France : risques d’expulsion vers le Soudan – Pas-de-Calais

Alors que l'Union européenne a suspendu ses programmes de contrôle migratoire au Soudan, la France continue de coopérer avec les autorités soudanaises pour expulser vers ce pays. Deux nouvelles personnes sont au centre de rétention de Coquelles, près de Calais. Appel à soutien.

Alors que Rami est toujours enfermé au centre de rétention de Rennes et sous la menace d'une expulsion vers le Soudan (vous pouvez signer la pétition ici), deux autres personnes de nationalité soudanaise, Alaib et Hassan, sont enfermés au centre de rétention de Coquelles, à côté de Calais.

https://calaismigrantsolidarity.wordpress.com/2019/08/02/risques-de-deportations-vers-le-soudan-risks-of-deportations-to-sudan/

Au Soudan, la répression continue et fait de nouveaux morts :

http://www.acjps.org/north-kordofan-urgent-call-to-investigate-the-killing-of-six-peaceful-protesters-including-3-minors-in-el-obeid/

 

Vous pouvez interpeller le gouvernement et le préfet du Pas-de-Calais pour demander leur libération et l'annulation de la décision d'expulsion.

Le préfet du Pas-de-Calais, Fabien Sudry :

fabien.sudry@pas-de-calais.gouv.fr

par le formulaire de contact de la préfecture : http://www.pas-de-calais.gouv.fr/Contactez-nous

Par téléphone : (+33) (0) 3.21.21.20.00

Par fax : (+33) (0)3.21.55.30.30

Gouvernement :

sec.immigration@interieur.gouv.fr, 01 49 27 49 27

formulaire du ministère de l'intérieur :

https://www.interieur.gouv.fr/Contact/Ecrire-au-ministre-de-l-Interieur

sec.edouard.philippe@pm.gouv.fr

 

Proposition de texte :

"Monsieur le Préfet,

Je vous alerte concernant le risque d’expulsion de Alaib et Hassan, ressortissants soudanais enfermés au centre de rétention de Coquelles. S’il est expulsé vers ce pays, il y risque la détention arbitraire, des traitements inhumains et dégradants, la torture ou une exécution extrajudiciaire.

Deux arrêts de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, datés du 15 janvier 2015 – A.A. c. France (n o 18039/11), A.F. c. France (n o 80086/13) – ont jugé que l’éloignement des requérants soudanais emporte violation de l’article 3 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme, eu égard aux risques avérés de traitements inhumains ou dégradants en cas de renvoi au Soudan. La Cour Européenne des Droits de l’Homme a jugé que les mesures d’éloignement prises à l’encontre des requérants soudanais étaient contraires à cet article.

Je souhaite également attirer votre attention quant à la détérioration actuelle de la situation sécuritaire au Soudan, telle que documentée par les rapports et articles d’Amnesty International et Human Rights Watch les mois derniers. En effet, ces instances mettent en avant les violations des droits de l’homme commises dans le cadre de la violente répression contre la population et les manifestants depuis décembre 2018. Cette répression a fait une soixantaine de morts, plus d’un millier d’arrestations et environ 2000 blessés avant la chute du dictateur. Les enlèvements et la torture sont pratiqués à grande échelle par les Services de Sécurité (NISS). Les soudanais expulsés sont interceptés et interrogés par les Services de Sécurité à leur arrivée au Soudan ; de nombreux témoignages confirment que, pour plusieurs ressortissants expulsés, leurs proches sont sans nouvelles d’eux depuis leur expulsion. Ils sont arrêtés, disparaissent, et à ce jour ont possiblement été tués. Le contexte politique reste instable, avec plus d'une centaine de manifestants tués le 3 juin, plus récemment six tués à Al-Obeid, quatre à Omdurman.

Dans ces conditions et pour toutes ces raisons, l’expulsion vers le Soudan constitue une atteinte grave à la vie de cette personne. Le danger en cas d’expulsion est avéré.

Je vous demande de bien vouloir prendre en compte ces craintes, ainsi que les risques avérés d’emprisonnement, de torture et d’exactions sur les ressortissants soudanais en cas de retour.

Je vous demande donc de procéder à l’annulation de la décision d’expulsion et à la libération de messieurs Alaib et Hassan.

Veuillez agréer, Monsieur le préfet, l’expression de mes salutations citoyennes."

 

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