Madame la Juge, bien qu’Ennahdha s’en défende, ce parti est bel et bien la succursale tunisienne de la Confrérie des frères musulmans, comme l’ont confirmé Gilles Kepel et Frédéric Brunnquell dans la vidéo de leur émission Printemps arabes, la confiscation [17] analysée ci-dessus. Et, c’est d’ailleurs en cette qualité que ce parti, comme l’a indiqué Youssef Al- Qaradawi dans cette vidéo, a pu être parmi les heureux bénéficiaires des milliards de dollars qataris distribués pour essayer de transformer, à jamais, le Printemps arabe en Enfer islamiste, soumis à l’autorité du Qatar, où la Sharia est Constitution et Codes. Cette qualité, nul ne peut la contester, y compris Rached Ghannouchi lui-même, s’il ne pratiquait pas la sainte Taqiya [9], car, ce dernier prétend porter une grande estime à Gilles Kepel et à ses travaux, comme le corrobore l’entrevue qu’il a eue avec lui le jeudi 3 mars 2016 au siège central d’Ennahdha (PJ7). Cela renforce aussi la crédibilité de l’information donnée dans ladite émission de Gilles Kepel et Frédéric Brunnquell - information relayée par des centaines, voire des milliers, d’auteurs et de médias, comme il a été démontré dans le paragraphe 12 ci-dessus, et objet de la plainte de KHERIGI dit GHANNOUCHI Rached contre moi - selon laquelle le Qatar a financé Ennahdha lors des élections pour l’Assemblée nationale constituante, information que KHERIGI dit GHANNOUCHI Rached a considérée portant « atteinte à son honneur et à sa considération » uniquement quand ce sont Christian CHESNOT, Georges MALBRUNOT et Salah HORCHANI qui la relayent, ce dernier n’ayant fait que citer les deux premiers.

Ce secret de polichinelle est confirmé, aussi, par le fait que les photos de Rached Ghannouchi et des autres leaders, actuels et historiques, de la Confrérie des frères musulmans dont celle de Youssef Al- Qaradawi, agrémentaient les murs du hall du siège central de la Confrérie, au Caire, avant d’être brûlées dans l’incendie qui l’a ravagé lors du soulèvement populaire égyptien contre le pouvoir des « Frères », au mois de juillet 2013 [22].

Qui plus est, Rached Ghannouchi est membre de plusieurs organisations «fréristes» parmi lesquelles on peut citer les deux suivantes qui sont dirigées, toutes les deux, par… Youssef Al- Qaradawi : La première est «the European Council for Fatwa and Research (ECFR)» - qui fut fondée par trois mouvements «fréristes»  européens, à savoir :  l’allemand  «Islamische Gemeinschaft in Deutschland (IGD)», le français l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) et l’anglais «the Muslim Association of Britain (MAB)» - et la deuxième est «the International Union of Muslim Scholars (IUMS)» . En outre,   «en tête de sa Biographie sur le site de l’IUMS, Ghannouchi est présenté, entre autres, comme membre de l’organisation internationale des Frères musulmans» [23]a.

Enfin, Madame la Juge, Rached Ghannouchi, qui jouit aussi de la nationalité soudanaise, doublée d’un passeport diplomatique soudanais, a toujours manifesté son admiration pour le travail effectué par ses «frères» de sa seconde patrie. En effet, dans la vidéo [23]b - où il avoue, d’ailleurs, de la minute 0:15 à la minute 0:40, sa qualité de citoyen soudanais - Rached Ghannouchi fait l’éloge des Frères musulmans soudanais, de la minute 0:45 jusqu’à la fin,  jusqu’à affirmer :

«Les liens qui m’unissent à ce pays [le Soudan] ne sont pas des liens normaux : ce sont des liens qui relèvent de l’intellect et de l’âme et Ennahdha a toujours considéré le Soudan comme étant un centre de rayonnement et d’inspiration pour elle, et cela, pour l’expérience intellectuelle d’avant-garde de haut-niveau qu’a véhiculée [le «frérisme» de] ce pays, expérience qui a influencé beaucoup de mouvements islamistes dont Ennahdha qui fut, probablement, le premier à s’en inspirer».

Allez réciter cela à la femme lapidée, au citoyen soudanais dont la justice-sharia a coupé la main, pour avoir volé, ou condamné à la pendaison, pour avoir adopté une autre religion que l’islam,…. Allez réciter cela aux dizaines de milliers, voire aux centaines de milliers, de victimes des crimes contre l'humanité commis par le régime «frériste» Soudanais, attestés par la Commission d'enquête de l’ONU sur les violations des Droits de l'homme perpétrées au Soudan, comme il est explicité, par exemple, dans [23]c.

Dans ce cadre, il convient de signaler, Madame la Juge, que les déclarations et communiqués officiels  d'Ennahdha sont publiés régulièrement par Risalat Al-Ikhwan ( = La Lettre des Frères), la publication hebdomadaire,  porte-parole officiel des Frères musulmans, basée à Londres, comme le montre la photo ci-dessous, de la page de couverture de son numéro du 11 mars 2016, où le logo d’Ennahdha apparait en quatrième position dans la colonne de gauche, à côté du titre de son communiqué signé par son président Rached Ghannouchi, le plaignant, communiqué relatif à l’attaque terroriste qui a eu lieu le lundi 7 mars à  Ben Gardane, dans le sud tunisien, à quelques kilomètres de la Libye, attaque qui s’est révélée être conduite par ces tueurs barbares qui ont été qualifiés par le plaignant KHERIGI dit GHANNOUCHI Rached comme étant «ses enfants qui lui rappellent sa propre jeunesse, porteurs d’une nouvelle culture» [35] :

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À cette occasion, il convient de mentionner, Madame la Juge, que le site de Risalat Al-Ikhwan :

http://www.ikhwanpress.com/

ne dispose pas d’archives, du moins accessibles au public ! Aussi, sitôt une photo, une couverture, un  article,… publiés dans la semaine x, sitôt ils disparaissent du site dans la semaine x+1. « Bizarre, bizarre... », comme dirait l’autre ! Et, une chose qui est encore bizarre, Madame la Juge, c’est que cet organe officiel de la Confrérie est complètement ignoré par les pages des différents réseaux sociaux de sa succursale tunisienne et ses filiales ! «Sainte Taqiya, Sainte Taqiya, quand tu les tiens, on peut bien dire : "Adieu conscience"» aurait dit Jean de La Fontaine.

Madame la Juge, la photo ci-dessus de ladite page de couverture de Risalat Al-Ikhwan et la photo ci-dessous du plaignant vont nous fournir une nième confirmation de son appartenance à la Confrérie des frères musulmans.

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En effet, sur cette photo, on aperçoit Rached Ghannouchi brandissant le geste de ce que l’on appelle la «Main de Rabaa» (ou «Main de Rabia», la main droite levée avec le pouce reposant sur la paume), geste qui représente un signe de ralliement et de soutien inconditionnel à la cause de la Confrérie des frères musulmans et qui rappelle le salut introduit par le sinistre qui vous savez qui a vécu du côté du Danube, «Main de Rabaa» dont le signe graphique se retrouve chaque semaine sur la page de couverture de Risalat Al-Ikhwan ; plus précisément, comme on peut le voir sur la photo ci-dessus, il se retrouve dans la partie gauche du rectangle sur fond jaune situé en haut de cette page.

Madame la Juge, pour comprendre ce que cache le geste du plaignant sur cette photo, je vais expliciter dans ce qui suit les symboliques exotérique et ésotérique de la «Main de Rabaa».

La «Main de Rabaa» est  apparue pour la première fois vers la fin août 2013 en solidarité avec les victimes du sit-in de protestation, qui a duré six semaines, en soutien au Président islamiste Mohamed Morsi, «dégagé» le  3 juillet 2013 par l’armée, sous la pression du peuple, pression dont le point culminant fut les rassemblements du 30 juin 2013, à travers toute l'Égypte, qui constituent la plus grande manifestation dans l'histoire du pays et qui ont rassemblé des millions et des millions de citoyens ( les chiffres mentionnés le plus fréquemment par les sources de presse varient entre 14 et 33 millions de manifestants), rassemblements  appelant à la démission du Président Morsi. Le sit-in en question fut organisé au square Rabia-El-Adaouïa, du nom d'une poétesse mystique irakienne contemporaine de Charlemagne, figure majeure de la spiritualité soufie. Et cette main avec quatre doigts levés a comme origine le nom de ce square, du fait que «Rabaa» et «Rabia» ont le même radical que le mot «quatre» en arabe. Les couleurs du signe graphique de la Main de Rabaa, officiellement adoptée par les Frères, sont le noir et le jaune, et cela, en référence à la Kiswah de la Kaaba (= le costume de la Kaaba) à la Mecque. En réalité, il s’agit là de la symbolique non cachée, exotérique, de la «Main de Rabaa» qui possède une symbolique cachée, ésotérique, la conduisant à se rebaptiser la «Main du Tamkine» [23]d, symbolique où les quatre doigts levés détaillent les quatre étapes nécessaires décrites par les doctrinaires islamistes dans leur projet de conquête du monde - conduisant à la suprématie de l’Islam sur toutes les autres croyances, avec la Sharia comme Codes et Constitution, sur terre, sur toute la terre - à savoir [23]e :

Étape 1 : Présentation  et propagation de l’islam
Étape 2 : Choix et sélection des individus
Étape 3 : Affrontement des faiblesses structurelles et
                corrections des imperfections constatées
Étape 4 : Le Tamkine ou la domination politique globale

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Concluons ce paragraphe en mentionnant que - suite au rejet du projet «frériste» pan-arabo-islamiste qatari par les peuples des pays du Printemps arabe, avec à leur tête la Tunisie et l’Égypte, rejet qui a fait perdre à Ennahdha le tiers de ses électeurs lors des dernières élections - ce parti a cru avoir trouvé la solution pour remonter la pente en lançant comme slogan trompe l’œil de son 10 ème congrès, qui se tiendra en mai 2016, «Séparons entre la politique et la prédication» (sic), en espérant que cette entourloupe le ferait passer pour un parti à statut civil, et cela, en réponse au slogan des modernistes, vainqueurs des dites élections, «Séparons entre la politique et la religion». Il s’agit là d’un exemple caractéristique de l’application de la Sainte Taqiya [9] à la sauce Ghannouchi, lui qui ne cesse de répondre, à chaque fois qu’il est critiqué pour son double langage, par l’adage arabe, devenu son leitmotiv utilisé comme alibi, qui dit : «À chaque instant son langage approprié». Et, quoiqu’il dise, il demeure, en son for intérieur, l’archétype du politique imperméable à la différence et à l’altérité. Dans ce contexte, je maintiens que tout cela est « Paroles, paroles, paroles, paroles, paroles,…encore des paroles!» et exprime mon ras le bol de tous ces journalistes qui n’osent pas poser aux dirigeants islamistes se disant modérés, quand ils les interviewent, la mère de toutes les questions à poser, à savoir :

Avez-vous abandonné définitivement votre projet d’inscrire dans la Constitution que la Sharia est la source des lois, ou bien un texte analogue, ou de décréter des lois régissant la vie sociale et la famille selon la tradition dite islamique, au cas où vous obtiendrez la majorité absolue des sièges au Parlement ?

Addendum : La plus récente démonstration sans appel qu’Ennahdha est bel et bien la succursale tunisienne de l’Organisation internationale des Frères musulmans

Cet Addendum reprend mon article intitulé «Dixième congrès d’Ennahdha - La nouvelle entourloupette de Rached Ghannouchi», paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/250516/dixieme-congres-d-ennahdha-la-nouvelle-entourloupette-de-rached-ghannouchi  

Comme annoncé ci-dessus, le 10 ème congrès d’Ennahdha a décidé, sur proposition de Rached Ghannouchi, que les nahdhaouis (nahdhaoui : adjectif et nom  qui ont rapport à Ennahdha) doivent dorénavant, obligatoirement, choisir entre être exclusivement : 

1. un frère-politique,
2. un frère- prédicateur,
3. un frère-associatif.

Ainsi, pour le renforcement de l’efficacité de leur mission et faire passer leur moyenâgeux message le plus largement et le plus profondément possible auprès de la population, il n’y a plus de frères généralistes, il n’y aura désormais que des frères spécialistes !

Armés de cette nouveauté stratégique, les ténors nahdhaouis crient haut et fort – dans tous les médias, sur toutes les tribunes, sur tous les plateaux télé,…-  à qui veut les entendre que leur parti Ennahdha est désormais, avec cette spécialisation, un parti civil, sans oublier d’ajouter, ayant pour repères, références et sources l’Islam, et sans omettre de le comparer aux partis démocrates-chrétiens des pays de l'Europe occidentale, en affirmant : à l’instar des partis démocrates-chrétiens de l’Occident, Ennahdha est maintenant un parti musulman démocrate et non islamiste.

Ainsi, Rached Ghannouchi a déclaré dans une interview accordée au Figaro et parue sous le lien suivant :

http://www.lefigaro.fr/international/2016/06/22/01003-20160622ARTFIG00280-rached-ghannouchi-l-etat-tunisien-n-est-pas-laique.php

 « Ennahda est un parti civil. Au même titre que la CDU, qui est un parti chrétien et démocrate».

S’il en est ainsi, « Le Pape et moi sommes un, par suite je suis le Pape», comme l’aurait dit Bertrand Russell.

C’est ce que l’on appellera la séparation entre politique et religion à la sauce frériste !, résolution que Rached Ghannouchi a fait adopter en grande pompe lors du dit congrès, en la présentant comme étant un révolutionnaire principe assurant «la séparation entre politique et prédication».

Autrement dit, et pour faire court,  Rached Ghannouchi veut nous faire croire qu’un cheeseburger peut être sans fromage et un lablabi sans pois chiches !

En réalité, ladite «séparation entre politique et prédication» - adoptée par ledit congrès et présentée comme étant un produit révolutionnaire «Made in Tunisia» (dixit Rached Ghannouchi) - n’est que l’application des directives de l’Organisation internationale des Frères musulmans, comme il est explicité dans l’article suivant paru dans le quotidien Al-Quds al-Arabi (en arabe : القدس العربی) :

http://www.alquds.co.uk/?p=535793 ,

émanant de  Jamel Hichmet  un des principaux théoriciens des « Frères», dont le titre est : «Les frères vont annoncer prochainement la séparation, du parti, du volet prédication ».

Pour les non-initiés, Al-Quds al-Arabi est, d’abord, le plus important quotidien en arabe indépendant diffusé à partir d’un pays non arabe et visant toutes les populations arabophones. Ensuite, bien que l’édition papier du journal paraisse, simultanément, à Londres, New York et Francfort, à raison de 50 000 exemplaires chaque jour, Al-Quds al-Arabi est domicilié à Londres, ville d’adoption de Rached Ghannouchi et ville de résidence de son international  Cabinet d’avocats conseils Carter-Ruck. Enfin, c’est le journal  en langue arabe de référence le plus suivi, dans les milieux des affaires et dans les chancelleries, de part le monde entier. En conséquence, compte tenu du sérieux et de la notoriété du journal Al-Quds al-Arabi, la prétention de Rached Ghannouchi - de présenter la nouvelle orientation de son parti instituant la «séparation entre politique et prédication» comme étant un pur produit de son cortex - illustre, de manière magistrale, le peu d’estime et/ou de connaissance qu’il a des facultés intellectuelles de ses auditeurs, lecteurs,…, en général, et des Tunisiens, en particulier, en matière de se documenter et de séparer entre un politique honnête et un politique fourbe; à moins qu’il soit complètement aveuglé  jusqu’aux neurones par la Sainte Taqiya [9].

En conclusion, ladite annonce contenue dans l’article de Jamel Hichmet, «Frère» théoricien de la Confrérie, selon  laquelle «Les frères vont annoncer prochainement la séparation, du parti, du volet prédication », et ladite résolution du 10 ème congrès d’Ennahdha, selon  laquelle  ce parti a décidé la «séparation entre politique et prédication», constituent la plus récente démonstration sans appel, on ne peut plus claire, qu’Ennahdha est bel et bien la succursale tunisienne de l’Organisation internationale des Frères musulmans.

Salah HORCHANI

* Extrait N°2  de ma Déposition écrite remise à Madame la juge en charge de l’instruction de la plainte de KHERIGI dit GHANNOUCHI Rached contre moi : Lire, à ce sujet,  mon article intitulé  «Table des matières de ma Déposition dans la plainte de GHANNOUCHI Rached contre moi», paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/220316/table-des-matieres-de-ma-deposition-dans-la-plainte-de-ghannouchi-rached-contre-moi

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