Les Ovnis, François Hollande, Emmanuel Macron, les barbouzes et moi

Réalisant un documentaire sur les Objets volants non identifiés (Ovnis), impliquant des sources DGSE, ainsi que des observations nombreuses et répétées au-dessus du camp militaire de Coëtquidan, je tiens à relater les faits que j’ai dernièrement vécu. Note d'ambiance. Pas plus.

Le théâtre du Petit Trianon : quand on investigue la problématique Ovni, on passe derrière le décor, sauf que l'on oublie très vite de quel décor il s'agit. © Anonyme Le théâtre du Petit Trianon : quand on investigue la problématique Ovni, on passe derrière le décor, sauf que l'on oublie très vite de quel décor il s'agit. © Anonyme
Le contexte

J’ai coopéré avec la DGSE d'avril 2013 à mai 2015 sur le sujet des Ovnis, en périphérie (donc sans contrat ou autre preuve formelle), à partir des témoignages d’apparition d’Objets volants non identifiés que j’avais collecté pendant une dizaine d’années en Bretagne, voire vécus moi-même. Il en est résulté un pré-documentaire, que j’ai mis en ligne en octobre 2019 (voir ici). En réalité, pour investiguer le phénomène, je travaillais non seulement sur le terrain, c’est-à-dire en Bretagne dans la forêt de « Brocéliande » dont le tiers est recouvert par le camp de Saint-Cyr Coëtquidan, mais aussi à Paris, développant un vaste réseau relationnel incluant de nombreux agents de renseignement (ce dont je n’avais pas conscience au départ). J’ai bénéficié en 2011 de la formation ad hoc d’agents américains venus nous former dans le cadre d’un symposium officieux, mais ouvert à tous et où vous-même, cher lecteur, auriez pu vous inscrire. A partir du printemps 2012, j’ai fait l’objet de plusieurs approches pour un recrutement éventuel. J’ai refusé ces propositions mais, cependant, à partir du début du mois d'avril 2013, j’ai accepté de livrer mes observations pour le moins étranges, mes théories tout aussi étranges, et de travailler de concert avec l’équipe spécialisée formée dans les années 2011. Je l’ai fait pour l’intérêt général, comme lanceur d’alerte vers l’administration spécialisée, sans chercher à répandre ce que nous trouvions. Mais l’insistance des cadres à obtenir toujours plus d’informations, l’absence de réciprocité dans la relation, la violence de celle-ci, le fait d’être a priori considéré comme le suspect pouvant un jour lever le voile sur le sujet (ou une partie du voile), l’absence absolue de considération, m’ont conduit à me distancier de ce groupe dont je réprouvais le mode opératoire. Par ailleurs, je trouvais dangereuse la position des responsables politiques et militaires vis-à-vis du phénomène Ovni, pour autant que je pouvais bien sûr l’appréhender : c’est-à-dire François Hollande, Bernard Bajolet (l’ex-patron de la DGSE), Pierre-de Villiers (ex-chef d’état-major de l’armée française), Emmanuel Macron. Je remercie cependant François Hollande d’avoir retiré en 2014 la subvention à un projet d’équipement public contre lequel je luttais dans un tout autre cadre (voir ici).

Le long travail de collecte d’information pour un pré-documentaire

J’ai donc réuni, dans le plus grand secret, une équipe de dessinateurs qui m’ont fait les roughs (ou croquis) de ce pré-documentaire (sans doute plus un document que même un pré-documentaire), le plus souvent sans se connaître entre eux, je me suis équipé en vidéo professionnelle et j’ai enregistré une vingtaine de témoins, dont j’ai collationné les dires, les ai vérifiés, contre-vérifiés, avec la plus grande rigueur méthodologique possible compte-tenu de la faiblesse de mes moyens. Au-delà de cette enquête finalement très banale dans le monde de « l’ufologie », je connaissais assez le contexte « armée » et renseignement pour lui donner un angle inédit. Le travail s’est fait de la mi-2018 à octobre 2019, date à laquelle la vidéo a été postée sur Viméo. Toutefois, les agents de terrain se sont vite aperçus que je préparais quelque chose, bien que je prisse alors le plus grand soin de travailler hors mails, hors téléphones, voire sans rendez-vous (surgissant de façon inopinée chez mes rough-women et roughs-men, souvent légèrement interloqués).

Ecoutes téléphoniques, captation des mails et recherches Internet, incursion nocturne sur le lieu de vie, intrusion possible dans le local de travail et filature avérée

S’est mis alors en place quelque chose que je ne peux qualifier autrement que comme une tragi-comédie, avec en toile de fond la tragédie barbare que subissent de plus en plus de citoyens, des Gilets Jaunes à Extinction rébellion, en passant par ces adolescents forcés à s’agenouiller devant leur lycée, la mort impunie de Steve à Nantes. A partir du printemps 2019, un affolement sensible a gagné le petit monde sécuritaire qui s’occupe du sujet Ovni, d’autant qu’ils se sont aperçus que j’avais pris contact avec divers journalistes d’investigation, en une sorte de raid vers Paris : vous devez le savoir, circuler incognito dans les gares et sur les rails est devenu un exercice quasi-impossible. Vidéos de surveillance partout, quand vous payez vous devez sortir votre pièce d’identité, et nulle question de faire un achat carte-bleue, qui eut été immédiatement tracé. Les agents ont dû mettre une dizaine de jours à recoller les morceaux de ma trajectoire disparate à Paris où, toujours sans rendez-vous préalable, j’ai rencontré beaucoup de gens. Pour moi, il était important que ceux-ci me voient, que je leur remette certaines pièces sur lesquelles ils puissent éventuellement rebondir. Ne cherchant pas à faire preuve, je n’étais là que pour me présenter, attester par ma seule sérénité de mon équilibre, bref, mettre en place les éléments de curiosité et l’écosystème de la preuve à venir. La date avait été choisie, un an et demi après les révélations du New-York Times sur la poursuite d’Ovnis par des jets de la Navy US (voir ici), et tout de suite après la reconnaissance formelle du Pentagone qu’il poursuivait son programme de recherche sur les Ovnis (voir ici). Si vous voulez voir ce que je pense de l’organisme du Centre national d’études spatiales qui est chargé en France du phénomène Ovni, voir ici.

Pour ma sécurité, j’ai mis très tôt en place sur le terrain où je vis plusieurs systèmes de défense passif, rudimentaires mais très fonctionnels : deux sonnettes à déclenchement à distance à chaque bout du lieu, aux deux accès, cachées parmi la végétation ; une caméra de vision nocturne avec un déclenchement toutes les quatre minutes, et plus si passage. Le tout fonctionnant sur piles, afin d’éviter que le réseau soit arrêté en poussant simplement le disjoncteur à l’entrée du terrain, à la portée de tous, selon la pratique d’usage à la DGSI.

- le 17 juin à 2 h du matin les deux sonnettes se sont déclenchées en même temps. Réveillé dans la précipitation, il m’a été impossible de voir qui ou ce qui avait permis ce déclenchement simultané. J’avais fait l’erreur de les poser trop éloignées de la caméra, et les leds rouge des sonnettes qui s’allument quand passe quelqu’un étaient trop voyants ; j’en ai déduis que les intrusers avaient rebroussé chemin et que j’avais été à un millimètre de les photographier en pleine action, peut-être en train d’encercler le lieu où je dors ;

- le 7 juillet, alors que j’étais parti, je pense pouvoir dire que l’on est venu fouiller mon bureau. Les voisins étaient absents, et quant à la caméra, qui prenait une photo toute les 4 minute, sa carte SD présente un trou important à un certain moment de la journée. A l’intérieur du bureau, très petit et encombré, certains objets n’étaient plus à leur place.

Par ailleurs, depuis le début de la mise en place du documentaire, j’avais réalisé que je ne pouvais plus aller à Rennes sans devoir gérer des filatures. J’avais donc pris l’habitude de me déplacer entre les angles morts des caméras disposées presque partout dans le centre de cette ville où l’état d’urgence a été appliqué avec une extrême dureté par M. Strozda, actuel Directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, quand il y était Préfet. Je repérais mes suiveurs… disons une fois sur deux : quand je les repérais, je les photographiais bien tranquillement, sans me cacher d'eux, mais que faire de ce matériel documentaire ? Puisque l’identité même des suiveurs fait partie du secret-défense.

J’ai donc mis en place les éléments d’une contre-filature par un enquêteur professionnel, et cela a fonctionné presque aussitôt. Voici des extraits de son rapport : « Je suis détective privé depuis (…) et je certifie avoir été suivi le 04.10 lors de mon rendez-vous avec ce journaliste [moi-même]. Je m’explique : nous avions rendez-vous le 04.10 à 9 h 30 à mon bureau situé (…) à Rennes ; à 9 h 20, je suis descendu chez l’imprimeur effectuer une reliure et j’ai vu un homme en bas de l’immeuble. Monsieur Bellin est arrivé à 9 h 30 et ma secrétaire m’a informée qu’il m’attendait [j’étais sans téléphone, afin de ne pas être ‘‘ borné ’’]. Etant déjà au bas de l’immeuble X, j’ai incité Mr Bellin à me rejoindre. L’homme en question était une nouvelle fois à proximité (…) et, lorsque j’ai regagné mon véhicule qui stationnait sur le parking du (…), je l’ai vu une quatrième fois ». Mais il y a mieux : « Par ailleurs, depuis ma rencontre avec le journaliste Pierre-Gilles Bellin, mon portable présente quelques dysfonctionnements. Je reçois des émojis de numéros que je ne connais pas et plus troublant encore des échanges sur mon portable. Exemple : le 11/10 à 19 h 56, du 06 (là, mon enquêteur entend toute une conversation). Puis à 20 h 30 du 06 (là, mon enquêteur entend la fin d’une conversation). Enfin, mon portable m’indique : ‘‘ votre connexion n’est pas sécurisée ’’. Sur ce dernier point, je n’avais aucun doute. Tout cela m’incite à penser que Monsieur Pierre-Gilles Bellin (…) est sous ‘‘ surveillance ’’. »

Réflexion intermédiaire

Si certains croient que les administrations type DGSE ont pour pratique courante de tuer un compatriote sur le territoire national, je m’inscris en faux et souligne c’est en général en dehors des frontières, hormis lors de la guerre d’Algérie. Certes, il y a longtemps, quand le service « action » de la DGSE a voulu prouver qu’il était redevenu efficace, il en a résulté un bateau de Green-Peace coulé et un mort. Et puis, n'est-ce pas, c'était en Nouvelle-Zélande ! Comme le dit Bernard Bajolet lui-même, l’ex-numéro un de la DGSE mis à ce poste par François Hollande, la DGSE vise à empêcher, non à tuer, en tout cas le moins possible. Et je sais bien que dans la logique de son économie propre, des risques d'échec que cela représente, ce principe l'anime. Mais dans ma périphérie, que sais-je finalement ? Pas grand chose. A ceux qui me diront que les écoutes sont soumises, dans le cadre des lois sur le renseignement, au contrôle parlementaire, je m’inscris totalement en faux et je citerai ces propos de Florian Vadillo et Alexandre Papaemmanuel, les deux auteurs de Les espions de l’Elysée : le Président et les services de renseignement, qui soulignent une lacune grave : « Je prendrai un exemple, c’est l’échange des renseignements que nos services peuvent avoir avec des services étrangers : ces échanges-là ne sont soumis à aucun contrôle » (voir ici). En effet. Donc quand il y a eu écoute de mon enquêteur, c’est un service étranger qui les a effectuée. CQFD. Pour le reste, Florian Vadillo et Alexandre Papaemmanuel considèrent que les services secrets sont bien contrôlés par la petite commission parlementaire qui s’en charge : du point de vue du mon expérience personnelle, je dirai que l’essentiel reste sous la ligne. Je tenais à relater ces faits, même si j’ai conscience de ne pouvoir répondre dans mon cas particulier à l’exigence déontologique de la preuve.

Réponse au scepticisme bien naturel auquel mon article a donné lieu

A ce sujet, les informations souvent intéressantes apportées par le Mufon France (antenne française d’une association américaine de recherche en ufologie) dans son domaine d’expertise, l’observation de phénomènes aérospatiaux non identifiés, fait qu’il possède une connaissance encyclopédique du sujet, mais moins peut-être cependant des services secrets (avec toutes mes excuses pour ce bémol). Hélas, quand on investigue un secret d’état, ceux-ci ne sont jamais très loin. Les écoutes téléphoniques systématiques sont ainsi une tradition républicaine, rapportées par François Couten, un grand Monsieur de la recherche sur les Ovnis, hélas mort depuis, et qui se qualifiait lui-même de « Documentaliste-Expert », et qui a pondu un jour ce magnifique document intitulé : « Perspectives de la recherche « officielle » OVNI en France. » Il écrit notamment : « [Le] nouveau Directeur-Général [de la Gendarmerie], le Préfet Bernard PREVOST (53 ans), nommé le 20 décembre 1995 en Conseil des Ministres succède à Patrice MAYNIAL, qui s’intéressait d’assez près aux enquêtes OVNI/Gendarmerie ainsi qu’à certaines touchant les activités de quelques " privés " de l’Ufologie Hexagonale ». Beaucoup plus tard, Jean-Pierre Troadec, auteur, journaliste, ex-auditeur de l’IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale) ne dira pas le contraire (voir ici le lien avec sa conférence passionnante donnée sur BTLV). Il nous livre un historique imparable, parfaitement documenté, et dit en passant que les Services secrets s'intéressent aux privés de l'ufologie, mais sans insister. J'ajoute, mais c'est une opinion personnelle, qu'ils étendent leurs antennes dans toutes les associations constituées autour des Ovnis, où vous croiserez probablement de nombreux indicateurs.

Les "détroncher" est d'ailleurs devenue une spécialité bien particulière des milieux activistes qui fourmillent en Pays de Brocéliande. Il paraît que l'un d'eux fut ainsi reconduit, manu militari, hors d'un certain bistrot ; dans un autre, il dut payer sa tournée générale ; dans un autre, dégoûté de tous les regards qui le fixaient, il décrocha soudain, partant à grandes enjambées furieuses rejoindre sa blanche voiture. Aux rencontres de Nuits Debouts, lors de l'été 2016, ils n'étaient pas les moins sympathiques et les moins attentionnés des participants. Toujours dynamiques, toujours ouverts, toujours à l'écoute, premiers pour la corvée-cuisine... A Notre-dame-Des-Landes, l'un d'eux aurait noué une relation conjugale avec une militante qui, un jour, s'aperçut qu'elle avait été manipulée d'un bout à l'autre. Parfois, aux grands moments d'observation des Ovnis au-dessus de la forêt, ils étaient là à deux, mais souvent ne se connaissant pas : ils devaient donc émettre des rapports où ils se signalaient, manière peut-être de vérifier pour leurs supérieurs si leurs couvertures étaient efficaces. Alors, c'est dire que nous les connaissons aussi bien qu'ils nous connaissent : leurs préoccupations, leurs questions induites, les moments où ils concentrent leurs attentions sur certains militants, se répètent intérieurement des noms et adresses (comme ce cher B., par exemple, qui en se les répétant intérieurement bougeait sans s'en rendre compte ses lèvres), se focalisent sur certains propos, nous en apprennent souvent autant sur eux qu'ils en apprennent sur nous.

A la suite de mon article, le Mufon a donné une rétrospective des meurtres qui semblent pouvoir être attribués aux services secrets dans le monde sur ce sujet, assez documentée, que je vous mets ici en lien (vous y noterez qu'il n'est pas tendre avec moi, avec raison sans doute) : si évidemment le Mufon ne va pas enquêter sur chaque cas, je crois qu’on peut lui faire globalement confiance. L’organisme y indique son doute sur les informations que j’apporte à mon sujet et souligne à juste titre l'inexistence de preuves formelles de mes liens avec les SS. Hélas, quand on enquête sur le phénomène évanescent des Ovnis, et qu’il se trouve que l’on fait l’objet de l’intérêt de personnages tout aussi évanescents que sont les agents « secrets » (en fait des fonctionnaires de catégorie A, B ou C), il se trouve que l’on pose une évanescence sur une autre, et que la preuve s’auto-dissous, tout à fait comme la cassette de Mission impossible. Est-ce pour autant que l’on peut dire n’importe quoi ? Pourquoi prendre ce risque, quand on a une certaine légitimité par ailleurs, pourquoi se mettre tout à coup à fabuler, qu’y gagne-t-on ? Fabula, comme disait l'autre ! Les analystes de renseignement, quand ils ciblent un individus, fouillent jusqu'aux tréfonds, avec en arrière-plan cette question : notre source est-elle crédible, et cette question est sans cesse posée et reposée, avant et après recrutement, tandis que de plus en plus on la pousse dans ses retranchements.

Donc, quand on parle et de preuve et de SS, je dis toujours écoutez ou ré-écoutez les chroniques de Monsieur X, ce personnage si invraisemblablement au courant des dessous de la politique nationale et internationale, et qui a fait l’objet d’une chronique hebdomadaire sur France Inter qui dura une quinzaine d’année, nouant un dialogue passionnant avec Patrick Pesnot, grand connaisseur des services secrets entre autres s'il n'en est (pour la petite histoire, il rencontra Monsieur X à la Bibliothèque de l'Arsenal, où sont conservées de nombreuses archives diplomatiques). Je vous ai mis ce lien où une journaliste le met à la question : voir ici. Après tout, n’êtes-vous pas un acteur, un phantasme, un montage, lui demande-t-elle… une « légende », en clair, pour faire de l’écoute. En bref, donnez-vous votre identité, votre grade, et levez ce voile. A cette demande, refus catégorique de Monsieur X : la précision des informations qu’il apporte est sa seule légitimité. C’est elle qui fait preuve. Dans la matière du secret, des « légendes », qu’apporterait la connaissance de son identité : une certitude, un désappointement ? Seule pour lui font preuve la qualité et la précision de l’information qu’il donne. J'ai la faiblesse de penser que c'est ainsi que je donne la preuve sur ce sujet pariculier, et encore d'une manière limitée, parcellaire.

L'affaire de X-sur-Y : les Services secrets encore à la manoeuvre ?

Aussi, ai-je décidé d’épaissir le mystère dans la catégorie en vous livrant tous les détails d’une affaire croustillante et presque farfelue, mais qui aurait pu être tragique, survenue (quand ?), survenue (où ?). Disons dans le coin où j'enquête. Un « Ufologue » aurait, selon lui, fait l’objet d’une tentative de meurtre assez pittoresque. Il avait d'abord observé, sur le terrain, des phénomène ultra-soniques dont il avait tenté avec méthode de trianguler la source, souvent nocturne, avant que les émissions ne s’arrêtent soudain. « Ai-je fait l’erreur, m’a-t-il confié, d’en parler à un ufologue en clair au téléphone ? ». Mais les ufologues sont ainsi qu’ils n’arrivent pas à se coincer quelque part dans leur tête que pour enquêter un sujet ultra-sensible, il faut utiliser un tunnel chiffré pour ses recherches, ouvrir une boîte sur Proton et non sur Orange ou G-mail, et quand on se téléphone on passe par exemple une messagerie cryptée type Telegram (encore qu'il y a là peut-être un loup, car Telegram n'est pas open-source, à la différence d'autres messageries cryptées). Le milieu ne semble pas saisir qu’aucune source, dans ces conditions, ne leur communiquera d’aveux déterminants.

Bref, si l’on fait l'analyse de notre capacité investigatrice sur le sujet en tant que groupe (animé de dissensions, comme il se doit), on peut presque répondre : très faible, puis continuer à observer les Lumières dans la nuit et se demander "Lanternes Thaï ou pas" ? A partir d'un moment, cela ressemble à une impasse. Cela dit, le milieu ufologique est aussi un milieu hyper-sérieux où, surtout, intervenants et écoutants veulent être d’autant plus stricts sur l’analyse qu’on leur fait partout le reproche d’être des illuminés. Pour tout dire, je n’ai jamais vu autant de sérieux que dans ce milieu. Mais cessons d’être naïfs et trop transparents si nous voulons trouver quelque chose : au fond, la DGSE a créé pour nous nous une méthode sans équivalent pour rendre enfin compréhensible la nature du phénomène Ovni. Lier l'observation au sol à la perception à distance, selon des protocoles parfaitement décrits par Fabrice Bonvin, et bien d'autres, bien sûr. En fait, j'étais là lors de la naissance de ce groupe, à une époque où je me formais à cette pratique. Je détaille les circonstances de la naissance de ce groupe ici. Vous verrez que la montée des conditions pour arriver à la création de cette chaîne nouvelle aux chaînes habituelles du renseignement ne n'est pas faite en un jour : cela a commencé sous N. Sarkozy, s'est amplifié sours F. Hollande et cela continue aujourd'hui. Ce qui est triste dans cette histoire, c'est qu'aucune investigation parallèle se se faite, semble-t-il, sur la Place. Pour ce qui me concerne, personne ne me parlera plus, je suis black-listé dans ces milieux.

Mais revenons à mon témoin. Intrigué, il se met à enquêter sur l’ultra-sonique (en réalisant l'existence de tels phénomènes sur la forêt), se demandant si ce n’était pas un moyen d’écho-localiser des Ovnis, puis tombe sur les possibilités létales de la chose. Voir ici et voir ici deux liens très sérieux (si vous n'êtes pas convaincu par mon témoin vous y trouverez des informations intéressantes). Il s’achète donc un détecteur (nous ne dirons pas lequel, pas de pub ici) et celui-ci ne le quitte plus. Et voici qu’en arrivant à une certaine date (mais laquelle ?), en un certain lieu (mais lequel ?), il s'en va mettre une enveloppe dans une boîte aux lettres (une « boîte aux lettres » à la façon des SS ? Je n’en saurai pas plus). Soudain son détecteur se met à sonner. Une émission d’une trentaine de décibels, au moins, vient de le frapper. Mais laissons-le raconter la suite : « Quand je suis arrivé au lieu, j’ai bien remarqué un type sur un scooter qui finissait un gobelet de café… il y avait pas mal de monde sur la placette… il m’a brièvement regardé, a fini son gobelet, a ajusté son casque, a fait le tour de la placette… j’ai compris que quelque chose clochait car, au lieu de partir par la route du fond, il est revenu sur son chemin, a croisé ma voiture et est définitivement parti. » « Pour moi, j’avais détronché (NDLR : textuellement) un agent. » Ok, mais ce n'est pas ce que j'appelle une information. Disons une interprétation. Dans les Serices secrets, quand les Agents se mettent à voir des nains partout, on dit qu'ils "cognent" le fond de la gamelle.

« Je suis sorti de ma voiture, avec mon détecteur, mais on était dans les limites raisonnables de l’hyper fréquence un matin très calme (NDLR : il faut savoir que tout son audible est comme drapé de hautes et basses fréquences, inaudibles). Et soudain, en approchant, tout s’est mis à sonner, j’ai assisté à un bond de 50-60 DB (NDLR : ce qui est énorme, car l’échelle est logarythmique, et c'est impensable sans source artificielle), et j’ai commencé à ressentir un certain malaise. J’ai couru en arrière, et me suis caché, appareil dans la main : derrière l’angle de la maison, qui faisait aussi l’angle de la rue. Là, les fréquences étaient à peu près retombées. J’ai alors sorti mon bras et l’appareil s’est remis à sonner, le tout sous l’œil des témoins, à 10 m de là. La source semblait être une voiture, disons à une douzaine de mètres (NDLR : il n’est donc pas étonnant que les témoins n’aient rien ressentis, étant trop éloignés, l'énergie des hautes fréquences se dissipant vite avec la distance). Pour déterminer la source d'émision, à mon avis un point au niveau bas du véhicule, je suis sorti de ma cachette, me suis rapproché de la source d’émission, mais, à ce moment-là, les fréquences sont retombées, ce qui fait que j’ai pu mettre mon courrier. Mais les fréquences restaient à un niveau résiduel assez élevé et je sentais le malaise revenir. Aussi je suis parti en courant à ma voiture, toujours sous l’œil perplexe des témoins, que je connais depuis longtemps de vue. »

"A noter : au téléphone, en clair, j'avais indiqué à mon interlocuteur que je passerai lui remettre l'enveloppe. il ne fait donc aucun doute pour moi que je suis sous écoute."

Je lui ai fait tout reprendre en cartographie, ci-dessous. Dans les réflexions faites il y a quelques années lors d’un symposium réunissant des sommités militaires et médicales sur le « soldat du futur », une brève allusion est faite sur les ultra-sons (mais qui ne permet pas de conclure sur leur létalité). Voir Les cahiers de la RDN, le soldat augmenté (version en PDF téléchargeable). Vous y lirez même un chapitre sur le "gendarme augmenté". Le soldat ou le gendarme du futur est une grande affaire hybride, neuronale, informationelle et émotionnelle, pour faire bref, avec une pincée d'éthique. Cela fait assez peur.

Ci-dessous, les images de l’action, ou comment poster une lettre sous un jet d’hyper-fréquences : mais ce n’est pas drôle du tout. De gauche à droite, vous voyez les lieux, le scooter (trait noir fin devant le parking), l'arrivée de la voiture du témoin, le départ du scooter qui fait le tour du parking et repasse sur la gauche de la voiture du témoin, le départ du témoin vers la boîte à lettre, le cône d'émission des hautes fréquences semblant provenir de la voiture plus haut, le retrait du témoin tandis que son appareil sonne, le moment où il sort prudemment la main de l'angle son appareil à la main pour noter une première fois le niveau d'émission, son retour vers la boîte aux lettres en checkant une seconde fois le niveau d'émission (alors en train de redescendre), et le moment où le témoin décroche soudain, à la limite du malaise. Après des semaines d'enquête, le jet d'émission relevé semble trop faible pour être impactable : il rebondirait sur la peau sans pénétration. Le mystère rester donc entier. Néanmoins, il y a les relevés qui sortent des moyennes et le malaise : mais il aurait fallu que notre bonhomme tombe dans les pommes et que l'ambulance vienne pour objectiviser. Restent des relevés qui sortent de la moyenne : mais en reprenant des mois après l'appareil, on découvre juste 43 DB, ce qui est normal même un matin calme. Notre témoin aurait-il exagéré? Mais ensuite, en réanalysant l'appareil, on note qu'il sous-estime de 20 DB environ les ultra-sons. Le capteur n'était plus fiable. Du coup la mesure redevient étrange. Mais à ce seuil, on en revient au problème numéro un : elle est insuffisante en termes de Décibels pour provoquer un malaise. Donc soit il n'y a rien, soit il y a autre chose. Enfin, dernier point, vous pouvez simplement en agitant un tousseau de clé engendre des ultra-hautes fréquences de 60 DB. Donc à nouveau doute. Reste le malaise : mais là il n'y a que le témoin pour rapporter ses sensations : examinons donc la fiabilité du témoin. Elle est bonne a priori mais si on fouillait dans son passé...

Enfin, bref,  au jeu du chat et de la souris, on ne trouve même pas un châton. Je vous ai mis néanmoins la reconstitution. Zut, je ne l'avais pas faite pour rien ! (texte repris le 4 novembre 2020).

De gauche à droite, et de haut en bas, le checking des faits arrivés à mon témoin. © Pierre-Gilles Bellin De gauche à droite, et de haut en bas, le checking des faits arrivés à mon témoin. © Pierre-Gilles Bellin

 

 

 

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