ZAD du triangle: c'est parti

L'abandon d'Europacity ne signifie nullement l'abandon de la gare du triangle, conçue au départ pour assurer l'accès au grand projet inutile. Cette gare ouvrirait la voie à l'urbanisation que le CPTG a combattu. L'urgence commande car la SGP a officialisé son intention de commencer les travaux début février.

L'abandon d'Europacity ne signifie nullement l'abandon de la gare du triangle, conçue au départ pour assurer l'accès au grand projet inutile. Pourtant, les autorités locales n'ont pas renoncé à la construction de cette gare, aujourd'hui destinée, en l'absence d'un projet alternatif la rendant nécessaire, à desservir les perdrix et les lapins. La gare du triangle ouvrirait la voie à une urbanisation que le Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG) a combattu et continue à combattre. La société du grand Paris (SGP) a annoncé son intention de commencer les travaux début février sauf décision contraire du Gouvernement. Le mutisme de celui-ci est assourdissant, mais il est à craindre que la SGP, en application du dicton "qui ne dit mot consent", ne donne les premiers coups de pioche ces jours prochains.

Les autorités politiques n'ont donc pas encore compris que l'autonomie alimentaire de la France dépend de deux facteurs : la disponibilité de terres agricoles sur le sol français et un effectif suffisant d'agriculteurs pour les mettre en valeur. Or, sur ces deux points, nous sommes mal partis : l'artificialisation des sols menace, tous les 10 ans, une surface équivalente à celle d'un département ; la profession agricole est en voie d'extinction et, avec elle, notre capacité à produire localement. C'est pour des deux raisons que le CPTG soutient une alternative dont le développement ne suscite nullement le sacrifice de terres agricoles fertiles au profit d'une gare : le projet d'économie circulaire CARMA qui répondrait à la double nécessité de conserver les terres agricoles et d'ouvrir la voie de la formation aux futures générations d'agriculteurs.

Pour répondre à la menace qui pèse sur les terres, le Collectif pour le Triangle de Gonesse érige le triangle en zone à défendre (ZAD). L'opération a débuté aujourd'hui, avec l'occupation, par une centaine de personnes, d'un terrain devant servir de base au chantier de construction (voir photos). Plusieurs journalistes étaient présents, dont Jade Lindgaard de Mediapart.

Il y a nécessité de pérenniser l'opération et de la renforcer dans les jours ou les semaines qui viennent et le CPTG appelle les signataires du serment pour le triangle et tous les militants associatifs qui ne l'ont pas encore signé à soutenir, s'ils le peuvent, cette initiative par leur présence et leur action.

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