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Le Club de Mediapart lun. 29 août 2016 29/8/2016 Édition du matin

" Je n’ai pas peur. Je voterai Hollande."

François Hollande a fini sa conclusion en reprenant l'appel de Jean-Paul II : "N'ayez pas peur", comme Nicolas Sarkozy s'y était osé Place de la Concorde. Un tel remake impose d'aller voir ce que les catholiques en pensent.

François Hollande a fini sa conclusion en reprenant l'appel de Jean-Paul II : "N'ayez pas peur", comme Nicolas Sarkozy s'y était osé Place de la Concorde. Un tel remake impose d'aller voir ce que les catholiques en pensent.

Patrice de Plunkett renvoie les candidats dos à dos ; Salon beige reste sur des questions de dogme ; Nystagmus  est très critique à l'égard de Nicolas Sarkozy : " Moi, le 6 mai, je ne voterai pas Sarkozy. ".

Le pape est moins nuancé : " L’ordre juste de la société et de l’État est le devoir essentiel du politique. Un État qui ne serait pas dirigé selon la justice se réduirait à une grande bande de vauriens, (...) " (§ 28)

Médiapart confirme la justesse des craintes vaticanes : Karachi, Woerth/Bettencourt, Kadhafi, François Pérol, Philippe Val, Thierry Gaubert, ...

La conférence des évêques de France explique : " Comme chrétiens, nous devons être confiants : les crises qui traversent les sociétés humaines peuvent être des occasions de renouveau et des expériences qui réorientent l'avenir. Elles ne doivent pas nous empêcher de viser toujours et en toutes circonstances le respect de la dignité de toute personne humaine, l'attention particulière aux plus faibles, le développement des coopérations avec d'autres pays, et la recherche de la justice et de la paix pour tous les peuples.  "

Un tel programme est très conforme aux aspirations de gauche.

Koz critique le chanoine du Latran dans sa responsabilité de la montée du FN, de sa droitisation. On sent l'exaspération du sympathisant au discours d'une civilisation des cathédrales et des clochers, limitée pas aux apparences, aux formes et à un certain littéralisme.

Koz n'a pas de succès dans les commentaires même si l'un d'eux se distingue :

"Je reproche avant tout à Nicolas Sarkozy d’avoir détruit le lien social et l’unité nationale en stigmatisant sans cesse pendant cinq ans un groupe de population, alternant les cibles (les immigrés, les chômeurs, les fonctionnaires, les jeunes, les syndicats, les musulmans, les Roms, les malades, les malades mentaux, …) au gré des opportunismes.

Il a flatté les égoïsmes et entretenu la peur pour légitimer les atteintes aux droits fondamentaux et banaliser le mépris à la dignité humaine, la violence institutionnelle.

Son action stupidement comptable n’a pour bilan qu’une régression sociale et intellectuelle au profit d’une seule classe de nantis. Il y a plus de pauvres et de chômeurs et les gens riches sont encore plus riches.

Il a détruit le sens même du mot société qui est d’assurer un bien être général.

Ce type n’a aucun sens de l’humanité.

Une chrétienne responsable ne peut que repousser une telle candidature promouvant une idéologie contraire aux enseignements de l’Eglise, dont le principal, la fraternité, commande de respecter son prochain.

Je n’ai pas peur.

Je voterai Hollande."

Le chanoine du Latran aurait passé cinq ans à invoquer un "héritage" tout en le piétinant ; au point d'en détourner une électrice qui pouvait lui être favorable. Est-ce la catholique de gauche de service du site de Koz, même si cette curiosité politique connaît des personnalités : Marie Noelle Lienemann, Jacques Delors,... ?

Si le socialisme s'inspire plus de l'immanence et la religion de la transcendance, l'un et l'autre sont universalistes et promeuvent le respect de la dignité humaine. Ils sont pareillement personnalistes.

Ce principe fondamental de la démocratie qu'est la dignité, négligée par l'UMP ces dernières années, fut rappelé par la communauté internationale au président de la République lors des expulsions collectives des Roms.

Je refuse moi-même l'euthanasie, pour des raisons qui n'ont rien à voir avec la religion, et je m'interroge sur le propos catholique invoquant ce prétexte pour ne pas faire de choix dans une société où la misère frappe 8 millions de pauvres.

Où les catholiques placent-ils le respect de la personne humaine s'ils admettent vivre dans un pays où les inégalités sociales criantes témoigne d'un mépris profond pour la dignité humaine ? N'y a-t-il pas une disproportion dans l'argumentation aboutissant à mettre en balance la liberté d'un individu et la misère de millions de personnes ?

Invoquer le mariage et l'adoption d'enfant par des couples homosexuels, ou l'euthanasie, pour ne pas faire de choix est, à mon sens, dérisoire au regard des ravages d'un quinquennat et de l'injustice qu'il a répandue. C'est une lâcheté.

Un point du programme ne peut pas servir honnêtement de prétexte pour effacer tous les autres. On peut être contre l'euthanasie et appeler à voter Hollande.

J'appelle à voter Hollande.

Quant à la peur, il n'y a aucune crainte à avoir. Bien au contraire. La peur, c'est Nicolas Sarkozy, qui l'a entretenue pendant dix ans. Mettons-y un terme le 6 mai.

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Tous les commentaires

Personnellement, je voterai Hollande justement parce que j'ai peur de l'évolution de notre société sous Sarkozy (enfin pas que pour ça). Et j'ai beaucoup de mal avec ces catholiques qui vont à la messe et se serrent la louche au signal "donnez-vous la paix"' et qui vont ensuite voter en choeur pour un parti d'extrême-droite qui prône des valeurs aux antipodes du "aimez-vous le uns les autres" de la doctrine chrétienne. C'est un truc que je n'arrive définitivement  pas à comprendre.

 

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