Embrassons les CRS

La politique est morte, vive la politique. C’était le titre de ce billet hier encore.

Il se passe effectivement quelque chose d’extraordinaire en ce moment.

Il y a dans l’air, et dans les rues, une atmosphère de renouveau. 

Las de la politique qui fait son spectacle quotidien et qui ne change pas notre quotidien, en rien, les citoyens à l’esprit citoyen reprennent le contrôle de leur vie par l’action.

On les voit fleurir, nos utopies pour arrêter cette mascarade du marché qui nous fait surconsommer, surproduire et qui est finalement responsable de cette course en avant qu’on ne parvient pas à arrêter.

Nos Etats se sont fait asservir (lire en lien le magnifique mais terrifiant texte de Manuela Cadelli, « le néolibéralisme est un fascisme ») et nous avec.

Alors c’est sûr, nos combats se croisent et se trouvent des points communs en ce moment. Il flotte cet air de rébellion qui nous enchante.

Encore hier, j’étais émerveillé par toutes ces actions qui fleurissent et qui sentent bon le retournement (n’est-ce pas bernard arnaud sans majuscule?). Mais hier, j’ai passé toute la journée à l’hôpital pour ma compagne.

Nous pouvons reprendre le contrôle d’une partie de nos vies c’est vrai.

Nous avons besoin de commencer par nos consciences il est vrai, alors ces utopies sont utiles.

Mais nous devrons nous battre également pour la survie de l’Etat, de l’Etat de droit. Pour nos hôpitaux, nos magistrats, nos acteurs sociaux.

L’Etat est notre plus bel achèvement, et ils veulent le tuer.

Nous ne couperons la tête à personne je l’espère. Mais les bourgeois qui ont pris le pouvoir depuis 1789 ont bel et bien dépassé les limites. A nous de les en empêcher sans écorcher plus encore cet Etat qui est le nôtre.

Battons-nous contre ceux qui ont asservi l’Etat, ne nous battons pas contre l’Etat.

L’Etat, c’est nous. Embrassons les CRS et les policiers. Ils sont des nôtres.

Moi l’anarchiste convaincu, j’ai du réviser ma foi. Fuck.

L’équilibre est à la croisée des chemins.

Il sera dur de délier les pensées mais notre combat est là.

Eclairer pour mieux démanteler.

Ne pas scier la branche sur laquelle nous sommes assis.

Poulets sans tête, pardonnez moi.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.