Qui nous gouverne?

Goldman Sachs, les aller-retour de ses cadres du privé au public. "Mais le réseau de Goldman Sachs est-il vraiment différent de celui des énarques en France" ? (Frédéric Paya (1) "En vingt ans s'est constituée en France une véritable oligarchie vertébrée notamment par l'Inspection des finances. Fonctionnant comme une caste." (Laurent Mauduit, (2) Complotent-ils contre l'intérêt général?

Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l'entité adéquate pour le faire.

David Rockefeller


Les thèmes de ce dossier :

Les GAFAM, Goldman Sachs, d'autres multinationales complotent-ils contre l'intérêt général, ou bien défendent-elles simplement leurs intérêts?

Les «  théories de complot » sont ridiculisées et le plus souvent elles méritent leur sort. Mais est-ce que pour autant aucun complot n'existe ? innocent

De quelle gouvernance le monde aurait-il besoin ?

 

Goldman Sachs : ses cadres passés à la politique


États-Unis

Gouvernement de Bill Clinton

Robert Rubin, ancien directeur de Goldman Sachs, choisi par Bill Clinton comme Secrétaire au Trésor (Ministre des Finances), puis président du CFR (Conseil pour les relations internationales).

Larry Summers, Secrétaire au Trésor.

Stephen Friedmann, Président du Conseil économique national.

Gouvernement de George W. Bush

Hank Paulson, ancien PDG de Goldman Sachs devenu le secrétaire au Trésor de de 2006 à 2009.

Neel Kahari, Bureau de la stabilité financière.

Robert Steel, conseiller politique de George W. Bush.

Reuben Jeffrey, Dan Jesteer, Steve Shafran, Kendric Wilson III, Edward Forst.

Gouvernement de Barack Obama

Larry Sumers, président du Conseil économique national.

Timoty Geithner, secrétaire du Trésor.

Mark Patterson, chef du personnel du Secrétariat au Trésor.

Christina Romer, présidente du Conseil consultatif de la Maison Blanche.

John Corzine, membre du Conseil consultatif de la Maison Blanche.

Gouvernement de Donald Trump

Steven Mnuchin, secrétaire du Trésor.

Dina Powell, conseillère à la sécurité nationale.

Gary Cohn, conseiller économique.

Anthony Scaramucci, directeur de la communication.

Stephen Bannon, « stratège en chef » de Trump à la Maison Blanche.

La plupart des ces anciens de Goldman Sachs précités ont assumé encore d'autres fonctions au sein du gouvernement.


D'autres anciens cadres de Goldman-Sachs occupant des postes importants :

John Tain, président du SEC de 2004 à 2007 sous George W. Bush. Le SEC est l'organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers, « gendarme de la bourse ».

Ed Liddy, SEC.

Gary Gensler, président de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), agence fédérale indépendante chargée de la régulation des bourses de commerce.

Duncan Niederhauer, de 2007 à 2014 directeur de Nyse Euronext, groupe mondial d'entreprises de marchés financiers. Cette institution cote en Europe, sous la direction de New York Stock Exchange, les titres plus de 1 300 émetteurs représentant une capitalisation boursière totale de 2 200 milliards d’euros.

William C. Dudley, président de la Réserve fédérale de New York (2009-2018).

Robert Zoellick, président la Banque mondiale de 2007 à 2012.

Ion Corzine prend la tête de la firme Goldman Sachs en 1994. Il la quitte pour devenir sénateur puis gouverneur du New Jersey dans les années 2000.

Europe

Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, a dirigé auparavant Goldman Sachs Europe.

Romano Prodi, ancien président du Conseil italien, a conseillé Goldman Sachs dans les années 1990.

Mario Monti, président du Conseil des ministres italien entre 2011 et 2013, ancien conseiller de Goldman Sachs.

Antonio Borges, fut, entre 2010 et 2011, le responsable du département Europe du FMI et, à ce titre, devait superviser la crise de la zone euro.

Petros Christodoulou, chargé de la gestion de la dette grecque en 2011, est un ancien employé de la banque américaine.

Lucas Papademos, Premier ministre grec de 2011 à 2012, avait auparavant présidé la banque centrale de Grèce... à l'époque où son pays a été l'objet des manoeuvres de Goldman Sachs.

Otmar Issing, Allemand, ancien membre du conseil des directeurs de la Banque centrale européenne, l’un des artisans de la monnaie unique.

Mark Carney, gouverneur de la Banque d'Angleterre, a travaillé chez Goldman Sachs pendant 13 ans.

Jim O'Neill, sous-secrétaire d'État parlementaire du Royaume Uni.

Karel Van Miert, Belge, fut commissaire européen à la Concurrence et aussi un cadre Goldman Sachs. 

Peter Sutherland, ex-membre de la Commission de la concurrence dans l'Union Européenne puis directeur du GATT et de l’OMC, ex procureur général de la République d'Irlande.

Paul Achleitner, président du géant allemand de l'assurance Allianz, conseiller du directeur général du Fonds européen de stabilité financière (FESF), Klaus Regling.

Philippe Gudin de Vallerin, chef du service des politiques macroéconomiques et des affaires européennes à la direction générale du Trésor.

 Ailleurs

Malcom Turnbull, Premier ministre australien, fut directeur de Goldman Sachs Australia entre 1997 et 2001.

 Les « pantouflages » européens chez Goldman Sachs

L’Allemand Otmar Issing, (voir ci-dessus)

Peter Sutherland, Irlande (voir ci-dessus)

Nelly Kroes, néerlandaise, ancienne commissaire à la concurrence et à l’économie numérique, a été embauchée par Bank of America – Merryl Lynch, proche de Goldman Sachs.

José Manuel Barroso, l’ex-président de la Commission européenne.

Anders Fogh Rasmussen, ancien premier ministre du Danemark et ancien secrétaire général de l’OTAN.

 Impressionnant !

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Comment Goldman Sachs a-t-il réussi à imposer ses cadres en Europe et ailleurs ?

Cela reste mystérieux. Leur rôle est évidements le même qu'aux États-Unis.

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Corruption ?

Barroso a été vu le 25 octobre 2017 à l’hôtel Silken Berlaymont de Bruxelles, en plein action de lobbying pour Goldman Sachs auprès de l’actuel vice-président de la Commission responsable de l’emploi, de la croissance, de l’investissement et de la compétitivité, le Finlandais Jyrki Katainen.

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Ils font le travail de Dieu

Nous sommes extrêmement importants, nous aidons les sociétés à grossir en les aidant à lever des fonds. Celles-ci peuvent ainsi créer plus de richesses, ce qui permet aux employés d’avoir plus de travail, de générer plus de croissance et donc de richesse. C’est un cercle vertueux. Je suis juste un banquier qui fait le travail de Dieu.

Lloyd Blankfein, patron de Goldman Sachs, dans une interview accordée au Times 

Seuls les imbéciles payent des impôts immobiliers.

Gary Cohn, conseiller économique de Trump

Le 11 septembre 2001 la banque Goldman Sachs a continué à spéculer sur les matières premières « parce qu’il y a de l’argent à se faire, quoi qu’il arrive  ».
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Complot, ou simple défense de leurs intérêts?

Un jour j'ai fait observer à mon fils que Goldman Sachs est le plus gros contributeur aux élections présidentielles des États-Unis. Il n'a pas le droit d'y participer en tant qu'entreprise mais le fait par l'intermédiaire de ses employés. Ensuite, ses cadres entrent dans l'administration des États-Unis et occupent des postes de premier plan qui leur permettent de modifier des lois et la politique américaines - en faveur de Goldman Sachs.

Je me suis étonné que l'Europe ait confié à des anciens cadres de Goldman Sachs la Banque centrale européenne, la présidence de la Commission européenne et d'autres postes importants.

N'est ce pas un « complot » ?

Non, m'a répondu mon fils. Goldman Sachs ne fait que défendre ses intérêts.

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Quand les cigarettiers, fabricants de l’amiante, Monsanto et autres empoisonneurs corrompent des décideurs politiques, ils ne complotent pas non plus contre l'intérêt général, ils ne font que défendre leurs intérêts - contre l'intérêt général laughing.

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Les entreprises financières comme Goldman Sachs dépendent des lois, elles sont motivées pour les manipuler.

Les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazone, Microsoft) et certaines multinationales sont tellement riches qu'ils peuvent se croire au-dessus des lois. Jusqu'à présent ils ne se sont pas trop heurtés aux limites législatives. Cependant, ils font du lobbying, corrompent et, parfois, suivent l'exemple des financiers comme Goldman Sachs pour « défendre leurs intérêts ».

Accaparer la gouvernance mondiale correspondrait-il vraiment à l'intérêt de ces entreprises qui, à priori, ne devraient être qu'une source de richesse pour leurs actionnaires ? Ou bien leur dirigeants agissent aussi sur d'autres champs dans leur intérêt personnel?

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Depuis 2107, le fondateur et propriétaire de Fesse bouc, Marc Zuckerberg, semble préparer sa candidature à la présidence des Etats-Unis. Comme il est immensément riche et possède l’un des moyens de propagande des plus puissants…

Selon Politico, le Pdg de Facebook Mark Zuckerberg aurait engagé il y a quelques jours l’ancien conseiller de Barack Obama et principal responsable de la stratégie de campagne d’Hillary Clinton Joel Benenson. (…) Le talentueux jeune homme d’affaires serait-il en train de préparer la prochaine élection présidentielle américaine ? Bien qu’il s’en défende pour l’instant, l’hypothèse n’est pas à écarter d’un revers de la main, et les démocrates pourraient très bien avoir trouvé leur nouveau poulain.

Par Frédéric Mas. https://www.contrepoints.org/2017/08/05/296170-mark-zuckerberg-prochain-president-etats-unis

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Toutes ses belles âmes ont-elles finalement un, ou plusieurs projets communs cachés qu'ils tentent d'imposer à nos sociétés en s’infiltrant dans leurs instances dirigeantes ? Leurs intérêts peuvent être contradictoires, elles se concurrencent sans pitié, mais n'y aurait-il pas là tout de même un « complot » ?

N'ont-elles pas réussi à imposer la transformation du libéralisme de papa en soi-disant "néo-libéralisme", puis au libéralisme totalitaire, c'est-à-dire le libéralisme présenté comme le seul et unique système de gouvernement possible et souhaitable, avantageux partout dans le monde ?

Les « théories de complot » sont toujours dénigrées, le plus souvent à juste titre. Mais cela m'intrigue : pourquoi, au juste, s'acharne-t-on avec énergie sur leurs auteurs qui, considérés comme fumistes, ne méritent sûrement pas autant d'attention?

Y a t-il des trolls rémunérés qui inventent, puis diffusent les descriptions des complots plus fantaisistes les uns que les autres pour pouvoir ridiculiser tous ceux qui soupçonnent l'existence des complots politiques, financiers ou économiques ?

Oublions ce terme « complot » qui provoque l'irritation.

Par ailleurs, la critique des très grandes entreprises n'a pas toujours lieu d'être. La concentration des moyens n'est pas nécessairement un mal. Elle a permis de construire des pyramides, des palais, des cathédrales. Souvent au prix d'énormes souffrances de leurs bâtisseurs mais ces merveilles sont là et expriment le génie humain, pour notre plus grand plaisir. Elles nous encouragent à nous dépasser. Auraient-elles existé sans l'accumulation des richesses entre un petit nombre de mains ?

La pierre n'a point besoin d'être autre chose que la pierre. Mais en s'assemblant elle devient temple a écrit Saint-Exupéry. Certes, mais elle ne s'assemble pas seule, pour construire il faut un architecte et un chef de chantier...

La question n'est pas de savoir si tout ce beau monde complote – en défendant ses intérêts. L'un n'exclue pas l'autre. Mais sa vision du monde est anachronique.

Jusqu'au XVIIIe siècle, les sociétés humaines, de la famille aux empires, étaient organisées suivant le système pyramidal. Les dirigeants des entreprises précitées croient toujours que le monde a besoin de ce type de gouvernance.

Cependant, la « globalisation », commencée à la Renaissance, devenue clairement perceptible au XVIIe - XVIIIe siècles et culminant aujourd'hui, impose aussi un autre modèle de relations sociales, économiques et politiques qui est, lui, horizontal.

L'humanité est entrée dans une époque d'échanges et de confrontations entre toutes les civilisations existantes, trop différentes les unes des autres pour pouvoir s'adapter à un mode de vie et de gouvernance uniques. A cette échelle l'organisation horizontale pourrait être plus efficace que la verticale. Car elle s’accommode mieux de la diversité et l'apprécie comme source d'inspiration.

Or, pour parvenir sans catastrophes majeures à réunir toute l'humanité il faudra bien utiliser toutes les connaissances accumulées depuis des millénaires par ses diverses composantes.

Par conséquent, au XXIe siècle les deux systèmes de gestion, vertical et horizontal, sont indispensables.

Les agissements des grands groupes précités freinent cette évolution.

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La guerre des classes existe, je suis d'accord, mais c'est ma classe, celle des riches qui la mène et nous sommes en train de vaincre.

Warren Buffet, en 2017 le troisième sur la liste des milliardaires du monde du magazine Forbes.

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Que peuvent les lois là où ne règne que l'argent ?

Petronius, auteur du Satyricon, 1er siècle

Lorsqu'un gouvernement est dépendant des banquiers pour l'argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation puisque la main qui donne est au dessus de la main qui reçoit. [...] L'argent n'a pas de patrie; les financiers n'ont pas de patriotisme et n'ont pas de décence; leur unique objectif est le gain. 

Napoléon Bonaparte

Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, Time Magazine et d'autres grandes publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discrétion depuis presque 40 ans. Il nous aurait été impossible de développer nos plans pour le monde si nous avions été assujettis à l'exposition publique durant toutes ces années. Mais le monde est maintenant plus sophistiqué et préparé à entrer dans un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d'une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurément préférable à l'autodétermination nationale pratiquée dans les siècles passés.

David Rockefeller

Nous sommes à la veille d'une transformation globale. Tout ce dont nous avons besoin est la bonne crise majeure, et les nations vont accepter le Nouvel Ordre Mondial.

David Rockefeller

Peu importe le prix de la Révolution Chinoise, elle a réussie de façon évidente; non seulement en produisant une administration plus dévouée et efficace, mais aussi en stimulant un moral élevé et une communauté d'ambitions. L'expérience sociale menée en Chine sous la direction du Président Mao est l'une des plus importante et des plus réussie de l'histoire humaine.

David Rockefeller, cité dans le New York Times du 8 octobre 1973.

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Je suis persuadé que les technocrates occidentaux créeront une sorte de fascisme mondial, appuyé bien sûr sur les valeurs occidentales. J'en conclus que le monde finira dans une catastrophe.

Robert Buron, ex-ministre de plusieurs gouvernements français.

Le but des Rockefeller et de leurs alliés est de créer un gouvernement mondial unique combinant le Supercapitalisme et le Communisme sous la même bannière, et sous leur contrôle. [...] Est-ce que j'entends par là qu'il s'agit d'une conspiration? Oui, en effet. Je suis convaincu qu'il y a un tel complot, d'envergure internationale, en planification depuis plusieurs générations, et de nature incroyablement maléfique.

Lawrence Patton McDonald (1935-1983), congressiste américain.

Jusqu'où les complotistes ne vont-ils se nicher!

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Notes :

(1) Frédéric Paya, Jeudi 20 septembre 2012 http://www.valeursactuelles.com/economie/goldman-sachs-le-cote-obscur-de-la-finance-37285

(2) Laurent Mauduit La caste. Éditions La Découverte 2018.

Un autre document détaillant en été 2018 ces liaisons malsaines :

http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/les_sages_sous_influence_-_rapport_amis_de_la_terre_-_odm.pdf 

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Lire aussi Fesses bouc: danger! https://blogs.mediapart.fr/peter-bu/blog/161118/fesses-bouc-danger 

Le libéralisme totalitaire:  https://blogs.mediapart.fr/peter-bu/blog/060119/le-liberalisme-totalitaire

Ces dossiers complètent la réflexion ci-devant.

Pour voir les autres articles de ce site sur le nucléaire, le féminisme, l'environnement, les migrations des populations, l'Europe, le libéralisme, la gouvernance :  https://blogs.mediapart.fr/peter-bu/blog/191118/sommaire-de-ce-site

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 Une opinion complétant les remerciements précités, adressés aux médias par David Rockefeller:":

Virginia Woolf Soumission des journalistes au capital

(…) vous semblez oublier que chacun de ces journaux est financé par un conseil d'administration. Que chacun de ces conseils d'administration a sa propre politique. Que chaque conseil d'administration emploie des écrivains pour diffuser cette politique; et s'ils ne sont pas d'accord avec cette politique, ces écrivains, ne l'oubliez pas, se retrouveront dans la rue, au chômage. C'est pourquoi, si l'on tient à connaître le moindre fait politique, la lecture d'au moins trois journaux différents est indispensable. Il nous faudra comparer au moins trois versions du même fait pour parvenir à notre propre conclusion.

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