L'affaire DSK du Carlton ne cache-t-elle pas plutôt une tentative de corruption au sommet de l'Etat ?

 L'essentiel de cette affaire est étrangement écarté des débats pour l'instant, à savoir les motivations d'industriels et de hauts fonctionnaires à payer et participer à des partouzes, au mépris de la dignité (Carlton de Lille: "Jade" dévoile l'envers des clubs de Dodo la Saumure). Il est étrange que leur coût (voyages en avion, hôtel, repas, salaires des prostituées, ...) ne soit pas évoqués ni précisés. Il n'est pas à la portée du premier venu d'organiser à travers l'Europe et jusqu'aux USA de tels barnums.

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 L'essentiel de cette affaire est étrangement écarté des débats pour l'instant, à savoir les motivations d'industriels et de hauts fonctionnaires à payer et participer à des partouzes, au mépris de la dignité (Carlton de Lille: "Jade" dévoile l'envers des clubs de Dodo la Saumure). Il est étrange que leur coût (voyages en avion, hôtel, repas, salaires des prostituées, ...) ne soit pas évoqués ni précisés. Il n'est pas à la portée du premier venu d'organiser à travers l'Europe et jusqu'aux USA de tels barnums.

Qui se souvient de l'Affaire Profumo ?

Qui se rappelle plus récemment de l'affaire Anna Chapmann(en photo) ?

C'est vieux comme le monde. Mettre une femme, ou plusieurs, dans le lit d'un homme pour le tenir et le faire chanter. Antoine Loysel, juriste célèbre, disait " On lie les bœufs par les cornes et les hommes par les paroles ". Ce n'est plus les boeufs qu'on lie et plus par les cornes.

L'affaire DSK du Carlton est détournée du fond du dossier avec une histoire à dormir debout dont il est facile de démontrer l'inconsistance.

Un commissaire rapporte une histoire d'écoute illégles sur DSK pendant des mois, sous le secret-défense, quand la DGSI raconte, pour s'excuser de son fiasco, qu'elle manque de moyens et que le contrôle de la Commission de Monsieur Delarue est beaucoup trop sévère. 

Une telle contradiction montre qu'il y a forcément un un menteur. C'est soit le commissaire, soit la DGSI. Et le secret-défense ne peut être invoqué que pour les affaires dont la nature le justifie, ce qui n'est manifestement pas le cas. L'autorisation signée par le premier ministre est donc un faux, un faux en écriture publique.

Bien peu se préoccupent de soulever ces incohérences, à commencer par les avocats de la défense qui font citer ce commissaire dans le seul but évident d'entrainer le tribunal dans une histoire de complot (Lire Procès du Carlton :les écoutes fantômes du témoin «secret défense»  par Ellen Salvi).

Mais alors, pourquoi ces vaillants avocats, experts du prétoire, ne sollicitent-ils pas un supplément d'information afin que le tribunal enquête sur ce détournement de procédure et ses manquements en violation du droit au respect à la vie privée ?

L'absence même de supplément d'information (Article 463 du code de procédure pénale) que peut ordonner le président du tribunal, de lui-même ou sur demandes des parties, établit l'inanité de la stratégie de la défense.

C'est d'ailleurs incompréhensible.

Le témoin était commissaire de la police judiciaire, pas de la DGSI. Il avait l'obligation de dénoncer les faits "sans délai" au procureur de la République selon l'article 19 du code de procédure pénale. L'article 40 alinéa 2 du même code redouble cette obligation. Elle la redouble d'autant que les articles 12 et 13 placent la police judiciaire sous la direction et la surveillance du ministère public. En violant le code de procédure pénale, le commissaire fait aussi obstacle à l'action de la justice. Les entraves à la saisine de la justice. (Articles 434-1 à 434-7) et les entraves à l'exercice de la justice. (Articles 434-7-1 à 434-23-1) sont sanctionnées par le code pénal. Le témoignage du commissaire ne fait qu'ajouter une couche au mille feuille de la confusion qui paraît régner dans la police, telle que l'actualité le rapporte (Hauts fonctionnaires et basse police : corruption ?).

La procédure a interrompu les prescriptions sur cette affaire.

Comme le sait très bien le tribunal de Lille, la Cour de cassation a jugé qu'un stratagème interrompt la prescription jusqu'à de ce que soit découvert l'infraction.

Ce dont témoigne le commissaire paraît répondre à ce qu'il est raisonnable d'interpréter comme étant un " stratagème ". Il serait incompréhensible que ce qui s'applique à une femme relevant plus du cas social que de la criminalité d'habitude ne le soit pas en l'espèce.

Compte tenu de la richesse des moyens à disposition de la défense, soit elle demande un supplément d'information, soit l'histoire d'écoutes et de complot n'est qu'une diversion dont l'effet est d'épuiser le temps des débats et d'empêcher d'aborder le fond du dossier.

Pourquoi ?

Le site Contrepoints propose une explication :

" En revanche, on ne peut que constater, encore une fois, le peu de cas qui est fait sur les motivations réelles, probables et logiques des protagonistes à mettre en place ce genre de parties fines à l’avantage d’un patron du FMI et (à l’époque) d’un très probable futur Président de la République. Pourtant, tenter de trouver ces motivations et expliquer ce contexte-là me semble assez indispensable.

En effet, on doit comprendre que nos loustics faisaient tout ce qu’ils ont fait pour s’attirer les bonnes grâces de DSK. On pourrait jouer le niais et imaginer que ces gens se contentaient de faire des petits cadeaux sympathiques à un ami cher, sans rien en attendre en retour (sachons vivre, bisous, tout ça), mais la réalité est probablement bien plus pragmatique : le potentat était connu pour un appétit libidineux quasiment inextinguible. Il était aussi connu pour avoir le bras long, des appuis dans tout le PS, des réseaux au niveau national puis international grâce à son poste américain, et était de surcroît pressenti pour occuper la plus haute distinction républicaine. Pour ceux qui le pouvaient, être son « ami » et dans ses petits papiers à ce moment-là signifiait à l’évidence obtenir en retour de juteuses prébendes, de beaux marchés publics, de gros avantages ou d’immenses bénéfices pas forcément financiers, un peu plus tard, lorsque la belle position serait débloquée.

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De cet aspect, de l’évidente corruption dont DSK faisait l’objet, il n’est pas question. Pourtant, difficile de passer à côté des sociétés que ces personnes dirigeaient : une filiale d’un groupe de BTP, qui vit de la commande publique, une société de matériel médical pour laquelle des hôpitaux publics constituent des clients potentiels juteux et évidents, une société d’événementiels comme le fut, par exemple et totalement au hasard, une société comme Bygmalion qui défraya la chronique pour un autre parti. "

Source : https://www.contrepoints.org/2015/02/03/196653-affaire-dsk-lelephant-qui-cache-le-diplodocus

Ce raisonnement est cohérent.

Dans ce monde ultralibéral, rien n'exclut que certains aient pu voir dans l'apétit sexuel de DSK, ou seulement son organe, un investissement rentable.

Cela montre que DSK est la victime du guet-apens libéral dont il s'est fait le promoteur à gauche.

Victime de ses pulsions, peut-être, c'est secondaire ; mais surtout de ceux qui ont mis un soin particulier à interpréter sa doctrine politique pour la lui appliquer.

Mise à jour  :

DSK Carlton: des élus savaient et protègent la prostitution

07 février 2015 |  Par patricJEAN

L'affaire du Carlton qui touche Dominique Strauss Kahn et ses amis n'en finit pas de révéler ce que savent et disent depuis des années, celles et ceux qui s'intéressent à la prostitution. Il s'agit de violence, de brutalité et de domination. Loin de l'image du prolétaire esseulé et en mal d'amour qui va chez une prostituée, l'affaire prouve que ce sont ceux qui ont un pouvoir économique,

Sur la corruption, sachant que la tentative est punissable comme l'infraction elle-même.

 

  • Chapitre V : Des atteintes à l'administration publique et à l'action de la justice des Communautés européennes, des Etats membres de l'Union européenne, des autres Etats étrangers et des autres organisations internationales publiques.

 

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