Comment recueillir l’avis des enseignants ? réponses aux commentaires

Ce billet fait suite à plusieurs commentaires, notamment ceux de Sabine Kraus et de Dominique Wittorski, que vous retrouverez sous mon précédent billet "Nouveaux programmes : le véritable avis des enseignants" 

Ce billet fait suite à plusieurs commentaires, notamment ceux de Sabine Kraus et de Dominique Wittorski, que vous retrouverez sous mon précédent billet "Nouveaux programmes : le véritable avis des enseignants"

 

 

L'historique d'une relation inter-école :

 

Au début, fut l'Internet et la liste de diffusion des écoles. L'inspection Académique envoie des notes de services dans nos messageries d'école par une liste de diffusion. Les collègues directeurs ont été les premiers à détourner cette utilisation Institutionnelle en renvoyant massivement les messages à leur envoyeur. Il a permis aussi d'échanger des impressions et même de faire reculer et céder l'administration qui voulait encore charger la barque des directeurs d'école.

Récemment, un directeur a décidé de comptabiliser le nombre d'enseignants non-remplacés du fait de la chute du nombre de remplaçants. Chaque école lui envoie un petit rapport en cas d'absence d'un collègue et le directeur de l'école, nous fait un bilan par semaine. L'idée est de pouvoir faire pression sur l'administration en lui opposant des chiffres réels et de pousser les syndicats à réagir sur ce problème.

L'idée de mon questionnaire était dans cet esprit. Le rejet des nouveaux programmes n'est pas le fait d'une poignée d'excités syndicalistes rétrogrades (point de vue de la droite s'exprimant depuis quelques jours) mais bien des écoles elles-mêmes. Le mouvement est bien spontané.

Ainsi pour répondre à Sabine Kraus, il s'agissait bien de produire du collectif en fédérant une somme d'individus isolés par le discours de faussaires du Ministre.

 

La méthode :

 

(pour répondre à Dominique Wittorski)

Le questionnaire a été envoyé aux 624 écoles de l'Hérault (+de 4800 instits) par Internet au moyen de la messagerie électronique des écoles. Il a été envoyé à plusieurs reprises. Cependant toutes les écoles n'ont pas reçu le questionnaire : soit qu'il a été noyé dans le flot de tous les messages que nous recevons, soit que les collègues n'ont pas eu le temps d'y répondre (les ponts de mai + le fait que beaucoup d'écoles n'ont pas de directeur déchargé de la classe : j'ai une dizaine de réponses « pas le temps »), soit que les collègues sont découragés de toute action collective. Il faut donc mettre en regard le résultat à ce questionnaire avec le pourcentage de grévistes dans le premier degré.

 

Digression :

Les estimations du nombre de grévistes du Ministère et des syndicats sont « nécessairement » fausses puisque à l'heure actuelle, un enseignant du premier degré se déclare gréviste après la grève ! Pour pouvoir nous retenir un jour de salaire sur nos bulletins de paye, nous recevons un document de « déclaration de non grève » où nous déclarons officiellement ne pas avoir fait grève. Nous avons un délai d'environ trois semaines-un mois pour faire parvenir ce document. Les grévistes, comprenez ce qui n'ont pas renvoyé le document ou l'on mal rempli, sont ponctionnés trois ou quatre mois plus tard. L'administration ne connaît donc le nombre de grévistes dans le premier degré qu'après un mois et demi.

 

Réussite ou échec ?

 

Si on prend le rapport entre les 500 parents d’élèves représentatifs des français sondés par leministère rapporté aux nombres de parents d’élèves, oui il s’agit d’un succès (+ de 6 000 000 d’élèves soit environ, en pensant qu’il y a 1,9 enfants par femmes, + de 3 000 000 de parents d’élèves) : le rapport est donc de 0,00016 contre 0,2 pour mes stats (950 / 4600 enseignants).

Est-ce que les enseignants qui ont répondu sont représentatifs ? Le monde enseignant est l’un des plus homogènes dans ses habitudes, ses opinions et ses votes aux élections. Si près de 1000 enseignants rejettent les nouveaux programmes, on peut-être certain qu’il s’agit de l’opinion majoritaire. Et cela d’autant plus que j’ai appelé au sursaut des enseignants favorables aux nouveaux programmes ; j’ai eu une seule réponse. Plus largement les 8 % d’enseignants ayant donné un avis nuancé peuvent être considérés comme adhérents auxnouveaux programmes, tout comme les 12 % appréciant la simplification ; l’opinion favorable est donc sans croire que cela allait changer les positions du gouvernement (le conflit perdu sur les retraites de 2003 est encore dans toutes les têtes).

Toutefois, ce n’est pas la fin. Un nouveau débat a commencé sur les messageries des écoles. L’invention de nouvelles formes d’action pour contrer les annonces de notre président.

 

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