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Billet de blog 1 mai 2022

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Les devoirs : en donner ou pas ?

Il y a une soixantaine d’années nos anciens ont réalisé que les devoirs étaient plus nuisibles qu'utiles, et donc en toute logique ils ont décidé de les bannir. Pourtant aujourd’hui il existe toujours des enseignants réactionnaires qui nient cette réalité et refusent le progrès pédagogique.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Ce sont bien nos grands-parents qui avaient raison : toutes les études démontrent clairement que les devoirs sont nuisibles, et il y a mille raisons parfaitement rationnelles de ne pas en donner à nos élèves, qu’il soit écrit ou oral.
 
Mais l’acharnement des pro-devoirs frise le fanatisme religieux, lorsqu’on suggère que leurs sacro-saints devoirs pourraient être inutiles et nuisibles, c’est leur monde qui s’écroule, leurs traditions, leurs croyances.
Croyances, oui, car leurs convictions reposent non pas sur des arguments rationnels, mais uniquement sur des superstitions.
 
A l'attention de ceux qui acceptent de faire preuve d'esprit critique, voici un petit “débunkage” de cette pratique, en s’attachant uniquement aux faits, et en laissant de côté tout le côté affectif qui pourrait obscurcir notre réflexion.

ATTENTION : il est important de préciser que lorsqu’on parlera de “devoirs” dans cet article, en réalité cela concerne n’importe quel type de travail à réaliser en dehors des heures de classe, qu’il soit écrit ou pas.
En effet, les études ne font aucune différence entre les travaux écrits, les leçons à apprendre ou les recherches de documents : dans tous les cas, il s’agit d’un travail supplémentaire imposé, qui entraîne exactement les mêmes conséquences.
En réalité, cette distinction entre devoirs écrits et leçons n’existe qu’en France, en raison de sa législation particulière.

D’autre part, cet article ne concerne QUE l’enseignement primaire. Les choses sont différentes avec des adolescents, et les études concordent toutes sur le fait que plus les élèves sont âgés, plus ils tirent bénéfice des devoirs (ce qui n’est pas du tout le cas au primaire, encore une fois).


1 - Pourquoi donner des devoirs ?

Quelles sont les raisons prônées par les pro-devoirs ?

➡ "On a toujours fait comme ça, on n'en est pas morts !"

C'est l'argument d'Amonbofis, l'architecte de Cléopatre dans le film "Astérix et Obélix Mission Cléopatre" : Astérix et Cléopâtre - On a tout le temps fait comme ça
Super argument pédagogique ! Dois-je vraiment approfondir l’analyse de cette réponse...?
Toutefois si vous pensez que c’est un motif qui tient la route, je vous invite à y réfléchir à l’appui de cette lecture : Le théorème du singe

➡ "Sans les devoirs on n'arrive pas à terminer le programme."

Sans blague ? Ben c'est quand même pour ça qu'on nous paye ! Que diriez-vous d'un mécano qui vous rendrait une voiture sans terminer les réparations sous prétexte qu'il manque de temps, vous demanderait de remonter vous-mêmes la boite de vitesses, mais prendrait quand même son salaire plein ?!!

Ce genre d'excuse n'a généralement qu'un résultat : faire passer celui qui l'utilise pour un incompétent et un amateur.
Lorsqu'on est incapable de terminer dans les délais le travail pour lequel on est payé, c'est un constat d'échec.

De plus, l'enseignant qui donne du travail supplémentaire doit évidemment le préparer, ce qui lui demande un temps non négligeable. En classe, il faut également expliquer les consignes, copier ou coller les devoirs sur le cahier, puis le lendemain faire réciter, corriger...

D'après une étude de Jean-Marc Richard (1990), 30 à 45 minutes par jour sont prises sur le temps de classe rien que pour les devoirs, c’est à dire... 1/2 journée de classe par semaine gaspillée en pure perte !
Et certains enseignants avoueraient consacrer 20% de leur temps de préparation hebdomadaire juste pour ces devoirs !

Dans ces conditions, pas étonnant qu'ils n'arrivent pas à terminer les programmes !

Alors peut-être qu'il serait judicieux d'utiliser ce temps plutôt pour un véritable enseignement pendant le temps de classe...?

➡ "Les devoirs participent à développer l'autonomie et à responsabiliser les élèves."

L'autonomie et la responsabilisation peuvent parfaitement se développer à l'école, et sans donner une surcharge de travail en dehors des heures de classe.

L'autonomie et la responsabilisation peuvent parfaitement se développer à l'école, et sans donner une surcharge de travail en dehors des heures de classe.
Avec l’utilisation des plans de travail individuels par exemple.

Voici un peu de littérature à ce sujet :

Si l’on va en classe, c’est pour y apprendre, mieux que chez soi, à assumer ses responsabilités d’homme libre et responsable. Pourquoi, dès lors, exporter une partie de la tâche d’apprentissage vers les familles ?
(Maulini, 2000)

- Selon Begoc (2002), seuls 16% sont capables de donner du sens aux devoirs. Et encore, l'enquête porte sur des pré-ados (CE2, CM1, CM2), j’imagine les résultats qu’on aurait avec des gamins de CP !

- Selon Perrenoud (1990), l’autonomie ne s’atteint pas en donnant aux élèves des consignes pour qu’ils agissent seuls. Travailler par obligation et souvent sans envie n’a pas véritablement de sens.

- « L’autonomie cela s’apprend peut être mais pas dans la solitude, pas face aux tâches démotivantes imposées par le maître, sans nécessité bien établie », (Richard, 1990).

- Pour 72% des enfants, les devoirs font moins aimer l’école (Goupil, Comeau et Dore, 1997)

- Et quand on sait que 95% des parents disent consacrer du temps pour le travail de leurs enfants (Goupil, Comeau, Dore, 1997), on peut douter très fortement de l'autonomie réelle des élèves à la maison : en réalité, bien souvent c’est le travail des parents qui est donné à l’enseignant !

➡ "Les parents paient les enseignants, via leurs impôts, ils sont donc au final leur véritable employeur."

Il faut distinguer le donneur d'ordre et le payeur, qui bien souvent ne sont pas les mêmes.

Les médecins sont payés par les patients (même si c'est par l'intermédiaire de la Sécurité Sociale), ils sont à leur service, mais ils ne sont pas à leurs ordres.
Les militaires sont également payés par le contribuable. Je vous propose d'essayer d'aller donner des ordres à un gendarme sous prétexte que son salaire est payé par vos impôts, vous risquez d’être bien reçus !

Et pour prendre un exemple plus proche de l'école, les ATSEM sont payées par les communes, mais elles reçoivent leurs ordres du directeur et des enseignants.

Une telle idéologie est même particulièrement dangereuse, car elle mène aux dérives qu'on peut observer dans certains états des USA, où les programmes scolaires sont élaborés uniquement en fonction des caprices des parents, et peuvent même comprendre l'enseignement du créationnisme !

➡ "Plus on travaille et plus on progresse, c'est mathématique !"

Ben voyons, c'est pourtant facile, la voilà donc la solution !

Non mais sérieusement, s'il s'agissait d'une simple équation travail = réussite, on aurait résolu tous les problèmes du monde depuis très longtemps !

C'est oublier quelques facteurs importants, comme la qualité du travail : l'environnement familial n'est pas adapté au travail scolaire, et les élèves sont fatigués après une grosse journée d'école.
Donc ils travaillent plus, et surtout ils travaillent mal, ce qui est contre-productif.

Si on fait un parallèle avec le sport, un athlète qui s'entraîne longtemps mais mal, va progresser peu et lentement.
Dans le même temps, un autre athlète qui s'entraînera moins mais mieux (et il ne s'agit pas uniquement d'intensité) progressera beaucoup plus et plus vite.

Autre question essentielle : face à un élève qui passe plus de temps qu'un autre sur un même devoir, comment peut-on savoir si ce n'est pas tout simplement parce qu'il n'a rien compris, et donc qu'il a passé tout ce temps... en vain ?!!

La littérature est également très critique à ce sujet :

- "Contrairement au discours généralement tenu par les parents et les enseignants, les devoirs ne peuvent être, selon plusieurs chercheurs, un moyen efficace de lutter contre l’échec scolaire."
(rapport du Haut Conseil de l'évaluation de l'école, 2004)

- Il faut que l’échec soit attaqué à la racine par un enseignement différencié en classe et non par des « compensations illusoires »
(Perrenoud, 1990)

- "Passer beaucoup de temps à faire ses devoirs réduirait le taux de réussite aux examens, ou au mieux, ne l'impacterait pas".
Plus les étudiants passent de temps à leurs devoirs, moins leurs résultats sont bons dans l'enquête PISA.
On observe la même corrélation lorsqu'on compare le temps passé aux devoirs et les tests de performance des écoles elles-mêmes. Les études précédentes ont également montré ces mêmes tendances.
Une heure de devoirs ou deux par semaine ne change rien aux résultats des élèves, ni dans un sens ni dans l'autre.
(Walker et Horsley, 2012)

➡ "A l'étranger, les élèves travaillent plus en dehors de l'école, et ils ont de meilleurs résultats."

Ah vraiment ? Pourtant après vérification, la littérature donne un tout autre son de cloche :

- "En France, ce temps consacré au travail d’après classe est d’autant plus critiqué par certains chercheurs que le pays a un des plus forts taux de charge scolaire annuelle"
"Aux Etats Unis, le débat sur le rythme de travail des enfants est également central dans les discussions"
"les coréens consacrent moins de temps que les français à cette tâche scolaire"
"D’après une enquête internationale du National Center for Education Statistics menée dans 18 pays, nombreux sont les élèves de 13 ans qui consacrent au minimum 2 heures par jour aux devoirs."
"Les résultats ne sont en effet pas forcément indexés au temps consacré au devoirs"
(rapport du Haut Conseil de l'évaluation de l'école, 2004)

- "en 1995, la troisième étude internationale en mathématiques et en sciences (TIMSS) a montré que le Japon et l’Allemagne donnent moins de devoirs à la maison mais dépassent le niveau des élèves américains"
(Kravolec et Buell, 2001)."

➡ "La majorité des enseignants continue à donner des devoirs malgré l'interdiction officielle depuis 1956, c'est bien la preuve que c'est utile, non ?"

Non, le nombre ne fait pas la preuve : pour rappel, Hitler a été démocratiquement élu (et un "point Godwin" pour moi !).

Et d'un autre côté, on pourrait aussi arguer du fait que des milliers d'enseignants pensent à l’inverse que les devoirs sont néfastes.

D'après une étude de Dubois, L. & Navarro Dubois G. (1997), en France les enseignants donnent des devoirs davantage pour se conformer à la règle et répondre aux attentes des parents que pour leur utilité pédagogique.

De plus, outre le regard des familles, c’est celui des pairs qui semble justifier le comportement de certains enseignants. En effet, le "sérieux" du professeur semble être associé au fait de donner ou non des devoirs aux élèves.
Ce sont les effets de la fameuse "constante macabre" (cf. études d'André Antibi).

Une autre étude, celle de Steffen et Favre (1988), indique que les enseignants disent des devoirs : « on en donne parce qu’il le faut (…) mais on n’y croit pas trop ».

➡ "Donner du travail après l'école, c'est la liberté pédagogique de l'enseignant."

NON ! La liberté pédagogique s'exerce à l'école, dans le cadre de la classe et de l'enseignement scolaire. Elle s'arrête à la grille de l'école, lorsque la cloche a sonné.

Les élèves n'appartiennent pas à l'enseignant 24h sur 24 !!!

➡ "Les élèves et les parents sont demandeurs."

Et s’ils étaient demandeurs de bonbons toute la journée, vous leur donneriez aussi satisfaction ?
On adopte une pratique pour des raisons pédagogiques, parce qu’elle est utile et bénéfique pour nos élèves, et sur la base d’arguments rationnels.
“Ils sont demandeurs”, ce n’est pas un argument pédagogique, encore moins rationnel.
Les enseignants qui invoquent cet arguments font ici tout simplement la preuve d'un manque total de professionnalisme.

➡ "Si la maison est le problème, il n'y a qu'à créer des heures d'études accompagnées, ainsi l'enfant pourra faire ses devoirs à l'école."

La maison n'est pas le seul problème, loin de là. La plupart des inconvénients liés au travail supplémentaire après la classe ne sont pas supprimés du fait qu’il soit réalisé à l’étude et non à la maison.
Et bien des élèves n’ont (pour des raisons diverses) pas le temps de terminer leurs devoirs à l’étude, et se voient donc obligés de continuer encore à travailler en rentrant à la maison.

De plus, “Les élèves prennent souvent l’heure d’étude comme une punition, une heure supplémentaire alors qu’ils pourraient être libres”.
(REP Echirolles, « Les devoirs "à la maison" en question », 2001).

➡ "C'est pour impliquer les parents."

Les parents n'ont pas besoin des devoirs pour participer à l'éducation de leur enfant et s'impliquer dans son éducation, il y a mille autres possibilités pour cela !

- Pour s'impliquer dans l'école : ils peuvent accompagner des sorties, venir dans la classe (y compris pendant les heures d’école, en tout cas c’est une possibilité que j’offre), participer en personne à des présentations ou fournir des objets/documents/informations (“Quoi de neuf”, exposés, projets...), participer aux rendez-vous tels que fêtes, spectacles, expositions, venir présenter son métier, proposer d'animer des ateliers, s'inscrire à une association de parents, participer aux réunions avec les enseignants...

- Pour s'impliquer dans l'éducation : ils ont leur rôle de parents, qui est fondamental et complémentaire au nôtre : consulter les cahiers lorsqu’ils sont ramenés à la maison, lire les textes écrits par son enfant, visiter le blog de la classe, sortir, se promener en forêt, visiter des musées, aller au concert, lire des étiquettes, faire des jeux de société, bricoler, cuisiner (y compris avec des recettes provenant de la classe), inventer, réparer le vélo, jouer avec eux, leur lire des histoires pour le plaisir (et surtout pas pour faire une leçon de lecture), les aimer, les câliner, les embrasser, etc...

Et ce n’est pas tout, car côté littérature :

- 34% des parents disent que les devoirs sont source de stress et de lutte dans la vie familiale (Conseil supérieur de l'éducation au Québec, 1994).

- 55% des parents interrogés sont en difficulté pour accompagner leurs enfants en mathématiques (sondage “Your Life”, 2000). Il s’agit d’une étude menée sur des élèves de 14-15 ans, mais cela montre bien qu’il y a nécessairement un certain nombre de parents qui ne se sentent pas compétents pour aider leurs enfants à faire leurs devoirs.
Et c’est tout à fait normal : enseigner, c’est un vrai métier, on ne s’improvise pas prof, et encore moins avec ses propres enfants !

- 66% des parents offrent une aide inappropriée : certains apportent un soutien afin que leur enfant termine au plus vite ses devoirs, d’autres utilisent des concepts des méthodes et des termes différents de ceux utilisés en classe, d’autres encore font tout à leur place, certains exercices nécessiteraient d’être faits seuls pour assurer une efficacité...
La participation parentale n’aboutit donc pas forcément à un effet positif pour l’enfant (Van Hooris 2003).

- 95% des parents disent consacrer du temps pour le travail de leurs enfants (Goupil, Comeau, Dore, 1997). En réalité, bien souvent c’est le travail des parents qui est donné à l’enseignant !

Et puis si on y réfléchit, quel est l'intérêt d'impliquer les parents en leur délégant des tâches pédagogiques ?
Que dirait-on par exemple d'un chirurgien qui, après avoir terminé une opération sur un enfant, dirait à ses parents "bon, je vous laisse finir de le recoudre, et puis n'oubliez pas de changer la perfusion aussi, parce qu'il faut quand même que vous soyez impliqués dans la santé de votre enfant" ?
De la même manière, les profs sont des professionnels qualifiés, des spécialistes de l'enseignement. Pourquoi délégueraient-ils une partie de leur travail de haut niveau à des non-professionnels ?

➡ "Les devoirs permettent de renforcer les liens parents-enfants et parents-enseignant."

C’est oublier que les devoirs sont aussi très souvent sources de conflits, parfois très violents, entre les parents et les enfants, au sein du couple, et également avec les enseignants.
Je rappelle que 34% des parents disent que les devoirs sont source de stress et de lutte dans la vie familiale (Conseil supérieur de l'éducation au Québec, 1994).

Comment faire cela correctement ET préparer un bon repas avec des produits frais, montrer aux enfants comment on cuisine, prendre le repas à 19h pour respecter le temps de digestion, les laver, leur lire une histoire, écouter leurs journées et les coucher TÔT, donc tout cela entre 17h et 20h15...?
Et rester zen bien sûr ! Non, franchement, arrêtez tout cela... On n’a pas tous le cadre idéal, et il se passe plein de choses à la maison à transmettre aux enfants !

Témoignage d’une maman.

➡ "Les devoirs permettent aux parents de savoir ce qu’apprennent leurs enfants, où ils en sont des programmes."

Ben pour ça il suffit de laisser les élèves ramener leurs cahiers le vendredi soir, pas besoin de donner des devoirs !
Et puis on n’adopte pas une pratique pédagogique pour faire plaisir aux parents, mais parce qu’elle est efficace et bénéfique pour les élèves. Et le fait est que les devoirs ne le sont pas.

➡ "Les devoirs sont aussi l'occasion pour les parents étrangers de se familiariser avec la langue."

Donc on devrait surcharger les gamins de travail pour faire la classe aux parents par procuration après les heures d'école ?
Et puis n’est-il pas quand même assez paradoxal de se plaindre de ne pas avoir suffisamment de temps de classe pour “boucler le programme” avec les élèves, et de vouloir en même temps instruire leurs parents...?!!

D'une part les parents non francophones ne représentent quand même pas la majorité, et d’autre part nous ne sommes pas payés pour les alphabétiser.
Il y a des associations pour ça, et les enseignants qui le souhaitent peuvent très bien y proposer leurs services... bénévolement et en dehors de leur temps de travail, tout comme ce qu’ils exigent des parents !

➡ "Il faut habituer les élèves car au collège ils en auront beaucoup."

C'est un paradoxe de vouloir éviter la souffrance par la souffrance ! Et ça justifie de commencer 5 ans avant, dès le CP ?
Ben allons-y gaiement, il n'y a qu'à commencer dès la maternelle tant qu'on y est !

Certes, les gamins sont écrasés de devoirs dès le premier jour de collège, et c'est effectivement un gros problème. C’est le système qui est en cause : il y a beaucoup de professeurs différents, qui chacun donnent un peu de travail, sans se rendre compte que la somme de tous ces devoirs devient rapidement une montagne au quotidien.

Mais alors, qui doit se remettre en question ? Le primaire, en créant volontairement un problème qui n'existe pas sous prétexte d'y habituer les enfants ? Ou bien le collège, en améliorant ses pratiques et en augmentant PROGRESSIVEMENT la charge de travail de la 6ème à la 3ème ?
Après tout ce sont surtout les profs du secondaire qui veulent des devoirs, donc c'est peut-être à eux de s'organiser pour que ça se passe bien ?

D'autre part, il faut être bien conscient que si les élèves ont l'habitude de travailler en totale autonomie et d’être responsabilisés en classe, ils s'adaptent très bien à leur arrivée au collège, même en n’ayant jamais fait de devoirs auparavant, ça ne pose aucun problème.

Lorsqu'un oisillon apprend à voler, ses parents ne le balancent pas tous les jours du nid en se disant qu'à force de tomber il finira bien par s'y habituer en attendant le jour où il va voler.
Ils le nourrissent, attendent qu'il soit suffisamment fort, et là seulement le petit se lance, et réussit.

C'est la même chose avec les élèves : au lieu de leur faire subir tous les jours une pratique qu'on réprouve en imaginant qu'ils vont s'y habituer, on peut les y préparer de manière intelligente et rationnelle.
Et on y arrive très facilement en particulier avec les plans de travail, puisque durant ces moments de travail individuel ils sont en totale autonomie : on peut donc développer toutes les compétences nécessaires SANS avoir recours au travail supplémentaire après la classe.

Source : http://jacques.risso.free.fr/allegro/manontroppo.htm © Jacques Risso

➡ "Les profs qui ne donnent pas de devoirs sont des fainéants, et leurs élèves sont en échec."

Ah bon ? Et quelles études scientifiques permettraient d'affirmer cela ? Les gens qui propagent ce genre de rumeurs populistes sans aucun fondement feraient mieux de s'interroger sur leurs propres pratiques.

Source : http://jacques.risso.free.fr/allegro/manontroppo.htm © Jacques Risso

➡ "Les devoirs occupent les enfants le soir, de cette manière ils ne font pas de bêtises."

Depuis quand l'école est-elle chargée de gérer l'emploi du temps et l'éducation dans les familles ? Occuper les gamins, est-ce que c'est vraiment ça l'objectif des devoirs, et de l'école en général ?

De plus c'est assez peu respectueux des parents (qui seraient donc incapables de s'occuper de leur progéniture) et de leurs enfants (qui seraient donc des délinquants potentiels en puissance).

➡ "Mais le travail que je donne n’est pas obligatoire."

Ah... Le problème est que les élèves qui ne font pas leurs devoirs “facultatifs” ressentent tout de même une énorme pression :
- De la part de leurs parents : “tu n’es qu’un fainéant, tes copains font leurs devoirs, eux”.
- De la part de l’enseignant qui au minimum leur jette un regard lourd de sens au moment de la correction le lendemain.
- De la part de leurs camarades, qui sont fiers de montrer qu’eux ont bien travaillé.
- D’eux-mêmes, car ils se sentent coupables s’ils n’ont pas fait ce que la maîtresse ou le maître a demandé.

De plus, on est là devant une contradiction flagrante : en imaginant que les devoirs aient une quelconque efficacité, alors ça voudrait dire que ceux qui les ont faits auront de meilleurs résultats que les autres.
Mais que fait-on alors de ceux qui ne les ont pas faits ? Est-ce qu’il faut leur donner des séances de rattrapage, des exercices supplémentaires de remédiation...?
Ou bien tout simplement les laisser tomber, car après tout ils n’avaient qu’à travailler comme les autres, c’est leur faute, ils sont paresseux ?

Certains enseignants expliquent que ça n’a pas d’importance, car grâce au travail réalisé en classe, les élèves qui ne font pas ces devoirs ne subissent aucun retard scolaire.
Ben alors dans ce cas... pourquoi en donner ?!!

2 - Pourquoi ne pas donner de travail supplémentaire en dehors de la classe ?

➡ Raison 1

On n'a pas besoin au primaire de donner des devoirs : on passe 5 jours par semaines avec nos élèves, et il est tout à fait possible de couvrir tout le programme (et même plus) sans déborder des heures de classe.
Nous sommes des milliers d'enseignants à le faire, donc c'est bien possible !

➡ Raison 2

C'est une perte de temps considérable : si on additionne le temps de les copier ou de les coller dans les cahiers, de les contrôler et de les faire réciter le lendemain, on atteint 30 à 45 minutes par jour (cf. étude de Jean-Marc Richard - 1990), soit... 1/2 journée de classe par semaine !

Et tout ça pour un bénéfice pédagogique proche de zéro. Quel gâchis...

Et encore, je ne parle même pas du temps perdu par l'enseignant à préparer ces devoirs et leçons (jusqu'à 20% du temps de préparation hebdomadaire, toujours d'après Jean-Marc Richard), et qu'il pourrait consacrer à des activités plus utiles...

➡ Raison 3

Nous sommes des professionnels, et on nous paye pour faire un certain travail, pas pour le déléguer à des non-professionnels qui s'en occuperont sur leur temps libre.

Donner du travail aux élèves en plus de l'école, en exigeant généralement de manière plus ou moins implicite l'aide des parents, c'est tout simplement un constat d'échec de notre profession.

➡ Raison 4

Les parents ne sont pas enseignants. Et même si jamais ils le sont professionnellement pendant la journée, à la maison avec leurs propres enfants, ils ne le sont plus.

➡ Raison 5

Les devoirs ne reflètent pas du tout le travail réalisé en classe, et en donnent une fausse idée aux parents.

C'est ainsi que la plupart sont persuadés que leurs enfants ont appris à lire par une imaginaire "méthode globale" (qui n'existe pas du tout), alors qu'en classe l'enseignement syllabique est bien présent depuis l'entrée en petite section de maternelle.

➡ Raison 6

Les devoirs sont source d'inégalité et d'injustice : tous les élèves n'ont pas la possibilité de travailler dans de bonnes conditions après l'école, entre le cours de danse et la dernière émission de télé-réalité à la mode, avec le petit frère qui braille, la grande soeur qui écoute sa musique à fond, un parent qui prépare la cuisine et l'autre qui est sur les nerfs après une journée de boulot.

Et ce n’est même pas un exemple caricatural, c’est juste la réalité d’une très grande majorité de familles !

➡ Raison 7

A cause des devoirs, les élèves portent en moyenne 6,4kg de l'école à la maison, et de la maison à l'école. Cela représente entre 27 et 36% du poids de l’enfant alors qu’il ne devrait pas dépasser les 10% (rapport du Haut Conseil de l'Évaluation de l'École, 2004).

Ne pas donner de devoir c’est donc zéro kilo sur le dos, et zéro dégât sur la colonne vertébrale de nos élèves.

➡ Raison 8

Il est impossible d’estimer correctement le temps que passe chaque élève à travailler à la maison, il peut varier du simple au double (Larue, 1995).
Il existe une constante en revanche : les enseignants sous-estiment toujours le temps que les élèves consacrent à leurs devoirs (Bobash, 1994). Lorsqu'on interroge les élèves ou les parents, on s'aperçoit qu'en réalité ils y passent 2 à 3 fois plus de temps que ce que l'enseignant avait prévu (rapport du Haut Conseil de l'Évaluation de l'École, 2004).

➡ Raison 9

Les devoirs sont inefficaces et inutiles, et c'est un fait démontré :

- « Pour les jeunes, les devoirs ne semblent pas avoir un impact sur l'apprentissage » (Goupil, Comeau et Dore, 1997).

- "Contrairement au discours généralement tenu par les parents et les enseignants, les devoirs ne peuvent être, selon plusieurs chercheurs, un moyen efficace de lutter contre l’échec scolaire."
(rapport du Haut Conseil de l'évaluation de l'école, 2004)

- La plupart des études concède aujourd'hui que les devoirs n'améliorent pas la réussite scolaire en élémentaire. S'il est pertinent de faire un lien à partir de la 6ème année entre les devoirs à la maison et la réussite scolaire, il en va autrement pour les premières années.
C'est en effet en primaire que l'efficacité des devoirs est surtout questionnée et critiquée.
(rapport du Haut Conseil de l'évaluation de l'école, 2004)

- “Afin d éviter aux parents d avoir une charge et une pression trop importante lors du travail à la maison, les enseignants ont tendance à proposer des devoirs suffisamment simples pour que le travail soit l’œuvre de l’élève et non de sa famille. De ce fait, les tâches demandées aux élèves sont principalement des activités de mémorisation et de répétition, activités qui ne demandent à l’enfant ni réflexion, ni aide extérieure. Or, plus le savoir est décomposé, moins il est mobilisateur et efficace en terme d’apprentissage.
(Maulini, 2000)

- “Soit les devoirs sont tellement élémentaires que les enfants peuvent les faire seuls, mais ils n’apprennent rien (ou rien d’intéressant) ; soit ils sont complexes, mais ils demandent l’intervention d’un adulte. C’est le paradoxe de l’apprentissage solitaire.
(Maulini, 2000)

- “Il ne semble pas que les devoirs soient utiles aux élèves qui ont le plus besoin de compléter des apprentissages qui n'ont pas été convenablement mis en place pendant les séquences de cours.
( Patrick Rayou , interview 2010)

- Dans un article de Livescience.com, le Pr. Gerald LeTendre (responsable du service des sciences de l’éducation à la Pennsylvania State University, USA) a expliqué que les enseignants donnent des devoirs constitués en réalité par un travail qui occupe, mais qui est pédagogiquement inutile.
Donner des devoirs apparaitrait comme une stratégie de remédiation (la conséquence du fait que tous les sujets ne sont pas abordés en classe, des exercices pour les élèves en difficulté, un moyen de compenser de mauvaises conditions d'enseignement), et non pas une stratégie de progression (un travail conçu pour accélérer, progresser ou mener les élèves vers l'excellence).
Une manière plus ou moins consciente pour l’enseignant de se donner bonne conscience...

➡ Raison 10

L'école est un lieu spécialement conçu pour l'enseignement. On y trouve du personnel professionnel qualifié et expérimenté, des conditions de sécurité règlementées, des ressources pédagogiques spécifiques, une ambiance propice à l'étude, et des possibilités de coopération et d'émulation grâce au groupe classe.

La maison ne comporte aucune de ces caractéristiques, elle n'est tout simplement pas un endroit adapté pour l'enseignement scolaire de jeunes enfants.

➡ Raison 11

L'enseignant ne sait rien de ce qui se passe à la maison : il ne sait pas dans quelles conditions l'élève a travaillé, ni combien de temps, ni dans quelle mesure il a été aidé, ni même si l'activité lui a été éventuellement profitable.

En réalité, ce moment est un véritable trou noir pour l'enseignant !

J'ai appris tard que certains n'ont que la baignoire pour être au calme... là j'ai relativisé.
Témoignage d’une maman enseignante.

➡ Raison 12

Même les enseignants qui prétendent donner du travail "non obligatoire" se mentent à eux-mêmes. Car il y a forcément une pression, le lendemain ceux qui ne l'ont pas fait sont inévitablement discriminés par rapport aux "bons élèves" qui ont travaillé chez eux (voir "Mais le travail que je donne n’est pas obligatoire" un peu plus haut).

➡ Raison 13

En donnant du travail après l'école, les enseignants véhiculent un message totalement contradictoire.

En effet, ils prétendent impliquer les parents, mais en même temps ils demandent que l'élève travaille seul (pour soi-disant favoriser l'autonomie) !

Et si les parents le laissent travailler seul, alors on les accuse d’être absents et démissionnaires !

➡ Raison 14

Toute personne, enfant ou adulte, a droit à du temps libre, et personne ne peut le lui voler.

Même dans le monde de l'entreprise, un employé gagnera à coup sûr aux Prud'hommes si son patron l'oblige à travailler pendant son temps libre.
C'est un droit fondamental. Et ce droit, on le refuserait à nos élèves ?

La vie ne se résume pas à l'école, les activités extra-scolaires sont également essentielles à leur développement et à leur équilibre : arts, sport, musique, théâtre, promenades, famille, ou simplement jouer dans sa chambre... et même s'ennuyer est nécessaire.

➡ Raison 15

Il est un fait que l’enseignement classique à base de cours magistraux fonctionne extrêmement mal à l’école primaire. Malheureusement, c’est toujours ce que les formateurs et les inspecteurs exigent aujourd’hui, et l'immense majorité des professeurs d’école ne sait pas enseigner autrement.
Lorsque l’enseignant s’aperçoit que ce qu’on lui demande ne donne pas les résultats escomptés, il n’a généralement pas l’idée de remettre en cause sa pratique pédagogique (et toutes les fausses croyances qu’on lui a mises de forces en tête), et sa première réaction est de compenser cet échec en donnant du travail aux élèves après l’école.
Après tout, il a fait exactement ce que ses formateurs lui ont enseigné, il n’a rien à se reprocher, ce n’est pas de sa faute.

Mais les devoirs n’arrangent jamais rien, bien au contraire, et notre prof désespéré et frustré va alors invoquer la fainéantise des élèves d’aujourd’hui (ben oui, parce que forcément “c’était mieux avant” !), le laxisme et la démission des parents, etc...

Et au final, le résultat est que d’une part les difficultés pédagogiques ne sont pas résolues, que d’autre part on désigne un faux coupable, et qu’enfin la solution préconisée (les devoirs) ne fait qu’aggraver la situation.

➡ Raison 16

Les devoirs sont une source de stress pour l’élève : stress de les avoir terminés à temps, de les avoir réussis, de ne pas se faire gronder par l’enseignant ni par les parents, d’arriver à les caser entre le cours de guitare et le diner...

Une étude a montré un lien entre quantité de travail à la maison et troubles du sommeil chez des enfants de 10 ans (Shanghai Jiao Tong University School of Medicine, 2014).
Une autre a mis en évidence le fait que lorsque des garçons sont stressés à l’école, il existe alors un lien entre charge de devoirs et obésité. Ce lien n’existe pas chez les filles, ni chez les garçons qui ne sont pas stressés à l’école (Michaud, Chaput, O'Loughlin, Tremblay, Mathieu, 2015).

➡ Raison 17

Les devoirs allongent la journée de classe (déjà suffisamment longue, surtout si on y ajoute la garderie), puisque c’est l’école à la maison.
Et évidemment ça n’arrange rien s’ils sont réalisés à l’école (étude, garderie, aide aux devoirs…) puisque dans ce cas l’élève ne quitte même pas le cadre scolaire.

➡ Raison 18

Les devoirs représentent une négation totale de la différenciation pédagogique. En effet, il est difficilement imaginable que l’enseignant prépare tous les jours 30 séries de devoirs, une pour chaque élève !
Donc il va nécessairement demander à tous les élèves de réaliser la même chose. Dans le meilleur des cas il aura constitué 2 ou 3 groupes de niveaux, ce qui n’est pas de la différenciation, mais juste une petite adaptation tout à fait superficielle et illusoire.

➡ Raison 19

Les devoirs écrits sont officiellement interdits en France depuis 1956, et cette interdiction a été maintes fois répétée et rappelée par les circulaires suivantes.
Pourquoi des enseignants qui sont généralement respectueux des règlements et les consignes de l'administration refusent-ils de suivre précisément cette règle-là ?

Voici un petit historique de la législation à ce sujet :

  • Circulaire de novembre 1912 : M. Blanguernon, inspecteur d’académie de la Haute-Marne, supprime "les devoirs écrits dans la famille" dans son département de la manière la plus ferme qu’il soit :
    Je vous ai dit que l'utilité [des devoirs] en était fort contestable, qu'ils risquaient, après une journée scolaire de six heures, de fatiguer l'enfant, que les conditions matérielles où ils sont la plupart du temps exécutés, pouvaient les rendre nuisibles à la santé de nos élèves [...]
    J'estime, expériences faites, que leur suppression absolue s'impose.
    Elle s'impose, pour les raisons que je viens de rappeler brièvement, dans l'intérêt des enfants, qui sont exposés, dès le cours préparatoire, à un surmenage anormal. Car ce n'est pas seulement les plus grands élèves qui ont à faire de ces devoirs : j'ai vu des bambins de six ans astreints à copier, le soir, des listes de mots, ou à chiffrer des opérations interminables, et dont les maîtres s'excusaient sur le désir des parents. [...]
    Vous voudrez donc bien, sous bénéfice des observations précédentes, supprimer absolument les devoirs écrits dans la famille. Cette circulaire sera appliquée, sans exception, à partir du 1er janvier 1913.
  • B.O. de 1938 : réorganisation de l'enseignement primaire, et parution au Bulletin Officiel de ce texte précurseur : “On a depuis longtemps dénoncé les méfaits des travaux successifs imposés à l’enfant en dehors des heures de classe. Il ne servirait à rien de prendre des précautions contre le surmenage scolaire, si l’on devait accabler les élèves sous le poids de travaux supplémentaires qu’ils accomplissent souvent dans des conditions matérielles les plus fâcheuses”.
  • Circulaire du 29 décembre 1956 : interdiction claire et formelle des devoirs, en ces termes : "aucun devoir écrit, soit obligatoire, soit facultatif, ne sera demandé aux élèves hors de la classe. Cette prescription a un caractère impératif et les inspecteurs départementaux de l'enseignement du premier degré sont invités à veiller à son application stricte. Ces devoirs, qu'on ne fera plus hors de la classe, c'est pendant la classe qu'ils seront faits… Libérés des devoirs du soir, les enfants de 7 à 11 ans pourront consacrer plus aisément le temps nécessaire à l'étude des leçons".
  • Circulaire du 28 janvier 1958 : réaménagement des horaires, permettant de dégager 5h pour la réalisation des devoirs durant les heures de classe.
    Le texte rappelle "le caractère impératif des prescriptions" de la circulaire du 29 décembre 1956
  • Circulaire du 17 décembre 1964 : "interdiction formelle de donner des travaux écrits à exécuter hors de la classe".
    De plus, le ministre Fouchet s'étant ému du fait que les textes précédents s'adressaient aux cours élémentaire et moyen, cela avait paradoxalement encouragé la pratique des devoirs au CP, il précise que cette interdiction "s’applique également aux élèves des cours préparatoires et vise, d’une façon plus générale, l’ensemble des élèves de l’école primaire".
  • Circulaires du 28 janvier 1971, du 25 février 1986 et du 1 mars 1990 : l'interdiction des devoirs est très clairement rappelée à chaque fois.
  • 6 septembre 1994 : mise en place des études dirigées, afin que les devoirs soient réalisés en classe et non pas à la maison. L'interdiction des devoirs est encore une fois soulignée : "Dans ces conditions, les élèves n'ont pas de devoirs écrits en dehors du temps scolaire. À la sortie de l'école, le travail donné par les maîtres aux élèves se limite à un travail oral ou des leçons à apprendre".
  • Lettre ministérielle n° 579 du 7 juin 1995 :la suppression des devoirs à la maison, à l'école élémentaire, trouve sa pleine justification.
  • Arrêté du 25 janvier 2002 : nouveaux horaires et les programmes de l’école primaire, les études dirigées sont laissées à l'initiative des enseignants.
  • Circulaire du 7 décembre 2009 : abrogation d’un grand nombre de circulaires précédentes, dont celle du 6 septembre 1994 relative à l'organisation des études dirigées à l'école élémentaire.
  • Loi n° 2013-595 du 8 juillet 2013, dite “Loi Peillon” : cette loi réaffirme l’interdiction formelle des devoirs, en ces termes : “Cette réforme des rythmes va permettre de rendre effective l’interdiction formelle des devoirs écrits à la maison pour les élèves du premier degré”.

Tous les textes précédents interdisent également les devoirs durant les études, qu’elles soient surveillées ou dirigées, à partir du moment où elles se déroulent en dehors du temps de classe (cf. Rapport de l'Inspection Générale de l’Éducation Nationale, octobre 2008).

Donc que les choses soient bien claires : depuis la circulaire du 29 décembre 1956, les devoirs sont formellement INTERDITS !
Alors évidemment, on parle ici de "devoirs" au sens de travail écrit, et d'autres formes de travaux ne sont pas concernées (leçons à apprendre...).

Cependant, il convient de souligner deux points essentiels :

1 - En aucun cas, les enseignants ne sont obligés de donner du travail après la classe, même s'il ne s'agit "que" de leçons à apprendre.

2 - Comme je le signalais au début de cet article, les études ne font aucune différence entre devoirs et leçons, tout travail supplémentaire en dehors des heures de classe, quelle que soit sa nature, est inutile et contreproductif.

➡ Raison 20

Juste pour rire, si ceci n'achève pas de vous convaincre des méfaits des devoirs, rien ne le pourra ! :)

Anne Roumanoff : https://www.youtube.com/watch?v=rVnHavwjuYA

Florence Foresti : https://youtu.be/i_KP1NuRj9w?t=71

Le Palmashow : https://www.youtube.com/watch?v=k_tHDdbZPKg

En version confinement : https://www.youtube.com/watch?v=nYk1GayzIlk

Références bibliographiques

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