À Mediapart, la grève continue

La mobilisation contre la réforme des retraites et la politique du gouvernement Macron est le plus long mouvement social que la France ait connu depuis 1968. A Mediapart aussi, le conflit est de loin celui qui mobilise le plus depuis la création du journal, en 2008.

La mobilisation contre la réforme des retraites et la politique du gouvernement Macron est le plus long mouvement social que la France ait connu depuis 1968. A Mediapart aussi, le conflit est de loin celui qui mobilise le plus depuis la création du journal, en 2008.

Ce jeudi 9 janvier, la section CGT de Mediapart appelle à nouveau à la grève et à la manifestation. Quatorze salarié·e·s de l’entreprise se sont déclarés grévistes et vont rejoindre les cortèges, à Paris et à Poitiers, où travaille le service des relations avec les abonné·e·s.

Depuis le début du mouvement, le 5 décembre, 27 personnes, tous métiers confondus - sur un total de 95 salarié·e·s - ont fait grève, de manière ponctuelle ou répétée. Régulièrement, des AG ont été organisées. La section CGT du journal a ouvert une caisse de solidarité qui a été abondamment alimentée. 1600 euros ont été collectés tout au long du mois de décembre. A ce jour, 90 % du montant a été reversé, en priorité aux grévistes qui touchent les plus bas salaires de l’entreprise.

Nouveauté pour Mediapart : certain·e·s journalistes ont fait le choix de se mettre en grève, plutôt que de couvrir le mouvement ou de continuer à travailler sur leurs rubriques habituelles. On vous expliquait ici pourquoi certain·e·s d’entre nous avaient ressenti le besoin de mettre en cohérence leurs idées avec leurs pratiques, et de quitter un moment leur poste d’observateur caractéristique de leur métier.

Autre nouveauté : les community managers de Mediapart ont été à l’initiative d’actions inédites sur les réseaux sociaux, afin de rendre visible leur arrêt de travail au milieu des flux incessants d’informations. Ils sont désormais en lien avec des consœurs et confrères d’autres médias et ONG. Ils vous en disent plus ici.

Les membres du pôle technique de l’entreprise ne sont pas en reste. Plusieurs d’entre eux ont rejoint le collectif #OnEstLaTech des travailleuses et travailleurs du numérique qui appellent à la grève et au soutien au mouvement à travers un affichage sur leurs sites web.

Alors que le gouvernement espère un pourrissement de la situation au retour des fêtes, manifester ce jeudi est crucial pour montrer notre détermination. Face à un pouvoir qui entend présenter son projet de loi en conseil des ministres le 24 janvier en dépit de l’opposition massive de la population et de la solidarité générale avec les grévistes, nous n’avons pas l’intention d’abandonner le terrain de la lutte. Au contraire. C’est une journée décisive : une moindre participation serait interprétée par le gouvernement comme un feu vert pour passer en force. Pour se donner du courage et de la joie en chemin, les grévistes de Mediapart vont donc ensemble rejoindre le cortège.

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