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Billet de blog 18 oct. 2021

Comment transformer une primaire d’égos en une primaire d’idées ?

L’objectif d’une primaire est le rassemblement autour d’un choix unique. Étape préliminaire imposée par un mode de scrutin médiocre qui oblige les petits calculs politiques et fait de la diversité d’opinion un risque pour les sensibilités globales.

Pierre SCHWARZ
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Depuis 2002 et le premier tour de la présidentielle, on le sait. Multiplier les choix au sein d’une même sensibilité est néfaste à cette même sensibilité. Soit en limitant la dynamique positive si la sensibilité parvient au second tour, soit carrément en provoquant la défaite dès le premier tour. Cette médiocrité a incité la création du concept de « vote utile » comme si un vote était plus utile que l’autre et celui de « primaire » pour limiter le choix préalablement. S’il on doit absolument remettre en question l’aspect démocratique de notre République, prendre en compte le vote blanc et modifier le type de scrutin employé, nous sommes encore victime de cette situation. Aucun gouvernement ni parlement, pourtant censés être constitués par les personnes les plus lucides du pays, n’a pris le soin de corriger ces erreurs depuis 20 ans.  

Ainsi, le phénomène de primaire est apparu, afin de supprimer la diversité à un stade préliminaire de l’élection. D’ailleurs on devrait peut-être appeler ça plutôt « Les Préliminaires ». Quoiqu’il en soit, les Primaires précédentes ont répétées les mêmes erreurs que l’élection présidentielle. Des machines faisant s’affronter des radicalités, au scrutin majoritaire à 2 tours, et mettant souvent en face à face au deuxième tour, des oppositions franches au sein du parti : Fillon-Juppé, Valls-Hamon, Joly-Hulot, Jadot-Rousseau… L’effet est forcément une rupture d’enthousiasme au terme du processus. En effet, la primaire s’est jouée sur les différenciations. Dès l’instant où les scores des candidats reflètent les différenciations, il est difficile de prôner le rassemblement. D’ailleurs les gagnants mettent toujours en avant les particularités de leur programme pour justifier leur victoire (fort peu légitime à cause du score proche de 50% et du scrutin majoritaire à 2 tours) et expliquer pourquoi les décisions importantes leur reviennent. L’argumentaire est bâtard car en fait, sa seule légitimité provient du soutien de son parti comme unique candidat suite à cette élection. Si le parti décidait de lire les résultats autrement, de faire un processus différent, la légitimité irait peut-être à quelqu’un de différent.

C’est pourquoi, pour faire d’une Primaire une réussite, il faut penser le cœur du processus autour du rassemblement. Penser ce qui rassemble, plutôt que ce qui divise. Et vu que nous parlions de différenciations, nous voyons bien que le choix des électeurs se fait principalement sur les idées car finalement ce sont les idées du programme qu’ils plébiscitent pour influencer leur quotidien.

La solution : une primaire des idées consensuelles.

Gardons le principe de « groupes radicaux » et actons le fait que ces groupes réfléchissent à des idées en interne. Ils n’ont pas forcément l’approbation de l’ensemble des membres du parti mais une élection ne se limitant pas à l’intérieur d’un parti, il faut considérer l’approbation d’un panel plus large de citoyen pour en déterminer la pertinence dans un programme. Dans une primaire des idées, il s’agit donc de capter l’adhésion des électeurs aux différentes propositions existantes au sein du parti. On pourrait donc en dégager le programme le plus séduisant, tout en affichant une méthode de prise en compte citoyenne large.

Pour parvenir à ce « programme consensuel », deux ou trois filtres successifs paraissent nécessaires. Dans tous les cas, un vote au jugement majoritaire permettra toujours une meilleure lecture et pourra fournir aussi, lors du prochain filtre, une information importante aux électeurs. Il est également préconisé d’adjoindre, pour chaque proposition, en plus de la mention accordée sur la qualité de la proposition, une mention sur l’importance de la mesure (Pas important, Peu important, Important, Très important). Ce double jugement est donc préconisé dans les trois filtres suivants :

  • Le filtre interne aux partis participants: pour évaluer les idées au sein du ou des partis que ces derniers accepteraient de soutenir. Par exemple les idées recevant plus de 30%, 50% ou 70% d’approbation. Le minimum étant à déterminer dans les règles préalables de la primaire. Si plusieurs groupes différents participent à la primaire, il est possible d’envisager un filtre par groupe (c’est-à-dire chaque proposition doit atteindre X% au sein du sous-groupe) et un filtre général de Y% sur l’ensemble du groupe. Ainsi, un groupe majoritaire en nombre n’imposerait pas forcément sa vision. Par contre il est évident que X% sera inférieur ou égale à Y%. Ce filtre est facultatif car on peut considérer que le filtre suivant suffit et serait équivalent.
  • Le filtre au sein des candidats : Les candidats finaux à la primaire s’expriment secrètement sur chaque proposition au jugement majoritaire. Le coté secret est important car il permet de ne pas influencer l’électorat lors du filtre suivant (mais il sera levé à la fin du premier tour de la primaire). Au terme de ce vote, nous aurons un score d’adhésion de chaque candidat sur l’ensemble des propositions qui restera secret (connu uniquement par un groupe restreint) mais aussi le résultat global sur l’ensemble des propositions qui sera connu par tous. Pour passer à l’étape suivante, et être proposé aux votes des citoyens, chaque proposition doit obtenir un minimum d’approbation de l’ensemble des candidats (70% de Bien par exemple). Cela permet de garantir une cohésion post résultats finaux. Le vote des candidats peut ou doit être pondérés en fonction de la représentativité. Par contre il est important de considérer une pondération de représentation. Soit en reprenant les résultats obtenus au premier tour de toutes les élections précédentes jusqu’à l’élection de même type précédente (Le premier tour de la présidentielle 2017 dans le cas de la présidentielle 2022). Mais dans ce cas, les mouvements citoyens étant sous représentés il faudrait idéalement leur accorder un pouvoir majoré. L’autre possibilité est de prendre en compte les sondages. Dans tous les cas, l’influence de cette pondération n’est pas reprise dans les étapes suivantes.
    Les règles de sélection peuvent prendre en compte un nombre maximum ou minimum de proposition et un minimum d’approbation acceptable. Dans le cas où le vote des candidats permet déjà de distinguer une scission (un groupe A soutien uniquement des propositions du groupe A rejetant celle du groupe B, et que le groupe B fait l’inverse), il peut être envisageable de revoir la liste des candidats finaux, ou de splitter la primaire en deux groupes.
  • Le filtre du panel le plus large: Il s’agit du grand évènement public donnant lieu à des débats. Encore une fois, la règle encadrant les propositions retenues au terme de ce dernier filtre est à la discrétion de l’organisateur de la primaire. Les règles de ce premier tour officiel est décrit ci-après.

Le premier tour de la primaire : Les choix des idées et le rapport de force

Les citoyens participants à cette primaire doivent simplement déclarer être en adéquation avec un des partis ou un des candidats finaux.

La construction des « débats »

Le premier tour comporte des débats ou plutôt des argumentaires sur les idées. Toutes les Propositions filtrées précédemment doivent être exposées aux citoyens. Le temps accordé à chaque idée est limité selon l’importance accordée. Pour chaque proposition, on choisit tant que possible un candidat ou une candidate ayant accordé la mention et l’importance maximales pour défendre la proposition, et un ou une candidate ayant accordé la mention « A rejeter » ou à défaut « Insuffisant » et l’importance maximale pour argumenter contre la proposition. L’équipe organisatrice s’efforcera de respecter les temps de parole de chacun des « groupes » en Pour et en Contre (En donnant la priorité au Pour) et que cette égalité soit respectée au sein des sous-groupes d’importance (Mention Pas Important, Peu importante, Important ou Très Important majoritaire). Pour faire respecter cette égalité, on diminuera tout d’abord l’exigence sur la mention d’importance, puis, si besoin, sur la mention d’approbation. Cependant il faudra que le candidat ou la candidate ait jugé la proposition à Bien au minimum pour la défendre, et à Insuffisant au maximum pour parler contre.  On considère les « groupes » et non pas les candidats dans le cas où ce sont des représentations diversifiées (par exemple France Insoumise, PS, EELV…).

Les candidats ont obligation de prendre le temps de parler « pour », mais sont libres de choisir de parler « contre » ou non. De même, ceux parlant « contre » peuvent utiliser un temps de parole équivalent à ceux parlant « Pour » mais peuvent également décider de limiter davantage ce temps.

Dans le cas où il y a la participation d’un opposant, l’argumentaire s’organise alors sur une première partie avec l’exposition de la proposition (non décompté du temps de parole) et des arguments pour, puis par l’exposition des arguments contre. L’idée n’étant pas de surprendre l’autre, chacun à connaissance de la présentation de l’autre. Les arguments pour et contre peuvent s’enchainer afin de regrouper les arguments par sujet. Il s’agit d’un travail philosophique de coopération entre les candidats.   

Les « débats »

Des débats peuvent être organisées sur les propositions les plus « importantes ». Ces débats ne doivent pas mettre en scène les candidats directement mais des intellectuels neutres, des militants (en particulier des jeunes) et des représentants des candidats.  

Le « rapport de force » choisi par les votants

Ce processus particulier concerne la primaire pour la présidentielle, qui est liée aux législatives suivantes. Lors du premier tour, chaque participant donne une mention d’approbation et d’importance aux propositions, mais va également s’exprimer sur son choix de représentation aux législatives. Il dispose pour cela d’un vote à 10 points qu’il réparti parmi les partis représentés à la primaire. Il peut tout à fait accorder les 10 points à un seul parti ou les répartir équitablement entre les partis.

L’importance des données obtenues

Au terme de ce premier tour, nous obtenons des informations essentielles sur :

  • L’approbations des différentes propositions
  • L’importance des différentes propositions selon les votants
  • La distribution représentative à respecter au niveau des législatives.
  • Le rapport d’harmonie entre les positions des candidats et les propositions plébiscitées.

Déterminer le meilleur programme

Pour être efficace, il apparaît évident qu’il faille faire une analyse croisée des votes afin de déterminer les mesures représentant ensemble, sur les mêmes bulletins de vote, un consensus important. La première étape est de refuser les propositions récoltant plus de 5% de « à Refuser » cumulé en termes de « corps électoral ». Par exemple si une proposition A récolte 4% de « à Refuser », et qu’une autre proposition B récolte 3% mais que sur les 3% de B, 1% est commun avec A, alors cela signifie que mettre en place A et B fait perdre 6% d’électeurs (surtout si la mention d’importance est pour ces 6%, Important ou Très Important). On peut voir que 100 propositions ne peuvent récolter que 1% chacune de « à refuser », mais si les 1% sont disjoints et évalue la proposition comme très importante, alors le corps électoral peut passer à 0%.

De même, pour les propositions retenues au finale, le résultat peut permettre de désigner un lot « obligatoire » comprenant le consensus unanime ou fortement majoritaire (Mentions Bien >80% par exemple avec Refusé<1% et pour ces derniers une importance faible), ainsi qu’un lot de mesures plus « modérées » (Mentions Bien>50% mais une forte partie d’Excellent et les mentions inférieures à « Bien » sont associées à des notes d’importances faibles). Si les mesures de consensus unanimes doivent faire partie du programme commun, quel que soit le candidat final, les mesures du second lot peuvent faire l’objet d’un processus de sélection interne (par le candidat final, par le lot de candidats, par le parti ou par les membres du parti…)

Déterminer la répartition des législatives

Au terme du vote, chaque parti ou candidat (selon le choix fait) s’est vu accordé un pouvoir de décision sur les législatives. Je reprends ici une proposition d’un article précédent.

Pour la répartition des circonscriptions, il faut une méthode qui soit juste ET équitable. Il ne faut pas par exemple que les membres de l’équipe/conseil ayant le score le plus faible ne récolte que les miettes ou des circonscriptions ingagnables.

C’est pourquoi, les 577 circonscriptions, à la lumière des résultats des dernières élections (5 dernières années), seront classées en 3 groupes :

  • Facilement gagnables (déjà à gauche ou somme des scores de la gauche au premier tour >=50%)
  • Probablement gagnables (somme des forces de gauche au premier tour >=30% <50%)
  • Difficilement gagnables (somme des forces de gauches <30%)

Pour chacun des 3 groupes, il faut répartir équitablement les circonscriptions.

Il apparait évident que le premier groupe est celui qui intéresse le plus les partis politiques de gauche et doit faire l’objet d’une attention particulière. Le second groupe est celui qui offre le plus fort potentiel de gain lié à une dynamique positive de rassemblement. Enfin, le 3ème groupe est difficilement gagnable, il faut peut-être y miser sur la nouveauté.

Normalement, dans chacun des 3 groupes, les circonscriptions devraient être réparties équitablement selon la représentativité. C’est-à-dire que si La France Insoumises récolte 20%, elle devrait obtenir 20% des circonscriptions du premier groupe, 20% du second groupe et 20% du troisième. Cependant, la primaire populaire, si elle désigne une équipe, fera probablement émerger un bloc citoyen/société civile. Pour autant, il faut acter l’importance des partis dans la dynamique. C’est pourquoi je crois, à titre personnel, que nous pourrions minorer la part citoyenne/société civile de 75% dans la première partie en faveur des partis, et de récupérer le delta équitablement sur les parties 2 et 3. C’est notre main tendue aux partis traditionnels. Mais si ceux-ci sont assez honnêtes pour ne pas nous obliger à appliquer cette règle, tant mieux. Nous devons nous entraider mais aussi montrer l'exemple.

Un petit parti comme le NPA par exemple, en faisant acte de rassemblement, peut permettre de majorer le score de 1% à la présidentielle. Pour autant, il est probable qu’ils ne puissent gagner aucune circonscription en partant individuellement. Garantir un siège gagnable à une petite formation est donc un avantage pour eux. Afin d’être équitable, je propose une mesure « priorité aux petits » qui permet aux partis de force minimale du rassemblement de poser une option prioritaire sur la circonscription où le parti a obtenu son meilleur score lors d’une élection des 5 dernières années (et dont le bon score s’est relativement confirmée aux autres élections de cette période). Par exemple si le NPA a obtenu 4% dans une circonscription alors qu’il a récolté moins de 2% dans les autres, il peut poser une option sur cette circonscription. Cette option n’est possible que sur une circonscription dans le premier ou le second groupe.

Une fois cette priorité « utilisé », on considère les plus grosses représentations de l’équipe cumulant entre elles plus de 60% des voix. On répartit alors 50% des circonscriptions en priorité à ces représentations.  Elles sont réservées une par une et par ordre décroissant de pouvoir de représentation des forces en présence. Par exemple si, dans l’ordre de représentativité décroissant, Mélenchon (35%), Hidalgo (20%) et Jadot (15%) représente 70% des voix, ils vont se répartir les premiers 50% des circonscriptions de chaque groupe. Jean Luc Mélenchon choisira en premier une circonscription, puis Anne Hidalgo une, puis Jadot Une, puis on repart avec JL Mélenchon… Une fois les 50% attribuées (plus les options des petits), on repart avec l’ensemble des candidats dont il reste des circonscriptions à attribuer (dans notre cas il restera 20% des circonscriptions à attribuer à Mélenchon, Hidalgo et Jadot et les autres). L’arrondi se fait en faveur des représentations les plus importantes (sauf dans le cas <1 qui doit garantir un nombre minimal d’une circonscription).

Garantir le financement de tous les membres du rassemblement

Par contre, rappelons que le financement des partis, qui est bien un des objectifs principaux de chacun, n’est accessible qu’à la condition d’obtenir au moins 1% sur un ensemble de 50 circonscriptions au premier tour des législatives. C’est pour cette raison qu’aux législatives, si l’on réduisait le nombre de candidatures, nous réduirions de même la possibilité à ces petits partis, qui sont dans la capacité d’avoir 1% dans 50 circonscriptions, d’accéder au financement.

Pour répondre à cette problématique, il existe certainement plusieurs solutions. En voici certaine :

  • Passer par un accord de regroupement économique, où toutes les candidatures sont liées à un parti unique X qui redistribue ensuite son financement équitablement aux différentes forces du rassemblement.
  • En cas de victoire présidentielle et législatives, modifier la méthode de financement des partis comme suggéré par le socle commun et de nombreuses associations type Démocratie Ouverte (bons de financement accordés par chaque citoyens…)
  • Enfin, conserver des candidatures multiples des partis minoritaires sans présence des partis de gauche majoritaire dans les circonscriptions difficilement gagnables mais pouvant permettre de récolter 1% aux petits partis.

Les personnalités candidates dans les circonscriptions

La primaire populaire peut proposer un processus de désignation pour chaque circonscription mais chaque représentation ayant « réservé » la circonscription est libre d’opter ou non pour cette méthode. Elle peut faire une désignation interne au parti ou une désignation individuelle par la représentation du membre de l’équipe.

Par contre, certaines restrictions doivent s’appliquer ! En particulier refuser la candidature d’un ou d’une député/sénateur ayant voté :

  • Pour la loi travail
  • Pour l’augmentation du salaire des parlementaires
  • Contre l’interdiction des pesticides
  • Et d’autres mesures en contradictions avec les valeurs du rassemblement …

Les candidatures rebelles

Il y aura probablement des candidatures de dissension où l’individu voudra défendre ses intérêts plutôt que celui du groupe. Outre évidemment l’exclusion du parti auquel il pourrait appartenir, une décision de rééquilibrage devrait être prise. Plusieurs éléments modifient la décision selon qu’il s’agisse d’un petit parti ou d’un gros parti, d’une circonscription gagnable ou pas. Dans tous les cas, le parti qui s’était vu réservé » la circonscription a le droit de s’en retirer pour prendre une circonscription de l’ancien groupe du rebelle de même niveau ou inférieur ou de maintenir sa candidature et de demander à l’autre groupe une circonscription de son choix. Si aucun accord ne peut être trouvé, alors la circonscription est considérée comme « libre » et les membres de l’alliance peuvent y présenter des candidats librement tandis que le parti ayant perdu cet élément de partage peut s’engager (ou non) sans conditions dans une autre circonscriptions du groupe dont provient la candidature rebelle. Dans tous les cas, l’alliance ne soutient que les candidatures initiales et ne peuvent soutenir une candidature rebelle.  

Déterminer le candidat du rassemblement

Revenons au choix du candidat. Car finalement c’est un des objectifs de cette primaire qui nous aura permis également de dessiner le meilleur programme possible. Nous avons vu lors du premier filtre que chaque candidat s’est exprimé secrètement sur les propositions. Nous avons désormais le résultat du panel final et les vote de chacun peuvent être ou non communiqué (à la discrétion du candidat). Dans tous les cas Il s’agit d’évaluer l’adéquation de chaque candidat avec le panel. De manière simplifié, chaque candidat gagne des « points » si son jugement sur une proposition est conforté par le vote final, et en perds si par contre il en est très éloigné. Par exemple, s’il avait plébiscité avec une mention Bien une proposition du bloc « obligatoire », il gagne 1 point, s’il avait mis une mention Très Bien il en gagne 2, s’il avait mis A refuser il en perd 3 (les points sont des exemple). Ainsi, au terme du vote des propositions, il est possible de construire une équipe dont les membres sont les candidats et ont un « poids » de décision ou d’adéquation lié au score obtenu précédemment. On oublie donc les pondérations précédentes pendant l’étape 2 des filtres et liées aux sondages ou élections précédentes, mais c’est bien le premier tour de la primaire qui a établi le nouveau rapport de force.   

A cette étape, les candidats sont libres de choisir comment sera désigné le candidat unique en respectant les étapes suivantes :

  • Etape 1 : Désigner à l’unanimité (90%) un candidat (interne ou externe au groupe) et qui devra forcément respecter le programme de consensus « obligatoire » et des mesures complémentaires décidées par l’équipe à l’unanimité (90%). Chacun est libre de faire des propositions. Attention, le vote est pondéré par les scores ! Si une personne émerge, alors elle est contactée par le groupe et invité à devenir la figure du rassemblement.
  • Etape 2 : Ou, dans le cas de l’impossibilité de se mettre d’accord, de soumettre les 2 à 4 candidats dont le score de points est le plus élevé à un nouveau scrutin au jugement majoritaire. Pour savoir si l’on prend entre 2, 3 ou 4 candidats. On considère ceux ayant au moins 70% du score obtenu par le premier et au minimum 2 candidats. Par exemple, en ordre décroissant, si « A » a obtenu 1000 points, « B » 950 points, « C » 770 points et « D » 690 points, le second tour fait s’affronter «A, B et C (car D <70% de 1000 Pts). En outre, je propose qu’on double ce panel par un lot de candidature externe à l’équipe de candidat et ayant reçu un maximum au jugement majoritaire et au minimum 50% de mention « Bien » par l’équipe tout en respectant la parité homme femme. Si le nombre de propositions faite à la première étape est insuffisant, un tirage au sort est réalisé soit au sein du parti interne soit au sein des votants de la première étape (idéalement, si le vote est transparent parmi ceux s’étant rapproché le plus des propositions « obligatoires » final)

Second tour facultatif du choix du candidat

Lors de ce second tour, il s’agit de départager les personnes sur leur compétences propres au poste. Cependant, chaque candidat peut décider d’adosser à sa candidature un lot de proposition prises dans le bloc « modéré » des propositions. La compétition doit cependant être centrée sur des éléments de compétences, éloquence, charisme, expérience ou tout autres points nécessités par la fonction.

Au terme de ce second tour (facultatif si l’unanimité a été trouvé avant) la primaire aura permis de dégager le meilleur programme et probablement le meilleur candidat de rassemblement.

Dans tous les cas, il ne faut pas imposer le retrait des candidatures individuelles pour participer à cette primaire. Car nous devons avoir confiance dans la pertinence de la solution et qu’elle saura convaincre les participants à postériori. D’ailleurs les sondages devraient illustrer la dynamique en place.

NB : Il est possible et intéressant de désigner le gouvernement avant l’élection pour envoyer un message de transparence aux électeurs. Une méthode de désignation par l’équipe est présentée à la fin de cet article https://blogs.mediapart.fr/pierre-schwarz/blog/111021/comment-rassembler-la-gauche-en-la-respectant

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