Être anarchistes et révolutionnaires à Orléans dans les années 68

Deuxième billet sur l’histoire de l’Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA). Cette fois consacré à l’activité d’un de ses groupes locaux, celui d’Orléans : entre antimilitarisme, luttes ouvrières et intervention de quartier, petit survol de près de dix années de militantisme libertaire de l’après 68 à la fin des années 70.

Lorsqu’on évoque Mai 1968 et l’essor de l’extrême gauche qui l’a accompagné, les courants maoïstes et trotskystes sont régulièrement cités. Il n’en est pas de même pour le courant libertaire. Sans avoir eu l’audience (publique et médiatique) des courants inspirés du léninisme dans les années 68, les anarchistes ont pourtant, à la mesure de l’espace politique qu’ils et elles ont occupé, construit une action militante, élaboré des pratiques, des stratégies de mobilisation, des discours…

L’Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA) est un des outils collectif qui a permis cela. Localement, ce sont plus d’une trentaine de groupes qui ont assuré une activité régulière sur toute la période des années 68 (et au-delà, mais c’est une autre histoire) ; d’abord de 1968 à 1976, sous le sigle ORA, puis, à l’issue d’une scission, sous ceux de l’OCL (Organisation communiste libertaire) et de l’UTCL (Union des travailleurs communistes libertaires, ancêtre d’Alternative libertaire, qui existe toujours). Ce billet se propose de suivre l’évolution d’un de ces groupes locaux, celui d’Orléans.

Dans la foulée de Mai

En mai 1968, à vrai dire peu de choses retiennent l’attention. Le mouvement libertaire est atone. Il y aurait eu un groupe d’étudiants à l’Université d’Orléans adhérents de la Confédération nationale du travail (CNT) française. Il faut ajouter à cela une forte concentration d’anarcho-syndicalistes de la CNT espagnole (pour l’essentiel maçons et métallos), mais dont l’activité est, comme souvent, centrée sur l’exil. C’est tout. Et c’est bien faible pour espérer voir apparaître un mouvement anarchiste structuré dans les années 68. Pourtant c’est pour l’essentiel dans sa composante « lutte de classe » que va bel et bien se développer à Orléans le courant libertaire.

Entre 1969 et 1972, dans la foulée des évènements de mai, le mouvement communiste libertaire se crée ex-nihilo. Un premier groupe libertaire se manifeste. Il se compose de militants venus de l’Union fédérale anarchiste1, donc plutôt « individualistes » au départ, et de jeunes militants plutôt proches de l’ORA. Ces derniers constituent assez vite un Cercle Front libertaire (CFL), du nom du journal publié par cette organisation2. Principalement lycéen et étudiant, ce CFL réussit à agglomérer une petite dizaine de membres.

Il co-signe des tracts unitaires avec le reste de l’extrême-gauche orléanaise, trotskyste ou maoïste, non sans polémiques caractéristiques du climat politique de la période. Une certaine proximité existe avec les espagnols de la CNT, même si cette dernière peut parfois être conflictuelle ; les cénétistes se méfiant des accointances « marxistes » du CFL. On a ainsi vu l’ORA faire un cortège remarqué à Paris lors de la manifestation unitaire pour l’enterrement du militant maoïste Pierre Overney3 en mars 1972. En janvier 1973, un unique tract signé CFL, « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes », est distribué sur le quartier de l’Argonne à Orléans. Ce quartier sera un des « territoires » de l’ORA sur toute la période.

Mais Mai c’est aussi le plongeon dans un bain de contre-culture dans lequel s’épanouissent de nombreux anars, « tendance Charlie Hebdo » d’après Alexandre, ancien militant orléanais de l’ORA4. Sur le campus universitaire, une association, « Vendange 72 », voit le jour s’inscrivant dans cette veine subversive. Pour les très institutionnelles fêtes de Jeanne d’Arc de l’année 1972, un éphémère « Comité » est par exemple créé qui édite une affiche couleur grand format annonçant crânement : « Orléans, 7-8 mai, Fêtes de Jeanne d’Arc : le Pape montrera sa bite ! ». Un regroupement qui n’a évidemment pas vocation à quelque intervention sérieuse, ni même politique, que ce soit.

« La nécessité d’une organisation »

1973, le groupe libertaire né de 68, lui, se métamorphose. Baptisé Anarchistes communistes libertaires orléanais (ACLO), il se voulait une tentative de regroupement unitaire « durable ». Ce regroupement prend notamment appui sur la mobilisation contre la Loi Debré qui a vu se créer sur Orléans une section du Mouvement anti-autoritaire contre l’armée (MACA), publiant un bulletin local de Rompons les rangs5.

Cette même année 1973, lors de sa rencontre nationale de juin, l’ORA décide d’intégrer les CFL en son sein. Le CFL d’Orléans suit le mouvement. Le groupe ORA est désormais véritablement né. Son premier acte est de rompre avec ACLO. Un texte6 du 13 août 1973, rendu public, fait le bilan à la hache du travail antimilitariste mené en commun, « le seul travail cohérent, bien que cela soit fort discutable », et explique sa démarche. Intransigeants, les jeunes militants de l’ORA ne font pas dans la demi-mesure : « Seul le prolétariat a une potentialité révolutionnaire. Notre travail militant doit se diriger en priorité vers ce front de lutte (usines, CET, lycées techniques…). Nous refuser cet axe d’intervention, c’est nous condamner à une pratique petite-bourgeoise. ». Le texte se termine par un appel « aux camarades d’accord avec ces bases » : soit ils intègrent le groupe, soit ils travaillent avec le groupe, sans rejoindre l’ORA, mais « sur les bases de celle-ci » !

L’appel a-t-il été entendu ? L’ORA réussit quoi qu’il en soit à s’élargir comme en attestent deux bilans d’activité internes successifs destinés aux bulletins intérieurs de l’organisation7. En novembre 1973, il est fait mention d’un collectif de 14 militant.es, dont la composition est ainsi répartie : 2 instituteurs (École Émancipée), 2 étudiants salariés (Sgen-CFDT et SNES, tous deux également à l’École Émancipée), 4 autres étudiants, 1 lycéen, 1 étalagiste, 1 secrétaire, 1 agent d’entretien dans la métallurgie, 1 plombier (CNT), 1 maçon (CNT). Le groupe cotise régulièrement : 160 francs en octobre, 145 en novembre et 140 en décembre selon un rapport de trésorerie nationale de janvier 19748. Si l’on rapporte ces montants au salaire moyen net, d’à peu près 1500 francs mensuels pour un ouvrier et 1600 francs pour un employé à cette période, et aux règles de cotisation à l’ORA en vigueur9, cela équivaut à cotiser pour à peine plus d’un salarié à temps plein ! En revanche, ce sont 50 numéros de Front libertaire, destinés à la diffusion, qui sont commandés et payés chaque mois.

Le groupe ORA d'Orléans en manifestation, janvier 1974 © archives privées Le groupe ORA d'Orléans en manifestation, janvier 1974 © archives privées
Cinq mois plus tard, en avril 1974, le groupe a connu une défection, compensée par une adhésion et des contacts prometteurs avec un étudiant et deux lycéens. La composition indiquée est sensiblement identique (un ouvrier en conserverie a remplacé le plombier cénétiste), mais plus formalisée. Sont distingués les cinq militants intégrés à proprement parler à l’ORA (deux instituteurs et trois étudiants dont un surveillant d’externat), des sept sympathisants. Le noyau dur est très nettement polarisé sur le secteur de l’éducation. Le groupe d’Orléans participe d’ailleurs aux commissions nationales Enseignement et Lycées de l’ORA10.

Il faut aussi pointer un autre aspect de ces bilans : la répartition femmes/hommes n’est jamais mentionnée, même si le groupe est, d’après plusieurs indices et sources concordantes, quasi-exclusivement composé d’hommes. Enfin l’ORA peut également compter sur Orléans sur plusieurs dizaines de sympathisant.es, capable de « constituer des cortèges de 50 personnes en manifestation et de rassembler 150 personnes en meeting » selon Alexandre. Mais c’est aussi un groupe humain, d’une moyenne d’âge plutôt jeune qui plus est. L’activisme débridé qui est le sien peut parfois créer des tensions : l’année 1975 sera visiblement une année quelque peu « chahutée » en interne, entre prises de distance et coups d’éclats.

Reste que dans le landernau local de l’extrême-gauche, qui rassemble en tout plus d’une centaine de militant.es à l’époque, l’ORA est une organisation qui compte à côté des différents groupes trotskystes (LC, LO et OCI/AJS) ou maoïstes (Front Rouge, PCMLF). Dans ces années d’effervescence, le groupe doit parfois s’imposer, que ce soit dans la rue face au service d’ordre de la CGT, ou face aux tentatives d’intimidations de la police ou des barbouzes qui perturbent les collages et les diffusions de Front libertaire. Solidarité avec LIP, le Chili… l’ORA prend toute sa place dans les grandes causes unitaires de cette première moitié des années 70. Une mention particulière doit être accordée à l’Espagne.

Article paru dans « La Nouvelle République » le 18 janvier 1974 sur l'occupation du Consulat espagnol d'Orléans. Sur la photo, l'un des occupants brandit un pied-de-biche. © archives privées Article paru dans « La Nouvelle République » le 18 janvier 1974 sur l'occupation du Consulat espagnol d'Orléans. Sur la photo, l'un des occupants brandit un pied-de-biche. © archives privées

En 1974, l’ORA reconstitue la section locale de Solidarité internationale antifasciste (SIA), association née lors de la guerre et la révolution en Espagne, ce qui permet de resserrer les liens avec les militants orléanais de la CNT. L’activité de SIA est pour l’essentiel consacrée au soutien aux luttes de la péninsule ibérique, Portugal compris : 3000 francs de l’époque seront ainsi récoltés à destination du mouvement anarcho-syndicaliste portugais, livrés en mains propres à Lisbonne à l’été 1975 par un militant de l’ORA d’Orléans. Et la mobilisation pour la libération des emprisonné.es de l’ex-Mouvement ibérique de Libération (MIL)11 – dont Salvador Puig Antich, qui meurt garroté le 2 mars 1974 – est l’occasion de plusieurs initiatives publiques dont une action d’éclat avec l’occupation du consulat espagnol à Orléans en janvier 1974.

Pour un anarchisme ouvrier

Mais, en adéquation avec le « principe de la lutte des classes » que fait sienne l’ORA, c’est surtout sur ce front de lutte qu’il s’agit d’intervenir activement. À Orléans, les militants décident de publier un bulletin au titre générique, La Taupe libertaire, qui sera diffusé auprès des jeunes scolarisé.es des lycées et des collèges d’enseignement technique, les CET, mais aussi en direction de deux entreprises de l’agglomération orléanaise, la fonderie Chenesseau de Saint-Jean-de-Braye et la tuilerie Redland de Saint-Jean-le-Blanc.

Il est difficile de ne pas s’arrêter ici sur le nom de « Taupe libertaire » choisi par les militants de l’ORA pour baptiser leur bulletin. Ce nom, ils ne l’ont pas inventé. En 1972, de janvier à mai, le groupe ORA parisien des PTT publie une Taupe libertaire-PTT12. Et c’est une citation de Karl Marx qui est placée en épigraphe : « Aux actions qui mettent en émoi la bourgeoisie et les malheureux prophètes, nous reconnaissons notre vieille amie, notre Robin des Bois à nous, notre vieille taupe qui sait si bien travailler sous terre pour apparaître brusquement : la révolution. ». Dans la même période où le groupe ORA d’Orléans fait paraître ses tracts « Taupe libertaire », le CFL de Roubaix fait également paraître une Taupe roubaisienne reproduisant la même épigraphe que celle de la Taupe libertaire-PTT13.

Ce choix n’est pas un hasard et correspond à la volonté d’ouverture au marxisme revendiquée par l’ORA14, dans la lignée d’un Daniel Guérin, auteur de Pour un marxisme libertaire en 1969. Pour l’occasion, s’il s’agit de se revendiquer de Marx, il y a aussi ici une proximité avec les pratiques d’autres groupes d’extrême gauche. Par exemple, la Ligue communiste développe depuis sa création en 1969 une stratégie de développement en entreprise et de rassemblement de ce qu’elle appelle « l’avant-garde ouvrière large ». Cette organisation diffuse depuis 1970, sur l’ensemble du territoire et dans plusieurs secteurs, d’innombrables tracts baptisés « Taupe rouge » qui, avec les groupes d’entreprise du même nom, sont les vecteurs de cette stratégie, accélérée par le « tournant ouvrier » de cette organisation15. D’autres organisations partagent le même type de préoccupation.

Et dès 1973/1974, le groupe ORA d’Orléans s’inscrit dans une pratique similaire. Le premier numéro de La Taupe libertaire-Chenesseau est daté du 21 mai 1973 et est rédigé en trois langues : français, portugais et arabe. Son titre : « À bas la circulaire Fontanet, loi esclavagiste »16. La fonderie Chenesseau, qui emploie pour l’essentiel une main d’œuvre immigrée, sera un haut lieu de l’activisme de l’ORA Orléans17. D’après un texte interne, la fonderie emploie140 salarié.es, dont les quatre cinquièmes sont originaires du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie) ou du Portugal. L’ORA réussit à y prendre pied par l’entremise d’un de ses militants, Luis Garcia, ouvrier d’entretien dans la fonderie.

Affiche de soutien à la grève de la fonderie Chenesseau (détail), 1978 © CIRA Affiche de soutien à la grève de la fonderie Chenesseau (détail), 1978 © CIRA
En 1975, il y monte une section CFDT dont l’activité sera marquée par la combativité et l’insolence. Ainsi, en mai 1976, une grève d’une semaine permet d’obtenir une augmentation des salaires… anti-hiérarchique : « Le type daugmentation nétait pas sans intérêt puisque nous obtenions une moyenne de 1,00 F de lheure, répartie de façon suivante : de 0,70 F pour les plus hauts salaires à 1,30 F pour les plus bas salaires ». En décembre 1976, le n°3 de Liaisons-Centre, « bulletin communiste libertaire » qu’anime le groupe d’Orléans, publie un article « Le Bal Chenesseau ou le Bal des Maudits » qui raconte avec verve comment et pourquoi le bal de fin d’année de la direction est délibérément « gâché » par « les sans-culottes de la fonderie » (l’article est reproduit en fin de billet). La fonderie Chenesseau restera un lieu d’intervention privilégié jusqu’à la fin des années 1970.

S’il n’y a plus de Taupe libertaire diffusée à Orléans au-delà de 1974, la question d’intervenir sur des « secteurs » reste cruciale pour l’ORA. En mars 1976, un nouveau bilan d’activité présente ainsi la récente constitution d’un groupe de « travailleurs communistes libertaires de la Santé » composé de très proches sympathisant.es ORA. Ce regroupement, d’une dizaine de personnes édite un bulletin, À vot’ santé, qui connaît quatre numéros en 1976/1977. Il est diffusé sur le Centre hospitalier régional d’Orléans, la médecine du travail, la maison de l’enfance et l’école d’infirmière18. Le bilan de mars 1976 mentionne également qu’une « sympathisante PTT » diffuse Le Postier affranchi19, bulletin qui sera aussi distribué sur le centre de tri-Gare de Fleury-les-Aubrais.

Mais intervenir dans le champ de la lutte des classes c’est fatalement se poser la question du syndicalisme. Lorsque la brochure Dialogue avec l’Organisation révolutionnaire anarchiste, publiée en 1974, préconise l’action syndicale c’est sans ambiguïtés au sein de la CFDT autogestionnaire : « Aujourd’hui la CFDT par ses mots d’ordres, même s’ils ne sont qu’opportunistes, offre davantage de possibilités pour accentuer le fossé qui sépare la base du sommet ». En 1986, dans son livre Etat des lieux… et la politique bordel !, l’OCL (qui est l’une des deux organisations ayant succédées à l’ORA), revient d’ailleurs sur cette période et estime que « la CFDT est alors apparue pour beaucoup de copains comme le lieu privilégié où un courant ouvrier radical pouvait s’exprimer. »20.

Les militant.es de l’ORA d’Orléans vont se retrouver sur cette ligne. Dans les manifestations syndicales, c’est drapeau rouge et noir en main qu’on les retrouve dans le cortège CFDT. Les étudiants-surveillants se syndiquent au Sgen-CFDT avec leurs camarades enseignants en 1976/1977. On a vu un peu plus haut que la fonderie Chenesseau voit naître une section CFDT. Les adhérent.es ou sympathisant.es du groupe dans la santé, la métallurgie, les PTT interviennent de concert dans l’UIS (Union interprofessionnelle de secteur). Dans cette CFDT alors encore ouverte à « l’esprit de 68 » les militant.es ORA (puis OCL) ne sont pas seul.es et côtoient notamment celles et ceux de la LCR, très présent.es dans le secteur de la Santé (outre un Centre hospitalier régional, l’agglomération orléanaise compte un Hôpital psychiatrique) ou les maoïstes du PCMLF, solidement implanté.es à l’usine de la Compagnie européenne pour l’équipement ménager, la CEPEM (future Brandt), qui compte alors près de 2 000 salarié.es.

Illustration de l'article sur la plateforme CFDT dans « Front libertaire » qui fait dire à Edmond Maire, secrétaire général de la CFDT, qu'il est « contre la hiérarchie... tout contre ! » © FACL Illustration de l'article sur la plateforme CFDT dans « Front libertaire » qui fait dire à Edmond Maire, secrétaire général de la CFDT, qu'il est « contre la hiérarchie... tout contre ! » © FACL
Cette CFDT, c’est aussi la leur, et les libertaires orléanais.es n’y sont pas des « petites mains ». Ainsi le groupe publie-t-il une analyse approfondie de la plate-forme revendicative CFDT de juin 1977. Dans ce texte publié dans Liaisons, puis repris dans Front libertaire21, il s’agit de mettre en lumière les errements d’une direction confédérale qui envisage dans une optique « cogestionnaire » (ce que dénonce le groupe communiste libertaire d’Orléans) la victoire de l’Union de la Gauche aux législatives de mars 1978. Vouloir « peser » sur son organisation syndicale, c’est de fait vouloir la construire.

Et Alexandre n’hésite d’ailleurs pas à dire que « la construction de l’interpro CFDT sur l’orléanais doit beaucoup à l’extrême gauche ». En 1977, le titre d’une déclaration de l’UIS-CFDT est effectivement sans conteste marqué de cette influence : « Nous rejetons radicalement le pouvoir patronal, la hiérarchie, la propriété privée des moyens de production et la légalité qui tend à les défendre »22.

Vive la Commune !

À partir de 1974 et jusqu’en 1976, s’adossant à cette stratégie sur le « front de la lutte de classe », le groupe ORA met en place une intervention sur le quartier de l’Argonne à Orléans et sur la commune de Saint-Jean-de-Braye, qui le jouxte. L’Argonne comme Saint-Jean-de-Braye sont alors vus comme des espaces populaires. Témoignant de la massification urbaine (pour partie liée à la politique des grands ensembles), la population de cette dernière commune a quasiment doublé sur la période, passant de 7 601 habitant.es en 1968 à 12 120 en 1975. C’est sur cet espace géographique que l’ORA souhaite animer un « groupe large anti-autoritaire », selon la terminologie utilisée alors par cette organisation.

Ce « groupe large » va compter jusqu’à une quinzaine de participant.es, militant.es et sympathisant.es ORA. D’avril à décembre 1974, il édite d’abord une feuille militante mensuelle intitulée La Commune et diffusée dans les boîtes aux lettres. Passé dix numéros, il est décidé de ne plus sortir de bulletins réguliers mais un vrai journal vendu sur les marchés. Une pratique qui a été expérimentée ailleurs. Dans sa présentation de La Commune, la rédaction de Front libertaire rappelle que ce nouveau titre prend place aux côtés d’autres expériences du même type : « comme Klapperstei 68 [en Alsace], L’Anti-brouillard à Besançon, Le Clampin libéré à Lille, etc. [qui] ont ou ont eu un écho non négligeable. »

L’adhésion à ce groupe se fait sur la base d’une plate-forme qui cherche à faire le lien entre problématiques « de quartier » et « lutte de classe » : « Le système contre lequel nous luttons est le système capitaliste (…) et son État auquel nous nous trouvons confrontés tous les jours : dans notre travail et notre quartier. (…) Nous voulons (…) que change notre vie quotidienne, que changent les rapports entre habitants, pour que naisse une véritable solidarité de classe dans la lutte et dans l’organisation future de la vie de notre quartier »23.

Concrètement cela peut passer par le soutien aux grèves en entreprises, un délégué CFDT étant membre du groupe large (peut-être celui de la fonderie Chenesseau ?) ; mais aussi par la participation à une grève des loyers, comme dans deux cités de Saint-Jean-de-Braye – Les Châtaigniers et Clos-Moulin – dont au moins une a été impulsée par des militants ORA habitant le quartier ; ou encore par l’investissement dans la Maison de la jeunesse et de la culture de l’Argonne (où un atelier poésie rédige des « odes » aux usines du coin en lutte).

« La Commune » n°1, 1976 © Médiathèque d'Orléans « La Commune » n°1, 1976 © Médiathèque d'Orléans
Le premier numéro de La Commune « nouvelle série »24 paraît début 1976. Il s’écoule à 150 exemplaires, dont 90 dans le quartier de l’Argonne25. Sa Une est un résumé des préoccupations du groupe : on y voit une enfilade de tours d’immeubles, chacune affublée d’une antenne télé, et sur lesquelles poussent, moitié-enseignes, moitié-greffons, les mots « usine », « caserne », « école », « ORTF ». Les lieux de l’exploitation, de la contrainte ou de l’endoctrinement sont autant de corps étrangers polluant la vie quotidienne (et, oui, même l’école en fait les frais).

Un second numéro sort au mois de mars. Sur la couverture, c’est cette fois un court texte qui annonce ses intentions : « Refusons de passer par les spécialistes de la politique qui prétendent penser pour nous et veulent nous réduire à n’être qu’une masse de manœuvre ! PRENONS NOS LUTTES EN MAINS ! Dans nos quartiers et sur nos lieux de travail, AUTO-ORGANISATION ! ». Particularité, liée sans doute à la volonté de s’adresser à la population immigrée, cette déclaration est également traduite en portugais.

Mais de quoi traitent-ils ces deux numéros ? En tout ce sont 23 articles qui y sont publiés, de formats variés. Sur ces 23 articles, 8 concernent le syndicalisme et les luttes en entreprise (Fonderie Chenesseau et établissements Rivierre-Casalis, dédiés à la fabrication de matériel agricole). Puis viennent les articles sur l’antimilitarisme (4), les quartiers et la politique de la ville (3), l’international (3), les éléments de politique libertaire (2) et l’écologie (2). Un seul article est consacré à l’école, alors qu’on l’a vu plus haut le noyau militant travaille dans l’éducation.

Si les deux instituteurs privilégient le travail au sein du Sgen-CFDT et de la tendance École Émancipée, il faut toutefois préciser que des lycéens et étudiants de l’ORA tentent d’animer un « secteur » autour d’une feuille, Le Père fouettard, dont le premier numéro paraît en mars 1976 (il n’y en aura que deux). Une intervention étudiante un peu plus coordonnée fait également suite à la grande grève générale étudiante de 1976 contre la réforme du deuxième cycle.

Fin 1976 en tout cas il semble que la dynamique autour du « groupe large » de quartier se soit épuisée, la diffusion de La Commune ne rencontrant pas le succès escompté.

Combler un vide

Mais au préalable, et cela témoigne malgré tout de sa bonne santé, Orléans a accueilli en avril 1976 un congrès national décisif pour l’ORA. Congrès qui se solde par sa transformation en Organisation communiste libertaire (OCL) et l’exclusion de la tendance Union des travailleurs communistes libertaires (UTCL). Il serait fastidieux de revenir ici sur l’ensemble des raisons qui ont présidé à cette évolution et à cette rupture26.

Disons, pour aller vite, qu’une série de désaccords se font jours, notamment à Paris : sur l’analyse de la période – possibilité d’un « nouveau mouvement de masse » ou reflux des luttes ; sur l’attitude à entretenir vis-à-vis du syndicalisme – rejet/défiance ou adhésion ; sur les rapports unitaires à entretenir avec le reste de l’extrême gauche – affirmation d’un camp « autonome » ou dialogue ouvert des anticapitalistes. La tendance UTCL tendant plutôt pour les seconds termes à chaque fois. En régions, les positions peuvent être plus nuancées : ainsi, malgré son engagement syndicaliste, le groupe d’Orléans va faire le choix de l’OCL.

Maintenant son activité en entreprise et son intervention dans la CFDT, il publie d’octobre 1976 à mai 1978 treize numéros d’un nouveau titre, Liaisons-Centre, auquel participe également un militant de Tours. Moins « tout feu, tout flamme » que leurs homologues parisien.nes, les communistes libertaires orléanais.es (15 membres ou très proches dont 3 femmes), estiment qu’il faut tempérer les espoirs dans un « nouveau mouvement de masse », jugeant que « le degré de conscience (…) n’est pas identique dans tous les secteurs, dans toutes les régions ». Pour cela il faut faire un travail d’organisation, ce que vise précisément Liaisons : « non pas pour nous gargariser de grandes phrases et de beaux discours sans retombées pratiques, mais pour créer des noyaux pour l’autonomie ouvrière et/ou communistes libertaires dans notre région. En effet nous constatons qu’actuellement, c’est le vide dans la région, les militants du courant pour l’auto-organisation du prolétariat en étant absents ou isolés. »27

Il y a nécessité à faire œuvre de (re)politisation. Deux meetings successifs sont organisés dans ce but. Le premier fin avril 1976 à propos de la situation en Chine… où, devant un auditoire de 70 personnes, un ex-garde rouge chinois, exilé et rallié à l’anarchisme, vient prendre la parole (au grand damn des maoïstes encore actifs sur la ville) ! Le second fin novembre 1976, sur le Communisme libertaire, en présence de Daniel Guérin, qui réunit près de 150 personnes salle Hardouineau.

Dessin du numéro hors-série de « Liaisons » de février 1977 consacré aux « élections et leur ménagerie » moquant la récupération du thème de l'autogestion par le Parti socialiste © Médiathèque d'Orléans Dessin du numéro hors-série de « Liaisons » de février 1977 consacré aux « élections et leur ménagerie » moquant la récupération du thème de l'autogestion par le Parti socialiste © Médiathèque d'Orléans
Mais cette seconde moitié des années 70 est aussi celle où les espoirs électoraux autour du programme commun d’Union de la Gauche polarisent plus en termes de « débouché politique » que les luttes elles-mêmes. Les élections législatives de mars 1978, puis, après l’échec de la gauche lors de cette échéance, les présidentielles de 1981, constituent l’horizon d’une grande partie des classes populaires. Pour dessiller les yeux de celles et ceux à qui l’OCL veut s’adresser, Liaisons consacre des pages et des pages à dénoncer les illusions électoralistes. Mais il faut faire avec des luttes « le dos au mur », ce qu’accentuera la crise économique née des chocs pétroliers, sonnant le glas de toute une période d’insubordination ouvrière28.

Il faut aussi faire parfois avec sa propre organisation, dont une partie des militant.es parisien.nes s’inscrit de plus en plus dans le phénomène « autonome ». Ces militant.es participeront à l’occupation spectaculaire du quotidien Libération fin octobre 1977, lui reprochant son traitement médiatique de l’affaire Baader. À la suite de ça, plusieurs numéros de Front libertaire attestent, par le biais du courrier des lecteurs notamment, du malaise saisissant groupes et militant.es de région face à ce qui est considéré comme une dérive parisienne. Ainsi « Philippe de Marseille » interpelle ses camarades : « En quoi les camarades qui se sont commis dans cette occupation ont-ils été mandatés par les groupes de l’OCL, pour une action revendiquée par des groupes autonomes (…). Est-ce que cette pratique relève de la démocratie directe ? (…) En quoi, donc, se sont-ils sentis le droit d’engager TOUTE l’organisation et son journal dans cette action que je trouve pour le moins trouble d’un point de vue purement politique (sans parler des violences qui semblent avoir accompagné les actes). est-ce que l’OCL considère comme démocratique ce genre de putsch vis-à-vis d’un journal dont on peut au moins dire qu’il n’est pas de droite ? »29

Le groupe communiste libertaire d’Orléans, doté désormais d’un local rue de Bourgogne, se lancera dans une dernière aventure autour d’un journal d’expression libre, La Crue, « anti-autoritaire et anticapitaliste »30, qui dure huit numéros de décembre 1977 à octobre 1980. La Crue est diffusée par quatre groupes de quartiers comptant chacun 10 à 15 personnes (poursuivant en cela ce qui avait été tenté autour de La Commune) et se réunissant une semaine sur deux. C’est aussi l’expérience – qui mériterait une analyse en tant que telle – dans laquelle se dilue un groupe communiste libertaire délaissant progressivement son apparition spécifique. Et ce malgré la tentative de faire vivre un Collectif communiste libertaire orléanais (CCLO), de concert avec le petit groupe local de l’UTCL constitué parallèlement en 1979.

 

Au final, le groupe ORA puis OCL d’Orléans a tout de même fait paraître 220 articles, animé trois titres de presse, publié, distribué et collé 127 communiqués, tracts et affiches. Il a tenu des réunions publiques et des meetings qui ont rassemblé des centaines de personnes en tout. Il a parcouru le bitume de la rue Jeanne d’Arc et de la rue de la République plus d’une fois, arpenté la place du Martroi comme le quartier de l’Argonne et la commune de Saint-Jean-de-Braye. Des ouvriers fondeurs, des instituteurs et institutrices, des infirmiers et infirmières, des postier.es, des étudiant.es et lycéen.nes… l’ont fait vivre près de dix ans. Ils et elles ont dénigré l’Armée, conspué l’école de la reproduction sociale. Ils et elles ont fait grève, construit des syndicats, défié des petits chefs, contesté leur hiérarchie. Et ont essayé, en somme, de changer le monde en anarchistes et en révolutionnaires.


« Le Bal Chenesseau ou le Bal des Maudits

À la fonderie Chenesseau, nous apprenions par les coulisses le lundi 29 novembre 1976 que le groupe Chenesseau organisait un bal à la salle des fêtes de Saint-Jean-de-Braye le samedi 4 décembre 1976. Je dis : « nous apprenions par les coulisses », car seule la maîtrise et quelques privilégiés français devaient être au courant de cette soirée.

Il ne fallait pas ébruiter dans l’entreprise que ce bal avait lieu, et pour cause !

La direction et son encadrement ne voulaient pas à cette soirée des immigrés travaillant à la fonderie, leur présence aurait évidemment gêné cette belle bourgeoisie. Cette belle bourgeoisie qui pendant cette soirée aurait revêtu queue-de-pie et, madame, robe de circonstance ! Elle aurait bien avec cynisme détourné la tête devant les petites gens, en l’occurrence les travailleurs français de la fonderie, mais devant les étrangers ç’aurait été la syncope, ou pour les plus solides seulement, le dégueulis de leurs toasts au caviar.

Cette puante bourgeoisie qui n’hésite pourtant pas à employer ces immigrés aux tâches les plus désagréables, aux salaires les plus bas, les exploitant jusqu’à la moelle tels des condamnés aux travaux forcés, seule la cravache manque, quel dommage pour elle ! En effet, là, à la besogne, ces travailleurs ne les écœurent pas car leur travail ne fait qu’enrichir ces fumiers de seigneurs qui se mordent les doigts en pensant au bon vieux temps de l’esclavagisme dont ils ont hérité en même temps qu’ils héritaient de leurs usines. Mais, à l’heure des réjouissances, à l’heure où cette haute société sable le champagne, les immigrés deviennent indésirables, tels des lépreux, des pouilleux, des parasites.

Que pouvions-nous attendre d’autre de la part des Chenesseau dont l’esprit moyenâgeux considère tous ses travailleurs comme des serfs ?

Heureusement la chose fût ébruitée et l’intervention d’un cariste portugais, qui placarda sur son charriot qu’un bal avait lieu mais qu’il était interdit aux étrangers, obligea la direction à afficher que tous pouvaient participer à ce bal. Quelle belle soirée gâchée, devait-elle penser…

Mais notre récit ne se termine pas là : la fonderie Chenesseau s’étant mis en grève le mercredi 1er décembre pour des causes qui vaudront un prochain article, la direction décida d’annuler le bal de peur que les sans-culottes de la fonderie entraînent dans leur lutte les brebis des autres établissements Chenesseau (ateliers de mécanique, magasin).

Voilà un exemple de plus qui montre comment sont traités les travailleurs par le patronat et comment la devise « diviser pour mieux régner » est toujours appliquée.

Oui, nous sommes toujours, sous des formes camouflées, au temps des Louis XV et XVI ; 1789 est évanoui, mais aujourd’hui nous pouvons faire mieux, n’attendons plus, libérons-nous du joug des capitalistes.

Des communistes libertaires travailleurs de la fonderie Chenesseau.

Epilogue : on a appris depuis que le bal avait eu lieu à un autre endroit ! Seuls les gentils employés du magasin Chenesseau de la rue André Dessault l’ont su. »

Liaisons-Centre n°3, décembre 1976


Notes :

1 : Dont la figure la plus connue est Henri Bouyé. L’UFA se transformera en 1971 en Confrontation anarchiste (CA) avec l’apport de militants de la FA. En 1976, CA deviendra l’Organisation combat anarchiste (OCA) dont l’orientation « lutte de classe » sera de plus en plus affirmée jusqu’à sa fusion en 1979 avec l’UTCL, ce qui permettra à cette organisation de prendre pied à Orléans à ce moment-là.

2 : Front libertaire (dont l’intitulé exact est Front libertaire des luttes de classes) est le journal de l’ORA, le titre ayant succédé à L’Insurgé en 1970. Le rythme de parution en sera variable. Front libertaire paraît jusqu’à l’été 1979. L’intégralité de la collection est consultable en ligne sur le site Archives autonomies.

3 : Pierre Overney est un membre de la Gauche prolétarienne assassiné par un agent de sécurité de Renault. Dans la manifestation parisienne, l’ORA organise un cortège remarqué.

4 : Le témoignage d’Alexandre (le prénom a été changé à sa demande) a été recueilli le 18 janvier 2011.

5 : Voir la fiche n° 1916 de René Bianco sur le site « 100 ans de presse anarchiste ». Sur l’action antimilitariste de l’ORA, on peut consulter le précédent billet de cette série, « Astérix et la hiérarchix : histoire d’une affiche ».

6 : Signé des militants du CFL : « Alain, Bernard, Denis, Georges, Jean-Michel ».

7 : Bilans d’activités du groupe d’Orléans dans les Bulletins intérieurs n°4 de décembre 1973 et le Bulletin du Centre de recherches et d’informations (nouveau nom du BI, non numéroté) d’avril 1974, carton ORA 3.3, Fonds d’archives communistes libertaires (FACL), Musée de l’Histoire Vivante de Montreuil.

8 : Compte-rendu de trésorerie du 23 juin 1973 au 14 janvier 1974, Bulletin intérieur n°7, février 1974, Carton ORA 3.3, FACL, Musée de l’Histoire Vivante de Montreuil.

9 : Qui sont assez complexes en plus d’être très exigeantes : il faut multiplier par 5/1000 son salaire pour obtenir le taux d’imposition. Concrètement pour 1500 francs de salaire il faut cotiser 7,5 % soit 112,50 francs. Il est toutefois prévu un abattement de 300 francs par personne à charge. La réalité indique qu’il s’agissait d’un barème indicatif... et que les militant.es payaient sans doute ce qu’elles et ils pouvaient.

10 : Bulletin intérieur n°8, mars 1974, Carton ORA 3.3, FACL, Musée de l’Histoire Vivante de Montreuil.

11 : Le MIL se voulait un « groupe de soutien aux luttes radicales du mouvement ouvrier révolutionnaire de Barcelone », évidemment clandestin.

12 : Voir le descriptif qu’en fait René Bianco, fiche n°2040 sur « 100 ans de presse anarchiste ».

13 : Bulletins d’entreprises, carton ORA 2.3, FACL, Musée de l’Histoire Vivante de Montreuil.

14 : Qu’étudie notamment un travail universitaire : Philippe Dubacq, Anarchisme et marxisme dans l’après 68. Le cas de l’organisation révolutionnaire anarchiste (ORA), mémoire de maîtrise de sociologie politique, Université Paris X, 1992.

15 : Sur ce sujet, voir Jean-Paul Salles, La Ligue communiste révolutionnaire, (1968-1981), instrument du Grand Soir ou lieu d’apprentissage, PUR, 2005, et plus particulièrement les pages 111 à 127.

16 : Jean-Michel Lebas, Le mouvement libertaire et/ou antiautoritaire à Orléans, 1970-1979, pages 5-10, in CPCA, revue du Centre de propagande et de culture anarchiste, n°7, avril 1980, il s’agit d’un inventaire très précieux des tracts et bulletins libertaires publiés à Orléans. Jean-Michel Lebas a par ailleurs été militant de l’ORA puis de l’OCL. Les circulaires Marcelin-Fontanet, publiées en 1972, ont pour objectif de réduire drastiquement l’accès au séjour des travailleurs et travailleuses immigré.es.

17 : Sur les luttes de la fonderie voir Grève et conflit à la fonderie Chenesseau, article non signé, pages 4 et 5 in La Crue n°4, novembre 1978, reproduit et commenté en 2012 pour le site Autre Futur.

18 : « Bilan du groupe OCL d’Orléans », juillet 1977, transmis par un ancien militant.

19 : Le Postier affranchi, « Journal des travailleurs libertaires des PTT », est publié par des militants ORA des PTT parisiens. Le premier numéro paraît en janvier 1974. Les militants UTCL héritent du titre en 1976. Tous les numéros sont consultables au FACL.

20 : OCL, Etat des lieux… et la politique bordel !, page 66, éditions Acratie, 1986.

21 : Le texte est publié dans Liaisons-Centre n°8 de juillet-août 1977 et en pages centrales de Front libertaire n°74, 10 au 25 septembre 1977.

22 : Reproduit dans Liaisons-Centre n°6 de mai 1977, H2503, Médiathèque d’Orléans.

23 : « Plate-forme du groupe des quartiers Argonne et Saint-Jean-de-Braye (banlieue orléanaise) », Front libertaire n°48, février 1976.

24 : La collection de La Commune est conservée à la Médiathèque d’Orléans sous la côte H2402.

25 : Ces informations proviennent du texte de bilan de mars 1976 cité plus haut ainsi que d’un texte plus conséquent, de 15 pages, intitulé « GCL Orléans – Bilan de pratique du groupe, perspectives, articulation OCL et nouvelle gauche… », publié en décembre 1976 et transmis par un ancien militant.

26 : On peut se reporter au livre Syndicalistes et libertaires, une histoire de l’Union des travailleurs communistes libertaires (1974-1991), éditions d’Alternative libertaire, 2013, dans lequel j’ai déjà évoqué, plus brièvement, le groupe ORA d’Orléans.

27 : « GCL Orléans – Bilan de pratique du groupe, perspectives, articulation OCL et nouvelle gauche… », décembre 1976.

28 : Xavier Vigna, L’insubordination ouvrière dans les années 68, Presses universitaires de Rennes, 2008.

29 : Front libertaire n°78, du 10 au 25 novembre 1977.

30 : Une collection complète de La Crue est conservée à la Médiathèque d’Orléans sous la côte H399.

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