Pour la refondation de l'école : 22 - les déséquilibres de la filière S

La réforme du lycée de Chatel a introduit des déséquilibres inutiles dans  la filière S. Sa réforme est basée sur la même erreur que les trois réformes précédentes. Depuis 30 ans la même idée reçue est imposée dans la population et celle-ci tire toutes les réformes, et rend impossible la recherche d'équilibre entre les divers enseignements au lycée. Pourtant, ce n’est pas le « prestige » qui est le moteur de l’attirance de la S. Les bons élèves qui n’ont rien contre les sciences vont en S parce que cela leur permet d’attendre deux ans pour choisir leur orientation.

Outre la diminution de la part d’heures de sciences dans la filière S, la réforme a entraîné un fort déséquilibre de la répartition des Sciences entre la Première et la Terminale. Ce déséquilibre conduit à l’impossibilité d’établir une progressivité dans les apprentissages scientifiques, pourtant indispensable pour assimiler ces notions.

L’orientation progressive vantée dans la réforme ne fonctionne pas. Il n’est ni plus ni moins difficile qu’aujourd’hui de changer de filière à l’issue de la 1ère. De S vers L : possible sans avoir à travailler pendant les vacances ( 1% concernés avant la réforme), de S vers ES : possible à condition de rattraper les fondamentaux de SES pendant les vacances (1 pour mille avant la réforme), ES vers L possible (je n’ai pas les statistiques). L et ES vers S (impossible).  Imaginer que plus de 0,5% des jeunes d’aujourd’hui sont prêts et capables de récupérer seuls des fondamentaux d’une matière pendant les vacances était évidemment  une vue de l’esprit.

La première S avec son imposant bloc littéraire et ces deux épreuves anticipées en Français et en Histoire est conçue comme une étape éliminatoire pour vérifier que les élèves ont bien la capacité de faire des études littéraires. (Ce n'est pas une erreur de frappe, c'est bien la réalité). Cela met en situation d’échec, les 10% des élèves qui s’appuyaient sur leur compétence scientifique pour réussir, en particulier ceux de milieux moins favorisés.

Il est possible d'avoir une excellente culture générale, écrire en parfait français et être incapable de questionner la question et faire des paragraphes équilibrés avec des argumentaires pas forcément très pertinents mais qui reprend des bouts d'informations sous une forme particulière. Contrairement, à ce qui est martelé par les lobbyistes pour récupérer de la dotation horaire pour les littéraires, "culture générale" n'est pas lié à avoir de bonnes notes dans les matières littéraires.

Il est urgent, avant une réforme plus ambitieuse,  supprimer le tronc commun entre S et L qui ne sert à rien, rééquilibrer les enseignements de S sur  les deux ans et renforcer la part des matières scientifiques dans cette filière.

6 – La formation en sciences des professeurs des écoles

21 – Les sciences au collège

24- Un lycée plus flexible

28 – L’accueil des jeunes files dans les formations technologiques

31 – L’éducation artistique, culturelle et scientifique

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