La discrimination contre les pères de famille expliquée aux enfants

La Commission Egalité et Non Discrimination de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe invite les gouvernements européens à veiller à ce que les pères puissent jouer un rôle égal à celui des mères dans l’éducation de leurs enfants, y compris auprès des enfants en bas âge et des lois assurant l’égalité effective des parents vis-à-vis de leurs enfants, dont la fameuse résidence alternée.

1) Introduction

La Commission Egalité et Non Discrimination de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe invite les gouvernements européens à veiller à ce que les pères puissent jouer un rôle égal à celui des mères dans l’éducation de leurs enfants, y compris auprès des enfants en bas âge [1] [2].

Dans l’intérêt supérieur de l’enfant, l’APCE recommande des lois assurant l’égalité effective des parents vis-à-vis de leurs enfants, dont la fameuse « résidence alternée » des enfants après une séparation parentale…

Cette recommandation va effectivement dans le sens de ce que souhaitent généralement les enfants :

  • 70% des enfants désirent passer autant de temps avec chacun de ses deux parents séparés [3].
  • 93% des enfants pensent que la résidence alternée est dans leur intérêt supérieur [3].

2) Rappels

Il existe deux Écoles de psychologie qui se contredisent depuis les années 50 notamment lorsqu’il est question des besoins de l’enfant en matière de parentalité… Ces deux Écoles sont la psychanalyse et la psychologie scientifique.

La psychanalyse a été fondée il y a plus de 100 ans par Freud. Celle-ci n’est guère scientifique car peu de ses hypothèses ont été méthodiquement confirmées. Elle apparaît « irréfutable » [4], en ce sens que, grâce à sa façon de manier le concept d’inconscient, elle maintient absolument toutes ses affirmations en dépit des faits d’observation les invalidant. A l’inverse la « psychologie scientifique » est fondée sur des hypothèses qui avaient la possibilité d’être réfutées par des observations, mais qui ont été confirmées méthodiquement. Lorsqu’il est question des besoins de l’enfant en matière de parentalité, on parle de psychologie du développement (ne pas confondre avec psychanalyse du développement).

En justice familiale, sans aucune preuve la psychanalyse continue pourtant de prôner l'existence d'une hiérarchie des rôles parentaux. Alors qu'en psychologie du développement on prouve que l'enfant à plusieurs figures d'attachement principales. C'est sur cette base que s'est construite une polémique qui dure maintenant depuis près de 68 ans ! Les enjeux et les conséquences sont importants.

3) La polémique

A partir des années cinquante, la culture dominante en France a fait que 70 à 80% des pédopsychiatres sont à présent d'obédience psychanalytique. Ces derniers peuvent donc devenir experts pour les tribunaux (scandale d’Outreau, procès basés sur des faux-souvenirs, etc.) et ils peuvent aussi former les magistrats des affaires familiales quant aux « besoins de l’enfant » !... Par exemple, le COPES est une association de psychanalystes qui leurs fournit de telles prestations ainsi qu'aux travailleurs sociaux. C’est ce même genre de pédopsychiatres qui réalise les expertises judiciaires par delà lesquelles les pères de famille sont souvent discriminés en justice familiale.

Actuellement, le code civil prévoit déjà la présomption de résidence alternée pour les enfants de parents séparés puisque celle-ci est volontairement citée en premier dans le code civil. L’intention du législateur est d’ailleurs clairement affichée dans le rapport n°3117 des débats parlementaires de 2001. Ce rapport précise [5] : « Application concrète du principe de coparentalité, la résidence alternée fait son entrée dans le code civil : elle pourra désormais figurer dans les accords parentaux homologués ou être imposée par le juge (articles 372-3 et 372-5 du code civil créés par l'article 4), en fonction de l'intérêt de l'enfant. La Commission a souhaité qu'en cas de désaccord des parents sur la résidence de l'enfant, la priorité soit donnée à la formule de la garde alternée, qui constitue une application pratique du principe d'exercice conjoint de l'autorité parentale. L'alternance pourra prendre différentes formes, de la parité la plus stricte à des formules plus souples, privilégiant davantage l'un des parents. Votre rapporteur estime également souhaitable d'envisager une alternance dans le temps, permettant à chaque parent de suivre quotidiennement son enfant pendant quelques mois, voire quelques années. ».

Or aujourd’hui, les critères de refus de la résidence alternée opposés aux enfants dans le cadre des procédures de séparation parentale sont perceptibles à travers les décisions déjà rendues par les magistrats des affaires familiales. Comme des pédopsychiatres d'obédience psychanalytique leurs enseignent que la mère est le « parent principal », alors si la mère est d’accord, la résidence alternée est accordée aux enfants dans 100% des cas où le père la sollicite. Il y a 0% de refus, alors que le §373-2-7 du code civil autorise le juge de ne pas homologuer cette convention (ce choix) s'il constate : « qu'elle ne préserve pas suffisamment l'intérêt de l'enfant… » ! Ce 0% de refus provient des statistiques établies par le ministère de la justice. Ci-dessous, on peut lire l’extrait (page 19) de ce rapport statistique de 2013 [6].

Tableau 9 de la page 19 Tableau 9 de la page 19

Par contre, si le père la demande et que la mère y est opposée, la résidence alternée est refusée aux enfants dans plus de 75% des cas. Ci-dessous, on peut lire l’extrait (page 27) de ce même rapport [6].

Tableau 15 de la page 27 Tableau 15 de la page 27

Pour conclure, alors que les conditions matérielles et affectives sont généralement réunies, le droit des enfants et leur intérêt supérieur (qui est d’être aimé et éduqué par leurs deux parents à part égale) sont généralement reniés par les magistrats :

  • lorsque la mère (le parent principal) s’y oppose…
  • lorsque l’enfant est jeune,
  • ou lorsqu’il y a un conflit parental.

Effectivement on peut lire dans ce fameux rapport (page 30) [6] : « Le rejet de la résidence alternée est rarement justifié par des conditions matérielles, d’accueil insatisfaisante (cité dans seulement 12 cas) ou par une capacité éducative insuffisante d’un des parents (cité dans 2 cas). ». Cela signifie que dans la majorité des refus opposés aux enfants, les conditions matérielles et affectives d'avec leurs deux parents sont pourtant bien réunies. Résultat, l’enfant est très souvent privé de l’amour qu’il pourrait recevoir de son père et des nombreux biens-faits de la résidence alternée.

Motifs de rejet de la résidence alternée Motifs de rejet de la résidence alternée

On voit donc bien qu’il y a similarité (fidélité) entre les conseils prodigués par les cliniciens d’obédience psychanalytique (ou leurs associations : APPEA, COPES, WAIMH-fr, etc.) et la pratique judiciaire. Suite à ces décisions, environ 20% des enfants perdent tous leurs liens avec leur père [7] et on extrapole à environ 1000 le nombre de suicides de pères de famille chaque année [8].

Toutes les lois que la France pourra mettre en place pour tenter de se conformer à l’intérêt des enfants (être aimés et éduqués à part égale par leurs deux parents séparés) [1] [2] risquent à nouveau d’être détournées par des psychologues, des pédopsychiatres et même des pédiatres d’orientation psychanalytique dont les leaders actuels sont : Maurice Berger, Bernard Golse, Eugénie Izard, Pierre Delion, Antoine Guédéney, Emmanuelle Bonneville, Albert Ciccone, Aldo Naouri, et alii. Effectivement, ces derniers tentent de convaincre le législateur et les professionnels de la justice qu’en cas de séparation et de conflit parental, ou lorsque l’enfant est jeune, celui-ci ne peut plus profiter des nombreux bénéfices que lui prodigue pourtant la coparentalité permise par la résidence alternée.

Les psychologues du développement les plus qualifiés pour se positionner sur le sujet des besoins de l’enfant en matière de parentalité sont : Chantal Zaouche-Gaudron, Gérard Poussin, Jean Le Camus, Richard A Warshak, Daniel Paquette, Robert Bauserman, William Fabricius, Linda A Nielsen, Joan B. Kelly, Michael E. Lamb, Blaise Pierrehumbert, et alii.

4) Comment s’y retrouver ?

A des fins didactiques, le tableau ci-dessous procède par dichotomie. Il aide à s’y retrouver lorsqu’un « psy » prétend être un « spécialiste des besoins de l’enfant en matière de parentalité » :

Tableau Comparatif Psychanalyse et Psycho Tableau Comparatif Psychanalyse et Psycho

5) Conclusion

Ces deux Écoles de psychologie qui se contredisent depuis les années 50 notamment lorsqu’il est question des besoins de l’enfant en matière de parentalité… sont la psychanalyse et la psychologie scientifique.

De nombreux partisans de la psychanalyse prônent sans le prouver que plus l’enfant est jeune, et plus il a besoin de sa mère (théorie de l’étayage, théorie des relations d’objet, théorie des pulsions, etc.). Ils prétendent de ce fait que la mère est le parent « supérieur ». Ils prétendent que les conflits parentaux empêchent une résidence alternée. Ce sont des mensonges. Par contre, on notera que la majorité des pédopsychiatres et des travailleurs sociaux d’obédience psychanalytique et même les magistrats qui sont opposés à la résidence alternée, le sont en toute sincérité compte tenu de leurs formations.

A l’inverse, les psychologues scientifiques prônent que quel que soit son âge, l’enfant a besoin de ses deux parents dès lorsque les conditions matérielles et affectives sont réunies. La résidence alternée des enfants de parents séparés est généralement la moins pire des solutions. Par contre, la périodicité de l'alternance doit être adaptée à l'âge de l'enfant. Il faut compter 1 journée d'alternance par année d'âge. Les enfants en résidence alternée ont une meilleure estime d’eux-mêmes et de meilleurs résultats scolaires que les enfants en garde classique. On l'observe déjà chez les enfants en crèche ou scolarisés à 2 ans.

Des psychanalystes, autoproclamés « scientifiques », plus nombreux, plus médiatiques, plus médiatisés que les psychologues scientifiques, n’éprouvent aucun remord, ni aucun scrupule, à exercer un lobbying sur les décisions de justice pour tromper les magistrats, le législateur et le ministère de la justice. Leur but est de maintenir l’assise et l’emprise de la psychanalyse sur les questions de fond concernant la société française et plus particulièrement la justice familiale. Pour y parvenir tous les coups sont permis. La partie visible de l'iceberg est la suivante : utilisation inconvenante du nom de Brazelton pour faire croire à l’existence d’un calendrier qui aurait été rédigé par lui [10], production en série de livres dont les contenus ne relèvent que de l’escroquerie intellectuelle [13], pétitions mensongères pour perturber les débats démocratiques de l’assemblée nationale [11], mensonges aux médias [11], tromperie aux magistrats comme à Marc Juston ou tromperie au Centre d’Analyse Stratégique du Premier Ministre [12], colloques et débats truqués [14]…

La psychanalyse est un authentique risque majeur de santé publique.


[1] ACPE - Pour une égalité effective des parents vis-à-vis de leurs enfants : http://www.assembly.coe.int/nw/xml/News/News-View-FR.asp?newsid=5764&lang=1&cat=135

[2] ACPE - Des lois visant à assurer aux pères un rôle égalitaire dans l'éducation des enfants : http://www.assembly.coe.int/nw/xml/News/News-View-FR.asp?newsid=5814&lang=1&cat=8

[3] Etude du Professeur de Psychologie William Fabricius (2003) : http://ncfm.org/libraryfiles/Children/shared/Fabricius.pdf

[4] Jacques Van Rillaer - Le freudisme : un conte scientifique - Texte remanié de la conférence donnée à l’université de Grenoble le 24 septembre 2014 : http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2347

[5] Assemblée Nationale - Rapport N° 3117 - Enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 7 juin 2001. Rapport fait au nom de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la république sur la proposition de loi (n° 3074) de M. Jean-Marc Ayrault et les membres du groupe socialiste et apparentés, relative à l'autorité parentale.

[6] Ministère de la Justice - Direction des Affaires Civiles et du Sceau - Pôle d’Evaluation de la Justice Civile - La résidence des enfants de parents séparés - De la demande des parents à la décision du juge - Exploitation des décisions définitives rendues par les juges aux affaires familiales au cours de la période comprise entre le 4 juin et le 15 juin 2012 - Maud Guillonneau et Caroline Moreau - Novembre 2013.

[7] INED - Quand la séparation des parents s’accompagne d’une rupture du lien entre le père et l’enfant - mai 2013.

[8] Travaux préparatoires à l’élaboration du Plan Violence et Santé en application de la loi relative à la politique de santé publique du 9 août 2004 - Docteur Anne TURSZ - Ministère de la Santé et des Solidarités - Mai 2005 - Vers page 71 entre autres.

[9] Sylvain MISSONNIER - Petite chronique d’un débat clinique intérieur et associatif - Le Carnet PSY - n° 181 - juin 2014 - pp. 19-20.

[10]  Pierre Laroche - Médiapart - L’utilisation inconvenante du nom de Brazelton par le psychanalyste Maurice Berger : http://blogs.mediapart.fr/blog/pierre-laroche/250714/l-utilisation-inconvenante-du-nom-de-brazelton-par-le-psychanalyste-maurice-berger

[11] Pierre Laroche - Médiapart - Pétition des 5500 charlatans, loi famille et psychanalyse ! http://blogs.mediapart.fr/blog/pierre-laroche/250514/petition-des-5500-charlatans-loi-famille-et-psychanalyse

[12] Pierre Laroche - Médiapart - Marc Juston et le Centre d’Analyse Stratégique trompés par les écrits d'une ex-sage-femme et quelques pédo-psychanalystes ! http://blogs.mediapart.fr/blog/pierre-laroche/080614/marc-juston-et-le-centre-d-analyse-strategique-trompes-par-les-ecrits-dune-ex-sage-femme-et-quel

[13] Pierre Laroche - Médiapart - Faux et usage de psychanalyse : http://blogs.mediapart.fr/blog/pierre-laroche/141213/faux-et-usage-de-psychanalyse

[14] Pierre Laroche - Médiapart - Le lobbying de la psychanalyse sur les décisions de justice familiale : http://blogs.mediapart.fr/blog/pierre-laroche/140114/le-lobbying-de-la-psychanalyse-sur-les-decisions-de-justice-familiale

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