Les trains de nuit Nightjet ont transporté 1 400 000 passagers en un an

Les chemins de fer autrichiens (ci-après, OeBB) ont exposé les résultats de leur service de trains de nuit Nightjet au site d'information spécialisé Treinreiziger.nl.

Lien vers la source : http://www.treinreiziger.nl/nightjet-vervoert-14-miljoen-treinreizigers/
Date de publication : le 7 décembre 2017
Traduit du néerlandais par Vincent Doumayrou
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Les trains Nightjet circulent chaque jour sur quinze relations. Les néerlandais sont nombreux à prendre ces trains, "en particulier les relations de Düsseldorf à Vienne, Munich et Innsbrück", affirme Bernhard Rieder, porte-parole des OeBB. Le réseau ne dessert pas directement les Pays-Bas... du moins, pas encore, car selon M. Rieder, "une telle liaison nous intéresse, mais pour cela nous dépendons de nos partenaires néerlandais, ainsi que de la disponibilité du matériel roulant".

Les dirigeants de NS International, la division internationale des chemins de fer néerlandais, se montrent ouverts à l'idée d'une collaboration. "Nous avons fait connaître notre intérêt à nos confrères autrichiens. Nous ne comptons pas exploiter de trains de nuit nous-mêmes, cela ne peut se faire qu'en collaboration avec un partenaire étranger qui a aussi du matériel, en vue d'un partage des risques", explique le porte-parole des NS Ton Boon. A court terme, du fait de la pénurie de matériel, une relation avec les Pays-Bas apparaît impossible, mais cette pénurie sera résolue à partir de 2020, avec la mise en service de nouvelles voitures-lits. Alors, cent nouvelles voitures seront disponibles pour proposer de nouveaux services, ont fait savoir les OeBB à nos confrères d'OV-Magazine [Openbaar Vervoer Magazine, un magazine spécialisé dans les transports publics - NdT].

Le trafic de 1,4 millions de voyageurs satisfait les OeBB, M. Rieder affirme que "le trafic est conforme aux prévisions, toutes les lignes ont du succès". Sur une multitude de liaisons, il est possible de transporter sa voiture certains jours ou quotidiennement. "Les trains de nuit et les trains-auto forment une partie intégrante de l'offre de longue distance des OeBB, y compris dans le long terme, au-delà de l'année 2023. Pour les OeBB, ce sont les liaisons avec l'Allemagne qui compte le plus".

Jusqu'à l'année dernière, les chemins de fer allemands exploitaient un réseau de train de nuit sous la marque CityNightLine, avant de décider de supprimer l'ensemble de cette offre. C'est dans ce contexte que les OeBB ont introduit les Nightjet. Le réseau se compose de six liaisons où la DB était active naguère, et de six trains de nuit OeBB.

[Fin de la traduction]

Quelques mots de commentaire : le chiffre de 1,4 million donné par les OeBB reste assez modeste, puisqu'à titre de comparaison, les trains de grandes lignes des OeBB ont transporté en tout 35 millions de personnes en 2016.

Cependant, ramené aux 9 millions d'habitants de l'Autriche, cela correspondrait à environ 10 millions de passagers dans les trains de nuit en France, un chiffre très inférieur à celui du TGV mais non négligeable pour un service de longue distance (le trafic aérien s'établit à 25 millions de passagers par an, celui des autocars Macron à environ 7 millions).

Naturellement, comparaison n'est pas toujours raison : les OeBB n'ont pas de réseau à grande vitesse, mais d'un autre côté, la France est un pays beaucoup plus vaste et dispose d'un réservoir de voyageurs du fait de l'énormité de la région capitale ; en comparaison, Vienne, plus grande ville d'Autriche, se compare à Lyon, et les deux et troisième villes d'Autriche, Graz et Linz, à Nancy ou à Reims. Les trois et quatrième villes, Innsbruck et Salzbourg, sont des villes de moins de 150 000 habitants.

Enfin et surtout, les trains Nightjet sont pour l'essentiel des trains internationaux, avec l'effet de frontière qui limite les trafics. De ce point de vue, leur trafic doit se comparer avec d'autres services transfrontaliers, par exemple les services à grande vitesse entre Paris et l'Allemagne, dont le trafic est comparable. Par ailleurs, Thalys s'est lourdement vanté, la semaine dernière, d'avoir franchi la barre des 7 millions de passagers annuels, alors qu'il relie des territoires beaucoup plus porteurs notamment la plus grande ville européenne avec la zone la plus dense, à savoir le Benelux, et n'est concurrencé par aucun autre service ferroviaire sur son origine-destination la plus rentable (Paris - Bruxelles).

Le chiffre de 1 400 000 est assurément honorable et pourrait fournir matière à réflexion dans notre pays.

On découvre enfin, incidemment, que les NS s'intéressent au train de nuit aussi.

Meilleurs Vœux pour l'année 2018.

Bien cordialement,

Vincent Doumayrou,
auteur de La Fracture ferroviaire, pourquoi le TGV ne sauvera pas le chemin de fer,
Préface de Georges Ribeill. Les Éditions de l'Atelier, Ivry-sur-Seine, 2007.
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Divers billets ont paru sur ce blog sur le même thème, notamment cet entretien avec un dirigeants d'OeBB Personenverkehr AG, traduit de l'allemand :
https://blogs.mediapart.fr/vincent-doumayrou/blog/181117/comment-les-autrichiens-esquissent-lavenir-du-train-de-nuit

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