Brésil : Bolsonaro injurie publiquement le président du Tribunal supérieur électoral

«Ce fils de pute de Barroso». Par ces mots adressés publiquement devant un groupe de ses électeurs, à Joinville dans l'Etat de Santa Catarina le 6 août, le président de la République Jair Bolsonaro choisit l'escalade dans son défi quotidien, fait de menaces et d'ultimatums, avec la Cour suprême (STF) et le président du Tribunal supérieur électoral (TSE), Luís Roberto Barroso.

Jair Bolsonaro, le 6/8/2021 à Joinville (Santa Catarina). © Poder 360

Luís Roberto Barroso, magistrat, est l'un des onze ministres de la Cour suprême (STF) et l'actuel président du Tribunal supérieur électoral (TSE). Il a été nommé au STF par l'ex-présidente de la République Dilma Rousseff en juin 2013.

Homme d'expérience, l'avocat, professeur et magistrat Barroso a été procureur au ministère public de l'Etat de Rio de Janeiro, de 1985 à juin 2013.

Le post-fasciste Jair Bolsonaro, depuis des mois, veut forcer les hautes juridictions brésiliennes à mettre à leur agenda l'institution de l’impression de reçus pour les urnes électroniques. Pour faciliter la fraude, et créer un tumulte permanent dans les bureaux de votes, bien évidemment. Sur un mode trumpien, son modèle.

En 2018, à Joinville, au deuxième tour de l'élection présidentielle, Jair Bolsonaro a obtenu un score stratosphérique,de 83,18%, face à Fernando Haddad (PT), soit 262.556 votes pour une ville qui compte environ 610.000 habitants.

Le 9 juillet 2021, Jair Bolsonaro avait, depuis Brasilia, traité le même Barroso d'" idiot ".

Depuis le 2 août, le TSE a ouvert une enquête qui déterminera si le président Bolsonaro a commis des délits " d'abus de pouvoir économique et politique, d'utilisation abusive des médias, de corruption, de fraude, de veto d'agents publics et de propagande ".

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