salvatore palidda
Professeur de sociologie à l'université de Gênes (Italie)
Abonné·e de Mediapart

128 Billets

0 Édition

Billet de blog 24 mai 2019

La violence policière du régime Salvini ne passe pas!

Les dernières violences policières on les a vues hier à Gênes, mais grande mobilisation des antifascistes alors que les fidèles de casapound n’étaient qu’une dizaine défendus par un dispositif policier énorme. C’est le scénario qu’on voit répéter depuis des mois en Italie. Mais encore pour pas longtemps. Salvini est aux cordes !

salvatore palidda
Professeur de sociologie à l'université de Gênes (Italie)
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Les dernières violences policières on les a vues hier à Gênes, mais grande mobilisation des antifascistes alors que les fidèles de casapound n’étaient qu’une dizaine défendus par un dispositif policier énorme. C’est le scénario qu’on voit répéter depuis des mois en Italie. Mais encore pour pas longtemps. Salvini est aux cordes !

ça fait longtemps que les violences policières se répètent et vont de pair avec celles des gangs nazifascistes, des racistes, tous mêlés aux sexistes.
Nous nous y attendions parce que Salvini, avant et après les élections, avait promis de garantir aux policiers fascistes qu'ils pouvaient compter sur sa couverture, c'est-à-dire qu'ils allaient avoir "les mains libres" ; il a exalté le droit de posséder des armes à feu et le droit de tirer contre quiconque pourrait être perçu comme une menace, car il rêve de l’Amériques de Trump ; il a fait élire député l'un des dirigeants fascistes du syndicat de la police qui avait soutenu sa campagne électorale. Il a promu M. Piantedosià chef de son cabinet, le défenseur à tout prix du célèbre chef de police De Gennaro et de ses partisans, responsables et en partie condamnés pour les tortures et les matraquages style colonels grecs ou Pinochet le G8 de Gênes. Dès lors, la composante fasciste de la police s'est sentie autorisée à poursuivre avec nonchalance les attaques à Turin contre les NOTAV et les centres sociaux, à Bologne contre ceux des centres sociaux condamnés apriori comme subversifs et encore des autres violences dans nombre d'autres villes, même contre de simples habitants qui protestaient contre les désastres sanitaires et environnementales qui provoquent la mort ou le cancers de leurs enfants et contre d’autres grands travaux inutiles, nocifs et hyper coûteux au seul profit des grandes entreprises (voir ici le monitorage de toutes les violences policières en Italie : http://www.osservatoriorepressione.info/; ici les violences racistes : http://www.cronachediordinariorazzismo.org et ici contre le sexisme https://nonunadimeno.wordpress.com/).

Mais il faut dire la vérité : ceux qui ont pavé la route sbire improvisé aspirant duce ont été les messieurs Renzi et Minniti, ainsi que Gentiloni et auparavant Violante, D'Alema et C. N'oublions pas que cette route qui a conduit à la dérive actuelle a commencé à être pavée avec la conversion libériste de la gauche (qui maintenant n’existe plus!), et cela aussi dans les rangs des magistrats démocratiques au point qu'une bonne partie des magistrats de Turin est au premier plan dans la persécution réactionnaire des NOTAV et des centres sociaux; ce sont ces gens qui ont condamné la pauvre enseignante Lavinia Flavia Cassaro selon les logiques de l'inquisition, comme l'écrit l’avocat Giovannelli (sur effimera.org) car elle n’a fait que défouler son désespoir à voir des policiers qui défendent des nazifascistes. Et encore rappelons-nous, Aldrovandi, Cucchi, Uva et beaucoup d'autres assassinés par des policiers ou carabiniers toujours après avoir été torturés. Nous n’avons pas encore vu ce que Salvini et ses voyous amis de Casapound et les fascistes dans les rangs des polices aimeraient faire en imitant la police française, devenue la plus violente d'Europe occidentale. Malgré tout, en Italie, tous les policiers ne sont pas du même genre que ceux qui soutiennent Salvini et Casapound. Et il n’est pas exclu que le grand rêve de transformer l’Italie en un régime rappelant celui de la période fasciste soit enterré avant même que sa mise en œuvre ne commence à s’implémenter. Hier, à Gênes, il y avait au moins cinq mille personnes contre un meeting de Casapound qui n’avait qu’une dizaine de personnes protégées par un dispositif policier énorme. Les flics employés ont été du meme genre que ceux très violents de Bologne, Turin et Rome (c.-à-d. le correspondant des plus durs CRS français) et dans leur fougue et peur d’être submergés par les manifestants antifascistes, ils ont frappé à sang un pauvre journaliste de la rédaction locale de repubblica qui a raconté d’avoir eu peur de mourir car ils n’arrêtaient pas de frapper et donner des coups de bottes sur sa tête et sur son dos (il est à l’hôpital avec des cotes cassé et une main à opérer avec deux doit cassés). La mobilisation de Gênes, bien que ce fût un événement organisé qu’en quelques heures, montre qu'il existe une forte sensibilité antifasciste, antiraciste et antisexiste qui se traduit par un potentiel de mobilisation qui ne fera qu'augmenter si les provocations de Salvini et de ses hommes de main se poursuivent. Depuis des semaines dans toutes l’Italie on a assisté à une montée de la mobilisation antifasciste qu’on avait cru en déclin. Mais voilà que le sang de nos ancêtres partisans qui ont libéré l’Italie (et en partie aussi la France) dans la Résistance contre le fascisme et le nazisme coule encore dans les veines des antifascistes italiens du XXI siècle avec aussi une nette connotation antiraciste et antisexiste.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Aurélien Rousseau, l’autre caution de gauche de Matignon
Le nouveau directeur de cabinet d’Élisabeth Borne, Aurélien Rousseau, a été directement choisi par Emmanuel Macron. Sa réputation d’homme de dialogue, attentif aux inégalités, lui vaut de nombreux soutiens dans le monde politique. D’autres pointent sa responsabilité dans les fermetures de lits d’hôpitaux en Île-de-France ou dans le scandale du plomb sur le chantier de Notre-Dame.
par Ilyes Ramdani
Journal — Politique
Personnel et notes de frais : les dossiers de la députée macroniste Claire Pitollat
Dix-neuf collaborateurs en cinq ans, des accusations de harcèlement et des dépenses personnelles facturées à l’Assemblée : le mandat de la députée du sud de Marseille, candidate à sa réélection, n’a pas été sans accrocs. Notre partenaire Marsactu a mené l’enquête.
par Jean-Marie Leforestier et Violette Artaud (Marsactu)
Journal
Législatives : pour les femmes, ce n’est pas encore gagné
Plus respectueux des règles de parité que dans le passé, les partis politiques ne sont toujours pas à l’abri d’un biais de genre, surtout quand il s’agit de réellement partager le pouvoir. Nouvelle démonstration à l’occasion des élections législatives, qui auront lieu les 12 et 19 juin 2022.
par Mathilde Goanec
Journal
Orange : la journée des coups fourrés
Redoutant une assemblée générale plus problématique que prévu, la direction du groupe a fait pression sur l’actionnariat salarié pour qu’il revienne sur son refus de changement de statuts, afin de faire front commun pour imposer la présidence de Jacques Aschenbroich. Au mépris de toutes les règles de gouvernance et avec l’appui, comme chez Engie, de la CFDT.
par Martine Orange

La sélection du Club

Billet de blog
Qui est vraiment Élisabeth Borne ?
Depuis sa nomination, Élisabeth Borne est célébrée par de nombreux commentateurs comme étant enfin le virage à gauche tant attendu d'Emmanuel Macron. Qu'elle se dise de gauche, on ne peut lui retirer, mais en la matière, les actes comptent plus que les mots. Mais son bilan dit tout le contraire de ce qu'on entend en ce moment sur les plateaux.
par François Malaussena
Billet de blog
Qu’est-ce qu’un premier ministre ?
Notre pays a donc désormais un premier ministre – ou, plutôt, une première ministre. La nomination d’E. Borne aux fonctions de premier ministre par E. Macron nous incite à une réflexion sur le rôle du premier ministre dans notre pays
par Bernard Lamizet
Billet de blog
par C’est Nabum
Billet de blog
De l'art de dire n'importe quoi en politique
Le problème le plus saisissant de notre démocratie, c’est que beaucoup de gens votent pour autre chose que leurs idées parce que tout est devenu tellement confus, tout n’est tellement plus qu’une question d’image et de communication, qu’il est bien difficile, de savoir vraiment pour quoi on vote. Il serait peut-être temps que ça change.
par Jonathan Cornillon