«Un toit, une école, des papiers»

Depuis le 15 mai dernier, une mobilisation exemplaire se construit à Orléans autour de l’action et des revendications des jeunes étranger·es isolé·es dont 150 sont menacé·es d’expulsion de leurs hébergements au 31 août. De rassemblements en manifestations, la détermination des jeunes et de leurs soutiens reste intacte : un toit, une école, des papiers.

Ils et elles se retrouvent presque chaque lundi pour décider des prochaines initiatives. Et ce depuis plus de trois mois maintenant.

Tournoi de foot solidaire, concert de soutien, pièce de théâtre, rassemblements devant le Conseil départemental – garant normalement de leurs hébergements, manifestations jusqu’à la Préfecture pour exiger des titres de séjours qui leur permettent pleinement de vivre, étudier et travailler ici… Les rendez-vous se multiplient pour que les droits des jeunes étranger·es isolé·es du Loiret soient garantis, arrachés de haute lutte puisqu’il le faut.

Et ce sont bien elles et eux qui décident toujours et des revendications et des formes d’action !

C’est aussi le fruit d’un travail de longue haleine bâtit patiemment depuis des années par les militant·es de l’Asti, de la Cimade, de RESF, des syndicalistes de SUD, de la CGT, de la FSU… qui se retrouvent toutes et tous au sein du COJIE, le Collectif de soutien aux jeunes isolé·es étranger·es.

Chaque manifestation rassemble entre 150 et 200 manifestant·es. Le 21 août dernier, c’était la cinquième depuis le 15 mai.

Avec des codes et des symboles désormais bien installés : les tentes toujours de sortie depuis juin, pour rappeler que nous camperons contre les expulsions, les djembés, les sonnettes de vélo…

Avec les slogans, scandés à tue-tête : « un toit, une école, des papiers, c’est un droit », « Préfecture, on arrive ! Préfecture, on est là ! ».

Avec surtout toujours autant de détermination et de colère intacte. Quand les autorités administratives ne voient que des dossiers à traiter, des corps à caser à un moment, à expulser plus tard, ces jeunes parlent et se battent pour leurs vies.

Les réponses du département et de la Préfecture sont aujourd’hui dilatoires.

Ce 26 août, un nouveau Préfet entrera en fonction, un rassemblement est appelé par le COJIE pour « l’accueillir ».

Nous serons à quelques jours de la date du 31 août, pour laquelle le Conseil départemental a annoncé à 150 jeunes isolé·es, au prétexte de leur majorité tout juste acquise, qu’il ne prendrait plus en charge leur hébergement.

C’était une gageure de franchir l’été pour cette lutte. C’est pourtant ce qui a été réussi. Les soutiens, les jeunes étaient bel et bien au rendez-vous. La Préfecture et le Conseil départemental doivent maintenant répondre aux revendications.

Parce que la mobilisation ne s’arrêtera pas, elle s’invitera dans les établissements scolaires, continuera de battre le pavé, et inventera toutes les formes nécessaires pour assurer et obtenir un toit, une école, des papiers pour toutes et tous.


Manifestation des jeunes étranger·es isolé·es le 21 août, à Orléans © T. R. Manifestation des jeunes étranger·es isolé·es le 21 août, à Orléans © T. R.


Quelques articles :

- « Le Loiret veut se débarrasser des jeunes étrangers isolés » dans L’Humanité du 8 août.

- « À Orléans, 140 jeunes migrants remis à la rue » dans La Croix du 19 août.

- « On dirait un piège : à Orléans, le dilemme des jeunes migrants majeurs entre l'école et le travail » sur Europe 1.

- « Je reviens à la case départ : À Orléans, 140 jeunes de 18 ans risquent de se retrouver à la rue » sur Infomigrants.net.

 

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