Paix.

Michel.cibot@gmail.com https://afcdrp.com

AMFPGN – Association des Médecins Français pour la Prévention de la Guerre Nucléaire.

r.galinski@amfpgn.org https://www.amfpgn.org/

Fin du nculéaire

https://www.findunucleaire.be

Greenpeace

https://www.greenpeace.fr/sortir-du-nucleaire/

GRIP – Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité

https://www.grip.org/

ICAN France

laura@icanw.org http://icanfrance.org/

IDN Initiatives pour le Désarmement Nucléaire

idn.france.association@gmail.com http://www.idn-france.org/

Mouvement de la Paix   

national@mvtpaix.org www.mvtpaix.org/

Observatoire du nucléaire

contact@observatoire-du-nucleaire.org  http://www.observatoire-du-nucleaire.org/

Pax Christi France

delegue@paxchristi.cef.fr https://www.paxchristi.cef.fr/

Pugwash France

contact@pugwash.fr www.pugwash.fr/

Réseau Sortir du nucléaire

http://www.sortirdunucleaire.org/

 

 Le Pape François soutient les évêques japonais qui

« ont demandé la fermeture des centrales nucléaires.» (49)

Notes

  1. Cité et commenté par Manifeste Négawatt - réussir la transition énergétique, Actes Sud, collection Domaine du possible, 2012, p.48
  2. http://www.iea.org/textbase/nppdf/free/2010/key_stats_2010.pdf 
  3. Corinne Lepage "L’État nucléaire", édition Albin Michel, 2014, p. 92
  4. https://negawatt.org
  5. Revue Sortir du nucléaire n° 84, hiver 2020, p 26. Voir aussi http://reneweconomy.com.au/2014/renewables-take-top-share-german-power-mix-2014 ainsi que http://www.powerengineeringint.com/articles/2014/12/germany-emissions-agreement-could-see-10-gw-of-coal-power-closed.html
  6. http://observ.nucleaire.free.fr/renouv-plus-que-nucleaire.htm 
  7. Revue Sortir du nucléaire n° 84, hiver 2020, p 27
  8. http://energeia.voila.net/energie/renouvelable_nucleaire_fossile.htm
  9. https://www.bastamag.net/Les-nucleaire-une-energie-sans-CO2-les-intox-d-EDF
  10. https://www.greenpeace.fr/nucleaire-solution-climat/
  11. https://www.liberation.fr/checknews/2018/10/05/selon-greenpeace-le-nucleaire-emet-plus-de-co2-que-le-photovoltaique-est-ce-vrai_1682628
  12. http://multinationales.org/Le-nucleaire-une-energie-sans-CO2-Les-intox-d-EDF
  13. Jacques Repussard, directeur général de l'IRSN (Institut de Radioprotection et Sûreté Nucléaire), Communiqué de presse du 21 novembre 2012. Mr Chevet, directeur de l’ASN, Autorité de Sureté Nucléaire, à l’Assemblée nationale en mai 2013. Les directeurs successifs de l'ASN ont exprimé des craintes similaires en 2016, 2019 et 2020 : voir sur ce blog le dossier Gestion (catastrophique) d’un accident nucléaire d'après l'Autorité de Sûreté Nucléaire 
  14. Voir « Aux sources de notre enquête sur 40 ans d’ 'anomalies' de sûreté nucléaire' »du 21 février 2020  https://www.contexte.com/article/energie/entretien-aux-sources-de-notre-enquete-sur-40-ans-danomalies-de-surete-nucleaire_111654.html  « Contexte publie le 21 février une dataviz des 20 000 « événements significatifs de sûreté » déclarés par EDF aux régulateurs du nucléaire, répertoriés dans la base de données Sapide. »  « Nous (IRSN) nous retrouvons avec près de 30 000 événements dans notre base de données, sur l’ensemble de la construction du parc et son exploitation. Pour la première base informatique, il a fallu numériser ces fiches papiers, tous les comptes rendus de l’exploitant. Progressivement, notre base de données a été modernisée, et continue de l’être. » « EDF dispose de sa propre base de données, qui doit recenser un bon million d’événements. Il s’agit bien plus de signaux faibles. Leur base est tellement grosse qu’EDF est en train de la restructurer, dans un projet intitulé « Caméléon ». L’IRSN a su trier les données dès le départ. »
  15. D'après le communiqué du Réseau Sortir du nucléaire du 6 mai 2006, cité par https://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_nucleaire_de_Gravelines#cite_note-Gravelines  Sur l'état général de Gravelines cf http://www.dissident-media.org/infonucleaire/circuit_refroid.html
  16. http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2019/12/09/Socatri-%3A-le-dispositif-de-d%C3%A9tection-sismique-n%E2%80%99a-jamais-%C3%A9t%C3%A9-mis-en-service (Ardèche). Cité aussi par News-info-can84 le 8/12/2019 news-info-can84@lists.riseup.net
  17. D'après http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=sinformer&sousmenu=themas&soussousmenu=seismes2&page=2  Lettre d’information de la centrale, datée 10 dec 2010, Gravelines info, le confirme partiellement : « Un « écart de conformité » (niveau 1 de l’échelle INES) vis-à-vis du risque sismique, est dit « générique » car commun à 7 centrales nucléaires (Gravelines ainsi Blayais, Cruas, Flamanville, Paluel, Penly et Tricastin) a été déclaré à l'ASN le 8 décembre 2010. Des études et travaux de renforcement sont prévus avant fin 2010 (pour 5 à 6 mois) » 
  18. Voir le chapitre « Le danger est réel » du dossier https://blogs.mediapart.fr/peter-bu/blog/310713/gestion-catastrophique-d-un-accident-nucleaire-dapres-lasn
  19. http://www.sortirdunucleaire.org  La carte d'accidents nucléaires graves dans le monde: https://www.sortirdunucleaire.org/Nucleaire-des-accidents-partout?id_mot=  Des livres gratuits sur le danger nucléaire à télécharger : https://editionsdefukushima.fr/?page=1
  20. Cf Le Monde du 11/6/2006 et Le Camard enchaîné daté du 14/6/2006).
    Une info plus récente (il y en a toutes les semaines), début février 2020: rouille, problèmes électriques, pièces mal montées - des dégradations importantes des diesels sur 23 réacteurs nucléaires sur 58.
    Situation de Flamanville, Paluel, Belleville, Nogent et Penly est classée par l'ASN au niveau 2 de l’échelle INES, « un événement significatif pour la sûreté ». Les autres centrales s'en sortent avec un classement au niveau 1.
    « Ainsi, nous dit l’IRSN, une situation de séisme de niveau SMS (voire SMHV) affectant les réacteurs concernés et engendrant potentiellement une perte des alimentations électriques externes pourrait conduire à terme à une fusion du cœur provoquée par l’impossibilité d’alimenter en électricité les dispositifs prévus pour refroidir le cœur, ainsi qu’à une perte de refroidissement de la piscine d’entreposage du combustible usé. »
    https://www.sortirdunucleaire.org/France-Anomalie-generique-Rouille-problemes-electriques-pieces-mal-montees-degradations-importantes-des-diesels-des-reacteurs-nucleaires-d-EDF
    Il ne maquerait plus que cela pendant la période du confinement du au coronavirus COVID19.

    Pour d'autres informations sur les risques du nucléaire, voir le chapitre Les conséquences des accidents nucléaires passées du dossier https://blogs.mediapart.fr/peter-bu/blog/310713/gestion-catastrophique-d-un-accident-nucleaire-dapres-lasn

  21. Une des contributions à l'enquête d'opinion, organisée en été 2017 par l'Autorité de sûreté nucléaire au sujet de l'EPR de Flamanville : Emmanuel, le 18/08/2017 à 12:18. https://www.asn.fr/Reglementer/Participation-du-public/Consultations-du-public/Consultations-du-public-en-cours/EPR-projet-d-avis-de-l-ASN-relatif-a-l-anomalie-de-la-composition-de-l-acier-du-fond-et-du-couvercle-de-la-cuve#commentbloc
  22. https://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/etats-unis-2-officiers-des-forces-nucleaires-soupconnes-de-possession-de-drogues_1312884.html
  23. https://www.greenpeace.fr/nucleaire-solution-climat/
  24. http://observ.nucleaire.free.fr/dechets-lauvergeon.htm
  25. Astrid - qui avait déjà coûté un milliard, semble signifier l'enterrement de la filière des « surgénérateurs » dont on connaît les déboires. https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/08/29/nucleaire-la-france-abandonne-la-quatrieme-generation-de-reacteurs_5504233_3234.html Cependant, on continue à espérer la possibilité de maîtriser la fusion nucléaire, une source d'électricité qui ne produirait aucun déchet: « ITER sera la première installation de fusion capable de produire une quantité d'énergie nette ». https://www.iter.org/fr/proj/inafewlines. Devrait être... L'éternel rêve de perpetuum mobile qui, même si le miracle se produisait, n'aboutira pas avant des dizaines d'années. Trop tard par rapport aux problèmes que l'humanité affronte aujourd'hui.
  26. « Depuis 2000, des sommes considérables d’argent public ont inondé les départements de la Meuse et de Haute-Marne, censées favoriser l’« acceptabilité » sociale du projet. Nous avons fait le compte : ce ne sont pas moins de 1,1 milliard d’euros qui auraient déjà été déversés localement par les principaux acteurs de la filière nucléaire. Plusieurs centaines de millions d’euros pourraient encore arroser les deux départements. » https://multinationales.org/Un-milliard-d-euros-ont-ete-depenses-pour-rendre-socialement-acceptable-l Sans parler du coût exorbitant du projet CIGEO lui-même.
  27. LEMONDE.FR | 31.01.12 Interview avec Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes.) Voir aussi « Le nucléaire n’a jamais été rentable » du 17 septembre 2019 sur http://findunucleaire.be/echo.htm
  28. http://www3.reuters.fr/graphiques/Rapport_nucl%C3%A9aire.pdf Voir aussi http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/deputes-vont-enqueter-couts-nucleaire-665248.html
  29. http://www.francetvinfo.fr/societe/nucleaire/nucleaire-la-commission-d-enquete-preoccupee-par-les-futurs-couts-de-la-filiere_619207.html 
  30. http://www.global-chance.org/spip.php?article49
  31. Corinne Lepage, « L’État nucléaire », éditions Albin Michel, Paris, 2014.
  32. https://negawatt.org/RE-2020-une-croix-sur-les-batiments-neufs-performants Voir aussi https://www.batiactu.com/edito/re-2020-filiere-electrique-soutient-choix-gouvernemental-56101.php 

    « Le gouvernement « vient de décider arbitrairement dans le cadre de la future réglementation environnementale 2020 (RE2020) que le coefficient d’énergie primaire de l’électricité serait abaissé de 2,58 à 2,30, et que l’impact climatique du chauffage électrique serait réduit de 180 à 79 g CO2/kWh. La “justification” derrière cette évolution du coefficient primaire/final est fondée sur un argument particulièrement spécieux : puisque la durée de vie d’un bâtiment est de 50 ans, ne retenons plus la valeur actuelle (2,58) mais prenons la valeur qui devrait être atteinte en 2030 (2,30) - à condition que la trajectoire de la PPE soit effectivement respectée, ce qui est loin d’être acquis. Autrement dit, attribuons à l’électricité dès maintenant les bénéfices d’une situation espérée, si tout se passe bien, dans 10 ans. Ces révisions d’apparence technique ne sont en rien mineures : elles apportent un avantage considérable au chauffage électrique par effet Joule (les fameux grille-pains) dans les bâtiments et autorisent une moindre isolation. »

    Cette aberration justifie aussi les subventions des voitures électriques: voir l'analyse de Pierre Péguin: https://apag2.wordpress.com/2020/06/23/reprise-de-lelectri-cation-nucleaire-du-pays-rien-ne-change-letat-se-moque-des-consequences-sociales-et-ecologiques-de-ses-choix/

  33. https://www.letemps.ch/suisse/cantons-signent-larret-mort-chauffages-electriques-centraux Voir aussi https://www.energie-environnement.ch/maison/renovation-et-chauffage/contexte/quitter-le-chauffage-electrique
  34. https://information.tv5monde.com/info/en-suisse-premiere-fermeture-de-centrale-nucleaire-338067
  35. https://blogs.mediapart.fr/benjamin-dessus/blog/011018/les-autruches-du-lobby-nucleaire
  36. Nadine et Thierry Ribault, « Les sanctuaires de l’abîme, chronique du désastre de Fukushima », éd. de l’Encyclopédie des Nuisances, 2012, p. 65
  37. ACTU ENERGIE N° 10 : « Et la guerre Areva... ?» 
  38. Le scénario 2050 de l'Ademe prévoit une électricité 100 % d'origine renouvelable en France.
  39. ACTU ENERGIE N° 11 du 30 novembre 2015
  40. Voir www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/LPS114.pdf ou bien https://reseauactionclimat.org/IMG/pdf/EMISSIONS-IMPORTEES_RAC-Ademe-Citepa.pdf et éventuellement http://observ.nucleaire.free.fr/dechets-lauvergeon.htm
  41. https://ec.europa.eu/eurostat/tgm/mapToolClosed.do?tab=map&init=1&plugin=1&language=fr&pcode=ten00117&toolbox=types
  42. Cf. p. 16 du Rapport de Agence Internationale de l'Energie - AIE de 2015.
  43. http://www.energies-renouvelables.org/observ-er/html/inventaire/pdf/15e-inventaire-Chap01-Fr.pdf
  44. http://collectif-adn.fr/2019/arret-immediat-europe.html et www.arkitekto.net/P2_scenario_electrique.htm - actualisé à partir des données officielles d'EDF et de sa filiale RTE (2009-2015) - à l'occasion de deux conférences tenues lors des Alternatiba 2015.
  45. http://www.legrandsoir.info/Revolution-energetique-et-transformation-sociale-par-Daniel.html
  46. https://www.findunucleaire.be/com/Avis-sur-projet-loi-prolongation_juin-2020.htm  

Le cycle de vie de la filière nucléaire comprend de nombreux processus qui tous génèrent des GES à l’exception d’un seul :

- réaction de fission nucléaire dans le réacteur est le seul processus qui ne produit pas de GES ; par contre il fait que la radioactivité du combustible et des matériaux environnants est multipliée par 1 milliard;

- construction de la centrale nucléaire, maintenance et opération ;

- extraction du minerai d’uranium, broyage, concentration (production du yellow cake ou d’un équivalent),

 - transport du yellow cake, purification, enrichissement de l’uranium, fabrication des assemblages d’uranium (combustible) ;

 - démantèlement, réhabilitation des sites miniers et de production ;

 - désactivation et stockage provisoire du combustible usé ;

 - traitement et conditionnement des déchets, construction des sites de stockage, stockage.

On ne peut chiffrer avec certitude les émissions de GES liées à la gestion des déchets de haute activité et/ou de longue durée principalement constitués du combustible usé, car il faudrait un recul de plusieurs centaines ou milliers d’années pour analyser les qualités et le coût énergétique d’un stockage qui devrait être sûr pendant 1 million d’années.

- La consommation de matière par kWh produit est 20 fois supérieure pour le nucléaire.

- Les matières consommées par le nucléaire sont pour l’essentiel non recyclables car radioactives.

- Pour ses besoins en uranium combustible, un réacteur de 1 GW (gigawatt) comme le réacteur T3 de la centrale de Tihange ou D4 de celle de Doel nécessite annuellement l’extraction d’environ 200 000 tonnes de minerai d’uranium, auquel il convient d’ajouter 800 000 tonnes de « roches stériles », c’est-à-dire les roches extraites mais non traitées, car présentant des taux d’uranium trop faibles pour l’exploitation industrielle, soit un total de 1 million de tonnes de roche extraites par GW nucléaire et par an.

Face à cette débauche extractiviste, en termes de « combus­tible », un champ d’éoliennes ne nécessite que du vent pour produire de l’électricité. On le constate aisément, mettre le nucléaire et l’éolien au même niveau en termes d’émissions de GES ne tient pas la route.

Un expert indépendant arrive à une valeur de 165 grammes de CO2e par kWh, forcément sans prendre en compte les incertitudes et inconnues liées au stockage des déchets, aux émissions d’hydrocarbures halogénés lors de l’enrichissement de l’uranium et, dans une certaine mesure, au démantèlement des centrales.

D’autre part, ce taux d’émission est promis à une croissance rapide du fait que le minerai à haute teneur en uranium a déjà été exploité et qu’il faudra de plus en plus d’énergie pour extraire l’uranium d’un minerai de plus en plus pauvre.

47. https://www.ulyces.co/servan-le-janne/la-chine-est-elle-en-voie-de-dominer-lespace/

48. La production d’électricitéd’origine renouvelable dans le monde, collection chiffres et statistiques, 2013 : http://www.energies-renouvelables.org/observ-er/html/inventaire/pdf/15e-inventaire-Chap01-Fr.pdf

49. Communiqué du Vatican de novembre 2019 https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2019-11/pape-francois-discours-victimes-catastrophe-2011-japon.html

 

 

Pour un complément de bibliographie, voir http://findunucleaire.be/bibliographie.htm

et RITIMO / COREDEM https://www.coredem.info/spip.php?page=recherche_scrutari&moteur=coredem&recherche=nucl%C3%A9aire

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Pour lire les autres dossiers de ce site sur le nucléaire, le féminisme, l'environnement, les migrations des populations, l'Europe, la gouvernance, la littérature, le rire :  ouvrez https://blogs.mediapart.fr/peter-bu/blog/100620/sommaire-tout-ce-que-vous-ne-voulez-pas-savoir  et voyez l'article  Sommaire.

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