Manuel Valls : l'article 49-3 est un crash-test démocratique. La responsabilité historique des députés du PS

La prise d'otage du PS par Manuel Valls atteint son acmé. La procédure de l'article 49-3 opposée aux parlementaires pour faire taire la contestation sur la défense des droits fondamentaux s'apparente aux pleins pouvoirs de Pétain. Manuel Valls impose aux députés de choisir entre sa personne et les valeurs démocratiques. Cette prétention fascistoïde a été amplifiée par la mise en scène politique du 11 janvier.

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La prise d'otage du PS par Manuel Valls atteint son acmé. La procédure de l'article 49-3 opposée aux parlementaires pour faire taire la contestation sur la défense des droits fondamentaux s'apparente aux pleins pouvoirs de Pétain. Manuel Valls impose aux députés de choisir entre sa personne et les valeurs démocratiques. Cette prétention fascistoïde a été amplifiée par la mise en scène politique du 11 janvier.

Sauf que le 11 janvier, n'en déplaise aux commentateurs complaisants du pouvoir, n'a pas été un plébiscite, ni un blanc-seing, à la dérive libérale, et encore moins une consécration de l'Elysée et Matignon ; malgré la complaisance d'une assemblée qui s'est fourvoyée dans une célébration d'un soit-disant courage politique pour masquer, en fait, ce qui ne fut qu'un fiasco sanglant supplémentaire du paradigme sécuritaire.

Cessons d'être dupes.

Manuel Valls a tenté d'instrumentaliser à l'avantage de sa personne  l'assassinat des journalistes de Charlie Hebdo et des clients de l'hyper cacher de la Porte de Vincennes.

Jusqu'où devra-ton supporter l'indécence d'un tel comportement politique qui n'hésite pas à manipuler les émotions à son profit, au mépris de l'intérêt général et pour la seule satisfaction de quelques fortunes capables d'embaucher des mercenaires lobbys ?

Il faut mettre un terme à la mythomanie et à la superficialité d'une action politique, qui placent à la tête de l'Etat des personnes dont le comportement relève plus du profil d'un môme capricieux que de celui d'un adulte responsable. 

Les procès de Lille et de Bordeaux montrent l'inconsistance morale d'un personnel politique et les dérives auxquelles peuvent aboutir une mansuétude anormale des partis politiques.

Si l'Assemblée abdique devant un homme menant une politique autoritaire sans aucune légitimité démocratique, elle abdique alors aussi des valeurs fondamentales de la République, dont elle est la gardienne, selon la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen.

La motion de censure met au défi les députés socialistes de choisir entre un homme et les valeurs de la République ; qu'il méprise et bafoue comme la loi Macron en est le dernier exemple (La loi Macron va être adoptée, et c'est pas fini).

Le devoir de mémoire rappelle une chose essentielle. Avant toutes ses conséquences néfastes, le fascisme, soit on y résiste, soit en s'en fait le complice. L'histoire retient les noms.

Le courage, c'est de savoir dire "non".  Le rejet de la motion de censure sera nécessairement mal interprété au sein de la gauche. La Droite, elle, a de toutes les façons déjà gagnée. Elle est déjà au pouvoir, et si on ne la renverse pas, elle y reviendra encore plus forte.

Les frondeurs qui voteront "non" resteront inscrits dans l'Histoire comme les résistants et les défenseurs de la Démocratie. Les autres rejoindront la cohorte de ceux que l'histoire retient pour leur lâcheté politique. Il est vain de dénoncer une "menace terroriste" quand l'abdication aux valeurs de la République trouve sa source dans les votes du Palais Bourbon.

Manuel Valls offre donc aujourd'hui l'occasion à chaque député de gauche de choisir d'être un "Tsipras" ou un "Papaandréou".

Se réclamer de gauche n'est pas suffisant. Pierre Laval aussi était de gauche, comme Marcel Déat, et...

Aujourd'hui, les députés n'ont pas l'excuse d'une occupation étrangère.

 

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Valls prend en otage le PS

Un gouvernement qui viole les droits de l'Homme est-il un gouvernement fasciste ?

Emmanuel Macron viole les droits de l'Homme

Richard Ferrand, le député socialiste inconventionnel qui a déposé un amendement qui viole les droits de l'Homme

 

illustration :

Le tombeau de Tommy

 

" DSK aura-t-il vu juste avant tout le monde? Alors que le débat autour d'une hypothétique dissolution de l'Assemblée nationale monte, jusqu'à atteindre les rangs du PS, l'ex-directeur général du FMI anticipe depuis longtemps cette éventualité. «Il est le premier, dès juillet 2012, à avoir pronostiqué une dissolution en 2015», confie le socialiste Julien Dray dans Le Point. " Le Figaro : http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2014/06/26/25002-20140626ARTFIG00121-critique-vis-a-vis-de-hollande-dsk-pronostique-une-dissolution-en-2015.php

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