POJ

POJ

auxiliaire de justesse
Abonné·e de Mediapart

1010 Billets

8 Éditions

Billet de blog 9 avr. 2013

Le PS adopte tout seul l'ANI du Médef

Le détail du scrutin vient d'être publié sur le site de l'Assemblée. La transposition de l'accord minoritaire obtenu par le Médef a été adopté par le seul parti socialiste et les radicaux de gauche, tous les autres partis ayant voté contre ou s'étant abstenus. C'est une trahison qui s'ajoute à celle de Jérôme Cahuzac.

POJ

POJ

auxiliaire de justesse
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le détail du scrutin vient d'être publié sur le site de l'Assemblée. La transposition de l'accord minoritaire obtenu par le Médef a été adopté par le seul parti socialiste et les radicaux de gauche, tous les autres partis ayant voté contre ou s'étant abstenus. C'est une trahison qui s'ajoute à celle de Jérôme Cahuzac.

La Tribune écrit : " Le texte (...) modifie en profondeur le droit du licenciement économique. Il valide également les accords "de maintien dans l'emploi" qui autorisent une entreprise à baisser temporairement les salaires ou à augmenter le temps de travail. Il encourage également la mobilité interne et externe et généralise les complémentaires santé.

Comment expliquer ce vote exclusivement socialiste avec un tel commentaire de la Tribune ? Il souligne une contradiction de fond qui rend ce vote incompréhensible. Un tel vote favorise l'optimisation des profits en promouvant l'idée que la gestion des salariés n'est qu'une variable d'ajustement : du "matériel humain" qui se gère dorénavant comme des stocks, "juste à temps".

Le détail nominatif du vote est consultable en cliquant sur le lien suivant :

http://www.assemblee-nationale.fr/14/scrutins/jo0481.asp

Ainsi, contre toute attente qu'il a lui-même entretenue sur Médiapart, Jérôme Guedj n'a pas voté contre, il s'est seulement abstenu, malgré son long article " Pourquoi je ne vote pas l'ANI ".

N'ont voté contre que six députés socialistes, en respectant - incroyable mais vrai - la parité, trois femmes et trois hommes :

L'UMP, l'UDI, les Verts se sont  également abstenus.

Les vingt millions de salariés, ouvriers et employés, sont dorénavant prévenus quant à l'idéologie qui préside au sommet du PS et de la CFDT.

Le scandale ordinaire des imposteurs continue. Jérôme Cahuzac est-il vraiment un accident ?

Cette "régression sociale" est contraire au droit. La régression sociale est prohibée. Les députés socialistes le savent puisqu'une question parlementaire en a fait la démonstration lors de la législature précédente.

Le mensonge et la trahison ont été aujourd'hui gravés dans le marbre de la Loi.

Cette loi, comme la réforme des retraites, est inconventionnelle.

Elle viole la Charte des droits de l'homme des Nations-Unies. Et c'est le PS qui la vote.

Ce même PS qui refuse la ratification du protocole additionnel N°12 de la Convention européenne des droits de l'Homme qui améliore très substantiellement la prohibition et la sanction de la discrimination. Ce même PS qui persécute illégalement les Roms et les ouvriers qui manifestent pour leur emploi.

Le Médef a eu gain de cause grâce au seul PS et aux radicaux de gauche.

Cette trahison sociale ne saurait être oubliée par la publication des patrimoines. Cette publication n'empêchera pas les menteurs. Le sort qu'a réservé l'administration à Rémy Garnier dans l'affaire Cahuzac a même montré qu'un fonctionnaire qui s'avise de vouloir faire sont travail de contrôle est sanctionné.

Gérard Filoche a une raison supplémentaire de se sentir trahi. Que fait-il encore au PS ?

Toute ma sympathie va aux adhérents et aux militants sincères du PS et de la CFDT.

________________

Pour aller plus loin :

Démocratie & Socialisme, la revue de la gauche socialiste.

Le patronat fait sa loi : les députés ne doivent pas la voter !

30 ans de petite histoire juridique du temps partiel/intermittent : plus il y en a, plus il y a de chômage ! ça va encore être aggravé par l’ANI Medef

L’ANI expliqué en vidéo : conférence à Argelès-sur-Mer le 14 mars 2013

A l’appel de 1900 socialistes signez pour le « non socialiste au Medef » : renforcer les droits des salariés pas les affaiblir

le « contrat » ne saurait etre « supérieur à la loi », sauf à changer de République

EXPOSE DES MOTIFS pour chacun des 54 amendements puis les 54 amendements précis au projet de loi ANI du 11 janvier 2013

Autant de contrat que possible mais autant de loi que nécessaire !

Le chantage à l’ANI de Laurence Parisot

Etc.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Les agentes du KGB étaient des Américaines comme les autres
Pendant la guerre froide, Russes et Américains arrivent à la même conclusion. Ils misent sur le sexisme de leurs adversaires. Moscou envoie aux États-Unis ses meilleures agentes, comme Elena Vavilova et Lidiya Guryeva, qui se feront passer pendant dix ans pour de banales « desperate housewives ».
par Patricia Neves
Journal — Corruption
Le fils du président du Congo est soupçonné d’avoir blanchi 19 millions d’euros en France
La justice anticorruption a saisi au début de l’été, à Neuilly-sur-Seine, un hôtel particulier suspecté d’appartenir à Denis Christel Sassou Nguesso, ministre et fils du président autocrate du Congo-Brazzaville. Pour justifier cet acte, les juges ont rédigé une ordonnance pénale, dont Mediapart a pris connaissance, qui détaille des années d’enquête sur un vertigineux train de vie.
par Fabrice Arfi
Journal — Écologie
« L’urbanisation est un facteur aggravant des mégafeux en Gironde »
Si les dérèglements climatiques ont attisé les grands incendies qui ravagent les forêts des Landes cet été, l’urbanisation croissante de cette région de plus en plus attractive contribue aussi à l’intensification des mégafeux, alerte Christine Bouisset, géographe au CNRS.
par Mickaël Correia
Journal — Santé
Les effets indésirables de l’office public d’indemnisation
Depuis vingt ans, l’Oniam est chargé d’indemniser les victimes d’accidents médicaux. Son bilan pose aujourd'hui question : au lieu de faciliter la vie des malades, il la complique bien trop souvent.
par Caroline Coq-Chodorge et Rozenn Le Saint

La sélection du Club

Billet de blog
Leur sobriété et la nôtre
[Rediffusion] Catherine MacGregor, Jean-Bernard Lévy, et Patrick Pouyanné, directrice et directeurs de Engie, EDF et TotalEnergies, ont appelé dans le JDD à la sobriété. En réponse, des professionnel·les et ingénieur·es travaillant dans l'énergie dénoncent l'hypocrisie d'un appel à l'effort par des groupes qui portent une responsabilité historique dans le réchauffement climatique. Un mea culpa eût été bienvenu, mais « difficile de demander pardon pour des erreurs dans lesquelles on continue de foncer tête baissée. »
par Les invités de Mediapart
Billet de blog
Réflexions sur le manque (1) : De la rareté sur mesure
Pour que l’exigence de qualité et de singularité de l’individu contemporain puisse être conciliée avec ses appropriations massives, il faut que soit introduit un niveau de difficulté supplémentaire. La résistance nourrit et relance l’intérêt porté au processus global. Pour tirer le meilleur parti de ces mécanismes psycho-comportementaux, nos sociétés "gamifiées" créent de la rareté sur mesure.
par clemence.kerdaffrec@gmail.com
Billet de blog
De quoi avons-nous vraiment besoin ?
[Rediffusion] Le choix de redéfinir collectivement ce dont nous avons besoin doit être au centre des débats à venir si l'on veut réussir la bifurcation sociale et écologique de nos sociétés, ce qui est à la fois urgent et incontournable.
par Eric Berr
Billet de blog
La sobriété, c'est maintenant ou jamais
Le bras de fer en cours avec la Russie autour des énergies fossiles est l’occasion d’entrer de plain-pied dans l’ère de la sobriété énergétique. Pourtant, nos gouvernants semblent lorgner vers une autre voie : celle qui consiste simplement à changer de fournisseur, au risque de perdre toute crédibilité morale et de manquer une occasion historique en faveur du climat.
par Sylvain BERMOND