Nadezhada Pétrova est en danger.

La réfugiée politique russe, pourchassée par le FSB (e-KGB) ses alliés et réseaux en Europe, est en rétention à Nîmes. Elle avait déjà été arrêtée une première fois en France par Interpol sur mandat russe qui l’accuse d’être un chef terroriste. Par deux fois, la France a tenté de la déporter en Tchéquie, pays où le FSB avait planifié son arrestation.

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Tout d’abord, examinons le premier mandat Interpol lancé à la demande d’un tribunal de Moscou en date de 3 août 2018. Il qualifie Nadezhda Petrova de « TERRORISTE DANGEREUSE ».

Il l’accuse de « GESTION, PARTICIPATION, D’ORGANISATION D’ASSOCIATION TERRORISTE », ainsi que de « PARTICIPATION et CONTRIBUTION À L’ACTIVITÉ TERRORISTE ».

Ces accusations sont les plus graves que l’on puisse faire aujourd’hui contre un être humain. Elles ont été formulées par la puissance russe qui vient de réintégrer le Conseil de l’Europe par 118 voix contre 62. C’est dire le nombre d’alliés que possède Moscou sur notre continent. Suffisamment pour que l’Autriche refuse l’asile politique à Nadezhda Petrova et l’expulse en Tchéquie où devait la cueillir le mandat Interpol (ci-joint) requis par Moscou.

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Si deux jours avant son arrestation en Autriche et son expulsion en Tchéquie, Nadezhda Petrova et son mari Gennady n’avaient pas quitté furtivement l’Autriche et ne s’étaient réfugiés en France, personne ne parlerait d’eux comme on ne parle aucunement de ses supposés « subordonnés » restés en Russie. Ceux-ci sont jugés par des tribunaux militaires et condamnés à des peines allant jusqu’à neuf ans de prison, dans la plus grande indifférence de l’opinion publique internationale. Leur « chef » Nadezhda Petrova, passible de la prison à vie, croupirait au Goulag dans la plus grande indifférence.

Les accusations formulées le 9 novembre 2017 par l’enquêteur du FSB et le verdict en date du 3août 2018 sont toujours en vigueur. Ces textes, en russe et en français, sont accessibles sur l’article précédent.

 

Qui donc ne serait pas effrayé par de telles accusations et de telles persécutions présente et en perspective. On sait que le FSB, héritier du KGB, ne pardonne jamais. Il poursuit ses victimes, où elles soient, et par tous les moyens.

Nadezhada Pétrova n’a fait que lutter pour la justice et la liberté. Cette personne a suffisamment souffert depuis le 5 novembre 2017, date à laquelle elle a quitté la Russie.

On ne prive pas de liberté les personnes qui luttent pour la liberté. Dans le pays de la Liberté, la France, on devrait savoir cela. Nadezhada Pétrova doit être libérée immédiatement. Prenant en compte les dangers bien réels qui la menacent, la France doit lui accorder l’asile politique.

Nous comprenons que Nadezhda Petrova n’est pas arrivé en France avec des valises bourrées d’argent mal acquis en Russie, comme Soliman Kerimov et bien d’autres oligarques russes. Nous ne doutons pas que s’il en avait été ainsi elle serait aujourd’hui libre. Néanmoins elle doit être immédiatement libérée.

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