Le constat fait par les dix-sept personnalités qui ont saisi le Conseil constitutionnel d'une réclamation portant sur l'attitude du gouvernement et des médias par rapport à la collecte de signatures pour la tenue d'un référendum d'initiative partagée sur le la privatisation d'Aéroports de Paris, est exact : silence des médias, surtout si on compare avec la couverture du Grand Débat, déloyauté du gouvernement qui s'abstient de toute information - sans parler des obstacles pratiques au recueil des signatures. Il est donc demandé au Conseil Constitutionnel de recommander au gouvernement un certains nombre de mesures visant à porter à la connaissance des citoyen-ne-s l'existence de la procédure engagée et à mettre en place un débat public portant sur les enjeux.
Il est difficile de prévoir les suites que le Conseil Constitutionnel donnera à cette réclamation. On peut aussi penser que le gouvernement continuera à avoir un "comportement déloyal", pour reprendre les termes employés, vis-à-vis de la mise en place de la procédure pouvant mener au référendum.
Face à la stagnation du nombre de signatures nécessaires à la tenue du référendum, il serait donc prudent de penser à des mesures qui ne reposent pas uniquement sur le Conseil Constitutionnel et le gouvernement.
Ce qui pose la question : où en est la mobilisation des partis politiques dont les parlementaires ont initié la procédure ? La collecte de signature repose-t-elle actuellement sur autre chose que l'implication de bénévoles, par ailleurs souvent investi-e-s dans d'autres campagnes ?
Si tous les maires membres ou proches de ces partis inséraient une information dans leur bulletin municipal, utilisaient les diverses modalités d'affichage municipal, mettaient à disposition des postes informatiques et une aide pour que les gens puissent signer, organisaient des débats publics ou aidaient les associations à le faire, est-ce qu'une bonne partie de ce que les dix-sept personnalités demandent au Conseil Constitutionnel de recommander au gouvernement ne serait pas déjà en place ?
Certes, il y a un enjeu politique à contraindre le gouvernement à prendre des mesures permettant le bon déroulement d'une procédure référendaire prévue par la constitution, qui va au-delà l'initiative concernant la privatisation d'Aéroports de Paris. Mais s'agissant de cette initiative déjà lancée, il y a un enjeu pratique à mobiliser sans le gouvernement - ce qui fait de toute façon pression pour que le gouvernement s'implique dans un cadre institutionnel au débat.