Le 4 avril à Orléans, marchons contre les CRA

Depuis septembre et la révélation qu’un Centre de rétention administrative (CRA) allait être construit en agglomération d’Orléans, la mobilisation s’organise. Un Collectif contre les expulsions et la rétention (COLERE), rassemblant 21 organisations syndicales, associatives et politiques, appelle à une marche régionale le samedi 4 avril prochain : ni ici, ni ailleurs, non aux CRA !

Le Samedi 4 avril prochain, à Orléans, nous marcherons pour dénoncer la construction d’un Centre de rétention administrative (CRA) dont l’ouverture est programmée en 2023.

Cette marche est appelée par un Collectif contre les expulsions et la rétention (COLERE), constitué depuis le mois de décembre 2019 et qui regroupe pour l’heure 21 organisations syndicales, associatives et politiques et collectifs du Loiret : Abraysie ouverte, Asti, Attac, BDS, Cercle de silence, CGT, Cimade, COJIE, FI, FSU, LDH, MAN, NPA, Offensive féministe, PCF, RESF, Solidaires, SUD éducation, UCL, UJFP, Unef... Le tract d’appel est reproduit plus bas.

Une première tribune, « Nous ne voulons pas de Centre de rétention administrative, ni à Orléans, ni ailleurs », émanant du monde militant, académique et culturel avait par ailleurs été publiée sur Mediapart le 26 novembre.

Localement, la mobilisation peut entre autre s’appuyer sur le travail d’organisation important fourni par le Collectif de soutien aux jeunes étranger·es isolé·es du Loiret, le COJIE, dont l’action est intense depuis l’été dernier, et portée par les premier·es concerné·es. En ce moment même, le COJIE tente d’empêcher l'expulsion de Junior Kobongo, enfermé au CRA de Vincennes (une pétition en ligne ici).

La marche du 4 avril sera une démonstration de force d’une mobilisation appelée à s’inscrire dans la durée avec un seul objectif : que ce nouveau CRA ne voit pas le jour. La dimension régionale a été voulue pour cela, pour que l’événement marque les esprits. Mais nous ne comptons pas nous y limiter : deux autres CRA sont en construction à Bordeaux et à Lyon.

Il existe aujourd’hui 24 Centres de rétention administrative et 26 Locaux de rétention administrative. Il n’y avait pas eu de construction de CRA depuis plus de dix ans. Le choix de l’État de construire trois CRA supplémentaires est un témoin alarmant du durcissement de la politique anti-immigré·es du gouvernement, une nouvelle preuve du racisme institutionnel de ce pays.

Dans ceux déjà existants, la Cimade dénonce depuis de nombreuses années des atteintes aux droits humains, notamment récemment aux CRA de Rouen-Oissel et du Mesnil-Amelot. Ce que documente également le site InfoCRA consacré à « Sortir une parole politique des Centres de Rétention ».

Les CRA sont des prisons pour étranger·es et on ne peut que revendiquer leur fermeture et l’abolition de toute rétention administrative, mais aussi la liberté de circuler et de s’installer pour toutes et tous. C’est bien avec l’État français que nous engageons le rapport de force. Et nous invitons toutes celles et tous ceux volontaires à y contribuer à venir marcher le samedi 4 avril à Orléans, 14h, Place du Martroi.

Ni expulsé·es, ni enfermé·es, ni ici, ni ailleurs. À Bas les CRA !


 © Emilie Seto © Emilie Seto


Pour une politique d’accueil digne, mobilisons-nous

Non à l’enfermement des étrangers

Non à la création d’un Centre de rétention à Olivet

Marchons le samedi 4 avril, 14h, place du Martroi

L’État annonce la création de trois nouveaux Centres de rétention administrative (CRA), à Orléans (commune d’Olivet), Lyon et Bordeaux. L’ouverture de celui d’Olivet est programmée pour 2023.

Un Centre de rétention administrative (CRA) est une prison qui ne dit pas son nom. C’est le préfet qui décide d’y enfermer les personnes étrangères, hommes, femmes et enfants, du nourrisson au jeune de 17 ans, en vue de leur expulsion, parce qu’ils n’ont pas de papiers ou pas les bons.

Ces condamnations sont sans jugement. Pourtant le séjour irrégulier sur le territoire français n’est plus considéré comme un délit (décision de la Cour européenne de justice, 2011). Et la procédure contrevient à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui prévoit qu’aucun enfermement ne peut avoir lieu sans jugement préalable.

Or, le contrôle d’un juge n’intervient qu’après l’enfermement, et parfois les personnes sont expulsées avant d’avoir vu le juge et fait valoir leurs droits. 45851 personnes ont été enfermées en 2018, presque l'équivalent de la population de Blois, dans les centres et locaux de rétention administratives. 1429 enfants dont 1221 à Mayotte, malgré 5 condamnations de la France par la cour européenne des Droits de l'homme

Intolérable

La France est-elle encore un Etat de droit ? L’existence scandaleuse des Centres de rétention en fait douter. Ces lieux privent de liberté sans motif de droit des personnes et leur font subir des traitements inhumains et dégradants au mépris des garanties individuelles et des libertés publiques.

Contre la construction d’une prison pour étrangers à Olivet. Ni ici, ni ailleurs, ni enfermés, ni expulsés.

 Collectif contre les expulsions et la rétention (COLERE)

Premiers signataires :
Abraysie ouverte, Asti, Attac, BDS, Cercle de silence, CGT, Cimade, COJIE, FI, FSU, LDH, MAN, NPA, Offensive féministe, PCF, RESF, Solidaires, SUD éducation, UCL, UJFP, Unef...

Sur Facebook : https://www.facebook.com/events/236610300682846/

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