Quand le Front populaire fait élire Souad Abderrahim comme Maire de Tunis

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J’ai écrit dans un poème intitulé «La Mairie de Tunis ou le fantasme de Souad le Pen-Palin» [1], paru le 22 mai 2018 :

« Elle se voyait déjà en haut de la ville
Trônant pendant cinq ans sur les murs du Palais
[Et, peut-être], grâce à une abstention stérile
Que le Peuple ne leur pardonnerait jamais
Des Insoumis à nous, inconscients du péril
Ceux du  Front populaire, comme à l’accoutumée
Comportement  irresponsable et puéril
Indigne de Belaïd et Brahmi, nos sacrifiés
Dont le martyre paraitrait  alors inutile
Et, là-haut, ils seraient suffoqués et affligés
Eux qui ont élu, dans les galaxies, domicile
Afin que l’islamisme ne puisse l’emporter
»

Et, ce qui était craint arriva comme prévu
Le Front, avec Ennahdha, s’est fondu
Laissant ses sympathisants éperdus
Désorientés, fourvoyés, tombés des nues
Ne comprenant pas ce qui est advenu
De ses beaux discours, aujourd’hui inentendus
S’érigeant en barrage garde-fou bien tenu
Contre l’islamisme, toutes variantes confondues
Oui, et ses conseillers se sont abstenus
Et, Souad le Pen-Palin a été élue
Et, Ennahdha va exploiter, sa fausse ingénue
Et sa victoire pour vendre sa soi-disant mue
Elle va exploiter aussi sa tête dévêtue
Et sa crinière rousse au vent mise à nu
Et ce, dans le cadre de la Taqiya bien connue
Mue décidée par la maison-mère dont elle est issue
Dont elle est une filiale, un accru
Pour déguiser le projet qu’elle nous a retenu
Avec le «Tamkine» comme point oméga ultimu [2]
Objectif arrêté au pays de l’Itéru
Vers la fin des années vingt du dernier siècle échu
En falsifiant le Coran sans aucune retenue
Pour qui « Nulle contrainte en religion » [3], bien entendu
Alors que pour elle, l’Islam, partout, doit être revu
Comme unique religion, sur la planète, dans toute son étendue
Résultat qui, par tous les moyens, doit être obtenu
Si besoin est, par le glaive et l’acharnement continu
En pays mécréant ou musulman, ou comme tel vu
En se basant sur des soi-disant hadiths saugrenus
Authentifiés par des exégètes hurluberlus
Authentiques responsables des violences et abus
Islamistes qui, à travers le monde, se sont étendus
Je disais donc, elle va essayer de vendre sa mue
Et cela, grâce à cette gauche à laquelle j’ai cru
Depuis les années de braise jusqu’à cette élection foutue
Et qui n’a rien fait pour que l’islamiste soit vaincue
Mais, s’est révélée destructrice et imbue
D’idées autant nuisibles que farfelues
Et qui mérite qu’on fasse une croix dessus
Le temps où le Front nous faisait rêver est révolu
Mélenchon fut plus républicain qu’eux au temps voulu
Quand le péril d’une présidence Le Pen a sourdu
En évitant le ni-ni de nos frontistes, leur bévue 
Pas de ni-ni qui vaille, quand le danger est aigu
La faute revient aussi à ceux qui ne se sont pas rendus
Aux urnes, c’est le fameux syndrome algérien déjà vécu
Qui a conduit à environ deux cent mille morts ou disparus
À Tunis-ville, l’abstention a battu un record inattendu
Elle a atteint soixante-quatorze pour cent et un surplus

La situation dans le pays et cette élection de la honte m’ont inspiré
Un poème intitulé «Appel au Peuple de gauche et aux Forces du progrès» [4]
Qui, comme conclusion développée de ce présent billet, peut être considéré
Et, comme connexion, c’est en conservant la rime en «u» que cet Appel est narré

Salah HORCHANI

[1] https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/210518/la-mairie-de-tunis-ou-le-fantasme-de-souad-le-pen-palin

Pour une analyse approfondie de la personnalité politique de Souad Abderrahim, voir mon article intitulé « L’engagement politique perlé de Souad Abderrahim, candidate à la Mairie de Tunis », paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/090618/l-engagement-politique-perle-de-souad-abderrahim-candidate-la-mairie-de-tunis

Et, pour les deux martyrs de la gauche tunisienne Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, membres dirigeants de ce même Front populaire qui semblent, aujourd’hui, les enterrer, par sa criminelle abstention, une seconde fois et qui furent exécutés, d’après lui, par ces mêmes islamistes qu’il vient de porter à la Mairie de Tunis, voir mes deux poèmes intitulés «À Chokri BELAÏD…, "le Rossignol de la Liberté"» et « À Mohamed BRAHMI », parus, respectivement, sous les liens suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/110313/chokri-belaid-le-rossignol-de-la-liberte

http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/250713/mohamed-brahmi

[2] Voir mon article intitulé «Municipales tunisiennes : Monsieur Simon Slama, vous dites qu’Ennahdha a changé !», paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/260418/municipales-tunisiennes-monsieur-simon-slama-vous-dites-qu-ennahdha-change

Pour la signification du terme «Tamkine», voir le paragraphe intitulé «Une démonstration du déni du danger de l’islamisme dit "modéré"» de mon article dont le titre est «L’islamisme se disant "modéré" et l’aveuglement de l’Occident*», paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/070816/l-islamisme-se-disant-modere-et-l-aveuglement-de-l-occident

[3] Coran, Sourate 2-Verset 256.

[4] https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/080818/tunisie-sos-islamisme-appel-au-peuple-de-gauche-et-aux-forces-du-progres

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