L'UMP contre les droits de l'homme

La nouvelle campagne majoritaire stigmatisante s'en prend aux faibles et flatte ses donateurs. Une fois encore, l'UMP méprise les droits sociaux et vise à en réduire leurs effets alors que le droit international et le droit de l'Union s'y opposent et le lui interdisent. Un moyen pour la gauche de reprendre l'avantage dans le débat politique et de répondre à l'attente de son électorat indigné, de plus en plus impatient.
Ferrat chante Potemkine © william780
Ferrat chante Potemkine © william780

La nouvelle campagne majoritaire stigmatisante s'en prend aux faibles et flatte ses donateurs. Une fois encore, l'UMP méprise les droits sociaux et vise à en réduire leurs effets alors que le droit international et le droit de l'Union s'y opposent et le lui interdisent. Un moyen pour la gauche de reprendre l'avantage dans le débat politique et de répondre à l'attente de son électorat indigné, de plus en plus impatient.

 

L'article de Marine Turchi amène à se demander si le reproche essentiel du gouvernement aux malades ne serait pas qu'ils ne fassent pas assez de dons à l'UMP (et à ses micros partis) comme, par exemple, pourraient en faire... les propriétaires de cliniques privées. Une telle hypothèse expliquerait la raison pour laquelle la fraude à la sécurité sociale des cliniques ne semble pas faire l'objet de la même attention et que le discours UMP se limite aux personnes qui se font soigner (à l'hopital public dont on supprime des lits) et non à l'industrie qui prétend les soigner.

 

Le scandale de Servier est aussi une fraude à la sécurité sociale, si tant est qu'on veuille bien l'analyser sous l'aspect du préjudice collectif et financier engendré.

 

La fraude à la sécurité sociale (et à l'URSSAF) révèle le même problème que le contrôle des marchés publics. Il n'y a aucun moyen pour la prévenir et la sanctionner.

 

Un service de contrôle de l'URSSAF ou le bureau des marchés publics dans une préfecture comporte un effectif qui se compte souvent sur le doigt d'une seule main. Mettre un employé derrière une montagne de dossiers a l'avantage de permettre de dire qu'il existe un service de contrôle - une apparence de rigueur - tout en le privant de capacité d'action.

 

Le gouvernement tire donc prétexte de sa propre impéritie (une absence de moyens doublée d'une réduction des effectifs) pour alarmer l'opinion et la culpabiliser à propos d'un phénomène dont il est le principal responsable.

 

Petite précision à la majorité qui néglige les droits fondamentaux, le droit à la santé est un droit de l'homme que la France s'est engagée à respecter par les traités internationaux qu'elle a ratifiés.

 

Autre détail, le comportement de l'UMP et son discours visant à limiter ce droit à la santé emporte la responsabilité sans faute de l'Etat selon la jurisprudence du Conseil d'Etat.

 

Enfin, comme celle du juge en matière de justice, l'indépendance du médecin est le garant du droit à la santé et l'Etat a l'obligation d'en garantir l'effectivité. L'Etat ne peut donc pas s'immiscer dans l'exercice de l'art médical au même titre qu'il ne saurait intervenir - en principe - dans le processus judiciaire, même si le particularisme culturel français en la matière persiste malgré les rappels réguliers venant de Strasbourg.

 

La gauche pourrait se saisir de cet argumentation pour contredire la majorité et porter un coup d'arrêt à la politique scandaleuse qui prive les faibles et les démunis de la solidarité nationale, ce qui fait le lien et la raison d'être d'une société. L'UMP porte atteinte à la fonction politique en la réduisant à un simple office comptable.

 

La contravention à la prohibition de la régression sociale posée tant par le droit international que le droit de l'Union, comme Martine Billard l'a déjà invoquée dans une question parlementaire, et à laquelle le gouvernement persiste à s'abstenir de répondre depuis six mois, est à nouveau à l'oeuvre (voir également le rabaissement des garanties des fonctionnaires en matière de maladie alors que le droit impose de relever les niveaux de protection à celui le plus élevé).

 

Le paradoxe de la majorité est de faire peser une menace financière sur les assurés sociaux, au risque de les dissuader de se faire soigner et de favoriser n'importe quelle épidémie, tout en les invitant à aller se faire vacciner contre le virus de la grippe de l'an dernier.

 

Mise à part Martine Billard, cette opposition paraît bien atone au mépris des droits sociaux et aux principes fondamentaux qui les régissent.

 

Il est grand temps que l'opposition s'alarme à propos d'un comportement scandaleux d'une majorité méprisant durablement les droits de l'homme ; d'autant qu'il semblerait qu'il y ait des échéances électorales. Où sont les mâles à gauche ? Il serait bien qu'ils sachent faire parler d'eux autant pour leur politique qu'à cause de leurs hormones.

 

Martine Billard montre que la femme est non seulement l'avenir de l'homme, mais qu'elle devient vraissemblablement aussi celui de la politique.

 

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