Gens du voyage: lancer l'alerte sur un sujet dont «tout le monde se fout»

StreetPress ouvre l’enquête sur les conditions de vie des voyageurs. Stigmatisées partout ou presque, les communautés dites des « gens du voyage » sont parmi les plus discriminées de France. L’anti-tsiganisme est ancré au plus profond de notre société. Pas un seul département ne dispose du nombre d’aires d’accueil imposé par la loi. Et celles existantes sont bien souvent indignes.

Nous faisons aujourd’hui appel à votre soutien pour réaliser un mini-documentaire et une série d’articles d’investigation. Une manière de pousser ce sujet dans le débat public. Aidez-nous à documenter cette situation sanitaire et environnementale indigne de notre pays, et dont les pouvoirs publics sont responsables.

Sur l'aire de Hellemmes-Ronchin (Lille), le voisinage c'est : déchèterie, concasserie, exploitations agricoles, train et usine de béton. © Yann Castanier Sur l'aire de Hellemmes-Ronchin (Lille), le voisinage c'est : déchèterie, concasserie, exploitations agricoles, train et usine de béton. © Yann Castanier

C’est quoi le projet ?

À l’été 2019, dans la banlieue de Rouen, l’usine SEVESO de Lubrizol brûle. Toute l'agglomération respire les fumées toxiques. Mais les plus touchés, intoxiqués par les retombés d’amiantes, sont les résidents de l’aire d’accueil voisine. Quelques mois plus tard, StreetPress révélait qu’ils étaient, en plus, menacés d’expulsion.

Un hasard ? Pas vraiment, en fait. Il existe une blague chez les voyageurs :

« Si tu ne trouves pas l’aire, cherche la déchetterie. »

Un trait d’humour noir pour une réalité tout aussi sombre. En France, 80% des aires d'accueil pour les gens du voyage sont situées dans des environnements dangereux : à proximité de déchetteries au mieux, d'usines chimiques dans le pire des cas, souvent isolées en pleine zone industrielle, sous une autoroute ou une ligne de TGV. Conséquence de cela, ses habitants sont sujets à des maladies chroniques, maladies de peau, maladies pulmonaires…

Aire d'Hellemmes-Ronchin (Lille) : des enfants jouent dans leur quartier... © Yann Castanier Aire d'Hellemmes-Ronchin (Lille) : des enfants jouent dans leur quartier... © Yann Castanier

Tous ceux qui vivent ou qui ont vécu sur ces aires dites « d’accueil » le savent : leur localisation relève de stratégies de mise à l’écart et de contrôle dont le caractère est systémique.

Aujourd’hui, nous ouvrons l’enquête. Et il nous faut réunir au moins 10.000€ avant le 4 mai pour couvrir correctement le sujet.

C’est une somme importante pour un média comme StreetPress. Nous avons besoin de votre soutien, non seulement pour rendre l’enquête possible, mais aussi pour envoyer un message fort aux pouvoirs publics : la situation des aires d'accueil DOIT changer.

Aidez-nous à faire un maximum de bruit. Pour faire connaître la crise environnementale et sanitaire que rencontrent les voyageurs en France.

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Pourquoi une collecte ?

Vous avez déjà vu un article parler positivement de l’installation de Gens du voyage sur une aire d’accueil ? En France, les voyageurs sont ramenés à des stéréotypes. Ils sont des voleurs de poules ou plutôt des délinquants ou des bandits. Et quand ils ne sont pas stigmatisés, on déroule les clichés exotisant (on a droit tous les ans aux mêmes reportages sur les mariages et le pèlerinage de Saintes-Maries-de-la-Mère...).

 © Yann Castanier © Yann Castanier

À StreetPress, on a essayé de faire ça différemment. L’attention qu’on porte à ce sujet, on le doit notamment au travail de William Acker. Ce juriste documente les conditions de vie sur les aires d’accueil de gens du voyage, dont il est lui-même issu. Il publie ce mois-ci, aux Éditions du Commun, Où sont les gens du voyage ?, un inventaire critique accompagné de cartes, à lire absolument. Il a accepté de nous aider à construire ce projet.

Ce qu’on propose :

  • Un mini-documentaire vidéo pour raconter l'histoire emblématique des voyageurs de « l'aire d'accueil de Lubrizol » (Rouen).
  • Une enquête sur la répartition des aires d’accueil alentour pour montrer comment les collectivités publiques se défaussent de leurs responsabilités.
  • Un reportage auprès du collectif de femmes voyageuses de Hellemmes-Ronchin (Lille) en lutte, pour montrer comment elles s’organisent pour obtenir leurs droits.
  • Une interview de William Acker. Il est l’auteur d’un recensement commenté de la totalité des aires d'accueil de France, en fonction de leur exposition à un environnement toxique. Le résultat de ce travail titanesque, c’est la parution d’un livre depuis le 16 avril dernier, Où sont les gens du voyage ?, dont il nous parlera.

Si on a envie de voir notre société changer, il faut soutenir les initiatives qui ont de l'impact. Cela passe par de l’argent pour permettre notre travail, et aussi par la diffusion de ce message.

Partagez cette collecte, parlez-en autour de vous pour ouvrir le débat et peut-être déclencher une prise de conscience !

Vous voulez nous soutenir autrement ? N’hésitez pas à nous écrire, on est joignables ici : communaute@streetpress.com et sur Facebook, Twitter ou Instagram.

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Quand est-ce que ça sort ?

Nous publierons l’ensemble de notre travail d’enquête à la mi-mai, juste après la collecte.

Comment c’est possible ?

Notre équipe est déjà sur le terrain. Le travail d’enquête est maintenant suffisamment avancé pour pouvoir en parler sans nuire à l'exercice journalistique.

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À quoi va servir mon argent ?

Avec 10.000€
On couvre la majorité des frais engendrés par l’opération. StreetPress doit encore prendre en charge 4.000€.

Avec 14.000€
On couvre la totalité des frais pour réaliser l’opération. StreetPress ne perd pas un rond.

Et avec encore plus…
Toute somme récoltée au-delà de 14.000€ servira à poursuivre notre travail d’enquête. Aujourd’hui les dons ne représentent que 20% du budget de StreetPress. Plus ils se développent, plus on sera fort et impactant.

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Le budget détaillé

Dans un souci de transparence, nous détaillons ici le budget de notre opération :

  • Journalistes : 3.700€
  • Cadreur : 1.500€
  • Montage : 1.500€
  • Photographe : 500€
  • Motion design : 1.500€
  • Matériel (caméras, banc de montage) : 800€
  • Frais divers : 750€
  • Rédaction en chef, editing, mise en ligne, community management : 1.700€
  • Création, promotion et suivi de la campagne de financement : 1.000€
  • Frais Okpal : 5%

TOTAL = 13.700€

Pourquoi StreetPress fait régulièrement appel aux dons ?

Parce que notre média n’appartient pas à Vincent Bolloré (heureusement pour nous... et pour vous). Cet appel à soutien vise d’abord à entretenir l’indépendance de notre média : grâce à votre aide on peut enquêter plus et prendre des risques (financiers) pour que ce soit toujours l’info qui prime. Ensuite, cet appel sert à faire connaître le travail et l’impact de StreetPress. Parce que notre communauté c’est notre premier porte-voix : chaque partage de nos infos donne de l’écho à des histoires que l’on n’entend pas, ou trop peu.

Pour que cela continue, nous avons sincèrement besoin de votre soutien. 

L'équipe de StreetPress compte sur vous.

Merci

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