Le dernier article de Louise Fessard (Les fichiers de police en pleine crise de croissance) montre que la police fiche surtout la population puisqu'elle n'arrête jamais un chef mafieux, un chef de trafic de drogue, un chef de réseau de blanchiment, un chef de réseau de fraude fiscale, un chef de réseau de trafic d'armes, un chef de réseau de prostitution, ...
Non. C'est, toujours le petit personnel, voire le consommateur.
En matière de drogue, alors qu'il se vend des tonnes de drogue par an en France, la police court après les fumeurs de chichon. Jamais après ceux qui s'en mettent plein poche. Etonnant, non ?
C'est comme si la police passait son temps à ficher le personnel de l'entreprise et n'arrêtait que la secrétaire du patron qui commet des abus de biens sociaux (ABS). Elle met la secrétaire en taule et les ABS continuent. C'est un modèle politique.
Pour preuve, l'Etat laisse s'évaporer 132 milliards d'euros tous les ans en toute immunité et parle de devoir supprimer des services sociaux qui couteraient trop cher en tapant sur la population modeste (L'austérité de classes : François Hollande ménage les fraudeurs fortunés et accable les "sans dent" ou Médiapart).
L'absence de services sociaux de qualité expose la sécurité des Français comme la menace la maladie Ebola (voir en Espagne à qui l'UE - qui prône l'austérité qui prive les Espagnols d'un service de santé publique digne de ce nom - demande des explications !).
Rien de plus normal à ce que la criminalité en col blanc et la corruption se développent.
Une police incapable de mettre un frein à la criminalité en poursuivant efficacement les cerveaux du phénomène criminel ne sert à rien et menace même la sécurité des Français, puisqu'elle néglige les auteurs de la très grande criminalité financière. D'où l'inutilité policière de ses fichiers.
Ces fichiers ont donc une vocation politique de contrôler les populations. C'est ce qu'a condamné la Cour de Strasbourg devant l'inertie d'un ministère de l'intérieur (Fichier Stic : la Cour européenne condamne la France )
Pas de doute, la France développe surtout une police politique. Une police statisticienne à la ramasse qui joue aux geeks avec des fadettes et des gadgets d'espionnage électronique. La police est une activité sociale qui repose prioritairement sur l'humain et le travail de terrain. Le raté de Marseille avec le retour des trois Français de Syrie est l'illustration des limites du modèle.
Le développement des fichiers témoigne de l'incompétence fascistoïde qui inspire la doctrine de la police. Il y a aussi des sociétés de service qui se frottent les mains. Un nouveau Bygmalion ? Dans la police... Tout est envisageable. 52 kilo de cocaïne ont disparus du siège de la police judiciaire à Paris. Et la police ne sait pas où ils sont passés. Un problème de fichier ?
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Fichiers de police : la Cnil met en demeure l'intérieur et la justice