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Le Club de Mediapart dim. 31 juil. 2016 31/7/2016 Dernière édition

La France qui part

Depardieur par ci, Depardieu par là... Le cas Depardieu s'arrête-t-il vraiment à sa seule personne ? Non. C'est un phénomène bien plus important dont on ne parle pas.

Depardieur par ci, Depardieu par là... Le cas Depardieu s'arrête-t-il vraiment à sa seule personne ? Non. C'est un phénomène bien plus important dont on ne parle pas.

N'est-ce pas un moyen de détourner l'attention de l'essentiel en se focalisant sur un comportement individuel, que l'on aborde comme des pitreries de saltimbanques ?

Depardieu part-il vraiment que pour l'argent seulement ?

Non.

Il exprime aussi clairement une lassitude, comme les milliers de Français, qui partent eux aussi, chaque année. Et dont on ne parle que très rarement.

La nouvelle émigration francaise

50% des expatriés ne s'inscrivent pas dans les registres des consulats.

Plusieurs millions de Français sont partis, pas seulement pour des raisons financières, mais pour un ras-le-bol, une mentalité politico-administrative qui ne leur plaît pas, qui ne répond pas au minimum d'exigence morale publique.

La pusillanimité et l'obséquiosité des discours, faisant prévaloir les égoïsmes sur la devise républicaine, sont aussi désespérantes que la crise. Le hiatus entre la théorie républicaine et la réalité cause des départs qui s'expliquent donc autant en termes de démocratie, de bien-être, que d'économie.

La fracture économique, puis la fracture sociale ne sont en fait que des paravents à une fracture morale. La conscience de cette fracture fit le succès des meetings de Jean-Luc Mélenchon.

La souffrance au travail est devenue une méthode de management généralisée. Elle témoigne de l'importance en France du mépris de l'humain.

Ceux qui le peuvent s'en vont. D'autres se suicident (Infosuicide, OMS) ou se retrouvent avec des béquilles chimiques, domaines où la France est en pointe.

Il est réducteur de réduire les motivations à l'argent seulement.

Les gens fuient aussi pour pour plus de liberté, un besoin de respirer un air plus frais. Depardieu n'a peut-être pas choisi la meilleure destination. Mais il avait sûrement besoin de changer d'air.

L'émigration française, pourtant significative puisque onze députés et douze sénateurs représentent les Français de l'étranger, est étrangement ignorée.

Les études portent sur l'immigration essentiellement. Très rares sont celles qui portent sur l'émigration.

L'INED ne connaît pas la question. Le mot "émigration" est inconnu du lexique de son site.

L'importance prêtée à l'acteur réduit donc le sujet et élude les motivations et l'importance réelles d'un mouvement qui dépasse largement un artiste et des personnes aisées.

La France connaît une émigration et l'actualité se focalise sur un grain de sable du sablier, une molécule d'eau de la baignoire.

On ignore l'essentiel. C'est comme pour la crise, où le discours se focalise sur les travailleurs modestes qui coûteraient encore trop cher aux patrons. Ces discours promeuvent la régression sociale au mépris des droits de l'homme.

Comment de tels raisonnements ne donnent-ils pas envie de partir, de fuir ?

Hasta la vista.

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