Italie: fin de course du gouvernement M5S-Ligue. Salvini veut «pleins pouvoirs”

Ça fait presque 6 mois que tout le monde se demande quand le gouvernement italien va tomber. Et voilà que le moment semble arrivé parce que Salvini pense profiter bien des sondages très favorables à lui pour dépasser 40% des votes seul ou avec les fascistes de FdI. Premier effet de la crise : montée du spread et bourse de Milan à pic. L’Italie va-t-elle vers un régime fasciste-raciste-sexiste?

Ça fait presque 6 mois que tout le monde se demande quand est ce que le gouvernement italien va tomber. Les litiges entre M5S et Ligue n’ont pas arrêter de monter aux extrêmes malgré les deux ont renié presque tout ce qu’ils avaient promis. D’abord c’est la Commission européenne et la BCE ainsi que les oscillations du spread et de la bourse qui ont tiré les oreilles des deux alliés les contraignant à renoncer à toutes leur pseudo réformes. Entretemps Salvini a réussi à monter dans cesse dans les sondages misant beaucoup d’argent (venant d’où ?) sur sa perpétuelle campagne électorale dans les rues, dans les places, dans des meetings apprivoisés et depuis juins dans les plages, les discothèques et surtout sur les médias. Un succès extraordinaire tout comme fut celui de Berlusconi en 1994 mais cette fois ci pas grave à ses chaines privées et la majorité de la presse mais grâce aux social network profitant du triomphe de l’idiotie de masse d’un coté et du dégouts et l’abandon de tout intérêt pour la politique de la quasi majorité des électeurs qui étaient de gauche et maintenant aussi des électeurs qui avaient cru à la démagogie facile et ambiguë du parti des cinque étoiles. Enfin, le gouvernement a tenu jusqu’à maintenant tout d’abord par décision la haute finance, l’UE, la BCE et le président de la République qui joue le paladin de ces institutions supranationales.  Et il est presque certain que seront encore ces institutions qui vont décider si on va vers la démission immédiate du gouvernement et les élections anticipées à septembre ou bien s’il y aura un passage à un gouvernement dit institutionnel proposé par le président de la république avec le soutien de la majorité des parlementaires du M5S, du PD et d’autres peut être berlusconiens. Pour l’instant la Ligue et les droites mais aussi une bonne partie du Parti Démocratiques disent vouloir les élections tout de suite et pas d’entente improvisée entre M5S et PD comme le préconise Grillo lui-même et Renzi aussi (deux qui avaient été* toujours farouchement hostiles à une telle combinaison).

Les tons de Salvini rappellent désormais celle de Mussolini : il demande au peuple plein pouvoirs !  Il refuse de répondre au Parlement à propos de l’argent qui aurait eu de la part de Putin tout comme il justifie que son fils se balade en mer avec un scooter d’eau de la police nationale ! Bref on se rappelle la fameuse phrase de Mussolini : nous faisons ce qu’on veut, phrase qui avait imité un peu Grillo lui-même peu après les élections.

            Selon le nouveau chef du Parti Démocratique, Zingaretti, il n’est pas question d’établir un accord pour un nouveau gouvernement avec le M5S (come le demandent Grillo et Renzi) car un tel choix donnerait encore plus de consensus à Salvini (qui sort gagnant des élections européennes et donc serait interdit de gouverner par deux partis que selon les sondages ne dépassent pas 3o-32% alors que lui avec les droites risque d’atteindre 50%).

            Cela n’empêche que Zingaretti lui-même ainsi que la majorité du Parlement pourrait accepter la solution d’un gouvernement provisoire de «techniciens» proposé par le président de la République (et de fait appuyé par la Commission européenne, la BCE et la haute finance). Avant le 15 aout cette décision devrait être prise : à suivre de près.

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