Le PS se complaît à incriminer un éparpillement de la gauche pour excuser son échec. C'est faux. Un tel raisonnement est une escroquerie intellectuelle. La faute en revient exclusivement au PS et à ses trahisons depuis deux ans et demi à l'égard d'un électorat qui l'a porté au pouvoir.
Si le PS avait mené une politique de gauche, aucun autre parti politique de gauche n'aurait hésité à s'associer avec lui.
C'est parce que le PS a trahi la gauche, et continue de le faire comme l'a montré la loi Macron et le démontre la loi Urvoas, que les autres partis de gauche sont réticents à se compromettre avec un pouvoir et une majorité parjures.
Il faut donc cesser d'admettre ces analyses spécieuses qui tentent de masquer les causes réelles du divorce de l'électorat de gauche avec un PS qui le trahit depuis deux ans et demi.
L'électorat de gauche ne négocie par les valeurs pour lesquelles il vote. De même, au bout d'un certain délai, il fait le bilan de ce qui lui reste de droits sociaux : accès au logement, accès à un emploi avec un salaire permettant de vivre dignement, retraites, accès à l'instruction et à la culture, droit du travail, accès et qualité des services de santé, défense du consommateur, services publics, qualité de vie, ... La casse en deux ans et demi dépasse les espérances de l'UMP et de l'IFRAP réunis.
Le baratin comptable de la majorité n'est pas en mesure de convaincre un électeur de gauche, bien au contraire, il le conforte dans l'idée qu'on se moque de lui.
D'ailleurs, les chiffres eux-mêmes, si tant est qu'on s'y intéresse sérieusement, révèlent l'ampleur du mensonge du pouvoir et sa mansuétude étonnante à l'égard de ceux qui sont à l'origine de la crise et qui en tirent profit :
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Le démenti de la réalité des chiffres signale soit que nous avons affaire à une grande incompétence soit à des renégats de la gauche. Il n'y a dès lors aucune raison de chercher à comprendre les doutes qui traversent la gauche.
L'histoire a montrer les risques qu'il y a à se compromettre politiquement, à s'associer à des traîtres. C'est la raison de l'atermoiement et de la division de la gauche.
Un premier ministre libéral au socialisme allégé à 5% et un président parjure qui méprise son électorat ne sont pas en mesure à critiquer un manque de solidarité.
La trahison des idées de la gauche finit d'user l'appel au pacte républicain. Il fait trop penser à la couillonnade de l'Union sacrée à laquelle s'opposait Jaurès. Les grands-parents ou arrières grands parents ont bien donné et ils ont élevé les générations suivantes à bien s'en méfier.
Quant au discours anti-FN qui se cantonne à la manipulation de l'émotion, c'est une posture d'intellectuel de salon qui n'est pas en mesure de mobiliser les électeurs confrontés aux difficultés du quotidien.
Le discours sur l'antifascisme est un luxe de militant bien installé dans la vie et la France, avec la politique libérale de Valls, compte beaucoup plus d'électeurs confrontés à des conditions de vie difficile que de militants du parti socialiste.
Une véritable lutte contre la montée de l'extrême-droite passe par un travail de fond qui porte sur la démonstration de l'inanité et de la vacuité de ses propositions.
Le Canard enchaîné l'a fait.
Cela n'a pas été repris, par personne.
Le baratin de communicant du premier ministre à crier au loup tout en creusant la tombe du peuple de gauche est une posture de fossoyeur.
Il finit de confirmer la superficialité d'un discours et du débat qu'il génère et auquel les commentateurs se limitent confortablement. Riend e tel pour démobiliser et convaincre l'électorat de gauche qu'il faut qu'il se débrouille seul à se sortir des problèmes dans lesquels l'enfonce le pouvoir actuel.
Alors, le dimanche, forcément, l'électeur de gauche, confronté à la nécessité de trouver des solutions à ses soucis, a autre chose à faire que d'aller voter pour des gens qui l'ont mis dans la merde. Et qui lui ont menti en 2012.
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Illustration :
" De Révolution en République. Les chemins de la France "
Collection Quarto, Gallimard
Parution : 05-02-2015