L'escalade de la brutalité raciste des forces de police

Voici quelques réflexions sur le processus qui a conduit à la recrudescence de la brutalité des polices aux États-Unis mais aussi dans bien d’autres pays à travers une revue de quelques recherches et des statistiques. Il apparaît alors évident que l’escalade de cette brutalité s’inscrit dans le développement néo-libériste/néocoloniale aussi bien aux E.-U. qu’en France, en Angleterre et ailleurs.

Depuis plus de deux décennies on assiste à une continuelle reproduction des violences racistes et même des assassinats de la part de policiers (voir entre autres un entretien avec Noam Chomsky sur l'Amérique fondée sur l'esclavage et la persécution des Noirs en révolte depuis 400 ans). Il n’est pas un hasard que ces faits soient particulièrement fréquents aux États-Unis mais aussi dans les banlieues françaises, en Angleterre et bien que moins fréquents aussi en Italie, Espagne, Belgique et là où la présence de Noirs, Hispaniques, Nord-Africains et immigrés de différentes origines se configure comme objet de violence de la domination néo-libériste/néocoloniale.

Cette escalade des violences policières est la conséquence d’un processus de militarisation de la police qui aux États-Unis commence avec la répression des mouvements pour les droits civiques, puis, encore plus avec la stratégie dite de counterinsurgency veloppée dans les années 1960 et 1970 pour neutraliser le Black Power movement et enfin a continué avec la Revolution in Military Affairs (RMA) lancée dans la période de Reagan (voir Conflict, Security and the Reshaping of Society:The Civilisation of War. Cette “révolution” était la traduction de la “révolution” néo-libériste qui a instauré la conversion militaire du policier et celle policière du militaire, donc le continuum entre les guerres permanentes à l’échelle mondiale et la guerre sécuritaire à l’intérieur de chaque pays. Dès lors on a eu une gigantesque recrudescence de l’action répressive des polices avec des modalités de guerre contre les immigrés, les marginaux, les manifestants et en général les opposants au triomphe néo-libériste (depuis Seattle au G8 de Gênes et ensuite encore jusqu’aux mobilisations contre les sommets G7 ou G20, tout comme contre les grands travaux, le nucléaire etc., en France les violences contre les gilets jaunes et même contre les mobilisation syndicales depuis le 1er Mai 2015 jusqu’au mouvement contre la réforme des retraites).

Pour ce qui est des États-Unis des observateurs et chercheurs ont essayé d’expliquer la recrudescence des violences racistes par la dérive qui a caractérisé la soi-disant guerre à la drogue (thèse en partie alimentée aussi par la série tv The Wire/Sur écoute). Cette explication apparait assez partielle et insatisfaisante aussi parce que pas beaucoup de contrôles de police marqués par le racisme et qui ont conduit à l’assassinat de la victime ont été liés à la répression de dealers. On peut même dire que dans cette “catégorie” de l’action policière on a moins de victimes tuées parce que le but est surtout celui de maintenir sous contrôle la diffusion des drogues et aussi parce nombre de flics impliqués dans ce domaine finissent par être corrompus et complices d’une partie des dealers et parfois même fournisseurs de ceux-ci. Remarquons entre autres que sur le total des prisonniers dans toutes les prisons des E.-U. seul 20% est inculpé de délits de drogue, et dans leur majorité ce sont des petits dealers récidives).

Une autre lecture de la croissance des violences policière aux E-U. attribue cela à la diffusion du suprématisme blanc, voir à la volonté des blancs de réaffirmer leur domination sans aucune limite et sans aucune concession aux autres; bref une sorte de radicalisation symétrique par rapport à celle attribuée aux terroristes pseudo-islamistes, ou due à la peur des blancs de succomber face à la diffusion de la présence noire, hispanique et immigrée en général. Ne doit pas étonner que l’acharnement répressif raciste soit commun aux policiers blancs et aux policiers noirs ou hispaniques ; en effet, les policiers d’origine “ethnique” fonctionnent comme une sorte de Gurkha (les népalais utilisés par les Anglais pour massacrer les ethnies réfractaires à la colonisation, tout comme les soldats africains et nord-africains recruté et “formatés” par les troupes coloniales françaises en Afrique noire ou en Algérie). Autrement dit le policier noir ou hispanique finit par intérioriser totalement l’idéologie, les attitudes et les comportements des blancs, l’esprit et l’omerta de l’appartenance au corps et veut aussi montrer aux blancs zèle raciste pour donner preuve de sa dévotion à la cause blanche et pour mériter le bravo tout en haïssant les sujets classés comme déviants ou criminels parce qu’ils ont la couler de sa peau qui lui méprise car il est aliéné.

Une autre possible lecture voit dans la diffusion de la violence raciste le support à la volonté d’assujettir les noirs et en général l’autre à la condition d’infériorisation; ainsi la criminalisation raciste apparait comme fonctionnelle au néocolonialisme, notamment pour ce qui concerne la réduction des immigrés dans des conditions de néo-esclavagisme en particulier dans les économies souterraines (voir Douglas A. Blackmon, Slavery by other name. The Re-Enslavement of Black Americans from the Civil War to World War II, Anchor Books, 2008, cité aussi par Noam Chomsky; sur la condition économique des Noirs avant et après la pandémie et sur l’histoire de l’infériorisation raciste en particulier en Minnesota voir ici;  sur la criminalisation raciste dans différents pays européens et aux États-Unis voir aussi Migrations critiques).

Ce processus s’est configuré en toute évidence juste à la suite du développement néo-libériste qui vise la maximisation du profit à travers la réduction ou l’annulation de tout droit des travailleurs sans protections ni droits. Contre l’apparente paradoxe ce néo-libérisme qui vise le “moins d’État et plus de marché” renforce en revanche l’État et son appareil militaire et policier parce que ceux-ci sont indispensables à la domination de la part du privé : avec les guerres permanentes on défend les intérêts et la liberté d’agir des multinationales, des lobbies et avec les guerres sécuritaires à l’intérieur de chaque pays on impose l’assujettissement même au bénéfice des petits patrons et des particuliers et le disciplinement social “postmoderne” (y compris celui d’une partie de nationaux sans aucune protection). C’est ici que réside une des principales explications de l’escalade des violences policières depuis la RMA. Dans les polices de tous les pays et en particulier dans ceux de l’OTAN on a imposé un recrutement réservé seulement aux jeunes qui ont été militaires dans les missions des guerres permanentes. En plus, toutes ces polices ont été dotées de dispositifs, moyens, ressources et entrainement qui est de type militaro-policier (voir aussi ici). Un exemple de cela bien que pas encore tout à fait “accompli” on a pu l’observer au G8 de Gênes et encore dans les modalités opérationnelles contre les gilets jaunes. Il s’agit ici d’une modalité qui est aussi assez proche de celle adoptée par les Israéliens contre les Palestiniens (par exemple faire beaucoup d’arrestations, beaucoup de blessés et de temps à autre tuer quelques-uns). Dans le cas de la police française la réadaptation de ce qui avait été la police coloniale pendant la guerre d’Algérie a conduit à la prolifération des BAC (Brigades Anti Criminalité) qui se sont déchainées dans les banlieues (voir le livre de M. Rigouste, La domination policière. Une violence industrielle, La Fabrique, 2012).

Par ailleurs, comme le signale Antonio Mazzeo dans son blog:

“Les images de Minneapolis sont tout à fait identiques à celles qu’on enregistre quotidiennement à Jérusalem, West Bank, Gaza, Golan, au Liban, etc., où impunément agissent les forces de police et les militaires israéliens dans la maitrise des protestations et dans la répression de toute forme d’opposition à la violence structurelle du régime sioniste d’occupation. La ressemblance des corps écrasé sous les bottes, les pistolets et la combinaison des policiers n’est pas un hasard. Il s’agit de techniques d’intervention apprises dans les mêmes centres de formation par les mêmes “instructeurs/entraineurs”: les écoles de police et des forces armées de l’État d’Israël et les innombrables agences privées créées partout avec des investissements et personnels -vétérans provenant de l’ensemble militaire-industriel israélien… Comme a écrit Amnesty International : “La police nationale, les militaires et les services d’intelligence israéliens ont formé la Police de Baltimore au contrôle de la foule, à l’emploi de la force et à la surveillance. … Les officiers et les agents de la police de Baltimore, ainsi que centaines d’autres venants de Florida, New Jersey, Pennsylvania, Californie, Connecticut, New York, Massachusetts, North Carolina, Georgia, État de Washington, sont allé en Israël pour activités de formation/entrainement. Des Milliers d’autres policiers ont été formés par des officiers israéliens aux États- Unis. Nombre de ces voyages ont été financés avec des fonds publiques et d’autres par des privés. A partir de 2002, l’Anti-Defamation League, l’American Jewish Committee’s Project Interchange et le Jewish Institute for National Security Affairs ont payé la formation en Israel et dans les Territoires occupés des chefs de la police et de leurs subordonnés». Amnesty International des E.U., ainsi que d’autres organisations des droits humains et même le Département d'État des E.U. ont évoqué la police israélienne pour avoir fait ”des élimination extrajudiciaires et d’autres homicides illégaux, utilisant des traitements inhumains et la torture (même sur des enfants), supprimant la liberté d’expression et d’association et excédant dans l’emploi de la force contre des manifestants pacifiques”.

La coopération policière avec Israël concerne aussi nombre de pays de l’Amérique Latine (Brésil, Chile et Colombie en particulier). L’Italie aussi est un partenaire historique d’Israël entre autres pour ce qui est des mini-drones et technologies de vidéosurveillance sophistiquées, intelligence et informatique, tous produit dans les districts industriels et de recherche d’Israel.

Comme le signale bien Mairav Zonszein le lien entre les pratiques des polices des pays OTAN et l’entrainement israélien confirme aussi le caractère néocolonial de ces pratiques (fait signalé par Rigouste à propos de la pratique policière en France).

Dans la réédition de son livre sur la police aux États-Unis (Our Enemies in Blue), Kristian Williams montre que la brutalité de la police n’est pas une anomalie, mais elle est incorporée dans la signification même qu’ont les forces de l'ordre aux États-Unis. Depuis les esclaves d’il y a deux siècles jusqu’aux jeunes d’aujourd’hui qui sont tués dans les rues, les peace keepers ont toujours utilisé la force pour modeler le comportement, réprimer la dissension et défendre les puissants.

Selon le chercheur Alex S. Vitale: “Le problème n’est pas dans la formation et l’entrainement, ni dans la différenciation ou dans les méthodes, il réside dans la nature de la police moderne elle-même. Les pratiques dérivantes de la pseudo-théorie des "fenêtres cassées", la militarisation des forces de l'ordre et la dramatique expansion du rôle de la police au cours de ces derniers quarante années ont créé un mandat pour des officiers qui doit être aboli (voir Vitale, The End of Policing). Dans ce livre comme dans celui de Franklyn Zimring (When Police Kill) de Kristian Williams et de Mattew Horace (The Black and the Blue: A Cop Reveals the Crimes, Racism and Injustice in America's Law Enforcement) émerge une description des polices étatsuniennes qui ne fait des corps d’abroutis, ignorants, capables seulement de s’acharner sur les sujets sociaux faibles, privés de toute protection, alors qu’ils sont très révérencieux vis-à-vis des personnes considérées «bon genre» et bien tolérants de leurs illégalismes. Bref, des polices qui non seulement n’assurent aucune protection aux sujets sociaux plus faibles mais les persécutent au nom d’un ordre économique et social qui est celui néo-libériste/néocolonial étatsunien.

 

Qualified immunity : l’impunité du libre arbitre policier

Un aspect emblématique concerne la soi-disant “immunité qualifiée” accordée aux forces de police en 1967 par la Cour Suprême des Etats-Unis. Sur la base de cette norme la police ne peut pas être poursuivie si prouve sa "bonne foi" dans la violation d’un droit garanti. Quinze ans après, la Cour Suprême décida que c’est la victime qui doit prouver les violations de la police. Évidemment cette possibilité est très souvent inexistante sauf dans les rares cas récents où quelques témoins arrivent à filmer la scène comme a été le cas lors de l’assassinat de George Floyd et dans quelques autres cas. Mais dans la grande majorité des cas il n’y a pas de témoins et s’il y en a ils n’arrivent pas à réunir les preuves aussi parce que souvent menacés par les policiers ou par peur de rétorsions de la parte de ceux-ci (voir les auteurs cités plus haut). Même lorsqu’il n’y a pas l’“immunité qualifiée”, l’impunité des polices est de fait assurée par l’asymétrie totale qui presque toujours il y a entre la victime et les polices face aux juges (que l’on pense aux nombreux cas connus en Italie comme en France et ailleurs -voir entre autres Amnesty et les associations des victimes dont celle de Adama Traoré). Et l’impunité favorise le glissement du discrétionnaire propre aux pouvoirs policiers jusqu’au libre arbitre et même la torture et l’assassinat.

Du berceau à la prison. L’augmentation vertigineuse de la criminalisation et sans faute des abus.

La prolifération gigantesque des brutalités de la police correspond à l’augmentation vertigineuse de la criminalisation même des enfants qu’on enregistre depuis les années 1990 aux États-Unis et pratiquement dans tous les pays (voir ici les statistiques). Le système judiciaire américain enferme en prison presque 2,3 millions de personnes en 1.833 prisons des États, 110 prisons fédérales, 1.772 structures de corrections pour mineurs, 3.134 prisons locales, 218 structures de détention pour immigration et 80 prisons de natifs, plus les prisons militaires, les centres d’emploi civile pour ex-détenus, les hôpitaux psychiatriques et les prisons dans les territoires des États-Unis hors «métropole» (voir Wendy Sawyer & Peter Wagner, “Mass Incarceration: The Whole Pie 2020”). Dans les années 1990 on est arrivé à dépasser les 15 millions d'arrestations en une seule année. Nonobstant la nette diminution des délits présumé ou effectifs depuis plusieurs années, en 2019 il y a eu encore 10,3 millions d’arrestations, plus de 7 millions de personnes assujetties à des mesures de restriction de la liberté (aussi à domicile) dont 2,3 millions en prison (1.291.000 dans les prisons des différents États, 631.000 dans celles locales, 226.000 dans celles fédérales -source citée). Dans le classement des États de l’OECD sur la base du taux d’incarcérés (voir la liste complète) les États-Unis sont nettement en tête avec 655 détenus pour 100 mille habitants, suivi par la Turquie (344), Israel (234) etc. La France est à 104, le Royaume Uni à 135, l’Italie à presque 100, l’Allemagne à 77. Le taux d’incarcération des Noirs est presque 7 fois plus haut que celui des blancs et celui des Hispaniques 5 fois (voir aussi Migrations critiques).

Dans la grande majorité des cas les arrestations sont dues à des infractions ou délits de nul ou faible relief pénal (par exemple conduite sans permis ou excès de vitesse, ou comportements pas adéquats selon la morale, le décor et l’hygiène conçus par les bienpensants, et encore des petites tentatives de vols de la part de homeless ou jeunes marginaux -voir les livres de Horace, Williams, Vitale, Zimring etc.).

Dans les E.-U. 230 mille enfants de moins de 12 ans ont été arrêté entre 2013 et 2017 ; parmi eux presque 30 mille de moins de 10 ans. Selon les statistiques annuelles sur la criminalité pour l'année 2018 publiées par l’FBI, limitées è seule 28 types de délits, l'arrestation de mineurs serait diminuée de 11% depuis 2017, mais le nombre d’arrestations des moins de 18 ans était encore de 718.962 enfants et jeunes. Ce nombre comprends 3.500 enfants de moins de 10 ans, plus 38.000 de 10-12 ans et plus de 355.000 de 13-16 ans. Mais selon la page de 2010 du site du gouvernement (https://youth.gov/) “durant une seule année, on estime à 2,1 millions les jeunes de moins de 18 ans arrêtés aux États-Unis”. Bref une criminalisation d’enfants et jeunes qui est révélatrice de la démocratie étatsunienne qui depuis l’administration Clinton a accentué la répression raciste. Sur ce site: «les jeunes appartenant à des minorités sont surreprésenté et traité de manière différente par le système de justice des mineurs par rapport aux blancs de leur même âge et ont majeures probabilités d’être détenus par rapport aux blancs non hispaniques». En particulier “les jeunes afro-américains et hispaniques ont tendance à être jugés comme des adultes et cela beaucoup plus souvent que les jeunes blancs. La conséquence est que centaines de milliers de mineurs noirs et hispaniques purgent leurs peines dans des pénitenciers pour adultes, avec des conséquences dramatiques pour leur sécurité et intégrité physique. Les jeunes afro-américains sont le 16% de tous les jeunes sur l’ensemble de la population, mais le 30% des renvoyés devant le juge parmi les mineurs, 38% des jeunes assignés à résidence, et 58% des jeunes dans les prisons des États pour adultes” (

Particulièrement choquantes sont les arrestations dans les écoles, cas qui par ailleurs dans leur majorité concernent des réactions d’enfants avec des difficultés. En 2018, un fonctionnaire des ressources scolaires a mis les menottes à un enfant autistique de 10 ans le plaquant au sol parce qu’il s’était caché dans une petite armoire. Un bambin de 7 ans pleurant a été menotté parce qu’il refusait d’aller dans le bureau du directeur de l’école. Nombreux sont aussi les cas d’enfants étourdis avec des sédatifs. Et souvent les parents ne sont même pas avertis de ces faits. Les infos des médias sur les abus de policier infligés à des enfants sont très nombreux. Bref, dès l’enfance la police et aussi bonne partie des autorités des écoles montrent aux enfants «ethniques» ce qui sera leur sort en devant adultes.

Cette augmentation de la criminalisation très souvent racialement caractérisée est un phénomène commun à tous les pays (voir Migrations critiques) avec des périodes de majeure ou mineur recrudescence qui peut arriver aussi aux assassinats de la part de policiers[1].

Au cours de ces dernières années il apparaît évident que la France soit devenue le pays avec la police la plus violente d'Europe occidentale vis-à-vis des gilets jaunes mais aussi vis-à-vis de manifestations syndicales, écologistes et surtout vis-à-vis des jeunes des banlieues en particulier noirs. Il n’est donc pas surprenant que les plus grandes manifestations aux cotés des antifa et des militants du Black Lives Matter étatsuniens se soient réalisées à Paris et à Londres. Il est par ailleurs dans ces pays que comme aux États-Unis la pandémie a provoqué davantage de victimes juste parmi la population dite «ethnique» ainsi que les plus de problèmes économiques et de difficultés de confinement. Explose ainsi la révolte contre des polices qui souvent se configurent comme le bras armé d’une domination néo-libériste qui a relancé le néocolonialisme et donc une violence raciste qui comme observent certaines autrices attentives à l’intersectionnalité se confond aussi avec celle fasciste et sexiste (voir en particulier Kathryn Sophia Belle dite Gines et Maboula Soumahoro). Il apparait alors déroutant la prétention libérale de considérer les États-Unis le pays de l’accomplissement de la démocratie plutôt de de l’hétérogenèse de celle-ci, question que même Hannah Arendt n’arrivait pas ou refusait de comprendre.

 

[1] Entre autres voir J. Simon, Governing Through Crime: How the War on Crime Transformed American Democracy and Created a Culture of Fear (https://edisciplinas.usp.br/pluginfile.php/4303945/mod_resource/content/1/j_simon_safe_schools_2007.pdf); De Giorgi, A. & Fleury-Steiner, Ben (eds.) (2017) Neoliberal Confinements: Social Suffering in the Shadows of the Carceral State. (special issue of Social Justice: A Journal of Crime, Conflict & World Order); De Giorgi, A. 2017, “Five Theses on Mass Incarceration”, Social Justice: A Journal of Crime, Conflict & World Order 42(2): 5-30.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.