Occupation du triangle de Gonesse, acte 2 en photos et commentaires

Le CPTG est retourné ce matin sur le site des travaux d'enfouissement d'une canalisation d'évacuation des eaux usées destinée à la future gare d'EuropaCity. Il y a rencontré une présence policière, levée en milieu de journée. Il n'y avait aucune activité sur ce chantier, dont nous n'avons aucune donnée, pas même une pancarte à l'entrée comme cela se fait d'habitude.

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Après une première occupation mercredi dernier et des rondes journalières qui n'ont révélé aucun début des travaux, le CPTG avait décidé d'organiser un nouveau rassemblement sur le triangle de Gonesse, ce lundi à partir de 7 heures du matin.

Cette fois-ci, les 50 personnes qui étaient présentes se sont trouvées face-à-face avec une vingtaine de policiers de la police nationale. Ils avaient apparemment pour seule consigne de barrer l'accès au chantier et on se demande bien pourquoi car, en dehors d'un géomètre venu planter des piquets pour "baliser" le trajet d'une canalisation souterraine, nous n'avons vu personne dans la matinée. Vers 12h30, les policiers ont d'ailleurs levé le camp, laissant le champ libre aux manifestants. Plusieurs élus étaient venus nous soutenir par leur présence et leur prise de parole. 

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Renseignements pris, cette partie du chantier est sous-traitée par la société Colas pour le compte de la Société du Grand Paris (SGP). Leur mission est d'enterrer une canalisation d'évacuation des eaux usées de la future gare, mais il viendra ensuite d'autres sociétés qui s'occuperont de la fourniture en eau et en électricité. Il a été mentionné qu'une fois ces canalisations enterrées, la couche de terre agricole sera remise en place. Rien d'irréversible donc, du moins pour l'instant. On peut pourtant s'interroger sur la santé mentale des "décideurs", car il s'agit de construire une canalisation pour une gare qui, peut-être, n'existera jamais puisque la ZAC et la modification du PLU ont été tour à tour annulées. Alors on peut poser une question : ce gaspillage potentiel d'argent public dans des circonstances où la cour des comptes a déjà épinglé la gestion de la SGP pour dérapage des coûts n'interpelle-t-elle pas les élus de Gonesse ?

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Nous aurions aimé poser cette question au maire de Gonesse, dont les fanfaronnades laissaient entendre que si on revenait sur le site du chantier il se trouverait en face de nous. Mais si l'expression "courage politique" était autre chose qu'un oxymore, cela se saurait. Il ne craignait pourtant pas une agression physique, car même si nous en avions eu l'intention, la présence des policiers aurait été pour lui une protection suffisante. Ce dont, par contre, il ne pouvait pas se protéger, c'était la solidité de l'argumentation que nous déployons depuis plusieurs années et à laquelle il ne sait répondre qu'en traitant de "petits manifestants" les opposants à son projet qui exercent leur droit de rassemblement et de manifestation. Tout ce que ceux-ci ont à lui dire tient dans les pancartes ci-dessus, idée d'une de nos militantes, car une autre réponse serait faire trop d'honneur à ce bloc de mépris insignifiant.

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Dès la semaine dernière, Bernard Loup (photo ci-contre) faisait état d'un manque d'information concernant la déclaration d'ouverture de chantier (DOP). Il a demandé à consulter le dossier en préfecture, mais celle-ci lui a répondu que le dossier était en mairie. Il est donc allé se renseigner à la mairie de Gonesse, accompagné d'un autre militant du CPTG. Ils ont été reçus par un personnel très aimable, mais qui n'a pu retrouver trace d'un quelconque dossier et nous a dit que l'affaire dépendait de la préfecture et que le dossier ne pouvait se trouver que là-bas (!!!). Selon les dernières informations qui nous ont été communiquées par le service urbanisme de la mairie, cette tranche du projet n'entre pas dans le cadre de la gare d'EuropaCity, mais dans celui de la ligne 17 et, à ce titre, il n'y aurait pas besoin d'autorisation de début des travaux. Cela explique pourquoi nous n'avons rien trouvé ni en préfecture, ni en mairie, mais il s'agit d'un artifice juridique (comme si la gare ne faisait pas partie de la ligne 17) pour désolidariser ces travaux d'un permis de construire qui risque d'être contesté et, ainsi, empêcher toute action en référé pour faire arrêter la pose de ces canalisations.

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