Brésil: prorogée par la Cour suprême, l'enquête sur les interférences de Bolsonaro

Rapporteur à la Cour suprême (STF) de l'enquête sur les possibles interférences du PR Jair Bolsonaro dans les hautes sphères dirigeantes de la police fédérale, le ministre du STF Alexandre de Moraes a annoncé qu'il prorogeait l'enquête, le 27 novembre 2020, de soixante jours.

Alexandre de Moraes, ministre du STF depuis le 22/3/17, et rapporteur de l'enquête sur les interférences du PR. Alexandre de Moraes, ministre du STF depuis le 22/3/17, et rapporteur de l'enquête sur les interférences du PR.
Dans la même dépêche, Alexandre Moraes, le rapporteur de l'enquête, nommé ministre du STF par l'ex-président de la république Michel Temer en mars 2017, a déterminé que le bureau du procureur général du Brésil (PGR) devrait se manifester dans les cinq jours suivant sur la nécessité du témoignage de Jair Bolsonaro. Ce 26 novembre, le président de la république Bolsonaro avait déclaré qu'il refusait définitivement de déposer à la police fédérale, en personne ou par écrit.

Après l'avis du procureur général dirigé par Augusto Aras - nommé par Jair Bolsonaro le 26 septembre 2019 -  Alexandre de Moraes doit décider s'il convient de se conformer à la dispense de déposition de Jair Bolsonaro et s'il envoye l'enquête à la police fédérale pour qu'elle conclut son enquête.

L'enquête a été ouverte en avril 2020 après que l'ex-ministre de la Justice, Sergio Moro, ait accusé le président Bolsonaro d'avoir tenté d'interférer dans la haute hiérarchie de la police fédérale en démettant le directeur général de l'institution policière, Maurício Valeixo, dans le but de protéger d'enquêtes en cours les membres de sa famille, dont son fils aîné Flavio Bolsonaro, et ses alliés.

Depuis avril 2020, Jair Bolsonaro a toujours nié avoir interféré dans la police fédérale.

Il est pourtanbt nécessaire de rappeler les propos exacts du président de la république Jair Bolsonaro lors d'une réunion ministérielle le 22 avril 2020 à Brasilia, filmée (ci-dessous, à partir de la 17e minute), qui avait fait grand bruit par les multiples expressions grossières et insultantes prononcées par le premier personnage de l'Etat :
"Je ne vais pas attendre que toute ma famille se fasse baiser, ou un ami à moi,c ar je ne peux changer de poste quelqu'un de la haute hiérarchie de la structure du sécurité du pays. Je vais la changer ! Si je ne peux la changer, je vais remplacer le chef ! Je ne peux changer le chef ? Je change le ministre ! Point final ! Je ne suis pas au pouvoir pour plaisanter "

("Eu não vou esperar foder a minha família toda, de sacanagem, ou amigo meu, porque eu não posso trocar alguém da segurança na ponta da linha que pertence à estrutura nossa. Vai trocar! Se não puder trocar, troca o chefe dele! Não pode trocar o chefe dele? Troca o ministro! E ponto final! Não estamos aqui para brincadeira".)

Le 22 avril 2020, à Brasilia, Jair Bolsonaro éructe et menace. © DR

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