De Rugy: bon débarras

Les exemples de Sarkozy, Cahuzac, Fillion, Benalla devraient avoir appris aux hommes politiques que grâce à la fraction ténue de la presse (Médiapart, le Canard Enchaîné, Reporterre...) qui a su préserver son indépendance tout finit par se savoir. Mais c'est plus fort qu'eux : se sentant proches de l'assiette au beurre, ils ne peuvent pas s'empêcher de truander !

Ainsi François de Rugy : c'est quatre casseroles que traînait le ministre bas-de-gamme de la transition énergétique. 

- La première est celle d'où le scandale (révélé par Médiapart)  est parti : le "homard gate", c'est à dire les goinfreries à base de homards et de vins fins que le ministre - alors président de l'assemblée nationale - organisait pour le cercle relationnel et amical de sa femme, comme de bien entendu aux frais du contribuables.
- On retrouve également l'empreinte de Médiapart dans la deuxième révélation : il s'agit, cette fois-ci, d'un logement à vocation sociale que le ministre occupait, hors critères d'attribution - dans la région de Nantes. Ce qui ne manque pas de sel, c'est que le ministre lui-même avait, peu de temps avant, "démissionné" sa chef de cabinet pour le même motif et celle-ci n'a peut-être pas tout à fait tort en affirmant que le ministre a tenté de l'utiliser comme fusible, pour un fait dont il est difficile de croire qu'il n'était pas au courant. En virant Nicole Klein pour un fait qui pouvait lui être aussi reproché, il a ajouté la bêtise à la malhonnêteté, pourrait-on dire. Il aurait pourtant se souvenir d'Hervé Gaymard,  poussé à la démission pour des raisons similaires.
- La troisième salve de révélations - toujours Médiapart - concerne les 63000 euro de rénovation qu'a coûté l'appartement privé du ministre, évidemment payés par le contribuable. Cette fois-ci, cela fait penser à l'éphémère secrétaire général de la CGT Thierry le Paon, qui a du quitter sa fonction pour un motif similaire.
- Selon toute probabilité, ce qui a définitivement coulé de Rugy, c'est les révélations que Médiapart s’apprêtait à faire  sur l'utilisation de son IRFM qui servait, contre toutes les règles, à payer ses cotisations à son parti, pour un montant total de 9200 euro en 2014 et 2015. Le journal en ligne ajoute de surcroît qu'il a déduit ces frais sur sa déclaration fiscale, alors que l'IRFM est par nature défiscalisée ! 

L'intéressé a cru éteindre l'incendie en annonçant qu'il allait rembourser chaque euro contesté. Mais lorsqu'on a été pris la main dans le pot de confiture, il est trop tard pour faire croire à sa probité. De Rugy croit pouvoir le faire en attaquant Médiapart pour diffamation. Nous lui souhaitons le même succès qu'à François Fillion, quand le Canard Enchaîné étalait les rodomontades du candidat à la présidence. En outre, il devrait se souvenir qu'une tribune de soutien a du être annulée en raison  du peu de signatures recueillies, même dans la majorité. Il faut croire que les élus sollicités ont jugé la cause indéfendable.

Selon le Nouvel Obs, "François de Rugy a su montrer une ténacité pour maintenir son poste dont on aurait bien aimé qu’il fît preuve pour défendre ses dossiers. Force est en effet de constater que le bilan du désormais ex-ministre de la Transition écologique n’est pas très brillant". Les associations de défense de l'environnement ont pu le constater : François de Rugy était un digne représentant de cette majorité qui n'écoute que ceux qui lui disent ce qu'il a envie d'entendre. Nous ne le regretterons donc pas !

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