Le PS adopte tout seul l'ANI du Médef

Le détail du scrutin vient d'être publié sur le site de l'Assemblée. La transposition de l'accord minoritaire obtenu par le Médef a été adopté par le seul parti socialiste et les radicaux de gauche, tous les autres partis ayant voté contre ou s'étant abstenus. C'est une trahison qui s'ajoute à celle de Jérôme Cahuzac.
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Le détail du scrutin vient d'être publié sur le site de l'Assemblée. La transposition de l'accord minoritaire obtenu par le Médef a été adopté par le seul parti socialiste et les radicaux de gauche, tous les autres partis ayant voté contre ou s'étant abstenus. C'est une trahison qui s'ajoute à celle de Jérôme Cahuzac.

La Tribune écrit : " Le texte (...) modifie en profondeur le droit du licenciement économique. Il valide également les accords "de maintien dans l'emploi" qui autorisent une entreprise à baisser temporairement les salaires ou à augmenter le temps de travail. Il encourage également la mobilité interne et externe et généralise les complémentaires santé.

Comment expliquer ce vote exclusivement socialiste avec un tel commentaire de la Tribune ? Il souligne une contradiction de fond qui rend ce vote incompréhensible. Un tel vote favorise l'optimisation des profits en promouvant l'idée que la gestion des salariés n'est qu'une variable d'ajustement : du "matériel humain" qui se gère dorénavant comme des stocks, "juste à temps".

Le détail nominatif du vote est consultable en cliquant sur le lien suivant :

http://www.assemblee-nationale.fr/14/scrutins/jo0481.asp

Ainsi, contre toute attente qu'il a lui-même entretenue sur Médiapart, Jérôme Guedj n'a pas voté contre, il s'est seulement abstenu, malgré son long article " Pourquoi je ne vote pas l'ANI ".

N'ont voté contre que six députés socialistes, en respectant - incroyable mais vrai - la parité, trois femmes et trois hommes :

L'UMP, l'UDI, les Verts se sont  également abstenus.

Les vingt millions de salariés, ouvriers et employés, sont dorénavant prévenus quant à l'idéologie qui préside au sommet du PS et de la CFDT.

Le scandale ordinaire des imposteurs continue. Jérôme Cahuzac est-il vraiment un accident ?

Cette "régression sociale" est contraire au droit. La régression sociale est prohibée. Les députés socialistes le savent puisqu'une question parlementaire en a fait la démonstration lors de la législature précédente.

Le mensonge et la trahison ont été aujourd'hui gravés dans le marbre de la Loi.

Cette loi, comme la réforme des retraites, est inconventionnelle.

Elle viole la Charte des droits de l'homme des Nations-Unies. Et c'est le PS qui la vote.

Ce même PS qui refuse la ratification du protocole additionnel N°12 de la Convention européenne des droits de l'Homme qui améliore très substantiellement la prohibition et la sanction de la discrimination. Ce même PS qui persécute illégalement les Roms et les ouvriers qui manifestent pour leur emploi.

Le Médef a eu gain de cause grâce au seul PS et aux radicaux de gauche.

Cette trahison sociale ne saurait être oubliée par la publication des patrimoines. Cette publication n'empêchera pas les menteurs. Le sort qu'a réservé l'administration à Rémy Garnier dans l'affaire Cahuzac a même montré qu'un fonctionnaire qui s'avise de vouloir faire sont travail de contrôle est sanctionné.

Gérard Filoche a une raison supplémentaire de se sentir trahi. Que fait-il encore au PS ?

Toute ma sympathie va aux adhérents et aux militants sincères du PS et de la CFDT.

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Pour aller plus loin :

Démocratie & Socialisme, la revue de la gauche socialiste.

Le patronat fait sa loi : les députés ne doivent pas la voter !

30 ans de petite histoire juridique du temps partiel/intermittent : plus il y en a, plus il y a de chômage ! ça va encore être aggravé par l’ANI Medef

L’ANI expliqué en vidéo : conférence à Argelès-sur-Mer le 14 mars 2013

A l’appel de 1900 socialistes signez pour le « non socialiste au Medef » : renforcer les droits des salariés pas les affaiblir

le « contrat » ne saurait etre « supérieur à la loi », sauf à changer de République

EXPOSE DES MOTIFS pour chacun des 54 amendements puis les 54 amendements précis au projet de loi ANI du 11 janvier 2013

Autant de contrat que possible mais autant de loi que nécessaire !

Le chantage à l’ANI de Laurence Parisot

Etc.

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