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Billet de blog 23 févr. 2021

L'INSTIT DES "GRANDES GUEULES" - Souvenirs d'un prof dans les médias - 1/5

Invité douze années à une émission de radio pionnière dans les débats médiatiques, j’analyse ici cette expérience inédite, d’autant plus importante qu’elle annonçait l’avènement du « buzz » et de la zemmourisation des grands médias privés. Occasion aussi de réfléchir aux moyens d’en finir avec cette lente dégradation qualitative et démocratique de notre système d’information.

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Avant d’entrer dans les détails de mon expérience, je veux exposer ici ce qui motive mon écriture. L'univers médiatique est relativement hermétique, peu accessible si on n'y travaille pas. Certes, il arrive que les uns et les autres y fassent quelques incursions le temps d'un reportage, d'une interview, d'une invitation. Mais il est rare qu'une personne totalement étrangère à ce domaine y vienne si souvent, aussi longtemps, qui plus est dans un groupe TV/radio/presse en pleine expansion.

Mon précédent billet, dans l'urgence d'une réponse à la nouvelle offense qui était faite à mon métier, ne faisait que dévoiler ce que j'avais pu découvrir. Je souhaite ici prendre le temps d'une plus longue description et d'une analyse plus profonde. On ne peut imaginer uniquement des médias publics, même si - à titre personnel - j’en fais grande consommation. A moins de vouloir tout nationaliser, il faut d'urgence réfléchir à ce que peuvent être les modèles - notamment économiques - de médias privés, indépendants à la fois des grandes fortunes qui font main basse sur le secteur, et des logiques financières qui poussent leurs acteurs à rechercher le clash afin d’assurer leur rentabilité au travers d’audiences ainsi dopées. Mais d’abord, pour cette première partie, j’explique d’où je pars et donc d’où je parle.

On parle de quoi ?

Pendant douze ans, j’ai participé plus de 300 fois aux « Grandes Gueules » (ou « GG »), une émission quotidienne de deux à trois heures de débats, novatrice à son lancement (août 2004), diffusée initialement sur la radio RMC puis en simultané à la télévision sur RMC STORY (ex NUMÉRO 23, « chaîne de la diversité ») depuis septembre 2016. Elle est animée, conjointement ou alternativement, par les journalistes Alain MARSCHALL et Olivier TRUCHOT qui officient également sur BFM/TV, chaîne de télévision appartenant au même groupe média NEXTRADIO TV.

Cette émission, qui boucle sa 17e saison, est essentielle dans la stratégie du groupe puisqu'elle est mise à l’antenne, en direct ou en rediffusion, près de 30 heures par semaine (1). Chaque jour, s’y retrouvent trois intervenants parmi les 15 recrutés. Chacun est avant tout présenté selon sa profession : l'avocat (il y en a trois), le fromager (qui est plutôt devenu chef d’entreprise), la prof d'histoire-géo (qui ne l’est plus), l’instit (qui l’était vraiment), l'éducateur (qui est encore bien plus que cela), l'étudiant (qui publie déjà un livre), l’agriculteur (ancien responsable syndical), la fonctionnaire (qui fut porte-parole de Manuel VALLS), l’éditrice (qui est la compagne d’un important homme politique) l’ancienne SDF (qui heureusement ne l’est plus), le directeur marketing (qui fut aussi mannequin)... 

Chacun exprime librement son opinion mais sur les sujets retenus préalablement par l’équipe de l’émission. Les thèmes abordés sont présentés sous la forme d'une question assez binaire du type "pour ou contre". Ce concept est ainsi présenté : « Chez nous, c’est comme dans un repas de famille, on se retrouve pour discuter de l’actualité, on s’engueule, parfois des propos dépassent notre pensée. Ce n’est pas grave, on s’excuse et la conversation continue » (Olivier TRUCHOT, lefigaro.fr, 25/09/2018). Bref, des débats à la bonne franquette pour les uns, bien franchouillards pour d’autres, encadrés par deux journalistes expérimentés mais dont le rôle ici sort largement du cadre habituel d'une mission d’information pour glisser vers un show d'opinions (c’est même un slogan de la station, « RMC, votre radio d’opinions »).

Ces deux journalistes sont également très exposés : en plus de l’émission de débat, Olivier TRUCHOT occupe la tranche 17H-19H de BFMTV (émission « BFM STORY ») et Alain MARSCHALL lui succède sur le créneau 19H-21H (dans « 120 % NEWS ») du lundi au jeudi. Au total, chacun cumule donc dans la semaine 5 fois 3 heures de radio et 4 fois 2 heures de télévision, pour un total exceptionnel en direct de 23 heures chacun.

Comment un instit a pu se retrouver à l’antenne ? 

Maître d'école dans la campagne normande au Nord de Rouen depuis 1995, j'ai été sollicité par RMC en septembre 2007 après la parution de mon tout premier livre : « ÉCOLE : DROIT DE RÉPONSES » (HACHETTE), préfacé par Philippe MEIRIEU et récompensé par le Prix Louis CROS de l'Académie des Sciences Morales et Politiques, puis par le Prix de l'Instruction Publique René DEVIC des Amis de la Mémoire Pédagogique. Le fait que l'émission vienne chercher un parfait inconnu est plutôt rare pour être salué. Par la suite, les stratégies varieront entre organiser des castings de recrutement ou prendre des personnes déjà connues par ailleurs.

Autre point étonnant : au moment où on me contacte, j’ignore tout de cette radio et de son émission phare. En effet, RMC n'était pas encore diffusée en Haute-Normandie et j'ignorais donc le projet entièrement inspiré de ce qui se faisait déjà outre-Atlantique (lire sur l'origine du renouveau de la station, le livre très instructif de l'ancien directeur de RMC, Frank LANOUX : « La deuxième vie de RMC » paru aux Editions du Rocher en 2013).

Pour ma part, je suis dès le départ assez méfiant. Auditeur de « LA-BAS SI J’Y SUIS » de Daniel MERMET sur FRANCE INTER, lecteur du CANARD ENCHAÎNÉ et de CHARLIE HEBDO, mais aussi longtemps spectateur studieux de l'émission de décryptage « ARRÊT SUR IMAGES » de Daniel SCHNEIDERMANN sur FRANCE 5, ma vision des grands médias - dont nombre ont perdu toute déontologie lors du référendum de 2005 puis de la présidentielle de 2007 - est largement dégradée.

De plus, mon tout premier livre est fortement motivé par le mauvais traitement médiatique réservé aux questions scolaires. Ainsi, deux ans plus tôt, j’interpelle par écrit le médiateur de FRANCE 2 après la diffusion d’un reportage piteux consacré à la lecture puis rédige une tribune qui donne tout de suite le ton : « Télé prise qui croyait prendre » (2).  Je reçois en retour une invitation dans « L’HEBDO DU MÉDIATEUR » diffusé alors en direct le samedi juste après le journal de 13h sur FRANCE 2. Après la diffusion de l'émission en décembre 2005, un collègue m’incite à remettre mes arguments par écrit, ce qui donne un nouveau texte mis en ligne sur le site de l’universitaire et pédagogue Philippe MEIRIEU (3), lequel m’encourage à me lancer dans l’écriture d’un ouvrage complet. Je choisis alors la forme épistolaire, inventant 26 messages d'interlocuteurs auxquels je réponds par ordre alphabétique des thèmes abordés. C’est donc ce livre, véritable « droit de réponses » - né de la critique des médias ! - qui sera à la base de mon recrutement par les responsables de l’émission.

 Mais pourquoi accepter ?

Quelques mois plus tôt, Nicolas SARKOZY a été élu Président de la République, ce qui n'augure rien de bon pour l'Éducation. Suppression de postes, fermeture de classes et d'écoles, tentative de suppression de la carte scolaire, attaque contre les dispositifs d'aides spécialisées aux élèves en grande difficulté, suppression de la classe du samedi matin, nouveaux programmes rétrogrades, salaires prétendument au mérite, diminution du temps d'enseignement (192 matinées en moins sur les huit années d’école primaire), retour aux « fondamentaux », volonté de mise en concurrence des établissements, évaluations nationales pour certains niveaux scolaires, non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, casse de la formation initiale. Cela se manifestera aussi au travers du mépris contre les professeurs des écoles comme en attesteront les propos du ministre Xavier DARCOS qui croit que les enseignant(e)s de maternelle, recruté(e)s à bac + 5 et sur concours, sont payé(e)s à surveiller les dortoirs et changer les couches (03/08/2008). On pourrait aussi rappeler la comparaison volontairement méprisante de Nicolas SARKOZY pour qui « l'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé » (20/12/2007).

Opposé à cette politique agressive et rétrograde contre l'école, RMC m’offre une opportunité inespérée de faire entendre une autre voix. De plus, je découvre que s'agissant d'École, l'émission avait jusqu'ici sollicité des personnes totalement à l’opposé de mes idées : la journaliste Natacha POLONY ou encore l’enseignant essayiste, ex-plume de Patrick BALKANY et désormais chez Nicolas DUPONT-AIGNAN, Jean-Paul BRIGHELLI.

Bref, si je n'y vais pas, un autre ira, et pas forcément pour défendre le même point de vue. Mon inquiétude sera confirmée après mon départ avec le recrutement de celle réputée proche de F. FILLON, Barbara LEFEBVRE (4), toujours présentée comme professeure quatre ans après avoir quitté l’enseignement comme elle le racontait dans le livre qu’elle était pourtant venue présenter dans l’émission (18/04/2019). Pour ma part, l'opportunité de toucher un public populaire, avec des représentations de l'école caricaturales (mais elles le sont dans tous les milieux sociaux), semble donc vraiment trop rare pour que je refuse.

Recruté parmi les chroniqueurs, je suis alors payé 140 € par émission. Pour un maître d'école, ce n'est pas négligeable (le salaire l’année après le concours est autour de 1400 € net, de peu au-dessus du SMIC). En venant deux fois par mois, j'atteins, d’un seul coup, une augmentation qu'il me faudrait peut-être dix ans à obtenir normalement. C'est mon « travailler plus pour gagner plus » car il n'y a pas d'heures supplémentaires à l'école primaire, plutôt du bénévolat si on veut que ça fonctionne correctement (sorties, voyages, concerts, kermesse).

Pour autant, cette somme peut aussi sembler dérisoire dans ce milieu médiatique au regard de la tâche à accomplir : surveiller chaque jour l'actualité, lire les livres des invités, partir de chez moi pendant une bonne dizaine d'heures le mercredi pour un trajet où se succèdent voiture jusqu'à la gare de Rouen, train jusqu'à Saint-Lazare, et enfin métro jusqu'à la Porte de Versailles avant quelques minutes à pied. Cinq à six heures d’un aller-retour éreintant (que certains font pourtant quotidiennement). Et puis, pour moi dont le parcours scolaire a d’abord été chaotique (CAP, BEP, 1ère d’adaptation, Bac G), il y a sans doute là une forme de revanche à prendre. Mais l’exposition médiatique, flatteuse de prime abord, va devenir un vrai poison avec l’évolution des réseaux sociaux. Quand je débute, il n’y a ni Twitter, ni Facebook, ni Instagram ou autre Snapchat. Le téléphone portable est alors un outil de luxe. C’est donc dans le plus grand anonymat que je participe à une émission de diffusion nationale avant d’être davantage exposé par la suite, pour le meilleur et pour le pire (menaces et insultes pas très variées mais répétées).

Comment fait-on pour commencer au micro ?

Je débute directement dans l'émission en septembre 2007. Je ne connais rien ni personne contrairement à ce que laisse penser le tutoiement obligatoire entre nous à l'antenne. On m’invite à une première émission et me voilà aussitôt attablé, assis devant un micro pour deux heures de direct.  A l’époque, déjà enseignant depuis 12 ans, les responsables se doutent bien que j’ai conscience du poids de la parole publique. D’ailleurs, tout se passe bien puisque je suis invité à revenir, mais avec un bémol surprenant et révélateur : la station de radio refusera de payer mes deux premières émissions prétextant que j'étais à l'essai. Décidément, le bénévolat me poursuit.

Une fois recruté avec le statut de pigiste (on me rémunère donc uniquement selon mon nombre d’émissions), je suis reçu par le directeur de l'époque, Frank LANOUX. Il me cite en modèle de « Grande Gueule » une nouvelle recrue, la commerçante Claire O'PETIT, future députée LREM. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle et moi n'aurons pas grand-chose en commun, jusqu'à notre rapport avec le FRONT NATIONAL. Car elle pourra raconter ce qu'elle veut, nous sommes quelques-uns à nous souvenir de ce qu'elle envisageait pour les régionales de 2015. Comme dirait son grand ami - et ancien des GG – le député FN Gilbert COLLARD, « Je ne peux pas dire que Nicolas BAY ment » quand il affirme qu'elle voulait être sur une liste du parti de Marine LE PEN (5). Mais pour la Macronie, cette « Grande Gueule » est une bonne prise et son parcours jusqu’à l’Assemblée nationale sera salué (on sera fiers plus tard de savoir que « Brigitte » est une fidèle auditrice).

Pour autant, une fois au micro, je trouve l’exercice réellement excitant, même intellectuellement. Je prépare scrupuleusement mes sujets (souvent pour rien), reste très attentif à l'actualité, lis intégralement les livres des invités (parfois pour ne pouvoir poser qu'une seule question), m'éloigne des questions éducatives pour m'intéresser davantage à l'économie, à la fiscalité, aux métiers du commerce et de l'artisanat, aux questions de justice, d’emploi, de sécurité, de santé. Surtout, j'éprouve du plaisir à participer aux débats, à trouver le bon argumentaire, la réponse qui convient, la répartie amusante ou efficace. Je m’enrichis de tous ces échanges, des interventions des auditeurs, des discussions avec les invités. Je me demande toujours quelles questions ou quels propos j'aurais aimé entendre si j'avais été auditeur de l'émission. Je travaille alors dans une petite école rurale à une seule classe et j'aime l'équilibre et l’émulation que m'apportent ces allers-retours secrets dans la capitale (plus de 100.000 km parcourus en tout !).

Mais, bien entendu, quand on est maître d’école, sympathisant du mouvement Freinet, réputé de gauche et écolo, vivant à la campagne, débarquer dans un média libéral et national de la capitale où se concentreront bientôt chaînes de radios (RMC, BFM Business) et de télévisions (BFMTV, RMC Story, RMC Sport, RMC Découverte) entraîne de nombreuses observations en interne qu’il peut être bon de livrer sous forme de leçons à en tirer. Nous verrons donc la prochaine fois tout ce que cela m’a appris pour en arriver à quelques conclusions qui seront autant de propositions.

Sylvain GRANDSERRE
Maître d'école en Normandie
Auteur de "Un instit ne devrait pas avoir à dire ça !" (Édtions ESF / La Classe, mars 2020)

1/ diffusion de 03H00-04H30 le lundi (rediffusion), de 09H00 à 12H00 du lundi au vendredi (direct), de 02H00-04H30 du mardi au vendredi et enfin de  02H00 à 05H00 le samedi.

2/ A lire sur le site du professeur et formateur Daniel CALIN qui a eu la gentillesse de diffuser mes premières tribunes http://dcalin.fr/publications/grandserre.html

3/ Sur le site de Philippe MEIRIEU : :https://www.meirieu.com/FORUM/grandserre.pdf

4 - Article des INROCKS : https://www.lesinrocks.com/2017/04/news/apres-lavoir-nie-en-direct-barbara-lefebvre-avoue-quelle-soutient-effectivement-francois-fillon/

5 - Article du POINT : https://www.lepoint.fr/politique/la-deputee-lrem-claire-o-petit-a-t-elle-cherche-a-integrer-le-fn-23-01-2018-2189070_20.php

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