Le grand Guignol européen : 500 millions d'habitants abandonnés à la spéculation américaine

Martine Orange démontre que les agences de notation sont une supercherie. Elles donnent l'illusion de la transparence alors qu'elles participent à entretenir la confusion à l'origine des crises, des spéculations et de la destruction des économies nationales. Elles induisent en erreur l'opinion en abusant de la confiance et des apparences.
Joseph Stiglitz - France Inter © France Inter
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Martine Orange démontre que les agences de notation sont une supercherie. Elles donnent l'illusion de la transparence alors qu'elles participent à entretenir la confusion à l'origine des crises, des spéculations et de la destruction des économies nationales. Elles induisent en erreur l'opinion en abusant de la confiance et des apparences.

La finance américaine détruit et déstabilise l'Europe plus efficacement qu'AL QUAÏDA. Le juge Fragnoli avait jugé dans l'affaire de Tarnac que «les actes de terrorisme visent à intimider gravement une population, ou à contraindre indûment un gouvernement ou une organisation internationale à accomplir ou à s'abstenir d'accomplir un acte quelconque, ou à gravement déstabiliser ou détruire les structures fondamentales politiques, constitutionnelles, économiques ou sociales d'une organisation internationale».

Sans nécessiter l'action du Parquet de Paris, L'Europe n'est pas désarmée et tout n'est pas de la faute de la Grèce.

On réécoutera l'interview de Joseph Stiglitz.

Sur la responsabilité des agences de notation (page 2 de l'article de Martine Orange) :

Citant le blog de Paul Jorion, Martine Orange nous informe sur l'évolution récente de la jurisprudence américaine. Les agences de notation plaident la liberté d'expression (?) pour s'exonérer de toute responsabilité. C'est confondre la "liberté d'expression" - les erreurs des agences de notation et leur fourvoyements sont tels qu'on la devine absolue - avec l' "obligation d'information" qui leur impose de délivrer des renseignements exacts sur l'état du marché. La distinction est d'importance et elle mériterait d'être soulevée par les gouvernements. Il serait normal et logique qu'une agence de notation qui vende de mauvaises informations voit sa responsabilité engagée comme Vivendi à l'égard de ses actinnaires - par ex. - ou comme n'importe quel professionnel défaillant et soit appelée en garantie des dommages de son impéritie. Il serait intéressant d'invoquer cette éventualité avec un avocat d'affaires (grec ?) et demander à Monsieur Marc Ladreit de la Charrière ce qu'il en pense. Le droit international n'est pas silencieux sur le sujet (1).

La concurrence et le bon sens commanderaient qu'il existe une agence de notation publique pour prévenir les dérives mercantiles, comme il devrait également exister une banque de dépôt et de placements publique pour équilibrer l'offre et garantir aux revenus modestes un service bancaire protégé des aléas du système financier actuel dont ils les premières et les seules victimes, pusqi'ils y perdent leurs économies, leur travail et leur maison.

Le comportement de l'Europe à l'égard de la Grèce est hontex.

A commencer par l'Allemagne qui a oublié que tous les Etats de l'Union ont supporté le coût de la réunifciation en acceptant une politique de taux forts qui a plombé leur économie pour permettre à l'Allemagne de survivre.

Ne nous laissons pas endormir par les accusations portées contre la Grèce, qui demeure responsable. Mais les torts ne sont pas aussi exclusifs.

L'Union européenne est également responsable de la situation actuelle en Grèce. Dès l'origine.

Elle ne fera croire à personne que les pays du groupe euro n'avaient pas connaissance de la tricherie du gouvernement grec au moment de la sélection des pays éligibles à l'euro, fondée sur l'analyse des comptes nationaux de Etats. Ce que publie le New York Times ne permet pas d'en douter.

Il appartenati alors aux pays européens d'accepter et d'assumer l'adhésion de la Grèce - qu'ils souhaitaient pour donner plus de poids à la nouvelle monnaie - en l'aidant à se refinacer plutôt que de l'abandonner en connaissance de cause à la spéculation de Goldman Sachs.

Ce qui arrive aujourd'hui était donc prévisble et n'a rien d'étonnant. C'est donc délibérément que l'Europe s'est rendue complice de la faillite de la Grèce pour ne pas avoir voulu l'aider quand c'était possible et beaucoup moins cher.L'Euroep a connu des taux à 1,5ù. L'Europe porpose aujoud'hui d'aider la Grèce avec des prêts à cout terme (6 mois un an) à des taux de 8%.

Que sont 120 milliards quand ces mêmes pays onts donné plusieurs milliers de millards à des banques qui menace l'équilibre poltique de la planète ? Parce que derrière la Grèce, se profile l'Espagne, le Portugal,l'Irlande, la Grande Bretagne, l'Europe ? Rien ne garantit pas que l'endettement catastrophique de la France et des USA seront épargnés par ceux qui s'acharnent sur la Grèce aujourd'hui. D'où, peut-être, la nécessité de réagir collectivement, politiquement et vite.

Gouverner c'est prévoir et on sait depuis Talleyrand que "Les financiers ne font bien leurs affaires que quand les États font mal les leurs". L'échec du politque est patent parce qu'il a démissionné de son rôle en matière économique.

Il appartient à l'Europe de sauver la Grèce sans le FMI si elle veut prouver au Monde qu'elle est crédible.

Le seul fait de l'affirmer fera baisser les taux et cesser la spéculation. Créer une agence de notation européenne permettra enfin à l'économie européenne de se désolidariser des défauts du libéralisme anglo saxon qui polluent l'économie. Pourquoi Monsieur Trichet ne prend-il pas l'initiative d'une telle idée, puiqu'il défend un euro fort et qu'il est attaqué par la spéculation ? Son siège à l'Académie des Sciences morales devrait normalement lui inspirer d'autres réactions que le silence aprèsa voir su si bien défendre l'Euro sous la coupole.

nb : paradoxe des défenseurs du libéralisme, il soutiennet une logique permettant à une seule personne de gagner 4 milliards de dollars en un an qui nécessite de maintenir un milliard d'humains avec un revenu d'un dollar par jour. Cette situation jugée scandaleuse en Afrique pour stigmatiser la fortune des dictateurs - et se donner bonne conscience - n'engendre aucune mise en cause. C'est légal - "astucieux" selon Obama - quand on fait des affaires. Le milliardaire a le droit de corrompre le dictateur mais le dictateur n'a pas le droit d'être corrrompu. Le plus infréquentable des deux n'est pas le plus inepte.

(1)

La liberté d’expression est un droit civil et politique. Tout le monde en dispose. L’argumentation des agences de notation est infondée parce qu’il ne s’agit pas d’un moyen pertinent et la décision juge américain n'applique pas totalement la logique juridique semblant s’imposer.

On attaque pas son garagiste sur le terrain de la liberté d’expression quand on a un accident en sortant de chez lui après une révision et que la voiture n’a plus de frein.

Les agences de notation sont tenues à une obligation d‘information, C’est d'ailleurs leur activité. Elles ont donc l’obligation de délivrer une information exacte.

L'inexécution de l’obligation d‘information engage la responsabilité professionnelle. Elle existe en France à la charge de tous les professionnels. Elle existe aussi dans le droit de l’Union à la charge de l’employeur.

Il paraît donc possible de réfléchir à un recours contre Goldman Sachs et contre les agences de notation pour le préjudice financier subi. Il est également possible de réfléchir à la responsabilité internationale des USA d'avoir laissé se développer un système sur leur sol aboutisant à menacer l’économie, la sécurité et la paix d’autres pays.

Il existe en effet une responsabilité internationale pour manquement à l’obligation d’informer d’un risque (Ex. Affaire du détroit de Corfou de la CIJ) ou de "due diligence". Celle-ci impose à tout Etat de prévenir et d'agir à l’intérieur de son territoire contre les activités pouvant attenter à la paix ou à la sécurité des autres Etats, ou à leurs ressortissants.

Un grand principe du droit international est également d’agir de bonne foi (Convention de Vienne sur le droit des Traités).

L'Europe n'est donc pas désarmée contre le système financier, même américain.

Une telle réaction sera salutaire. Elle signalera l'importance qu'attache l'Europe au prinicpe de solidarité. Elle préviendra les futurs débordements vélléitaires méprisant la dignité humaine et un développement durable et harmonieux.

Reste à savoir si nos élus européens croient en les prinicpes pour lesquels ils prétendent se faire élire. Un doute est permis, même parmi les plus bruyants. Ils ont l'occasion de se racheter. Le cours est assez bas.

L'Europe sauvant la Grèce est tout un symbole. Ce serait même un acte fondateur, l'hommage de la fille à sa mère, une réponse à l'histoire. Ce monde de brutes mépriserait-il tant la culture classique ?

 

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