Réenchanter l'Europe et réinventer la France

L'Europe unie pour parler d'égal à égal aux "grands" de ce monde - ou bien: "Plutôt petit, mais bien de chez nous" ? La France doit se réinventer mais elle ne peut le faire que dans le cadre de l'Europe unie. (Réactualisé le 24/4/2019.)

Notre pays et tous les pays européens sont formidables. Par le passé, ils ont créé une civilisation exceptionnelle et éclairé la planète entière grâce à leurs savoirs-faire, leurs scientifiques, leurs cultures, leurs idéaux humanistes et leurs pratiques démocratiques qui n'existaient nulle part ailleurs. Je n'oublie pas la face noire de l'Europe mais on la cite bien plus souvent que son côté ensoleillé.

L'Europe actuelle est un exemple unique de capacité de dépasser les haines qui l'ont pourtant divisée pendant des siècles et provoqué d'innombrables guerres.

Aujourd'hui, nous devons continuer à développer l'Union Européenne, et non en sortir, pour de nombreuses raisons économiques, sociales, culturelles, politiques et militaires.

Sans l'Europe, la France connaîtrait le déclin. Avec l'Europe, nous pouvons participer à un grand projet enthousiasmant et bâtir un monde meilleur.

Sortir de l'Europe signifierait pour la France :

  • l'instauration des taxes douanières par ses voisins, la restriction de ses exportations, donc l'explosion du chômage, une inflation immédiate de 30%. Le patrimoine de chaque Français se réduirait en chute libre,

  • la pénurie des matières premières qui s'épuisent et dont le partage se fera au détriment des faibles, au profit des puissants.

  • l'incapacité d'affronter les migrations massives suscitées par la démographie galopante, les désastres écologiques et autres difficultés prévisibles,

  • le risque d'être désagrégée par les intolérances religieuses et autres fanatismes que les bouleversements du monde font resurgir un peu partout,

  • l'impuissance face aux catastrophes environnementales qui s'annoncent.

La France seule, pas plus qu'aucun autre pays sorti de l'Union Européenne ne pèserait pas grand-chose face au trio États-Unis-Canada-Mexique, face à la Chine, l'Inde, la Russie, le Brésil et autres géants qui naissent en Afrique.

diogene-cherche-lhomme
A part ce plaidoyer en faveur de l'Europe, la France doit se réinventer.

"Compétitivité oblige", elle ne peut le faire que dans un cadre plus large, celui de ses alliés, les pays européens désormais ses frères.

Quelle direction la France peut-elle prendre ?

Nous pouvons vivre mieux en réduisant les efforts inutiles et épuisants que chacun doit déployer actuellement. Pour y parvenir, il faut nous débarrasser du superflu.

Devons-nous continuer à nous infliger des mois et des années de travail ennuyeux et stressant pour pouvoir nous offrir des tas d'objets dont nous pourrions nous passer si la publicité ne nous faisait pas croire le contraire, une voiture qui épatera le voisin, des vacances exotiques alors que nous avons tellement de belles choses à découvrir dans notre propre pays et chez nos voisins?

Pour nous rendre au travail devons-nous continuer à subir deux à quatre heures de transports par jour dans des embouteillages ou des métros bondés?

Les téléphones portables, e-mails et autres communications à distance ne sont qu'un piètre succédané des relations réelles. Pourquoi nous priver de la présence des êtres chers et de nos amis comme nous le faisons trop souvent?

« Moins de biens, plus de liens » est une belle devise. Elle peut devenir une réalité si toute l'Europe cherche comment instaurer une nouvelle société qui nous permettra de nous épanouir.

Les projets d'une société de « sobriété heureuse » existent et peuvent être réalisés à condition que toute l'Europe s'y implique.

En unissant nos forces, nous pouvons stopper la folie de « toujours plus » chez nous comme dans les pays du tiers monde qui malheureusement suivent tous les excès de notre « société de consommation » menaçant la vie sur notre planète.

Tous nous devons contribuer à bâtir une Europe de créativité, de respect et de partage. Animée par ce grand projet l'Europe pourra de nouveau servir d'exemple.

L'Europe nous offre la chance de réenchanter le monde.

Peter Bu

N.B. Personnel à ceux qui craignent de perdre, en Europe, leur identité:

Dans mon pays d'origine, la Slovaquie, je me sentais « originaire de Bratislava ». La Slovaquie me semblait être trop vaste pour m'identifier avec elle. Depuis que je vis en France et travaille dans différents pays européens, je n'oublie jamais mes racines slovaques... Mais quand je retourne en Slovaquie, je me sens – aussi – Français.

Ai-je perdu mon identité ? -:)

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L'Europe unie : un projet du XVe siècle :

« L’Europe une, sous-titré les Philosophes et l’Europe, est un recueil de textes signés par quatorze penseurs européens.

Cette anthologie rassemblée par Jean-Pierre Faye, fait remonter au XVe siècle le projet d’une « unité de l’Europe » : Podiebrad, roi de Bohême de 1458 à 1468, adresse à la fin de son règne aux rois de Hongrie, de Pologne, de France et à la République de Venise, un Tractatus « destiné à établir la paix dans toute la chrétienté ».

L’Europe est perçue par le roi de Bohême comme la forteresse qui défendra les 16 royaumes (sur les 117 d’un âge d’or révolu) restés chrétiens au XVe siècle, « contre l’abominable Turc ».

Une forteresse qui prend la forme d’un « pacte » prévoyant la création d’une « Assemblée » perpétuelle siégeant « de ville en ville », et qui aurait « en propre ses armes, son sceau,  son trésor commun », ses fonctionnaires… » (Extrait du journal Libération.)

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Pour voir les autres articles de ce site sur le nucléaire, le féminisme, l'environnement, les migrations des populations et l'identité, l'Europe, la gouvernance :  https://blogs.mediapart.fr/peter-bu/blog/100918/sommaire-de-ce-site 

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