Levée des sanctions à l'encontre des désobéisseurs

Ils ont été la pointe de la contestation des mesures Darcos-Sarkozy-Châtel. Ils demandent aujourd'hui la levée des sanctions pour des raisons bien légitimes.

Ils ont été la pointe de la contestation des mesures Darcos-Sarkozy-Châtel. Ils demandent aujourd'hui la levée des sanctions pour des raisons bien légitimes.

De tous ceux qui ont parlé de "casse de l'école", c'est-à-dire la majorité des observateurs des "choses scolaires", dont les syndicats, ils ont été les seuls à faire suivre des actes à la hauteur de ces mots forts. Ils ont surtout ressenti, dans leurs pratiques, comment les mesures prises dénaturaient leur travail : permettre aux enfants d'apprendre. Sandra Laugier et Albert Ogien ont parfaitement analysé ce moment où des professionnels se mettent "hors-la-loi" car ils se sentent "déprofessionnalisés" de l'extérieur. La suppression de la formation des enseignants est un exemple caractéristique d'une volonté de corruption du rapport de la personne avec son métier. Un autre est celui des rythmes scolaires. Ils ont été les premiers à demander une concertation sur ce sujet et à interpeller l'ensemble du monde politique sur les conséquences pour les enfants. A l'époque, la semaine à 4 jours avait le vent en poupe et les syndicats avaient sondé leurs adhérents qui été plus que partagés. Seul Antoine Prost et Hubert Montagner avaient marqué clairement que la limite avait été dépassé.

Alors que les intentions de Vincent Peillon rejoignent clairement ce qu'ils ont défendu, la levée des sanctions semble évidente. En 2008, la droite ne s'était pas embarrassé de détails pour décorer un enseignant qui avait fait publicité de ne pas avoir appliqué les programmes de 2002. Pour les désobéisseurs, pas de médaille mais le solde de l'histoire des cinq dernières années.

Et puis, pour moi, et c'est un point de désaccord avec la plupart des désobéisseurs, il n'y a pas eu désobéissance. Il n'y a eu qu'une "mise en jeu" du pouvoir. Les heures d'aide personnalisée étaient détournées mais faites ; les programmes pas appliqué, (mais qui peut les appliquer aux vues des conditions actuelles ?) mais les enfants continuaient d'apprendre tout ce qui s'apprend à l'école...Le pouvoir, au moment où le mouvement s'est lancé, a pris la mouche (des patrons étaient séquestrés et des lycéens étaient dans les rues) et a voulu marqué son autorité. Il a surtout voulu mettre au pas l'administration qui était soupçonnée de rouler pour l'opposition.  Et je n'oublie pas comment ce pouvoir a voulu fermer mon blog sur Mediapart (à lire pour ce qui ne l'ont pas fait, c'est édifiant !).

Il faudra bien pour assoir la refondation dans un esprit d'apaisement mettre les comptes à zéro.

 

Voici le texte. et le lien pour la pétition.

http://resistancepedagogique.org/petitions/index.php?petition=3

et ici le résumé des propositions faites lors de l'entretien qu'ils ont eu au Ministère au mois de juillet.

http://resistancepedagogique.org/site/file/Entretien_ministere_26-07-12.pdf

 

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Les contre-réformes appliquées à l’école ces dernières années ont suscité un mouvement de résistance pédagogique sans précédent. Plusieurs milliers d’enseignants du primaire ont pris le risque de la désobéissance pour lutter contre ce démantèlement du service public d'éducation. Cette résistance éthique et responsable a été largement soutenue par les parents d’élèves ainsi que par de nombreuses sections locales des syndicats représentatifs.

Aujourd’hui, les faits ont validé la légitimité de cette résistance. Les valeurs et les propositions que les enseignants du primaire en résistance ont portées pour défendre et reconstruire l'école étaient en grande partie présentes dans le programme du candidat Hollande et dans les premières annonces du ministre de l'Education nationale.

Nombre de ces enseignants ont subi des sanctions aussi injustes que disproportionnées : disciplinaires (blâmes, abaissement d’échelon, mutation d’office), financières (retenues de salaire) ou administratives (baisse ou maintien de note, refus de promotion, déplacements d’office déguisés). A l’heure de la refondation programmée de l’école, il est temps de leur rendre justice.

Nous demandons que cesse dès aujourd'hui toute forme de sanction à leur encontre. Nous demandons au ministre de l’éducation nationale la levée de toutes les sanctions infligées aux enseignants en résistance pédagogique.

Tous les enseignants sanctionnés, y compris ceux qui sont à la retraite, doivent être réintégrés dans leurs droits.





Réflexions et propositions pour l'école : http://resistancepedagogique.org/


la pétition pour signatures papier

Pour les organisations souhaitant être signataires, merci de le faire savoir en envoyant un courriel

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