Réenchanter l'Europe et réinventer la France

L'Europe unie pour parler d'égal à égal aux "grands" de ce monde - ou bien: "Plutôt petit, mais bien de chez nous" ? La France doit se réinventer mais elle ne peut le faire que dans le cadre de l'Europe unie. (Réactualisé le 30/2/2021)
  1. L'Europe a développé une civilisation exceptionnelle.
  2. Sans l'Europe, la France connaîtrait le déclin.
  3. L'Europe ne se défend pas efficacement contre la pression des lobbys.
  4. L’Union européenne serait-elle déjà un Etat ?
  5. Quelle direction l'Europe et la France peuvent-elles prendre ?
  6. L'Europe nous fait-elle perdre notre identité ?
  7. Le projet européen date du XVe siècle.

 

on-devrait-on-doit-on-aurait-du-fond-sombre

1. Notre pays et tous les pays européens sont formidables.

Par le passé, ils ont créé une civilisation exceptionnelle et éclairé la planète entière grâce à leurs savoirs-faire, leurs scientifiques, leurs cultures, leurs idéaux humanistes et leurs pratiques démocratiques qui n'existaient nulle part ailleurs. Je n'oublie pas la face noire de l'Europe mais on la cite bien plus souvent que son côté ensoleillé.

L'Europe actuelle est un exemple unique de capacité de dépasser les haines qui l'ont pourtant divisée pendant des siècles et provoquée d'innombrables guerres. Aujourd'hui, nous devons continuer à développer l'Union Européenne, et non en sortir, pour de nombreuses raisons économiques, sociales, sanitaires, culturelles, politiques et militaires.

2.   Sortir de l'Europe signifierait pour la France :

  • l'instauration des taxes douanières par ses voisins, la restriction de ses exportations, donc l'explosion du chômage, une inflation immédiate estimée à 30%. Le patrimoine de chaque Français se réduirait en chute libre,
  • la pénurie des matières premières qui s'épuisent et dont le partage se fera au détriment des faibles, au profit des puissants.
  • l'incapacité d'affronter seule les migrations massives suscitées par la démographie mondiale galopante, les désastres écologiques et autres difficultés prévisibles,
  • le risque d'être désagrégée par les intolérances religieuses et autres fanatismes que les bouleversements du monde font resurgir un peu partout,
  • l'impuissance face aux catastrophes environnementales qui s'annoncent et qui, le plus souvent, dépassent les frontières des États.

La France seule, pas plus qu'aucun autre pays sorti de l'Union Européenne ne pèserait grand-chose face au trio États-Unis-Canada-Mexique, face à la Chine, l'Inde, la Russie, le Brésil et autres géants qui naissent en Afrique.

3.   L'Europe ne se défend pas efficacement contre la pression des lobbys pour lesquels leur intérêt égoïste prime sur l'intérêt public.

Un exemple entre beaucoup d'autres :

Nous savons aujourd’hui que des millions de substances chimiques sont fabriquées dans le monde et qu’environ 80.000 d’entre elles sont d’un usage courant. Pourtant, sur les 17.000 substances pour lesquelles REACH (le règlement de l’Union européenne censé « mieux protéger la santé humaine et l’environnement contre les risques liés aux substances chimiques, tout en favorisant la compétitivité de l’industrie chimique de l’UE ») a recueilli des informations, seules 181 (soit moins d’un pourcent du total) ont été qualifiées d’'extrêmement préoccupantes' c’est-à-dire comme étant cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, persistantes et toxiques pour l’environnement, ou encore pouvant perturber le système endocrinien. 

De surcroît, cette évaluation est fondée sur des essais effectués sur des animaux, et non sur les observations des effets secondaires chez les humains. http://antidote-europe.org/reach-auto-satisfecit-catastrophe-sanitaire

Cette réglementation à peine édictée, après 11 années de tergiversations, les industriels se débrouillent pour la contourner : ... Dans le cas où certaines de vos substances seraient déjà engagées dans une voie réglementaire (Liste Candidate), nous pouvons vous proposer un support pour pouvoir envisager les différentes actions à mettre en place (lobbying) pour essayer de bloquer, ralentir ou aiguiller sur une autre voie réglementaire votre substance.

Le site dont provient cette citation est une bonne porte d'entrée si vous cherchez une définition du cynisme et de la crétinerie. Ses auteurs et leurs proches sont impaquetés, eux aussi, par les poisons qu'ils répandent.  https://www.ecomundo.eu/fr/innovation-recherche-developpement

Voir aussi Aucun mur de protection ne suffira, même pas en briques d'or massif https://blogs.mediapart.fr/peter-bu/blog/200221/aucun-mur-de-protection-ne-suffira-meme-pas-en-briques-dor-massif


4.   L’Union européenne serait-elle déjà un État ?

A l’issue d’un sommet historique, l’UE, sans se substituer aux vingt-sept États membres, les inclut en contractant une dette commune, analyse, dans une tribune au « Monde », l’historien et géographe Sylvain Kahn. 

Quand bien même le pouvoir européen et ses dirigeants font l’objet de défiance, comme souvent les pouvoirs et les dirigeants nationaux depuis quinze ans, les enquêtes Eurobaromètre indiquent que les Européens souhaitent une solution européenne aux défis économiques et géopolitiques qui nous menacent. Et si l’euro est un objet de débat permanent et légitime, les Européens sont spécifiquement attachés à leur monnaie : en vingt ans seulement, l’euro a acquis la confiance des épargnants comme des investisseurs petits et grands et s’est imposé comme deuxième monnaie de réserve mondiale.

Sylvain Kahn. https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/07/22/sylvain-kahn-l-union-europeenne-est-maintenant-un-etat_6046896_3232.html?utm_medium=Social&utm_source=Twitter#Echobox=1595397567


5.   Je plaide en faveur de l'Europe, mais l'UE et la France doivent se réinventer.

Quelle direction peuvent-elles prendre ?

Nous pouvons vivre mieux en réduisant les efforts inutiles et épuisants que chacun doit déployer actuellement. Pour y parvenir, il faut nous débarrasser du superflu.

Devons-nous continuer à nous infliger des mois et des années de travail ennuyeux et stressant pour pouvoir nous offrir des tas d'objets dont nous pourrions nous passer si la publicité ne nous faisait pas croire le contraire, une voiture qui épatera le voisin, des vacances exotiques alors que nous avons tellement de belles choses à découvrir dans notre propre pays et chez nos voisins?

Pour nous rendre au travail devons-nous continuer à subir deux à quatre heures de transports par jour dans des embouteillages ou des métros bondés?

Les téléphones portables, e-mails et autres communications à distance ne sont qu'un piètre succédané des relations réelles. Pourquoi nous priver de la présence des êtres chers et de nos amis comme nous le faisons trop souvent?

« Moins de biens, plus de liens » est une belle devise. Elle peut devenir une réalité si toute l'Europe cherche comment instaurer une nouvelle société qui nous permettra de nous épanouir.

Les projets d'une société de « sobriété heureuse » existent et peuvent être réalisés à condition que toute l'Europe s'y implique.

En unissant nos forces, nous pouvons stopper la folie de toujours plus chez nous comme dans les pays du tiers monde qui malheureusement suivent tous les excès de notre société de consommation menaçant la vie sur notre planète.

Tous nous devons contribuer à bâtir une Europe de créativité, de respect et de partage. Animée par ce grand projet l'Europe pourra de nouveau servir d'exemple.

L'Europe nous offre la chance de réenchanter le monde.

6.   Message personnel à ceux qui craignent de perdre, en Europe, leur identité:

Dans mon pays d'origine, la Slovaquie, je me sentais originaire de Bratislava. La Slovaquie me semblait être trop vaste pour m'identifier avec elle.

Depuis que je vis en France et travaille dans différents pays européens, je n'oublie jamais mes racines slovaques... Mais quand je retourne en Slovaquie, je me sens – aussi – Français. Ai-je perdu mon identité ? Ou bien s'est-elle enrichie? -:)

7.    L'Europe unie : un projet du XVe siècle :

L’Europe unie, sous-titré les Philosophes et l’Europe, est un recueil de textes signés par quatorze penseurs européens.

Cette anthologie rassemblée par Jean-Pierre Faye, fait remonter au XVe siècle le projet d’une unité de l’Europe : Podiebrad, roi de Bohême de 1458 à 1468, adresse à la fin de son règne aux rois de Hongrie, de Pologne, de France et à la République de Venise, un Tractatus destiné à établir la paix dans toute la chrétienté.
L’Europe est perçue par le roi de Bohême comme la forteresse qui défendra les 16 royaumes (sur les 117 d’un âge d’or révolu) restés chrétiens au XVe siècle, contre l’abominable Turc.

Une forteresse qui prend la forme d’un pacte prévoyant la création d’une Assemblée perpétuelle siégeant de ville en ville, et qui aurait en propre ses armes, son sceau,  son trésor commun, ses fonctionnaires… (Extrait du journal Libération.)

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Pour lire les autres dossiers de ce site sur le nucléaire, le féminisme, l'environnement, les migrations des populations, l'Europe, la gouvernance, la littérature, le rire :  ouvrez https://blogs.mediapart.fr/peter-bu/blog  et voyez l'article  Sommaire.

 

 

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